Fayard

  • La fin du courage

    Cynthia Fleury

    • Fayard
    • 3 Mars 2010

    Chaque époque affronte, à un moment de son histoire, son seuil mélancolique. De même, chaque individu connaît cette phase d´épuisement et d´érosion de soi.
    Cette épreuve est celle de la fin du courage. Comment convertir le découragement en reconquête de l´avenir ? Notre époque est celle de l´instrumentalisation et de la disparition du courage. Mais ni les démocraties ni les individus ne peuvent en rester à ce constat d´impuissance. Nul ne résiste à cet avilissement moral et politique. Il s´agit de surmonter ce désarroi et de retrouver le ressort du courage, pour soi, pour nos dirigeants si souvent contre-exemplaires, pour nos sociétés livrées à une impitoyable guerre économique. Le plus sûr moyen de s´opposer à l´entropie démocratique reste l´éthique du courage et sa refondation comme vertu démocratique.
    Dans cet essai enlevé, Cynthia Fleury rappelle qu´il n´y a pas de courage politique sans courage moral et montre avec brio comment la philosophie permet de fonder une théorie du courage qui articule l´individuel et le collectif. Car si l´homme courageux est toujours solitaire, l´éthique collective du courage est seule durable.
    Cynthia Fleury, philosophe, professeur à l´American University of Paris, travaille sur les outils de la régulation démocratique.

  • Né en Italie, le Baroque a rayonné sur l´Europe entière et même au-delà, engendrant ici ou là des styles, voire des genres propres aux sensibilités et aux particularités locales. Il était normal que cette lame de fond européenne n´atteigne qu´avec un certain retard l´Allemagne luthérienne, à la fois réformée et ruinée par une guerre atroce. Mais elle y trouvera des modes d´expression très particuliers et féconds pour l´avenir.

    Dans la pratique quotidienne de la musique, et par elle, un peuple entier acquiert en effet des réflexes de comportement et une vision du monde. On mène en ces terres une existence empreinte de spiritualité et de musique.

    La musique n´est-elle pas, selon Johann Crüger, Himmelsfreude, joie céleste ?

    /> De ce tissu musical vivant émergent les compositeurs les plus en vue : Schütz, Buxtehude et quantité d´autres dont Bach sera l´héritier et le plus illustre.
    Gilles Cantagrel présente en cet ouvrage synthétique les trajectoires de vie, les oeuvres et les préoccupations quotidiennes, reliant les chefs-d´oeuvre et la société qui les fait naître, les spéculations et le savoir-faire en un tout cohérent qui embrasse la musique et la vie.

    Auteur de multiples ouvrages sur la musique,Gilles Cantagrela notamment publiéLe Moulin et la Rivière, air et variations sur Bach, Bach en son tempsetDieterich Buxtehude.Il a également dirigé leGuide de la musique d´orgue.

  • En 2016, l'élection surprise de Donald Trump a provoqué un séisme politique aux États-Unis. Principale victime  : le parti démocrate, mis K.-O. par l'échec de sa candidate, Hillary Clinton.
    Mais l'effet a été celui d'un électrochoc. Le parti de la gauche américaine, moribond après huit années de présidence Obama, s'est vu revivifié par d'intenses débats en son sein. Trois stratégies pour revenir au pouvoir en 2020 ont émergé  : reconquérir les classes moyennes et populaires pour la gauche sociale  ; réconcilier une opinion publique hyperpolarisée pour l'extrême centre  ; renverser un système qui pénalise les minorités, pour les progressistes. L'establishment du parti a quant à lui une seule priorité  : trouver un candidat qui peut battre Trump, quel qu'il soit. Ce sont toutes ces dynamiques qui décideront de la figure et du projet politiques opposés à Trump.
    Célia Belin a suivi candidats, militants et sympathisants démocrates durant plusieurs mois. Elle décrit ce foisonnement d'idées pour le renouvellement de la gauche américaine, et propose une grille de lecture originale des enjeux de la primaire démocrate et de l'élection présidentielle de 2020. Une analyse d'une actualité salutaire qui s'avère également riche d'enseignements pour les démocraties confrontées au nationalisme populiste. Un portrait des démocrates mobilisés pour changer le visage de l'Amérique.
     
