Philippe Rey

  • Afrotopia

    Felwine Sarr

    L'Afrique n'a personne à rattraper. Elle ne doit plus courir sur les sentiers qu'on lui indique, mais marcher prestement sur le chemin qu'elle se sera choisi. Son statut de fille aînée de l'humanité requiert d'elle de s'extraire de la compétition, de cet âge infantile où les nations se toisent pour savoir qui a accumulé le plus de richesses, de cette course effrénée et irresponsable qui met en danger les conditions sociales et naturelles de la vie. Sa seule urgence est d'être à la hauteur de ses potentialités. Il lui faut achever sa décolonisation par une rencontre féconde avec elle-même. Dans trente-cinq ans, sa population représentera le quart de celle du globe. Elle en constituera la force vive. Un poids démographique et une vitalité qui feront pencher les équilibres sociaux, politiques, économiques et culturels de la planète. Et pour être cette force motrice, positive, il lui faut accomplir une profonde révolution culturelle avant d'accoucher de l'inédit dont elle est porteuse. Elle doit participer à bâtir une civilisation plus consciente, plus soucieuse de l'équilibre entre les différents ordres, du bien commun, de la dignité. Ce livre est un acte de foi en cette utopie active : une Afrique qui contribue à porter l'humanité à un autre palier.

  • Une élection nationale est loccasion daborder un ensemble de sujets : dette, chômage, niveau de vie, sécurité Mais il en est un qui devrait dominer tous les autres : au-delà du comment vivre ensemble, celui du pourquoi vivre ensemble.

    Aujourdhui, notre crise sociale se double dune crise identitaire. Séparée, inégale, la France ne semble plus « une et indivisible ».

    Dun côté, des milliers de jeunes nés en France ne se reconnaissent plus comme Français ; de lautre, le Front national capte à son seul profit lidentité nationale.

    Face aux injustices, il faut savoir sindigner. Mais également tracer une voie nouvelle. Comment repenser notre nation au XXIe siècle ? Quelles sont les clefs de notre sursaut collectif ? Comment progresser « avec » plutôt que « contre » les autres ? Comment résoudre nos difficultés par lénergie du dialogue ?

    François Durpaire, dans un livre vif, documenté et nécessaire, montre que seule lacceptation de la pluralité identitaire permet de construire une identité française à la fois forte et ouverte sur le monde. Il nous invite à faire, ensemble, la révolution la plus urgente : celle du Lien.

  • Le 26 juillet 2007 à Dakar, lors de sa première visite en Afrique subsaharienne, Nicolas Sarkozy a profondément blessé les Africains par un discours qui se voulait pourtant amical. Son adresse « fraternelle » à la jeunesse du continent, supposée fonder la nouvelle politique africaine de la France, na en effet trompé personne. Elle est vite apparue comme une grossière tentative de maquiller publiquement en oeuvre de bienfaisance les crimes de ses ancêtres. Les paroles de Nicolas Sarkozy, émaillées de clichés racistes, ont été centrées sur un mythique homme africain, sur l'âme de l'Afrique ou sur la Renaissance africaine, dont il fait du reste une lecture bien suspecte. Rien sur le rôle réel de l'Europe et des institutions financières internationales dans l'appauvrissement de ce continent. Aucune allusion aux régimes « kleptocrates » et férocement dictatoriaux, soutenus par les différents gouvernements français depuis les « indépendances ». L'Afrique vilipendée à Dakar par Nicolas Sarkozy, c'est celle du pacte colonial, fragilisée par la Françafrique dans un monde de plus en plus organisé et cupide.

    Voilà ce que dénonce cet ouvrage dont les auteurs, tous de prestigieux intellectuels, viennent de différents pays africains. Ils fournissent d'utiles rappels historiques, face au révisionnisme qui s'entête à réécrire sans pudeur l'histoire de la traite négrière et de la colonisation.

