Editions du Cerf

  • Hier célébré pour son combat démocratique, l'homme de Wikileaks est aujourd'hui abandonné à l'arbitraire juridique. Dans cette plaidoirie qui est aussi le récit philosophique d'un engagement, son avocat, Juan Branco, pourfend nos lâches renoncements à une démocratie authentique. Un brûlot à lire et à relire.
    Juan Branco, proche conseiller de Julian Assange, prend la plume afin de raconter l'odyssée du fondateur de Wikileaks, menacé de 175 ans de prison pour avoir dit la vérité.
    En 2010, alors qu'il révèle sur Internet faits de corruption, crimes de guerre et crimes contre l'humanité, Assange est courtisé par les médias, invité par des universités, honoré par des ONG, nommé pour le prix Nobel de la Paix. Il reçoit une dizaine de prix de journalisme.
    En 2019, après 2 487 jours à Londres, et surveillé 24h/24 par la CIA, Julian Assange est exfiltré de l'ambassade de l'Équateur où il avait cru pouvoir se réfugier. Des hommes en noir le mènent à la prison antiterroriste de Belmarsh. Depuis, selon l'ONU, il est soumis à une torture incessante.
    Que s'est-il passé en dix ans, pour qu'un hérault de la liberté devienne l'ennemi public numéro un ? Qu'a commis Assange de si terrible pour qu'on accepte ainsi le renversement de son destin ? En quoi se différencie-t-il d'Edward Snowden, que les révélations sur la NSA et la CIA ont propulsé sur tous les écrans, se voyant même récompensé par deux films hagiographiques.
    En s'appuyant sur ses expériences au Quai d'Orsay comme à la Cour pénale internationale, et tour à tour généreux, remonté, agacé, Juan Branco revient sur le parcours incroyable du plus grand lanceur d'alerte de notre époque, qui s'est peut-être brûlé les ailes, mais que nous pouvons encore sauver.

  • Révisant les approches manichéennes de la crise tibétaine, Alexandre Adler éclaire ici l'avenir inquiétant de la Chine où le bouddhisme de Lhassa est appelé à jouer un rôle pacificateur. Un lumineux traité de géopolitique religieuse.
    Et si la lecture occidentale du conflit entre le Tibet et la Chine était complètement erronée ? Et si, au contraire des apparences, l'empire du Milieu avait pour ambition de faire du Royaume des temples un des fers de lance de son développement ? Et si, à rebours de l'histoire, le pouvoir chinois comptait sur une restauration du dalaï-lama ?
    Telles sont les thèses étonnantes, détonantes, d'Alexandre Adler.
    De l'invasion du Tibet (1950) à la révolte de Lhassa contre Pékin (2008), et relisant un demi-siècle de relations conflictuelles, le plus prophétique des essayistes annonce dans ce lumineux traité de géopolitique la réconciliation inattendue entre Xi Jiping et Tenzin Gyatso.
    En fin connaisseur des arcanes de la diplomatie, et après des années d'investigation, Adler s'attaque ici avec habileté à un des sujets les plus inflammables des relations internationales. Lucide et rigoureux, il nous ouvre les yeux sur le monde de demain.

  • Le multiculturalisme serait l'alpha et l'oméga de la démocratie, le seul visage possible de la modernité. Mais comment en sommes nous arrivés là ? Comment des intellectuels ont imposé à la France et aux nations occidentales la notion d'« identités particulières », et comment lui ont-ils retiré celle d'« identité commune » ? Qu'est-ce qui se cache derrière le culte de la diversité ? Pour Mathieu Bock-Côté, mai 1968 marque le début d'une révolution inventée par une gauche métamorphosée. Constatant l'effondrement du marxisme, elle a inventé l'égalitarisme identitaire. Critique de l'Occident, déconstruction des traditions, invention de l'antiracisme, telles ont été les étapes d'un redoutable projet : la confiscation de la démocratie par une minorité. S'inspirant des oeuvres des plus grands penseurs de la modernité, de Tocqueville à Muray, en passant par Marcel Gauchet, Raymond Aron ou encore Jean-Pierre Le Goff, revenant sur cinquante ans de vie intellectuelle, de la faillite du communisme à la création de la contre-culture, en passant par l'avènement du droit de l'hommisme et de l'idéologie antidiscriminatoire, Mathieu Bock-Côté propose le décryptage lucide et sévère d'un autoritarisme qui ne dit pas son nom.

