• L'imaginaire musulman, en particulier salafiste, a tendance à présenter le règne des quatre premiers successeurs de Muhammad, celui des « califes bien guidés », comme un temps idyllique. Or les textes les plus anciens révèlent une toute autre réalité : celle d'une déchirure précoce avant même que le Prophète soit porté en terre. Ses plus proches Compagnons rivalisèrent alors de trahisons, de pactes secrets, de corruption et de menaces de mort pour s'emparer du pouvoir. Voici l'histoire stupéfiante des Califes maudits, dont ce premier volume révèle les enjeux et les acteurs. Fidèle à la méthode déployée dans Les Derniers Jours de Muhammad, Hela Ouardi est allée fouiller dans les replis des sources les plus classiques - mais en réalité très peu consultées - pour reconstituer cette histoire secrète. Les protagonistes sont tous des figures majeures de l'islam naissant : Abû Bakr, le plus proche Compagnon, 'Umar, son second impétueux et violent, 'Alî, le gendre bien-aimé, Fâtima, la fille chérie au destin funeste, qui lancera une terrible malédiction à ses spoliateurs, les futurs premiers califes. Entre tous ces personnages hauts en couleur se noue une véritable tragédie grecque aux conséquences durables. Car au-delà des querelles de personnes, c'est bien le destin de l'islam et, par conséquent, du monde entier qui se joue.

  • Les Califes maudits est un cycle de cinq récits historiques qui reconstituent les règnes des quatre successeurs du Prophète Muhammad. Qualifiés de califes « bien guidés » par la tradition apologétique, ils n'ont cessé en réalité de s'entredéchirer, et ont tous connu une mort violente. Le premier volume, La Déchirure, publié au printemps dernier, nous faisait revivre comme une tragédie grecque la confrontation acharnée des prétendants au califat, et la malédiction proférée contre eux par Fatima, la fille du Prophète, dépossédée de son héritage. Ce deuxième volume nous entraîne, après le coup d'Etat d'Abou Bakr, dans ce que l'on a appelé les « guerres d'apostasie », la religion étant alors instrumentalisée dans les luttes meurtrières pour le pouvoir. C'est un baptême de sang que va connaître le Califat : les musulmans vont s'entretuer par milliers, dans une violence fondatrice dont les répliques se ressentent jusqu'à aujourd'hui...

  • Alors que le Coran fait l'objet, dans les courants salafistes et dhjihadistes, d'une interprétation atemporelle et anhistorique, cet ouvrage passionnant a l'ambition de donner à comprendre ce que le discours coranique de Mahomet, qui était alors loin d'être fixé par écrit, a pu signifier pour ceux qui l'ont entendu, dans la société sans livre qu'était l'Arabie du début du viie siècle. L'originalité de cette approche consiste ainsi à déchiffrer le Coran à la lumière d'un contexte historique et anthropologique précis, celui de tribus vivant selon des rapports de solidarité et d'alliance pour faire face à l'environnement éprouvant du désert. Jacqueline Chabbi montre avec brio, et une connaissance approfondie de la langue coranique, que les trois caractéristiques principales du divin correspondent aux trois piliers de la société tribale : l'alliance, la guidance et le don. Pour ce groupe humain patriarcal du désert, Dieu est représenté avant tout comme celui dont l'alliance, la guidance et le don répondent aux nécessités vitales imposées par l'environnement. Outre que cet éclairage permet d'élucider un nombre considérable de notions et de distinguer celles qui sont d'origine biblique, il renouvelle totalement le sens de celles qui ont été figées par une certaine doctrine musulmane (djihâd, charia notamment). Car il ne s'agit pas, en découvrant des significations en relation avec un terrain chronologiquement premier, de figer les mots dans leur sens d'origine mais au contraire de faire apparaître combien ils ont pu évoluer au fil du temps et des transformations sociales. Jacqueline Chabbi, agrégée d'arabe et docteur ès lettres, est professeur honoraire des universités. Elle a notamment publié : Le Seigneur des tribus. L'islam de Mahomet (CNRS, 1997/2013) et Le Coran décrypté. Figures bibliques en Arabie (Fayard 2008/Le Cerf, 2004).

