Fayard/Mille et une nuits

  • Depuis la mort d'Houphouët-Boigny en 1993, la Côte d'Ivoire, fer de lance de l'Afrique de l'Ouest, se déchire. La guerre des successeurs potentiels, ponctuée de coups d'Etat, d'assassinats, de massacres, de réconciliations factices et de corruption, a transformé ce pays en désastre. Point d'orgue de ces drames, l'élection présidentielle de novembre 2010. Qui fut vraiment le vainqueur du scrutin ? Pourquoi l'ONU a-t-elle certifié un vote si peu démocratique ? Les Etats-Unis et la France ont choisi la guerre pour résoudre un conflit électoral et installer Alassane Ouattara au pouvoir. Cet ouvrage révèlera les coups tordus, les mensonges et les graves entorses aux lois internationales commis par la France, les Etats-Unis et l'ONU dans ce conflit. Ce livre n'est pas seulement un document d'actualité, il raconte aussi l'histoire des habitants de l'immense quartier pauvre d'Abobo, à Abidjan, où vit une majorité de "nordistes" pro-Ouattara. Leslie Varenne a vécu auprès d'eux la crise puis la guerre. Elle décrypte le jeu des chefs de guerre, les manoeuvres, les trahisons, les manipulations de la population, utilisée par toutes les parties comme de la chair à canon. Quel bilan tiré de l'intervention de la "communauté internationale " ? Les Ivoiriens ont-ils enfin obtenu la démocratie et la paix ?

  • En Afghanistan, l'opium a financé les guerres au cours des trois dernières décennies. L'opium sera-t-il un obstacle à la paix ou y contribuera-t-il ?
    La réussite de la reconstruction du pays dépend d'un défi économique et politique unique. L'économie de la drogue représente, en effet, environ 60 % du PIB - chiffre qui n'a été égalé par aucun autre pays, pas même par la Colombie, premier producteur mondial de cocaïne, dont la part n'excéda jamais les 7%. La situation inédite de l'Afghanistan invite donc à s interroger non seulement sur le rôle que la production et le commerce de l'opium jouent dans une économie de post-conflit dévastée, mais aussi sur l'influence qu'ils peuvent avoir dans le processus complexe de reconstruction de l'Etat.

    Plusieurs responsables de gouvernements occidentaux et d'organisations internationales s'accordent à dire qu'il ne faut pas négliger le risque réel que l'Afghanistan, premier producteur mondial d'opiacés depuis une dizaine d'années, devienne un « narco-État ». D'autres observateurs estiment que cette situation n'a pas que des effets négatifs, du moins à court terme. Dans la mesure où les campagnes anti-drogue se révéleraient efficaces, une baisse très sensible de cette ressource ne risquerait-elle pas de déstabiliser le pays ? Le président Hamid Karzaï s'est engagé devant la communauté internationale à lutter contre la culture du pavot, mais le niveau de la production reste fies élevé.

    Alain Labrousse revient sur l'histoire récente de la production d'opium à laquelle prirent part les seigneurs de guerre et les taliban aujourd'hui acteurs sur le nouvel échiquier politique - pour mieux éclairer les enjeux tant nationaux qu'internationaux devant lesquels le pays est placé. Car, pour de nombreux pays occidentaux, la « guerre à la drogue » est une justification supplémentaire pour intervenir en Afghanistan.

  • Qu´est-ce donc l´écosocialisme ? Il s´agit d´un courant de pensée et d´action écologique qui fait siens les acquis fondamentaux du marxisme, tout en le débarrassant de ses scories productivistes. Pour les écosocialistes, la logique du marché et du profit, de même que celle de l´autoritarisme bureaucratique de feu le « socialisme réel », sont incompatibles avec les exigences de sauvegarde de l´environnement naturel. Ils désignent les impasses actuelles de l´écologie politique, qui se veut réformiste ou régulatrice du système. Les écosocialistes dénoncent cette insuffisance et entendent réintroduire un rapport de force politique : les travailleurs et leurs organisations sont une force essentielle pour toute transformation radicale du système. L´écosocialisme s´est développé principalement au cours des trente dernières années, grâce aux travaux de penseurs de la taille de Manuel Sacristan, Raymond Williams, Rudolf Bahro André Gorz, mais aussi Joel Kovel (États-Unis), Jean-Paul Deléage (France) ou Otto Wolf (Allemagne). Ce courant est loin d´être politiquement homogène, mais la plupart de ses représentants partage plusieurs thèmes communs. Michaël Löwy nous présente les idées de ceux qui souhaitent que « la valeur d´échange soit subordonnée à la valeur d´usage », et que « la production soit organisée en fonction des besoins sociaux et des exigences de la protection de l´environnement ».

  • Paniques morales face aux populations issues de l´immigration islamique, crise de l´État-nation dans l´intégration européenne ou hantise du déclassement de la civilisation européenne semblent nourrir constamment l´émergence de mouvements contestataires à l´intérieur d´une droite en éternelle recomposition. C´est tout un pan des sensibilités politiques qui s´est laissé déporter par cette puissante dynamique. Combinant conservatisme et esprit contestataire, monopolisant la définition du débat politique, la droite a gagné le combat pour l´hégémonie culturelle dans les sociétés occidentales, poussant aussi bien les droites conservatrices que les droites extrêmes à opérer de nombreuses mutations. Les auteurs exposent avec une grande concision les spécificités de la droitisation actuelle, qu´ils observent non seulement aux États-Unis, avec les Tea Parties, mais aussi en Italie, en Allemagne, en Espagne, en Belgique et aux Pays-Bas, en Suisse, en Suède... dans un véritable tour d´Europe, avant d´étudier le cas particulier de la France. Le livre plonge dans l´histoire des néoconservateurs américains, ces démocrates ralliés à Reagan à la fin des années 1970 : ce sont eux, avec les théoriciens du thatchérisme, qui, sur la base d´un anticommunisme et d´un anti-gauchisme farouches, ont pensé et réussi à propager de par le monde leur conception droitière dans les années 80 et 90... jusqu´à la flambée qui a atteint l´Europe continentale dans les années 2000.

  • Le débat scientifique sur la réalité du changement climatique a ses imposteurs. Mais, en matière d´environnement, les plus grandes impostures se situent dans le champ politique.
    Lorsque l´écologie émerge dans le débat public au début des années 1970, les grandes puissances économiques comprennent qu´un danger se profile. Alors que la mondialisation du capitalisme se met en place grâce à la stratégie du libre échange, l´écologie politique pourrait remettre en cause le productivisme, l´intensification du commerce international et les délocalisations de l´industrie vers les pays à bas coût de main-d´oeuvre. Avant même que la communauté internationale ne se réunisse pour débattre des crises environnementales, les tenants de la mondialisation rédigent les conclusions : aucune mesure de protection de l´environnement ne devra entraver le commerce.
    Depuis plus de quatre décennies, depuis que la question environnementale a émergé dans les débats nationaux et dans les préoccupations internationales, un pacte tacite s´est instauré, qui n´a pas manqué de duper : au sein des gouvernements, des institutions internationales, lors des grands sommets, ne seraient prises que des mesures cosmétiques, ne portant pas atteinte au libre échange et à la mondialisation. Il est grand temps de faire tomber les masques et de raconter en détail l´histoire politique, totalement méconnue, qui révèle la supercherie d´une prétendue conversion à l´écologie des grands de notre monde.

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