    Mais l'intérêt de ce livre majeur dépasse le cadre d'une simple réponse à Nicolas Sarkozy : il décrit sans concession les véritables défis qui interpellent l'Afrique d'aujourd'hui et de demain, et l'appelle avec confiance à trouver, par elle-même, les moyens de les relever.

  • Porté au pouvoir par un formidable espoir en 2008, pourquoi Barack Obama ? celui qui avait proclamé si haut « Yes, we can ! » ? a-t-il eu les plus grandes difficultés à mettre en oeuvre son programme ?

    Correspondante du Monde à Washington depuis cinq ans, Corine Lesnes a suivi jour après jour, dans les grandes métropoles comme dans les zones rurales, la vie politique, économique et culturelle des États-Unis. Son livre, qui est le fruit de dizaines d'enquêtes, tente de comprendre comment les Américains, qui croient pourtant posséder le meilleur système politique au monde, n'en voient pas les multiples blocages.

    De la Maison Blanche de Barack Obama (vie quotidienne, fonctionnement de la West Wing) à la nébuleuse du Tea Party, de l'installation au pouvoir du premier Président noir à la bataille de la réforme de la santé, du « jardin » de Michelle Obama à la foire d'empoigne entre républicains et démocrates autour du plafond de la dette, en passant par de passionnantes incursions au coeur des traditions mal connues de cette société : c'est à un portrait d'une Amérique livrée à de multiples tiraillements sur son identité et son modèle que se livre ici Corine Lesnes.

    Tandis que les Américains s'apprêtent à élire leur futur Président, cet ouvrage offre une chronique nuancée ? et parfois ironique ? des années Obama, ainsi qu'un bilan de l'action d'un Président qui continue à résister aux étiquettes. Il s'interroge aussi sur l'avenir de la plus puissante démocratie du monde.


    Corine Lesnes a été grand reporter au Monde de 1991 à 1996 puis correspondante aux Nations Unies à New York. En poste à Washington depuis cinq ans, elle a suivi l'extraordinaire ascension de Barack Obama.

  • Un regard pertinent et engagé sur l'Afrique par l'un de ses plus grands écrivains.

    Depuis plus de soixante ans, Ngugi wa Thiong'o écrit avec courage sur l'histoire,

    les défi s et les perspectives des sociétés africaines contemporaines, au risque de sa

    liberté puisqu'il fut emprisonné pendant un an au Kenya et l'objet de tentatives

    d'assassinat par la suite.

    Pour une Afrique libre réunit des essais écrits durant ces dernières années, traitant

    de thèmes chers à l'auteur : la nécessité de l'estime de soi chez les Africains, trop

    souvent enclins à mépriser leur propre culture ; le non-sens des étiquettes tribales,

    à l'origine accolées par les étrangers aux peuples africains pour mieux les diviser ;

    la mondialisation économique qui place l'Afrique sous l'emprise du fondamentalisme

    capitaliste ; le rapport de l'écrivain africain à sa ou ses langues ; l'esclavage

    et son héritage toujours vivace dans les sociétés contemporaines ; le rôle de l'intellectuel

    au XXIe siècle ; l'Afrique confrontée aux menaces d'armes de destruction

    massive ; l'écriture comme instrument de paix...

    Ces textes sont portés par la lucidité de Ngugi wa Thiong'o : le continent est

    aujourd'hui affaibli par les puissances occidentales qui aiguisent ses rivalités

    internes pour mieux le maintenir en guerre et lui vendre des armes, qui pillent ses

    matières premières à vil prix et l'empêchent de prendre son indépendance économique.

    Pourtant, l'Afrique, dotée de ressources humaines et matérielles colossales,

    peut reprendre le contrôle de son destin, mais il est indispensable qu'au préalable

    les dirigeants écoutent leurs peuples, respectent leurs cultures et leurs ambitions,

    obtiennent leur confi ance.

    Une grande voix africaine retentit dans ce livre : sans concession, elle trace des

    pistes d'espoir.

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