Septentrion

  • L'histoire sociale des idées politiques correspond à un authentique projet de rénovation disciplinaire : ancrer l'histoire des idées politiques dans les sciences sociales. Cependant, ce projet doit encore devenir un programme articulé, entre la sociologie des intellectuels, la généalogie foucaldienne, la sémantique historique, l'analyse du discours et des langages politiques... Sans prétendre livrer la formule magique de son unité méthodologique, cette série de contributions et d'entretiens donne à voir la pluralité et le dynamisme de l'histoire sociale des idées politiques. Elle offre non seulement un panorama international, mais aussi de nombreuses pistes méthodologiques et empiriques, que ce soit sur la notion cardinale de « contexte », le rapport de Quentin Skinner à la sociologie, le laboratoire démocratique, ou l'histoire des idées en milieu populaire. Fruit d'un important effort collectif, cet ouvrage transdisciplinaire est le premier du genre sur un domaine en pleine expansion.

  • Le temps des vertus magiques prêtées aux primaires, du renouvellement de la vie démocratique à la rénovation des partis, aura été de courte durée. Des États-Unis à la France, l'heure est aujourd'hui au désenchantement. Ce retournement d'image doit nous interroger. Comment cet instrument de régulation de la compétition politique a pu se muer en facteur de divisions et d'imprévisibilité électorale ? Pour interroger cette crise de la primarisation des systèmes partisans, les enquêtes rassemblées dans cet ouvrage, menées de l'Argentine à la Russie, montrent pourquoi la contagion de ce système électoral ne saurait se lire comme le simple résultat d'une adaptation mécanique du modèle nord-américain ou d'un processus irrésistible de diffusion. C'est le paradoxe de ce nouveau standard international de désignation. Alors qu'il peine de plus en plus à démontrer son efficacité et sa légitimité, le retour aux modes de sélection antérieurs reste plus que jamais un sujet tabou pour les partis.

  • Équilibre des puissances, impérialisme, unipolarité, bipolarité et multipolarité figurent au nombre des appellations permettant de définir les rapports de force dans les relations internationales.
    L'hégémonie américaine, issue de la fin de la Guerre froide, semble vouée à disparaître. La montée en puissance de nouveaux pôles, la Chine au premier rang, impose de nouvelles règles. Sera-t-il davantage difficile de maîtriser toute forme de gouvernance internationale?
    Repenser la multipolarité s'interroge sur le sens que les acteurs internationaux donnent à ce concept et sur les tensions qui peuvent directement découler des nouvelles conceptions des relations internationales.
    Barthélémy Courmont est professeur de science politique à Hallym University (Chuncheon, Corée du Sud), chercheur-associé à l'IRIS et directeur-associé sécurité et défense à la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques (UQAM). Il a notamment signé La tentation de l'Orient (Septentrion, 2010) et Chine, la grande séduction (Éditions Choiseul, 2009).
    Éric Mottet est professeur de géopolitique au département de géographie de l'Université du Québec à Montréal et directeur de l'Observatoire de géopolitique de la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques. Il a notamment dirigé Géopolitique et virages de la F1 (Septentrion, 2012) et Géopolitique de la Coupe du monde de football 2010 (Septentrion, 2010).
    Ont aussi collaboré à cet ouvrage Philippe Beaulieu-Brossard, Pierre-Alain Clément, Colin Geraghty, Vincent Joubert, Frédéric Lasserre, Irving Lewis, Pierre-Louis Malfatto, Carmen Mboumba Nzamba, Barah Mikaïl, Joël Plouffe, Yann Roche, Jean-Loup Samaan, Julien Tourreille et Pierre Verluise.

  • Peut-on encore parler d'une régulation maîtrisée des sociétés ? C'est à cette question qu'il est entrepris de répondre dans L'échelle des régulations politiques en sollicitant une pluralité de disciplines de sciences sociales et une grande diversité de domaines d'observation. Situé dans le temps et l'espace, un tableau exceptionnel des transformations des sociétés contemporaines peut alors être dressé. Face à l'ampleur de ces transformations touchant au statut des États, aux rôles des institutions, aux usages des savoirs scientifiques et techniques, aux pratiques des acteurs en rapport avec la question stratégique de la citoyenneté, s'accroissent les tensions entre des logiques de domination et d'autres démocratiques. Dans ce maelstrom, une politique de régulation des sociétés doit, au préalable, se penser, à partir de nouvelles formes de mobilisation des savoirs : moins comme faite d'équilibres préservés, maintenus ou retrouvés que constituée de tensions, de ruptures et de contradictions.