     
    Célia Belin est docteure en science politique de l'université Panthéon-Assas et visiting fellow à la Brookings Institution. Spécialiste des États-Unis et des relations transatlantiques, elle a publié Jésus est juif en Amérique (Fayard, 2011).

  • Produit de la centralisation monarchique et des révolutions modernes, l'État-nation apparaît aujourd'hui bien mal adapté à l'intégration économique mondiale. Les eurosceptiques, qui en revendiquent l'héritage et affirment sa pérennité, redoutent l'ouverture des frontières et appellent au refus de la mondialisation des échanges. Les eurolibéraux, qui se satisfont d'une Europe du Grand marché, n'ont que faire des structures politiques et se moquent des malheurs de nos Etats nationaux.

    Les fédéralistes, qui revendiquent à la fois l'ouverture des frontières et la formation d'un espace politique intégré à l'échelle européenne, fondent leur position sur la nécessité d'élever le pouvoir politique à la hauteur de la puissance nouvelle de l'économie afin de lui faire contrepoids. Jürgen Habermas est de ceux-là, refusant tout à la fois le passéisme des premiers et l'aveuglement des seconds. Mais il va plus loin.Poche de ceux qui militent en faveur d'une démocratie cosmopolitique, il réfléchit aussi dans ce livre aux conditions qu'il est nécessaire de mettre en oeuvre une régulation mondiale.

    Né en 1929 près de Cologne, Jürgen Habermas est l'auteur d'une oeuvre considérable. On trouvera notamment chez Fayard : Après Marx (1985), Théorie de l'agir communicationnel (2 vol. 1987) et L'Intégration républicaine (1998).

  • L'Occident tremble. Qui se cache derrière ces voiles et ces barbes ? Qui sont ces musulmans du Pakistan, d'Afghanistan et d'Irak ? Savent-ils vraiment comment nous vivons ? Comment nous voient-ils ? Que connaissent-ils de nous hormis nos armes, nos télés, nos moeurs ? Anne Nivat est partie, seule, dialoguer avec les mollahs des medressahs du Pakistan, accompagner les talibans d'Afghanistan, rencontrer les moudjahidines irakiens. Tous, combattants de l'islam et " adversaires " de l'Occident. En route, loin des grands hôtels d'Islamabad, de Kaboul ou de Bagdad, loin des zones protégées par les armées occupantes, elle a pris le temps de s'arrêter dans des familles, écartant le rideau du quartier des femmes, inaccessible et secret.

    Ce livre nous alerte sur l'Occident qui attire, mais effraie. L'incompréhension s'est déjà installée et le fossé se creuse : là-bas, comme chez nous, on vit de stéréotypes, de fausses idées. On subit les images, les discours, la propagande. Si personne n'y prend garde, le " choc des civilisations " finira par prendre le dessus.

  • Vie et mort de la Yougoslavie

    Paul Garde

    • Fayard
    • 12 Janvier 2000

    Ce livre retrace l'histoire des régions qui ont été réunies sous le nom de Yougoslavie de 1918 à 1991, et les péripéties du sanglant divorce qui s'en est suivi. La présente édition a été complétée jusqu'aux événements tragiques du Kosovo. Paul Garde, professeur émérite de l'université de Provence, est spécialiste de la linguistique slave. Depuis près d'un demi-siècle, il a parcouru les différentes régions de l'ex-Yougoslavie dont tous les peuples lui sont familiers. "Le livre de Paul Garde demeure une base irremplaçable pour ceux qui veulent comprendre." Béatrice Toulon, La Croix."Un excellent livre et un livre indépendant où le lecteur trouve tous les repères à la compréhension des événements." Nicola Wafler, Etudes."Le labyrinthe yougoslave déroute. Le fil d'Ariane de paul Garde est d'abord un excellent et lumineux exposé de toutes les données du problème." Jean-Marc Gonin, L'Express."Tout à la fois essai, manuel d'histoire, livre de voyage et analyse des derniers événements, le livre de Paul Garde représente une clé indispensable pour décrypter le déferlement quotidien d'informations contradictoires." Marc Sémo, Libération."Le premier livre sérieux sur la question yougoslave... Le premier à proposer une nouvelle approche sans sentimentalisme sur l'"amitié historique" et sans dogmes idéologiques sur l'"Etat centralisé"." Mirko Galic, Zrcalo nad Hrvatskom (Miroir sur la Croatie). "Le livre de Paul Garde représente une lecture utile... qu'il vaudrait la peine, malgré quelques divergences d'opinion, de proposer en traduction au lecteur yougoslave." Djordje Dimitrijevic, NN (Belgrade).

