Denoël

  • Barack Obama a-t-il l'étoffe d'un président de guerre?
    Parmi tous les périls qui planent sur son mandat, la guerre d'Afghanistan est sans doute le défi le plus important qu'il ait à relever. Au lendemain de sa victoire, l'ancien candidat «anti-guerre» a dû endosser l'habit du commandant en chef pour sortir l'Amérique du bourbier dans lequel George W. Bush l'avait précipitée.
    C'est cette mue que raconte Bob Woodward, poursuivant son exploration des coulisses du pouvoir américain. Fort d'un accès privilégié aux documents les mieux gardés et des confidences des personnalités les plus haut placées à Washington, il décrit sous un jour nouveau les deux premières années de l'administration Obama et dresse un portrait inédit du 44e président des États-Unis.
    Dans Les guerres d'Obama, on assiste ainsi à son premier briefing par les services de renseignement - où il apprend que la CIA entretient une véritable armée clandestine au Pakistan -, on suit au jour le jour la constitution de l'équipe chargée de la sécurité et de la politique extérieure des États-Unis - notamment comment Barack Obama a convaincu Hillary Clinton, pourtant son adversaire, de le rejoindre - et on est plongé dans la véritable guerre de tranchées qui voit s'affronter la Maison Blanche et le Pentagone sur la conduite à tenir en Afghanistan. Car c'est bien à une guerre dans la guerre que Barack Obama a été confronté, avec le risque de voir les militaires prendre le pas sur le pouvoir civil.
    Au-delà des événements cruciaux qu'il est le premier à évoquer, Bob Woodward nous permet ainsi de mieux comprendre comment Barack Obama pense, décide et agit.

  • Blanchiment, filières d'immigration, prostitution, trafic d'armes, de stupéfiants, contrefaçon, racket... Pour la première fois, un livre traite de la criminalité internationale implantée en France depuis les années 1990.
    L'explosion du bloc soviétique et la mondialisation de l'économie ont changé les dimensions du crime organisé sur notre territoire. Aux côtés du «milieu» traditionnel et des caïds des cités, il faut maintenant compter avec d'autres acteurs de la scène criminelle, tels ces truands géorgiens pilotés par les plus grands parrains de la mafia russe, ou ces gangs sri-lankais qui s'entretuent en banlieue parisienne. Et avec de nouvelles activités, depuis les méthodes sophistiquées de piratage informatique jusqu'au prélèvement de données sur les terminaux bancaires. Les contours de différentes mafias (turque, chinoise, italienne...) et autres groupes criminels organisés (cartels colombiens, gangs russes, caucasiens et balkaniques) se dessinent dans l'ombre. D'où viennent et que font précisément ces organisations? Quel est leur degré d'implantation? Ont-elles des liens avec le crime organisé français? Quel danger représentent-elles vraiment?
    Alimentée par des sources confidentielles, la première enquête de fond sur la face cachée de la planète mafieuse en territoire français.

  • Un président de la République qui fait son jogging devant les caméras, un footballeur antillais qui interpelle la France sur son passé colonial... chaque jour le sport et la politique agissent l'un par l'autre.
    Avec un mélange d'érudition, de passion sportive et d'humour, treize écrivains contemporains explorent ce croisement entre deux mondes. Ensemble, avec François Bégaudeau, ils ont écrit ce livre multiple, foisonnant et drôle, qui réveille les mémoires, rappelle des événements essentiels comme la performance de Jesse Owens devant Hitler à Berlin en 1936, le Mundial des généraux argentins en 1978, ou encore La Marseillaise sifflée dans les stades depuis 2001. Chacun y pose forcément des questions dérangeantes (le rugby est-il collabo? le patinage artistique est-il démocrate-chrétien? la Lazio est-elle vraiment fasciste?) et plonge dans ces mythologies quotidiennes où le sport en dit beaucoup plus sur la politique que les politiques eux-mêmes.

  • Correspondant du journal Libération de 2002 à 2005 à Jérusalem, Jean-Luc Allouche retrace ses «choses vues», entendues, senties, au milieu des belligérants israéliens et palestiniens. Généraux et guérilleros, épiciers et paysans, intellos et travelos, colons et candidats kamikazes, mais aussi journalistes fanfarons et diplomates arrogants se retrouvent sous sa plume. Ce livre sait mêler la vie quotidienne à la «grande politique», avec ses héros et ses salauds, ses bravaches et ses humbles, ses moments d'humanité simple et sa cruauté inouïe.
    Pratiquant l'hébreu et l'arabe, l'auteur a parcouru Israël, la Cisjordanie et Gaza pendant les années de la seconde intifada. Jamais dupe de vérités trop tranchées, il cultive l'humour et la distance face aux deux camps. Et affiche une certitude : la paix n'est pas pour demain.

