Le Bélial

  • Printemps 2454. L'âge d'or dans lequel vivait l'humanité depuis trois siècles a brutalement pris fin : corruption, prévarication, népotisme et meurtres calculés ; le prix véritable de cette exceptionnelle période de prospérité vient d'éclater au grand jour. Alors que le procès des responsables approche, l'opinion publique se divise : faire table rase du passé pour envisager un monde radicalement nouveau sous l'égide de J.E.D.D. Maçon, le dieu vivant, et ainsi plonger dans la Terra Ignota, ou sauver ce qui peut l'être de l'ordre ancien. Ruches et hors-Ruches, Utopistes et sensayers, seigneurs, empereurs et Servants se préparent à un affrontement qui paraît inévitable. À commencer par le premier d'entre tous, l'ultime prodige de Bridger, Achille, fils de Thétis et du roi Pélée, le maître des arts de la guerre, le dernier espoir, peut-être, de ce monde au bord du gouffre...

  • Ormeshadow Nouv.

    Ormeshadow

    Priya Sharma

    Ère victorienne. Angleterre.
    Les temps sont durs, et les revers de fortune légion. Ainsi en est-il pour Clare et John Belman, contraints de quitter Bath, sa modernité et ses milieux culturels sophistiqués, pour l'antique ferme familiale d'Ormesleep, dans la région d'Orme­shadow. Au regard de Gideon, leur fils unique, c'est le pire des déracinements. D'autant qu'Ormesleep est le domaine de Thomas, son oncle paternel, figure tyrannique implacable, personnage aigre et brutal. Dans ce nouveau contexte dépourvu d'horizon, alors que les adultes nouent leur propre drame mortel, les fabuleux récits narrés par son père à propos des environs constituent l'unique échappatoire de Gideon. Des récits qui font écho à une légende familiale tenace au sujet d'un dragon endormi sous la falaise, dragon dont l'un des membres de la famille Belman, génération après génération, aurait la garde... À l'heure où son univers s'écroule, quand fantasme et réalité s'entrechoquent, le chemin qui fera du jeune Gideon un homme s'annonce des plus périlleux.

  • Max Feder est riche. Immensément. Une fortune aux origines troubles, mais après tout, qu'importe ? Car Max Feder va mourir. Et dans ses vieux jours, ses derniers mois, le plus précieux de ses trésors se résume à une bague et ce qu'elle contient, le symbole d'un amour aussi ancien qu'absolu. Éternel, littéralement, puisque l'objet de son amour perdu ne peut pas mourir... Or il semble bien que pour Max Feder, au crépuscule d'une vie tumultueuse, le temps soit venu d'entreprendre un ultime voyage, celui de toutes les remises en question, de tous les possibles...

  • La chose

    John Wood Campbell

    En Antarctique, quelque part.
    Enfoui sous la glace, aux abord d'un artefact aux allures de vaisseau spatial, des scientifiques découvrent un corps congelé - gisant là, sans doute, depuis des millions d'années. Un corps résolument inhumain. Résolument... autre. Le choix est alors fait de ramener la stupéfiante découverte à la station pour étude. Douvement, la gangue de glace autour de la créature commence à fondre, libérant peu à peu cette totale étrangeté à l'aspect terrifiant. Et les questions de traverser l'équipe de chercheurs : qu'est-ce que cette chose ? Comment est-elle arrivée là ? Et après tout, est-elle seulement morte ? N'ont-ils pas mis au jour la plus épouvantable des abominations - une horreur proprement cosmique ?
    Récit haletant paru en 1938, proposé ici dans une nouvelle traduction, La Chose est un immense classique de la science-fiction mondiale. Porté à l'écran à trois reprises, ce court roman pose les bases du récit de SF horrifique.

  • Trois tireurs armés jusqu'aux dents lâchés dans un « environnement » public aléatoire délimité. Un but : abattre le plus de personnes possible. Une promesse : un énorme paquet de fric pour celui qui quitte les lieux indemne. Si l'une des « cibles » met hors d'état de nuire l'un des tireurs et survit, une part du pactole lui échoit. Des règles simplissimes, et des dizaines de drones qui filment le tout pour le plus grand bonheur de millions de spectateurs hystérisés, d'annonceurs aux anges et de John McDean, producteur et chef d'orchestre de Vigilance, le show TV qui a résolu le problème des tueries de masses aux États-Unis...