  • Chienne de guerre

    Anne Nivat

    • Fayard
    • 2 Juin 2000

    « Ce livre est le récit de mes différents séjours dans la Tchétchénie en guerre, entre septembre 1999 et mi-février 2000. La guerre telle que je l'ai vue : il s'agit là d'un pur témoignage. J'ai agi en tant que journaliste free-lance, correspondante de deux quotidiens français, Libération et Ouest-France. Dès le début du conflit, j'avais fait la demande d'une accréditation ad hoc du côté russe ; ne l'ayant pas obtenue, j'ai décidé de regarder la guerre du côté tchétchène.
    Cet affrontement qui ne cesse de saigner et d'épuiser les camps en présence n'est malheureusement pas terminé et peut-être ne finira jamais. Aussi faut-il continuer de se rendre sur place pour dire ce qu'il en est.
    À moi qui n'avais fréquenté la guerre que dans les livres d'histoire, elle a appris son poids de cruauté, de désespoir et de mort. Au lecteur, j'espère que ces pages auront mieux fait percevoir l'enchaînement tragique des événements, mieux fait comprendre aussi ce peuple, ces hommes et femmes tchétchènes avec qui j'ai partagé l'impartageable. » A. N.

  • L'Afrique noire est mal partie, pronostiquait sombrement René Dumont il y a trente ans. Et de fait : famines, épidémies et guerres civiles ravagent un continent qui ne parvient guère à décoller économiquement, en proie à la corruption, au pillage de ses ressources et à l'exode de ses élites. Pourtant, l'Afrique ne manque pas d'atouts : ici et là, les vieux dictateurs sont congédiés, l'exigence démocratique s'installe. Des médiations se créent pour mettre un terme aux conflits. À l'ONU, le continent apprend à être une force autonome. Une nouvelle conscience africaine émerge. Des écrivains, des chanteurs et des musiciens, des plasticiens, des cinéastes portent la voix de l'Afrique dans le monde.Sans concessions ni parti-pris, c'est cette nouvelle Afrique, dans la multiplicité de ses aspects, que ce livre donne à voir. Il propose une synthèse sur chacun des États africains, évoque les principales figures politiques et les grandes étapes de l'histoire contemporaine, offre un tableau des conflits, étudie les grands faits de société (religions, corruption, villes), présente les principaux partenaires du continent, les enjeux économiques, sociaux et culturels. Des cartes, les « éphémérides » de RFI, qui jalonnent un demi-siècle d'actualité, des chronologies, un choix de textes fondateurs et un index détaillé complètent ce panorama d'un continent en mouvement.