  • L'avenir de l'Arctique semble désormais un enjeu majeur de notre espace monde. Ces territoires des longs hivers, aujourd'hui déclinants, détiendraient selon les experts suffisamment de ressources énergétiques et minières pour abreuver nos sociétés énergivores quelques décennies encore. Mais cet hyper-centre de vulnérabilité écologique boréal, placé en sentinelle des effets du réchauffement global, est aussi un espace identitaire, culturel et économique où s'exprime depuis des décennies d'ambitieuses revendications régionales.
    L'enjeu de la création d'un vaste espace régional dans le grand Nord du Québec, qui a pris le nom de Nunavik à la demande même des Inuits, traduit l'originalité de l'ancrage des ambitions inuites dans l'histoire contemporaine du Canada et du Québec.
    Par les questions posées et les débats soulevés, par les stratégies de développement politique, économique, environnemental et culturel de la région septentrionale du Québec, au sein d'une province au projet national sans cesse reconstruit, le destin géopolitique du Nunavik ne s'est jamais éloigné des questions essentielles qui agitent notre temps, il s'en est nourri. Pour arriver au résultat actuel, il aura fallu trente années de négociations qui ont surmonté la lassitude parce qu'elles plongeaient au plus profond d'une conviction géopolitique simple : un jour, les Inuits québécois seraient des acteurs essentiels de leur développement nordique.
    Le Nunavik constitue aujourd'hui un exemple inédit de l'évolution d'un territoire canadien qui semble désormais avoir les garanties d'accéder à un statut régional unique au monde, faisant ainsi l'envie de 350 millions d'autochtones à travers la planète.

    Éric Canobbio, docteur en géographie et géopolitique, est Maître de conférence au Département de géographie de l'Université Paris 8 Vincennes à Saint-Denis et chercheur au laboratoire Dynamiques sociales et recomposition des espaces (LADYSS). Ses recherches portent sur l'adaptabilité des milieux à fortes contraintes naturelles, montagnards et boréaux, face aux mutations économiques, sociales et écologiques. Il est élu de Boulc-en-Diois, une commune de moyenne montagne des Alpes. Entre autres publications, il est l'auteur de l'Atlas des Pôles, régions polaires : questions sur un avenir incertain (éditions Autrement, Paris).

  • Le 6 novembre 2012, les Américains devront se choisir un nouveau président. Alors que les États-Unis sont à un tournant économique, politique et stratégique, les électeurs feront face à une décision difficile. Quel candidat pourra rassurer l'électorat ? Ramener le pays vers la croissance ? Redonner l'espoir ? Faire croire au changement ?

    Barack Obama, seul représentant du parti démocrate, charismatique orateur galvanisant les foules en 2008, a vu son aura ternie par la lente agonie de l'économie américaine. Les Républicains auront à lui opposer un adversaire dont l'identité ne sera connue qu'à l'issue d'une longue saison de primaires.

    Les enjeux sont considérables : la situation économique des États-Unis est désastreuse, la réforme de la santé et les politiques migratoires sont contestées en Cour suprême, la politique étrangère américaine bat de l'aile et les restrictions budgétaires condamnent l'empire américain au repli.

    Pendant ce temps, l'argent afflue dans la campagne : l'abolition des règles de financement permet aux entreprises et aux gros donateurs de plonger ouvertement dans l'arène politique. Alors que l'on prédit un cycle électoral milliardaire, l'argent achètera-t-il la Maison-Blanche ?

    Ce guide répond aux questions que l'on se pose sur la mécanique et les enjeux de cette élection présidentielle mais également sur le comportement électoral des Américains.