  • Au contact des réalités pakistanaises de 1992 à 1996, l'auteur, correspondante de presse, découvre combien l'image de Benazir Bhutto en Occident est confuse et naïve. Au fil de ses rencontres avec l'ancien Premier ministre et les siens, avec ses adversaires politiques, avec les femmes de milieu pauvre ou aisé, elle dresse le véritable portrait de Benazir.

  • De 1997 à 2007 Mosab Hassan Yousef était le «Prince vert».
    C'est sous ce nom de code qu'il renseignait la Sécurité intérieure israélienne, le Shin Bet, tout en militant au sein du Hamas, l'une des organisations palestiniennes les plus radicales.
    Arrêté au sortir de l'adolescence par l'armée israélienne, il bascule lorsqu'en prison il est confronté à la barbarie dont font preuve les membres du Hamas envers les autres prisonniers palestiniens. À sa libération, mettant constamment sa vie en danger, il devient la pièce maîtresse des services secrets israéliens au sein de l'organisation cofondée par son père, un informateur si précieux que son existence n'est connue que d'une poignée de hauts responsables de l'État hébreu.
    Agent double au coeur de la poudrière du Proche-Orient, Mosab Hassan Yousef a vécu au plus près, et des deux côtés, les événements de la seconde Intifada. Il livre ici un témoignage inédit sur la répression dans les territoires occupés, la guerre civile qui oppose depuis 1993 les différentes factions palestiniennes, le fonctionnement du Shin Bet et l'organisation des attentats-suicides par les terroristes du Hamas.
    Si Mosab Hassan Yousef est allé jusqu'à rompre avec ses proches, son peuple et son identité, c'est d'abord pour entraver la spirale infernale des attentats et des représailles. Jamais il n'a touché d'argent en échange et ses informations et son seul but a toujours été de sauver des vies dans les deux camps - la liste des attentats qu'il a aidé à déjouer, parfois au dernier moment, est là pour le prouver.
    Document exceptionnel à l'image des Mémoires des plus grands espions, Le Prince vert nous plonge dans le quotidien du peuple palestinien entre désir de paix et sanctification du martyre.

  • C'est peu dire, la guerre fait retour. Elle n'est plus une affaire d'États en faillite qui guerroient en périphérie de la démocratie et du droit, mais implique désormais les puissances occidentales.
    Et lorsque les États-Unis partent en guerre contre l'Irak, lorsque Israël frappe le Liban en 2006 puis Gaza en 2008, les armes donnent une nouvelle jeunesse à la vieille idée de la guerre préventive. Pourtant celle-ci demeure bien mystérieuse. Il est donc urgent d'accorder attention et réflexion à la guerre préventive pour reconsidérer la condamnation a priori et sans appel de l'action américaine fondée sur l'idée qu'elle ne serait que l'émanation de la volonté de puissance. Comprendre la guerre préventive, c'est avant tout faire l'analyse de sa justification.
    Pour des raisons évidentes, la guerre préventive se veut juste et pourtant elle n'est pas strictement défensive. Les États-Unis sont une grande puissance, un hegemon. Israël est une puissance régionale, pourtant ils ont tous deux besoin de convaincre et élaborent une doctrine de la prévention dont les termes se recoupent.
    Ce livre montre comment la guerre préventive est indissociable de sa justification en relevant de nombreuses occurrences historiques qui font mieux comprendre les problèmes contemporains posés par la politique de prévention. Il fait voir quel est le trajet de cette idée en suivant les méandres de la tradition de la guerre juste et les âpres querelles juridiques qui opposent les défenseurs des droits de l'homme aux juristes militaires. Dans les faits, il montre comment la tentation de justifier l'action préventive est plus forte aujourd'hui, alors même que les armes sont plus précises, ce qui rend le calcul des chances d'obtenir un succès militaire à moindres frais plus engageant.
    Cette tendance actuelle à saisir sa chance au jeu de la guerre laisse entrevoir une question aussi simple que forte : la guerre est envisagée comme un pari, dans sa réalisation comme dans sa justification. Mais peut-on vraiment faire le pari de justifier une guerre qui parmi les guerres est la plus hasardeuse qui soit?

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