  • Les réformes économiques menées en Chine à partir de 1980 ont changé le destin de ce pays longtemps soumis à la dictature de Mao Zedong. Au tournant du nouveau siècle, la Chine, apparemment convertie au capitalisme, semble marcher vers la démocratie. La crise de 2008 a cependant mis en lumière le rôle croissant du secteur public qu´on croyait condamné, et les obstacles rencontrés par un capitalisme qu´on croyait prêt à triompher. Quelle est donc la véritable nature de ce système économique et politique ? Pour répondre à cette question, Marie-Claire Bergère examine la nature des réformes lancées depuis 1980, et conduites de façon autoritaire par un régime demeuré communiste dont l´objectif n´est pas de créer un système capitaliste, mais d´utiliser au mieux les ressources du marché pour développer la richesse de la Chine, renforcer sa puissance et préserver le monopole politique du parti. La stratégie mise en oeuvre repose sur le rôle primordial accordé à un secteur public rénové et à ses entrepreneurs bureaucrates et sur le dynamisme soigneusement circonscrit du secteur privé et de ses capitalistes. La clé de voûte de ce système demeure le parti unique qui tire sa légitimité non plus de l´idéologie, mais de la croissance. Les succès remportés par ce nouveau capitalisme d´État sont-ils durables et en font-ils un modèle transposable ? Un tel modèle serait-il capable d´assurer la diffusion et l´universalisation des valeurs « confucéennes » dont se réclame désormais le pouvoir communiste ? Bien des scénarios sont imaginables dont trois sont ici examinés : panne de croissance catastrophique, improbable révolution sociale et maintien d´un statu quo flexible.

  • En mars dernier, Stéphane Hessel s´est éteint. Cette grande conscience s´est mobilisée pour défendre les droits de l´homme en général et, en particulier, la cause du peuple palestinien. Il s´était rendu à Gaza en plein blocus. Depuis dix ans, il dialoguait avec Véronique De Keyser, députée au parlement européen et vice-présidente du groupe socialiste, spécialiste du Moyen-Orient qui a suivi la situation en Palestine pendant six ans , sous mandat de l´ONU. Ce livre est né de leur dialogue. Ensemble, les deux auteurs ont voulu faire part de leur indignation devant la façon dont les institutions européennes ont démissionné, au point de laisser se dégrader la situation en Palestine, depuis les années 2000. Leur analyse nous replonge dans l´histoire récente, de l´élection de Mahmoud Abbas à son départ programmé, montrant les occasions politiques ratées, les influences conflictuelles et la difficulté de dialoguer autour d´un dossier explosif. Leur ouvrage ne dresse pas seulement un bilan, il envisage aussi l´avenir. Quelles solutions pour l´avenir de la Palestine ? Comment inscrire le destin de ces femmes et de ces hommes dans le droit international ? Comment instaurer une situation pacifiée et pérenne ? La jeunesse palestinienne peut-elle encore entendre cet appel à la raison et à l´action maîtrisée ? Et les Européens ? Avec finesse et franc-parler, Stéphane Hessel et Véronique De Keyser nous invitent à garder l´espoir.

  • En 1983, Pierre Péan publie Affaires africaines sur le rôle de ce qu´on appelle la Françafrique dans l´« émirat noir » regorgeant de pétrole, dominé par le groupe Elf. Le scandale créé par le livre vaut à son auteur menaces de mort, attentat à son domicile, et la rancoeur d´Omar Bongo, « papa » indéboulonnable de son pays pendant quarante ans, témoin des relations incestueuses entre l´ex-colonie et Paris, notamment des subsides versés par le potentat de Libreville aux partis et au personnel politique de la métropole. Vers la fin de son règne, Bongo fait savoir à Péan que, le temps ayant fait son oeuvre, il aimerait lui laisser son témoignage. Ce livre-là ne se fera pas, Bongo mourant en 2009. Mais Péan avait déjà pu glaner assez de confidences pour amorcer le présent ouvrage, entre autres sur les débuts de règne calamiteux du successeur d´Omar, Ali Bongo. Accusations de corruption, de détournement de fonds publics, d´assassinats, d´élections truquées avec la complicité de Paris, de « biens mal acquis » en France et ailleurs, de folie des grandeurs : tel est le bilan catastrophique du pouvoir gabonais.
    Outre Affaires africaines, Pierre Péan a consacré à cette région plusieurs ouvrages, dont Bokassa Ier, L´Argent noir, Noires fureurs, blancs menteurs et Carnages.