  • Dix spécialistes, scientifiques, philosophes et linguistes se penchent sur le chef-d'oeuvre de Frank Herbert et dissèquent l'un des plus grands monuments de la science-fiction mondiale.
    écologie, biologie, histoire des religions, astronomie, science politique ou chimie : de l'épice de longue vie aux fameux vers géants des sables, des mystères des Fremen aux arcanes de l'ordre féminin du Bene Gesserit en passant par les pouvoirs de la Voix, DUNE révèle ses secrets sous le prisme de la science !

  • Et si, après plus d'un siècle de vie, vous vous retrouviez dans un corps tout juste sorti de l'adolescence ?
    Et si, en guise de petit boulot, le huitième cumulé depuis le début du mois, on vous proposait enfin un vrai job : mourir ?
    Et si, finalement, votre meilleur ami était ce machin bizarre aux allures de R2-D2 laissé par votre coloc' dans l'appartement ?
    Et si vous n'étiez pas vous, mais le clone de vous ?
    Et si Patrick Bateman était... une femme ?
    Et si l'Intelligence Artificielle avait déjà gagné ?
    En dix-sept récits comme autant de coups de couteau, Catherine Dufour esquisse les contours d'un futur qui ne parle que de nous-mêmes, la place qu'on y prendra et, de fait, la manière dont il nous traitera. Une science-fiction radicale, à l'os, à en faire mal parfois, souvent à en rire, à en pleurer toujours - de joie comme de tristesse.

  • Elle décolla du quai pour grimper dans le ciel jaune terne. La Ville s'étirait dans toutes les directions. Surtout le haut. Tours gigantesques multicolores, immeubles résidentiels rotatifs, tunnels célestes qui se dépliaient et se repliaient selon la circulation. Eris s'éleva sans hâte à travers un essaim de drones. Par sa caméra ventrale, elle regardait l'upcar couleur argent qui les suivait.
    « Les rues basses, j'ai dit. » La voix de l'homme recelait une note d'impatience, désormais. Du code défilait sur ses yeux. Une pellicule de transpiration bordait la naissance de ses cheveux.
    « J'ai entendu. » Elle laissa leur poursuivant gagner un peu de terrain. « On ne vomit pas, à l'arrière, d'accord ? »

    Rich Larson est né au Niger. Il a vécu aux états-Unis, au Canada et en Espagne, avant de s'installer à Prague. Entre ses débuts en 2011 et aujourd'hui, il a publié un roman et près de deux cents nouvelles, régulièrement reprises dans les plus prestigieux Year's Best du domaine et saluées par plusieurs prix de lecteurs. À tout juste vingt-huit ans, il est le nouveau prodige de la science-fiction anglo-saxonne, le fer de lance d'une SF post-eganienne qui, distillant les temps présents, synthétise le plus vertigineux des futurs.
    Sans équivalent en langue anglaise, élaboré avec exigence, La Fabrique des lendemains réunit vingt-huit récits d'une science-fiction proprement éclatante.

  • « Des vampires, lâche Kevin. Ce sont tous les deux des vampires.
    - Qui ça ? » je demande entre deux coups de dents dans la pomme. Kevin et moi étions perchés à six ou sept mètres au-dessus du sol, dans un arbre de son jardin. Nous avions construits là une grossière plate-forme qui se voulait une cabane à la Tarzan. Kevin avait dix ans, j'en avais neuf.
    « Mr. Innis et Mr. Denofrio, m'assène Kevin. Ce sont tous les deux des vampires. »
    Je lève le nez du Superman que j'étais en train de lire. « Ce sont pas des vampires, je lui fais. Ce sont des coiffeurs pour homme.
    - Ouais. N'empêche que ce sont aussi des vampires. Je viens juste de m'en rendre compte. »