  • Pourquoi nous ne comprenons pas ce qui se passe à Budapest, Prague, Varsovie ? Suffit-il d'invoquer les populismes ? Et vers quelles ruptures va l'Europe ? Un jeune politologue, spécialiste de cet autre monde, dresse le pourquoi et le comment de nos aveuglements.
    Les deux Europe, de l'Est et de l'Ouest, sont-elles condamnées à se méconnaître et à s'exclure ? Pourquoi Bruxelles s'oppose-t-elle à Budapest, Varsovie ? Comment Viktor Orbán peut-il être si populaire dans son pays et autant combattu par l'Union européenne ? Pour quelles raisons le régime politique " illibéral ", qui est jugé ici comme un danger pour la démocratie, est-il considéré là-bas comme une condition de la liberté ?
    C'est pour répondre à ces questions que Max-Erwann Gastineau a écrit ce livre. Du choc médiéval des empires et de l'avènement moderne des nations à la résistance au totalitarisme communiste et aux lendemains de la chute du Mur, il dresse la généalogie d'une autre culture, cousine et contradictoire avec la nôtre. Une culture où la tradition l'emporte sur le progrès, où la protection sur l'ouverture et où le politique sur le droit. Une culture que l'on croit si bien connaître qu'on en fait aisément le procès mais dont, en fait, on ignore l'essentiel.
    Sans idéalisation mais avec exactitude et sensibilité, mesurant les mémoires blessées et les préjugés hostiles de part et d'autre, entrant en dialogue avec Raymond Aron, Jürgen Habermas, mais aussi Milan Kundera et Czeslaw Milosz, Max-Erwann Gastineau nous entraîne dans un périple inattendu et passionnant au coeur de l'inconscient européen.

  • Voix essentielle de la France insoumise, Bastien Lachaud dénonce ici nos aveuglements géopolitiques qui nous font endosser les conflits qui ne sont pas les nôtres. Un appel à revenir à la France libre.
    Depuis quelques années, un très étrange sentiment antirusse s'est emparé des élites politiques et médiatiques. De l'élection de Donald Trump à l'affaire Benalla, derrière n'importe quel problème du monde, Moscou serait forcément impliquée.
    Bastien Lachaud lance l'alerte : cette illusion a déjà fait naître une nouvelle guerre froide. Elle pourrait bientôt, tout simplement, ramener la guerre.
    Mais à l'heure des hackers et des fake news, comment démêler le vrai du faux ? L'élu de la France Insoumise reprend les critiques formulées contre la Russie et les remet en perspective. Il refuse ainsi la fausse alternative entre va-t-en-guerre et inconditionnels du Kremlin, et propose avec sagesse des pistes pour enfin renouer une relation apaisée avec un pays que l'histoire et la géopolitique désignent nécessairement comme un partenaire de la France.
    Un livre pour repenser la géopolitique du xxie siècle.

  • Trois cent mille morts depuis 2011, une paix improbable. Pourquoi la guerre en Syrie est-elle une catastrophe globale ? En quoi les puissances occidentales sontelles aussi responsables de cet échec politique, militaire et moral ? Au nom de quoi ce désastre pourtant annoncé a-t-il été nié ? Et comment la France a-t-elle perdu une partie essentielle au regard de son histoire comme de sa vocation et de ses intérêts ? Le Levant, le Grand jeu, Sykes-Picot, le déchirement libanais, la lutte entre sunnites et chiites, la tragédie des chrétiens mais aussi les Assad, le terrorisme, les frères musulmans, le néo-califat, et en arrière-plan Washington, Ankara, Moscou, Téhéran, La Mecque : c'est la Question d'Orient que convoque ici, sur un siècle, Frédéric Pichon afin d'éclairer, comme jamais, les ombres du présent. Et, surtout, de dessiner les grandes lignes d'une possible, reconstruction de ce berceau du monde, toujours aussi compliqué, mais de plus en plus ravagé. Un décryptage lumineux de l'actualité. Un appel salutaire au réveil de notre diplomatie.