  • Un jour, bien avant que ce siècle ne s'achève, le monde aura un gouvernement pour traiter des sujets qui concernent l'humanité tout entière.Il ne s'agira pas de mettre en uvre de nouveaux traités ou d'imposer des règles, ni même de confier cette mission à des institutions internationales, mais d'un vrai gouvernement. Avec ses impôts, son administration, son armée, ses tribunaux.L'idée en est ancienne. Au moins aussi ancienne que la prise de conscience de l'unité de l'espèce humaine. Elle n'est ni utopique ni absurde. Elle s'impose, comme s'imposa l'idée de l'Etat, regroupement des provinces, et celui des grandes fédérations continentales.Pour éviter que le chaos s'installe, que les forces centrifuges à l' uvre ne l'emportent, pour résoudre la crise financière, pour maîtriser la crise écologique et les menaces épidémiologiques, pour réduire les injustices planétaires, pour rendre possible une croissance planétaire durable.Le moment est venu d'y réfléchir, de s'y préparer, de penser l'architecture de ce gouvernement du monde. Et même, pour le construire, le moment est venu d'organiser des états généraux planétaires.

  • Théoricien de la gauche et du socialisme, Didier Motchane expose dans cet abécédaire littéraire, incongru, capricieux, sa vision du monde.
    Parmi les cent mots choisis : " France : Le nom de la France est par tous les mots de sa langue ce qui fait ma patrie. Non pas la langue de mes pères, mais celle dans laquelle j´ai ouvert les yeux, la langue dans laquelle le monde m´a parlé. C´est la langue française qui montre le mieux, me dit-on, que la politique et la littérature, la Cité et le Verbe sont consubstantiels ; elle est en moi l´opération la plus pure de leur transsubstantiation. Bourgeois bohèmes : Bobos ! Marque brevetée d´une grande brocante culturelle des bourgeois bohèmes respirant l´air du temps par tous les pores de la peau, ce quolibet ne désigne pas une espèce nouvelle mais une certaine couche pelliculaire de la bourgeoisie contemporaine que son style et tout son mode de vivre tiennent en suspension à la surface de l´épaisseur sociale. Le conformisme des anticonformismes communément partagés leur garantit le confort du frisson virtuel. Chez les bourgeois bohèmes la liberté d´allure la plus soigneusement affectée fait l´uniforme. Ils portent fièrement leur Weltanschaung (vision du monde) roulée en boule derrière la tête, comme le chignon aristocratique qui signale leur appartenance à une race de demi-dieux.
    "

  • L'opinion occidentale reste gorgée de stéréotypes sur le pouvoir et l'Etat en Afrique, en particulier quant au rôle privilégié que la corruption et le tribalisme sont censés jouer au sud du Sahara. Certes, les Africains parlent eux-mêmes à ce propos de "politique du ventre". Mais l'expression renvoie, aussi bien qu'aux nécessités de la survie et de l'accumulation, à des représentations culturelles complexes, notamment celles du monde de l'"invisible", de la sorcellerie. En d'autres termes, la "politique du ventre" témoigne d'une trajectoire africaine du pouvoir qu'il faut comprendre à la lumière de la longue durée.

    L'analyse des groupes sociaux qui se disputent l'Etat post-colonial et des différents scénarios qui ont prévalu depuis la proclamation des indépendances permet d'avancer des hypothèses neuves sur la formation d'une classe dominante, sur la dépendance des sociétés africaines vis-à-vis de leur environnement international, sur la place déterminante en leur sein des stratégies individuelles et des modes populaires d'action politique, sur l'importance des réseaux d'influence et des terroirs historiques dans le déroulement des conflits, sur la récurrence des conduites - souvent religieuses - de dissidence sociale, sur l'émergence de cultures politiques originales.

    En définitive, cet essai, devenu un classique en sociologie de l'Etat, propose une lecture à la fois provocante et nuancée de ce qu'il est convenu de nommer le "développement". Il ouvre aussi la voie à une réflexion plus générale sur l'invention du politique dans les sociétés d'Afrique et d'Asie.