  • Produit d'un débat entre germanistes français, spécialistes de « civilisation allemande », et romanistes allemands, spécialistes de « Landeskunde » ou « Landeswissenschaft », cet ouvrage fait le point sur les évolutions de ces disciplines dans les mondes universitaires français et allemand. Une première rencontre en 1988 à Versailles a été suivie d'une autre à Berlin, en 2010. Riche d'une longue tradition dans l'enseignement et la recherche, la « civilisation allemande » est bien établie en France, ses thèmes de recherche sont en pleine évolution. La « Landeskunde » était plutôt perçue en Allemagne comme un domaine auxiliaire de la « Romanistik ». Le terme avec ceux de « Landeswissenschaft » et « Frankreichstudien » (études françaises) ont aujourd'hui presque disparu du profil des postes à pourvoir, ils ont été remplacés par celui de « Kulturwissenschaft », « sciences culturelles », lié à celui de « science littéraire ». Cette combinaison s'est révélée trompeuse : dans la pratique, la « civilisation française » se réfère à un modèle d'enseignement traditionnel de littérature française mâtiné de sciences culturelles là où il devrait s'agir, pour reprendre Helene Harth, d'instaurer « une coopération interdisciplinaire avec d'autres philologies et d'autres disciplines comme l'histoire, la sociologie, l'histoire de l'art et l'histoire médiatique (pour transmettre aux étudiants) un savoir sur les cultures des différents pays européens, qui leur permette de comprendre les différents processus historiques des échanges culturels actuels. » Ces enjeux sont au centre de ce livre sur fond de transformation des sociétés française et allemande.

  • Face à la crise de l'union monétaire européenne, l'Allemagne prend acte avec amertume des violations répétées de ses règles de fonctionnement. État fédéral par excellence, elle hésite à s'engager vers une fédéralisation de l'UE, mesurant l'ampleur des sacrifices financiers qu'elle entraînerait. Certains de ses dirigeants avouent une foi européenne déclinante et insistent sur un respect de plus en plus strict de la souveraineté des États. Berlin soutient désormais la vision française d'une gouvernance économique de l'euro, mais ne la conçoit que dans un cadre intergouvernemental. Alors que l'engagement européen de l'Allemagne paraît plus incertain, son ancrage transatlantique se fissure. Présent sur de nombreux théâtres, Berlin refuse de s'engager dans des opérations de combat et ne semble toujours pas décidé à doter son armée de moyens crédibles face aux crises. Son abstention à l'ONU lors du vote sur la crise libyenne s'inscrit dans une « culture de retenue » honorable, mais qui l'éloigne de ses partenaires américain et français, alors qu'il se rapproche des « nouveaux centres de pouvoir », Russie ou Chine. Trop forte pour un repli sur soi, trop faible pour les attentes - parfois excessives - de ses partenaires, l'Allemagne demeure une « puissance malgré elle ».

  • Quelle sera l'Europe en 2020 ? Quel sera son rôle sur la scène internationale ? Comment fera-t-elle face aux défis globaux à cet horizon ? Le xxie siècle a commencé par une première décennie de turbulences pour l'Europe : guerre contre le terrorisme, interventions en Afghanistan et dissensions sur le dossier irakien, difficile ratification du traité de Lisbonne, crise économique mondiale. Comment préparer l'avenir lorsque le court terme occupe tout l'horizon ? S'appuyant sur leur expertise et leurs travaux scientifiques, 23 chercheurs allemands et français proposent une analyse inédite sur l'Union européenne et le monde en 2020. Des scénarios prospectifs présentent les futurs que l'Europe peut se donner. Face aux défis de sa crédibilité internationale et de sa cohésion interne, l'Union européenne dispose désormais des moyens de ses ambitions, pourvu qu'elle les mette en oeuvre en toute cohérence. Cet ouvrage vise à dessiner, au-delà des crises actuelles, l'Europe du xxie siècle que les Européens pourront, et surtout voudront, construire ensemble.

  • «Tu ne peux pas comprendre... Tu ne peux pas comprendre ce que c'est que d'être sale tous les jours, que d'avoir faim tous les jours, et de ne pas savoir si tu seras vivant le lendemain.» - Gilles Lamontagne Nous ne connaissions pas la guerre, jusqu'à ce que nos militaires reviennent à la maison. Jusqu'à ce qu'elle vienne hanter leurs nuits de ses cauchemars et emprisonner leur quotidien dans des traumatismes complexes que la médecine cherche encore à comprendre et à prévenir.
    Gilles Lamontagne connaît bien cette souffrance. Abattu par la chasse nazie en 1943 et retenu prisonnier pendant 2 ans et demi, il sait à quel point le soldat blessé psychologiquement a besoin d'aide au retour. Âgé de 91 ans, il retourne encore à Valcartier, en appui aux militaires canadiens traumatisés par les missions en Bosnie ou en Afghanistan.
    Blessures de guerre, c'est le témoignage bouleversant de nos militaires contemporains qui sont devenus à contrecoeur des «anciens combattants» après avoir été déclarés inaptes à servir à cause de ces traumatismes. C'est le témoignage de leurs femmes et de leurs enfants. C'est surtout un appel à nos politiciens, qui font l'éloge de ces militaires chaque fois qu'il y a un décès, pour qu'ils accordent la même attention aux besoins des survivants.