  • Allah au féminin

    Eric Geoffroy

    À l'encontre de la misogynie ordinaire qui traverse tous les milieux sans épargner les plus « éveillés », il est indéniable que le Divin en islam présente des aspects profondément féminins. Dieu ne se nomme-t-il pas lui-même « le Tout-Miséricordieux » (expression coranique qui renvoie à la « matrice » de la femme) ? Ainsi, nombre de maîtres soufis ont exalté la précellence spirituelle du principe féminin, et se sont parfois adressés à « Elle » plutôt qu'à « Lui ».Éric Geoffroy, islamologue et spécialiste internationalement reconnu du soufisme, rend compte ici de cette face méconnue de l'islam, à travers ses développements sur l'androgynie originelle de l'humanité, l'évocation de grandes figures féminines comme Marie et des saintes soufies.Ce tableau étonnant débouche sur l'évolution actuelle du soufisme qui ouvre des voies nouvelles dans la pratique musulmane : nous découvrons des femmes théologiennes, des imames, et même des cheikhas de confréries, qui s'imposent par leur dimension spirituelle. Il nous permet aussi de mieux saisir en quoi le Féminin semble incarner l'avenir de nos sociétés.

  • « Nasr Eddin est au plus mal. Sa femme est là, l'imam est là ainsi que le cadi qui est venu entendre ses dernières volontés :
    - à l'école coranique, dit le Hodja dans un souffle, je lègue dix mille dinars...
    - Mais mon cher mari, le coupe aussitôt Khadidja, nous n'avons jamais possédé une telle somme !
    - Dis donc, proteste-t-il en se redressant un peu, c'est toi qui meurs ou c'est moi ? »
    Du monde arabe aux pays balkaniques, en passant par l'Asie mineure et centrale, la renommée de Nasr Eddin Hodja - Ch'ha au Maghreb - est sans pareille. Tous les peuples qui connaissent ses aventures se sont approprié le mythique « savant », dont on ne sait jamais si la folie dissimule une grande sagesse... ou l'inverse. Jean-Louis Maunoury, qui régale depuis longtemps les lecteurs français de ses aventures et pitreries, nous en offre ici l'ultime recueil.

  • Quand un grand spécialiste de l'islam dénonce les dérives du monde arabo-musulman actuel.
    « Si le bel islam prêche le droit à l'indifférence et à la non-agression mutuelle, il faut croire que l'Homme, lui, est versatile, colérique et impétueux », constate Malek Chebel. A travers cinq études percutantes, il nous montre à quel point la faute et la transgression sont omniprésentes dans le monde musulman contemporain. Cet Inconscient de l'islam remonte aux racines de la religion et se nourrit de l'histoire des califes, pour mettre en évidence et éclairer la folie actuelle d'une partie de la communauté.
    Guerre sainte détournée, exacerbation de la figure du kamikaze, violence symbolique de la relation mère-fils, censure des livres, immolation au nom d'une purification sacrée : cette immersion dans le monde complexe des interdits et de leur transgression interroge les liens entre religion, politique et liberté dans la doctrine musulmane.
    Plaidoyer autorisé pour la mise à nu d'un inconscient longtemps nié et redouté, cet essai audacieux révèle les contradictions d'un islam aux prises avec le monde contemporain.