  • La Chine est devenue un immense chantier. Développement capitaliste d'un côté, classicisme communiste de l'autre, elle donne le spectacle d'un pays qui rejoint le chemin du progrès dans un désordre incroyable. Depuis dix ans, elle accumule les succès : elle s'est développée et consolidée à l'intérieur ; elle s'engage dans le monde et y conduit une politique plus ambitieuse, notamment face aux Etats-Unis et en Extrême-Orient. Ses succès stimulent une sortie implicite, depuis peu incontestable, des voies traditionnelles du communisme.
    Mais la Chine est un colosse aux pieds d'argile. La situation intérieure reste fragile et les mutations de la société la rendent dangereuse. Les protestations se multiplient dans les villes et les campagnes, tandis que cent millions de migrants circulent dans le pays. Les dirigeants évitent les débats nécessaires, ce qui fait peser de lourds dangers sur l'avenir. La Chine vient d'entrer à l'OMC, mais avant d'accueillir les Jeux olympiques, elle devra encore gagner en maturité et construire un rapport équilibré avec le reste du monde.

    Jean-Luc Domenach, spécialiste de la Chine et de l'Asie, ancien directeur scientifique de Sciences Po, fait ici le point sur les évolutions du pays le plus peuplé du monde en combinant sa maîtrise des sources et sa connaissance des Chinois.

  • Après Parrains et Caïds, véritable " Who´s who " du grand banditisme, voici le récit de leurs évasions. Un tour de France inédit des " belles " les plus folles, les plus cocasses, les plus dures, les plus kamikazes, les plus sportives, les plus rusées, les plus fraternelles, les plus aériennes et les plus amoureuses de ces trente dernières années. Vous y découvrirez comment des hommes enfermés à triple tour dans les pénitenciers les plus sûrs parviennent à fausser compagnie à leurs geôliers. Comment ils jouent leur vie et parfois celle des autres pour échapper à la prison. Comment ils exploitent toutes les failles de l´âme humaine - appât du gain, séduction, terreur - pour abréger leur isolement. Une enquête qui puise aux meilleures sources, celles de la police judiciaire et de la justice, pour raconter, à la façon du polar, cet instant souvent très bref où tout bascule : celui où le bandit brise les chaînes et s´arrache à son cachot. Un livre au coeur du monde carcéral qui donne un autre goût au mot " liberté ". Frédéric Ploquin, auteur de Parrains et caïds, est grand reporter au journal Marianne.

  • En 2050, l'Afrique sera plus peuplée que la Chine, mais les jeunes en âge de travailler y seront trois fois plus nombreux et les emplois manqueront encore plus cruellement qu'aujourd'hui. Or le chômage massif de jeunes à demi scolarisés constitue l'une des principales explications de l'effondrement dramatique de l'Afghanistan, la Syrie ou l'Irak.Le Sahel francophone est une zone d'immense fragilité, dont les caractéristiques rappellent l'Afghanistan. Nous ne voulons voir que l'Afrique en progrès, celle qui offre de nouveaux marchés et regorge de matières premières. Mais l'Afrique en crise existe toujours et se comporte comme un cancer, envoyant ses métastases dans les pays voisins, et jusqu'en Europe. Bien naïf celui qui croira que la charité et les interventions militaires suffiront à éteindre l'incendie qui couve dans ces zones déshéritées.Nous ne pourrons rester longtemps indifférents : pour ne pas être nous aussi victimes de ces métastases, tentons de comprendre la réalité, et réfléchissons à ce qui peut encore être envisagé pour endiguer le feu et éviter que l'Afrique en crise n'arrive dans nos banlieues. Chercheur à l'IRIS, enseignant à Sciences Po et conseiller de plusieurs gouvernements, Serge Michaïlof a été l'un des directeurs de la Banque mondiale et le directeur des opérations de l'Agence française de développement (AFD). Son dernier ouvrage, Notre maison brûle au Sud (Fayard, 2010), a reçu le prix Jean-Michel Gaillard.