    Chroniqueur politique au Soleil, Gilbert Lavoie a commencé sa carrière à la radio de CKAC et à TVA à Montréal. Il a été journaliste à La Presse pendant 15 ans, pour occuper ensuite le poste de secrétaire de presse du premier ministre Brian Mulroney de 1989 à 1992. Il a également été rédacteur en chef du Droit d'Ottawa et du Soleil jusqu'en 2001. En 2009, il a publié au Septentrion Jean Pelletier. Entretiens et témoignages.

  • Le 9 novembre 1989 tombe le Mur de Berlin. En Europe et ailleurs circulent de nombreuses hypothèses sur le devenir de l'Allemagne à court et moyen terme - des « paysages florissants » promis aux Allemands de l'Est par le Chancelier Kohl, à la crainte d'une domination économique allemande accrue sur l'Europe, en passant par des inquiétudes concernant la pérennité de l'engagement européen et atlantique de la République fédérale. Vingt ans après, où en est l'Allemagne ? Quels ont été les changements les plus significatifs ? Quels sont les éléments de continuité, d'inflexion, de rupture ? Le processus d'unification et l'intégration des nouveaux Länder ont entraîné des changements structurels. Mais d'autres facteurs, internes et externes, ont joué un rôle déterminant dans l'évolution du pays : l'intégration européenne, le bouleversement du contexte international, les mutations de la société allemande elle-même. À l'Est comme à l'Ouest, l'Allemagne est profondément transformée. Dans le champ économique et social, l'unification a pesé lourd, mais la mondialisation et les régulations européennes ont eu elles aussi un impact considérable. L'ensemble de ces facteurs influe également sur le fonctionnement de la vie politique et du fédéralisme allemands. Pour les relations internationales enfin, la place et la politique de la RFA sont liées à son nouveau statut, mais elles sont aussi conditionnées par la profonde mutation des équilibres et des enjeux internationaux ces vingt dernières années.

  • Depuis l'arrivée au pouvoir de Barack Obama, les États-Unis se sont lancés dans une vaste redéfinition de leur politique en Asie-Pacifique. L'objectif est double : apporter des réponses aux défis contemporains et maintenir une importante présence dans une région aux enjeux multiples pourtant délaissée ces dernières années. Cette nouvelle politique américaine est justifiée par la montée en puissance de la Chine, mais aussi par l'importance que représentent, sur les questions économiques autant que stratégiques, des alliés de Washington comme le Japon, la Corée du Sud ou Taiwan. Parce qu'ils n'ont pas d'autre choix, les États-Unis cèdent à une véritable tentation de l'Orient.
    Ce redéploiement de la politique étrangère américaine vers l'Asie pourrait marquer la plus grande transformation depuis la fin de la guerre froide et symbolise la montée en puissance de cette région qui s'impose désormais comme un pôle dominant.
    La politique asiatique de l'administration Obama se heurte cependant à plusieurs problèmes : compétition avec la Chine, mouvements d'hostilité de plus en plus nets chez ses alliés ou encore crise nucléaire nord-coréenne. Entre volonté et réalité, il y a ainsi souvent un décalage qui dépend en grande partie du bon vouloir des puissances régionales, la Chine en tête. Si les États-Unis aspirent à rester une puissance asiatique, il n'est pas certain que ce souhait sera exhaussé.

    Barthélémy Courmont est professeur invité à l'Université du Québec à Montréal (UQAM) et titulaire par intérim de la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques. Chercheur à l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) et au Centre d'études transatlantiques (CET), rédacteur en chef de la revue Monde chinois, il a vécu plusieurs années à Taiwan et axe ses recherches sur les évolutions politiques et stratégiques en Asie orientale. Il est l'auteur d'une vingtaine d'ouvrages.