  • Self islam

    Abdennour Bidar

    • Seuil
    • 2 Juin 2017

    "Pendant longtemps, tout au moins jusqu'à l'âge de huit ou neuf ans, j'ai vécu le fait d'être musulman le vendredi et dans les vignes de mon grand-père le samedi sans trop souffrir de la contradiction. Mais, régulièrement, mon esprit se trouvait ramené à la même énigme : pourquoi ces univers ne communiquent-ils pas entre eux, alors qu'ils sont côte à côte ? Mon grand-père auvergnat et athée ne parlait jamais de l'islam. Je voyais les musulmans rester beaucoup entre eux. Et moi au milieu. Un électron libre. Tantôt chez les uns, tantôt chez les autres.
    Était-ce là le sens de ma vie, de faire enfin communiquer ces deux mers qui se touchent sans mêler leurs eaux, cet Orient et cet Occident qui se côtoient sans vouloir se reconnaître ? Le petit garçon que j'étais a dû se figurer que c'était là sa responsabilité à venir, effectivement. Une responsabilité née de l'amour et de la peine : amour de mon grand-père athée, amour de ma mère musulmane, peine de voir que l'islam était entre eux comme un mur. J'aurais tout donné alors pour détruire ce mur."

  • Si, selon Voltaire, l'intolérance fut la maladie du catholicisme, si le nazisme fut la maladie de l'Allemagne qu'ausculta Thomas Mann, l'intégrisme est, comme le démontre ce livre, la maladie de l'islam. Dans la tradition, l'accès à la lettre - Coran et tradition prophétique - était bien gardé : il fallait obéir à des conditions particulières pour l'interpréter et la faire parler. Mais l'accès sauvage à cette lettre n'a pu être empêché, et il est arrivé maintes fois que l'histoire ait à enregistrer les désastres qu'il a provoqués.Avec les effets de la démographie et la démocratisation, les semilettrés ont proliféré, et les candidats qui s'autorisent à toucher à la lettre sont devenus infiniment plus nombreux : leur nombre renforce, hélas, leur fanatisme. Car ce sont des hommes du ressentiment, qui alimentent les rangs des intégristes.Pour comprendre la genèse de cette maladie, il faut remonter loin dans l'histoire, à la Médine du Prophète (VIIe siècle), à la ville de Bagdad au temps des Abbassides (IXe siècle), à celle de Damas au XIVe siècle, après la fin des Croisades et l'épuisement de la vague mongole, à l'Arabie du XVIIIe siècle, avec la fondation du wahhabisme... C'est à ce voyage que nous invite ce livre, pour comprendre les raisons internes de la maladie d'islam, mais aussi les causes externes qui l'exacerbent : non-reconnaissance de l'islam par l'Occident ; reniement des principes par les Occidentaux dès que leurs intérêts le réclament ; hégémonie qu'ils exercent dans l'impunité et l'injustice - en particulier, de nos jours, sous la figure de l'Américain.

  • En tant que religion monothéiste l'islam est supposé partager avec les deux religions qui l'ont précédé les grandes thématiques qui les caractérisent. Le Coran traite effectivement d'un Jugement destiné à évaluer les actions des hommes. Il décrit un enfer aussi bien qu'un paradis. Le dieu du Coran est également présenté comme le créateur des cieux et de la terre. On ne s'est guère avisé cependant que l'adaptation de ces emprunts à un nouveau milieu, celui des hommes de l'Arabie aride, les faisait entrer dans un nouvel espace de représentation du monde. Les grandes idées empruntées aux milieux bibliques ont dû se coraniser. C'est ainsi que l'idée de création, abondamment traitée dans le Coran, ne l'est pas du tout dans l'optique biblique. Le mythe du premier homme est totalement ignoré ainsi que le paradis terrestre initial, dépossédant totalement Adam de son rôle fondateur. C'est d'emblée une société au travail qui est créée par un dieu bienfaisant. Celui-ci pourvoit à tout ce qui rend la vie possible et doit continuer à le faire dans un milieu surchargé d'aléas et de contraintes vitales. Réduit dans le Coran à un rôle anecdotique, Adam s'est néanmoins trouvé rétabli dans tous ses droits bibliques dans la tradition musulmane postérieure, dès lors que l'islam s'est construit comme religion, en dehors de son milieu d'origine, dans les sociétés multiculturelles des empires musulmans.
    L'enjeu de ce livre passionnant consiste à montrer, à partir de ce cas précis, que pas plus qu'une autre religion, l'islam n'a échappé aux reconstructions de son imaginaire et aux évolutions de l'histoire.
    Jacqueline Chabbi, agrégée d'arabe et docteur ès lettres, est professeur honoraire des universités. Elle est l'auteur d'une œuvre cohérente qui renouvelle l'approche des origines de l'islam et du Coran par le biais de l'anthropologie historique. Elle a publié : Le Seigneur des tribus. L'islam de Mahomet (Agnès Viénot, 1997/ CNRS, 2013), Le Coran décrypté. Figures bibliques en Arabie (Fayard, 2008/Le Cerf, 2014), Les Trois Piliers de l'islam. Lecture anthropologique du Coran (Seuil, 2016/Points Essais, 2018).