  • C'est un grand Italien qui l'affirme : la construction européenne a urgemment besoin d'être consolidée par une relance franco-allemande.
    De l'intérieur, ses bases sont non seulement menacées par le Brexit, mais, plus largement, par des opinions déboussolées qui se considèrent délaissées par l'Union européenne.
    À l'extérieur, les railleries de Trump, la défiance de Poutine et les provocations d'Erdogan exigent plus que jamais des Européens de se prendre en main. D'autant que notre continent doit répondre aussi aux grands bouleversements que sont l'augmentation de la population mondiale, les arrivées de migrants, le changement climatique et les mutations rapides de l'économie. À l'Europe aujourd'hui de s'affirmer pour devenir une puissance de valeurs.
    Enrico Letta fut chef du gouvernement italien dans les heures mouvementées de la crise de l'euro et de la crise des migrants. Dans ce livre, fruit d'entretiens avec Sébastien Maillard, il avance des pistes pour « débruxelliser » l'Europe, démocratiser son fonctionnement et asseoir son leadership, afin de réconcilier le projet européen avec tous ceux qui s'en estiment les perdants ignorés.
    Avec conviction, réalisme et pédagogie, il nous démontre que si l'Europe se divise, elle se marginalisera au risque de ne compter pour rien dans un monde de brutes.
     

  • Partant de l´historique des politiques sanitaires internationales menées au cours des cinquante dernières années, Dominique Kerouedan se propose de dépasser les analyses classiques relatives à l´efficacité de l´aide, pour mettre en cause notamment le risque de corruption. Les préoccupations nationales et les forces géopolitiques des grandes puissances qui sont à l´origine des décisions de financement, souvent prises dans l´urgence, ne sont pas toujours fondées sur les véritables besoins des pays. Les analyses alternatives que propose l´auteur imposent de dépasser le cadre de la médecine et même de la santé publique, et de recourir à la sociologie des relations internationales, voire à la philosophie de la mondialisation, pour bien comprendre la toile de fond contemporaine sur laquelle se déroulent les transformations de la gouvernance mondiale, dont la dimension géopolitique a bien des effets sur les politiques de développement et leur impact.

  • Guerre d´août 2008 entre la Géorgie et la Russie pour le contrôle sur les républiques sécessionnistes d´Ossétie du Sud et d´Abkhazie, conflits interethniques entre Kirghizes et Ouzbeks au sud du Kirghizstan en juin 2010, départ des troupes occidentales d´Afghanistan en 2014... : le Caucase, l´Asie centrale et l´Afghanistan ne cessent d´occuper l´actualité internationale et de susciter l´attention inquiète du reste du monde. Les connaissances sur ces « éclats d´empires » se sont considérablement développées au cours des vingt dernières années, avec la chute de l´Union soviétique et un accès facilité à l´Afghanistan post-talibans. Loin des clichés qui tendent à ne faire de cette région qu´un théâtre de conflits, d´enjeux énergétiques et d´une concurrence géopolitique entre grandes puissances, la trentaine de chercheurs qui ont participé à cet ouvrage nous proposent de l´appréhender dans toute sa diversité et toute sa complexité. Ils évoquent les transformations politiques sans précédent qu´elle a connues et les changements sociaux et culturels de grande ampleur qui la traversent, mais aussi l´impératif auquel elle est soumise de s´intégrer dans une économie mondialisée et de développer de nouveaux partenariats stratégiques.

  • Le 11 janvier 2013, à la stupéfaction du grand public qui ne s'attendait pas à ce que la France entre en guerre, de surcroît seule, François Hollande déclenchait une opération préparée dans le plus grand secret depuis des mois : il fallait réagir à l'avancée des groupes armés de djihadistes installés depuis le début de l'année 2012 au Sahel, dans le Nord du Mali, avançant en direction de la capitale, Bamako. De la guerre, on ne vit rien ou presque: les islamistes furent mis en déroute. Mais aussitôt le conflit s'est transformé en une guérilla terroriste, du site de In Amenas au nord du Cameroun (avec prises d'otages), en passant par les attentats à Gao.
    Comment la France est-elle entrée en guerre ? Aurait-on pu faire autrement ? Cette enquête est une plongée dans les coulisses de la guerre d'un président peu porté sur la politique d'ingérence. Elle conduit le lecteur de l'Elysée au ministère de la Défense, de Bamako à Tombouctou, des mines d'uranium d'Aréva au Niger au golfe de Guinée (plaque tournante du traffic de drogue qui transite par le Sahel vers l'Europe). Cette guerre secrète révèle de multiples facettes.