  • De part et d'autre du Rhin, les partis politiques jouent un rôle central dans la formation de l'opinion publique. Les deux systèmes ont connu au départ un processus de concentration. Mais une bipolarisation a émergé en France, tandis qu'un système de compétition voyait le jour en Allemagne. Avec la faiblesse des partis de rassemblement allemands, il devient de plus en plus difficile de constituer des majorités structurelles. Ainsi, l'Allemagne se rapproche de la situation française, traditionnellement caractérisée par une tendance à la fragmentation. Dans les deux pays, les partis établis perdent en dynamisme, en termes de personnel comme de programme, et sont en concurrence pour un électorat qui ne cesse de fluctuer. Dans ce contexte, ils accordent une importance croissante à la professionnalisation de leurs campagnes électorales. De plus, à Paris comme à Berlin, la démocratie des médias transforme les règles de la compétition politique. Cet ouvrage s'articule en deux parties. La première livre une analyse comparative des systèmes partisans français et allemand et s'arrête en particulier sur leurs transformations récentes. La seconde partie se concentre sur le discours des partis, décryptant leurs positions sur les grandes questions politiques.

  • Au plus profond des épaisses forêts de l´Amérique du Nord-Est ou en parallèle du cadre solennel des grandes conférences diplomatiques franco-amérindiennes, défendre les intérêts et assurer la sécurité de sa nation nécessite l´élaboration d´un ensemble de tactiques et de moyens stratégiques. En Europe comme en Nouvelle-France, derrière le faste du protocole officiel des échanges politiques qu´entretiennent les représentants des nations, se dissimule l´univers " souterrain " de la diplomatie; celle des négociations secrètes, de la désinformation, de la propagande, de la corruption et de l´espionnage. Cet ouvrage nous fait découvrir la mise en oeuvre de ces stratégies dans le contexte tumultueux des relations franco-amérindiennes de la seconde moitié du XVIIe siècle.

  • Un duel.
    Un face-à-face redoutable entre deux candidats, l'un démocrate, l'autre républicain, pour se partager les grands électeurs, eux-mêmes désignés par le peuple américain. Le premier mardi de novembre de chaque année bissextile, les États-Unis désignent leur président. Tous les quatre ans a lieu, au terme d'une longue année électorale, un scrutin suivi par près de 300 millions d'Américains ainsi que par le reste du monde.

    Forts de leur économie, de leur armée, de leur impérialisme culturel, les États-Unis vivent alors un moment important de la politique internationale mais aussi une année cruciale. Pour accéder au poste de président, le processus est long, ardu, exigeant, parfois avilissant, toujours usant. Quatre années de préparation suffisent à peine à rassembler l'équipe, les fonds et les soutiens nécessaires à cette course.

    La nature de la nouvelle administration, le style du président, ses aspirations, ses convictions et son entourage peuvent avoir un rôle déterminant sur un grand nombre de dossiers internationaux. Bill Clinton aurait-il envahi l'Irak s'il avait été président en 2003 ? Est-ce que quelqu'un d'autre que Ronald Reagan aurait pu mettre un terme à la guerre froide ? Qui d'autre que Harry Truman aurait fait le choix de lancer deux bombes atomiques sur le Japon en 1945 ?

    C'est au-delà des apparences que résident les véritables fondements de la politique américaine. Il y a de nombreux mécanismes, une histoire chargée, des identités et des perceptions propres à chacun des cinquante États fé dérés, des usages, des coutumes, des personnalités. Il s'agissait donc pour Élisabeth Vallet de dresser une véritable petite histoire de cette course électorale qui peut, on le sait, changer la face du monde.

    Élisabeth Vallet détient un doctorat de l'Université Pierre-Mendès France à Grenoble et un postdoctorat du Centre de recherche en droit public de l'Université de Montréal. Elle enseigne aujourd'hui la géopolitique à l'Université du Québec à Montréal (UQAM) en plus d'être membre de l'Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand.

  • Coulisse du pouvoir ou antichambre de la carrière électorale ? L'entourage des élus recouvre des fonctions encore méconnues. Si les collaborateurs d'élus ont été évoqués à plusieurs reprises au cours de la campagne présidentielle de 2017, ils restent des hommes de l'ombre et leur rôle est en grande partie ignoré. Administrateurs du Parlement, conseillers des groupes politiques, directeurs généraux des services, conjoints, membres des cabinets de maires ou de présidents de région : les chapitres témoignent de l'omniprésence de ces collaborateurs aux statuts multiples et de leur position incontournable dans l'exercice quotidien des activités représentatives. L'examen des propriétés de ces acteurs, de leurs pratiques concrètes et des concurrences qui les animent enrichit l'analyse d'un phénomène déjà ancien mais encore peu étudié en tant que tel.

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