  • « C'est dans la désolation d'Auschwitz que prit pour moi un sens actuel le "pré de malédiction", cette expression d'Empédocle d'Agrigente pour désigner le lieu où agit le démon de la discorde, de la haine, du mal - auxquels s'oppose l'action du dieu mû par l'amour...Ce "pré de malédiction" est toujours là, à disposition pour les candidats qui se proposent de l'occuper. Après les forces du mal européennes, de genèse chrétienne, le voilà investi par celles d'islam. L'horreur se déplace ainsi à travers les croyances, les langues, les nations, les peuples, les cultures... Des communautés croient y gagner leur régénération, mais elles dégénèrent et s'abîment. Pour sortir de ce pré, nous devons le savoir et agir en conséquence, dénoncer l'inacceptable et donc le désigner sans relâche.Notre honneur est d'être l'allié du dieu qui incarne le pôle contraire, celui dont le défi consiste à avaler le démon qui répand le sang sur le pré de malédiction... D'être du côté du juste qui se détache de sa communauté pour conjurer le mal qui la taraude et l'anime contre autrui. »Abdelwahab Meddeb est notamment l'auteur de La Maladie de l'islam (2002) et de Contre-prêches (2006). Il enseigne la littérature comparée à l'université Paris-X Nanterre et produit l'émission hebdomadaire "Cultures d'islam" sur France-Culture.

  • En reprenant à leur compte le passé islamique qui a fait évoluer sinon muter la civilisation, les musulmans sortiront des frontières de leur identité restreinte pour agir sur la scène du monde.Est proposée ici une série de relectures du Coran et de la Tradition pour conduire ce travail de mémoire et de dépassement. Il est demandé à l'islam, pour sortir de son marasme, de rejoindre une modernité à hauteur de celle qu'ont réussie juifs et chrétiens. Pour cela, il ne suffit pas, comme s'y engagent les Etats islamiques - l'Arabie saoudite par exemple -, d'encourager un « islam du juste milieu » opposé aux interprétations radicales des islamistes. Certes, cet appel à la modération contre toutes les surenchères est fondé sur le Coran. Mais ce pas louable reste, ô combien, timide, surtout par rapport à l'islam en Europe. En effet, les citoyens musulmans du Vieux Continent sont capables de vivre sans restriction dans l'esprit du droit positif et de la charte des droits de l'homme, en se détournant de toute référence à la sharî'a. Ils sont en mesure de pratiquer un culte spiritualisé, nourri, entre autres, par le riche fonds du soufisme. Ce n'est pas dans le déni de soi mais par son affirmation libre que le sujet d'islam sera un acteur efficace dans l'horizon d'une cosmopolitique post-occidentale.Abdelwahab Meddeb est écrivain, poète, universitaire. Il anime l'émission hebdomadaire « Cultures d'islam » sur France Culture.