  • La révolution syrienne a débuté en mars 2011. A la différence des précédents pays arabes, dont le dictateur a été chassé par des manifestations de rue, la Syrie de Bachar el Assad a connu une longue période de contestation du régime sans que celui-ci ne tombe, avant d´entrer dans une terrible guerre opposant la population civile aux milices du régime. Cette transformation de la dynamique révolutionnaire en Syrie est inhérente à un grand nombre de facteurs (dont le facteur temps, qui laisse la possibilité pour certaines forces contre-révolutionnaires de limiter le résultat d´une révolution déjà victorieuse) ; mais surtout elle traduit la spécificité de l´enjeu que constitue la Syrie, à la fois le « coeur de l´arabité », héritière d´une longue histoire culturelle et politique, et pivot d´une région géographique, le Moyen-Orient, qui a été construite de toutes pièces par les puissances coloniales à la veille de la chute de l´Empire ottoman. C´est là, cent ans après la Syrie mandataire, au début du XIXe siècle, que fait rage l´une des grandes batailles qui reconfigure le monde : le peuple syrien veut reprendre son destin en main, achever un processus d´émancipation politique qui n´a pas pu être mené à bout. Et dans le même temps s´y déploie un nouveau « grand jeu », où s´exercent des influences et des guerres par procuration, mettant aux prises la majorité des acteurs régionaux (Qatar, Arabie saoudite, Iran, Russie, Chine, E.U. etc.). Quelle que soit l´issue des bras de fer en cours, entre le régime et la population, entre les puissances qui se disputent une influence locale, l´An II de la Révolution arabe aura été déterminant.

  • Avec plus de trente attaques en mer de Chine méridionale en 2010 contre zéro en 2008, les pirates signent leur retour ! Eric Frécon est parti sur la trace des nouveaux pirates de Sumatra. La chose ne fut pas simple. Au gré des nombreuses rencontres dans l´archipel indonésien des Riau, au sud de Singapour, il a fallu plonger au coeur d´un univers toujours étrange : légendes et fantômes dans les Anambas, gangs mafieux à Batam, trafic et immigrés clandestins à Karimun, bordels pouilleux à Bintan... L'auteur livre ici un document inédit jamais réalisé, ni par un journaliste, ni par un universitaire. Cinquante ans plus tard, à la manière d'un Levi-Strauss chez les Boroo, Eric Frécon s'est adapté à la vie quotidienne des pirates, il décortique leur réseau entre Sumatra et Singapour, visite leurs camps de base cachés dans les mangroves et leurs points de ralliements sur quelques-unes des dix-sept mille îles de l´archipel nusantarien.

  • Etre partout sans être enfermé nulle part, telle pourrait être la devise de Stéphane Hessel. Homme d'engagement et de culture, ce grand résistant devenu ambassadeur de France est avant tout un citoyen du monde. Entré dans la carrière diplomatique après la Seconde Guerre mondiale, il fut un des pionniers de l'ONU et de la Déclaration universelle des droits de l'homme, dont on célèbre en 2008 le 60e anniversaire. Né à Berlin en 1917, fils de l'écrivain Franz Hessel et de Helen Grund - le couple anticonformiste immortalisé par le film Jules et Jim -, il a été de tous les combats du xxe siècle : le Front populaire, la France libre, la décolonisation, le tiers-mondisme, le mendésisme, avec pour boussole un humanisme exigeant et une conscience européenne chevillée au corps. A quatre-vingt-dix ans, Stéphane Hessel reste un militant prompt à se mobiliser pour défendre la cause des sans-papiers, celle des peuples de Palestine et de Birmanie, ou pour lancer, aux côtés de Michel Rocard et d'Edgar Morin, un " Collegium international " visant à définir une nouvelle éthique universelle de civilisation. La destinée de ce juste est aussi l'une des plus romanesques qui soient. Jean-Michel Helvig est journaliste.
    Il a travaillé pendant vingt-cinq ans à Libération où il a été chef du service politique, directeur adjoint de la rédaction et éditorialiste.

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