  • Voici la chronique vraie, jour après jour, de l'enfer d'Alep. De la ville, de ses gens et, surtout, de ses enfants soumis au déluge des bombes, à l'apocalypse des milices et aux ténèbres de Daech. Voici le récit authentique, au quotidien, de la survie des humbles désarmés, à commencer par les tout-petits, au milieu de l'amoncellement des ruines, de la pénurie de vivres, de médicaments et d'eau. Et des familles décimées, des orphelins errants, des blessés sans soins, des cadavres sans sépulture. Voici le témoignage vécu, au long cours, d'Ibrahim Alsabagh, le franciscain ami des pauvres, l'aumônier des gosses abandonnés et l'ultime curé d'Alep. Frère Ibrahim qui dit : « Pensant à ce qu'est devenue mon existence, moi qui rêvais de contemplation, je pars d'un grand rire intérieur. Dans cette cité en ruines, tour à tour pompier, infirmier, surveillant, enseignant, je ne suis qu'en dernier lieu prêtre. » Tandis qu'à Alep le ciel pleure de l'absurdité des hommes, comment rendre compte de l'espérance ? Un livre pour ouvrir enfin les yeux. Un livre pour réapprendre l'humanité.

  • L'élection de Donald Trump a généré une onde de choc sans précédent, bouleversant à très grande vitesse les équilibres internes et internationaux. La nouvelle équipe mène un véritable coup d'État contre ses nombreux opposants, en implantant méthodiquement des élites de substitution. Les divisions internes sont si importantes que les affaires étrangères vont passer au second rang. Dans les années à venir, les États-Unis vont se retirer des affaires du monde pour revenir à un isolationnisme forcé. Leur seule façon de conserver une certaine influence consistera à provoquer des déflagrations analogues à celle qui les a frappés. Par un retournement singulier, l'Amérique va donc utiliser l'arme de la diplomatie transformationnelle, si utile jadis pour faire éclore des révolutions, dans un but exactement inverse. En Europe, les joutes politiques verront s'opposer les partisans des identités reconstituées aux adeptes du technologisme mondialisé. Qu'en attendre ? Sans doute une violence redoublée. Th. F.

  • Au XXIe siècle, les micro-États semblent relever à la fois de l'énigme et du paradoxe. De l'énigme, dès lors que leur identification reste incertaine et que leur caractère étatique lui-même peut parfois paraître discutable. Mais aussi du paradoxe : apparemment archaïques et souvent anciennes, du moins pour celles qui se situent en Europe, ces entités se portent mieux que jamais, au point qu'elles semblent constituer, comme l'écrivait naguère le ministre d'État de la Principauté de Monaco, de véritables « laboratoires » des nouvelles pratiques économiques, sociales et politiques. Et peut-être même, à l'ère de la mondialisation, des modèles inédits pour les États « ordinaires »...

  • Un hôtel particulier, avenue Foch, payé cent millions d'euros... Trois millions de dollars dépensés en objets ayant appartenus à Michael Jackson. Des berlines achetées sur un coup de tête, pour un million d'euros chacune... Des bijoux et des montres à des prix ahurissants. Des robes et des costumes à faire pâlir les stars.
    Dans l'entourage des présidents de la Guinée équatoriale, du Congo-Brazzaville, du Gabon, on dépense sans compter. Normal : on se sert dans les caisses de l'État. En vingt ans, des centaines de millions d'euros se sont ainsi évaporés, à travers des prête-noms, des comptes offshores disséminés à Dubaï, à Hong-kong, à Monaco, au Luxembourg...
    Gilles Gaetner, au terme d'une enquête de plusieurs années, révèle l'étendue de ces scandales inimaginables. C'est toute une galerie de personnages surprenants qui défilent alors dans ces pages très documentées. Comment tout cela est-il possible ? Impuissants, abasourdis, réprimés, les Africains assistent à cette gabegie, alors que tout le continent est à la souffrance.
    Ce livre est bien plus qu'un réquisitoire : c'est la révélation de l'injustice organisée par les plus hautes sphères du pouvoir.

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