    Dan Simmons
    "La barbe et les cheveux : deux morsures"

  • En ce XXIIIe siècle trépidant, l'humanité s'est implantée sur nombre de planètes, se frottant à un univers exotique grouillant de vie. Afin de protéger leurs intérêts, les négociants interstellaires ont formé une alliance : la Ligue polesotechnique. Nicholas van Rijn, fondateur de la Compagnie solaire des épices et liqueurs, est le plus flamboyant de ces princes-marchands. Le présent roman, resté inédit à ce jour, constitue l'ultime volet de ses aventures picaresques, un point final magistral, crépusculaire, au cycle de « La Hanse galactique »...
    Apparu en 1956 dans les pages d'Astounding Science Fiction, personnage falstaffien hâbleur et roublard, infatigable arpenteur de mondes et négociateur hors pair, Nicholas van Rijn incarne pour beaucoup la figure majeure du héros andersonien. Les cinq volumes de « La Hanse galactique » proposent, pour la première fois en français, l'intégrale des aventures du plus populaire des personnages de Poul Anderson, sans oublier celles de ses compagnons emblématiques : David Falkayn, Chee Lan et Adzel.

  • Eriophora

    Peter Watts

    Ils sont trente mille.
    Ils voyagent depuis soixante millions d'années.
    Leur mission : déverrouiller la porte des étoiles...

    Avez-vous jamais pensé à eux ?

    Aux Progéniteurs, aux Précurseurs - qu'importe le nom que vous leur avez choisi cette semaine -, ces dieux anciens disparus qui ont laissé derrière eux leurs portails et leurs autoroutes galactiques pour votre plaisir ? Avez-vous jamais cessé de vous demander ce qu'ils ont vécu ?

    Pas d'hyperespace de seconde main pour eux. Pas d'épaules de géant sur lesquelles se dresser. Ils rampent à travers la galaxie, pareils à des fourmis, en sommeil pendant des millénaires, se réveillant juste assez longtemps pour lancer un chantier d'un système solaire à l'autre. Ils vivent au fil d'instants répartis le long des millions d'années, au service d'ancêtres morts depuis une éternité, pour des descendants n'ayant plus rien de commun avec eux. À vrai dire, ce ne sont pas des dieux mais des ouvriers, des hommes des cavernes vivant dans des astéroïdes évidés, lancés dans une mission sans fin pour étendre un empire posthumain qui ne répond même plus à leurs appels...

  • Mr. John Philip Johnson ferma sa porte derrière lui et, descendant les marches du perron, sortit dans le matin éclatant avec le sentiment que tout allait pour le mieux de par le monde en cette journée splendide, car le soleil n'était-il pas doux et chaud ? n'était-il pas à l'aise dans ses chaussures ressemelées de frais ? et il savait qu'il avait choisi exactement la cravate assortie à la journée, au soleil et à ses pieds à l'aise, et, après tout, le monde n'était-il pas tout simplement un endroit merveilleux ? Bien que ce soit un petit homme, et que sa cravate soit peut-être un tantinet voyante, Mr. Johnson rayonnait d'un sentiment de bien-être lorsqu'il arriva en bas des marches et s'avança sur le trottoir malpropre, et il sourit aux gens qui le croisaient, et certains lui rendirent même son sourire.
    Il s'arrêta au kiosque du coin et acheta son journal en lançant un « Bon-jour » plein de conviction au vendeur ainsi qu'aux deux ou trois personnes assez fortunées pour passer par là en même temps que lui. Il n'oublia pas de remplir ses poches de bonbons et de cacahouètes, puis il se mit en route vers les quartiers résidentiels.
    Il passa chez un fleuriste et acheta un oeillet pour sa boutonnière, mais il s'arrêta presque aussitôt pour donner cet oeillet à un petit enfant dans sa poussette, qui le regarda sans mot dire avant de sourire, et Mr. Johnson lui rendit son sourire, et la mère de l'enfant regarda Mr. Johnson durant une minute et sourit à son tour...

    Shirley Jackson

    Un jour comme les autres, avec des cacahouètes

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