  • Le corpus hagiographique musulman a fabriqué la figure d'un prophète comme référence absolue. Le fait historique se mêle à la légende et celle-ci devient la réalité. Mais comment s'est construite la prophétie ? Et comment s'est constituée une biographie imaginaire du prophète ? Comment la légende a-t-elle triomphé du fait historique au point de devenir l'Histoire sacrée et empêcher toute pensée ? Dans quel contexte est né le Coran ? Et comment le statut des femmes s'est-il dégradé dans les pays arabes ? Les auteurs, développant ces questions, tentent d'apporter leurs éclairages, par de fines analyses historiques et par des exégèses des commentaires religieux. Ils rappellent que face à cette conception obscurantiste du monde et de l'humain, la mystique célèbre l'amour et le féminin.
    Adonis est né en 1930 à Qassabine en Syrie. Ses poèmes et essais sont traduits dans le monde entier. Les éditions du Seuil ont publié les trois volumes de son œuvre poétique al-Kitâb (Le Livre, Hier, le Lieu, Aujourd'hui). Ainsi qu'un premier volume de Violence et Islam, avec Houria Abdelouahed, maître de conférences à l'université Paris Diderot, psychanalyste, traductrice et auteure, entre autres, de Figures du féminin en islam (PUF, 2012) et de Les femmes du prophète (Seuil, 2016).


  • On n'a jamais autant parlé de l'islam qu'aujourd'hui, pourtant, cette religion demeure mal connue. Un itinéraire historique et géopolitique.
    Partant du principe qu'une connaissance solide permet de dissiper malentendus et stéréotypes, nous proposons ici une histoire d'ensemble de l'islam. Savons-nous vraiment qui était Mahomet ? Dans quelles circonstances le Coran a-t-il été écrit ? Pourquoi cette hostilité entre chi'ites et sunnites ? D'où vient l'idée de jihâd ? Ces interrogations posées dès l'origine sont fondamentales, tant elles sont instrumentalisées dans des débats contemporains. Une solide connaissance des fondations de l'islam est indispensable, à l'heure où des extrêmes de tous bords essaient d'en imposer des visions aussi partiales que mensongères. Si l'islam est aujourd'hui, au grand dam de la majorité de ses pratiquants, au centre de toutes les attentions, la géopolitique montre des islams très variés, dans des sociétés pétries de tensions, entre manne pétrolière, extrême pauvreté, régimes politiques trop souvent autoritaires... Hélas, des décennies de discours radicaux ont convaincu nombre de musulmans qu'il convenait de revenir à un islam mythifié, celui des premiers temps, pour purifier les sociétés de leurs problèmes – et les jihadistes entendent appliquer ce programme par l'ultraviolence. Simultanément, des processus mondialisés font leur œuvre – ainsi s'esquisse un islam consumériste, qui se vit à travers diverses stratégies individualistes.

    La conclusion de cet itinéraire historique et géopolitique s'impose. L'islam d'aujourd'hui, comme celui d'hier, est pluriel : comment croire que plus d'un milliard et demi de personnes pensent et vivent de façon identique ?

    Avec les contributions de Makram Abbès, Samir Amghar, Wahib Atallah, Ali Benmakhlouf, John R. Bowen, Pascal Buresi, Vincent Capdepuy, Malik Chebel, Frédéric Coste, Vincent Geisser, Éric Geoffroy, Patrick Haenni, Olivier Hanne, Pierre-Jean Luizard, Gabriel Martinez-Gros Christian Müller, Hamadi Redissi, Mathieu Terrier, Laurent Testot, Sami Zegnani.

    SOMMAIRE

    Introduction (Laurent Testot)

    ORIGINES

    Chronologie (Laurent Testot)

    L'islam : quelques repères (Laurent Testot)

    Qui était Mahomet ? (Olivier Hanne)

    Pourquoi une expansion aussi rapide ? (Wahib Atallah)

    Le chi'isme, un autre islam ? (Mathieu Terrier)

    Qu'entend-on par jihâd ? (Makram Abbès)

    Qu'est-ce que la philosophie arabo-musulmane ? (Ali Benmakhlouf)

    HISTOIRE

    L'islam a-t-il connu des âges d'or ? (Pascal Buresi)

    Le religieux domine-t-il le politique ? (Christian Müller)

    Qu'est-ce que le soufisme ? (Éric Geoffroy)

    À quoi servent les arts d'islam ? (Laurent Testot)

    Pourquoi l'Occident l'a-t-il emporté ? (Gabriel Martinez-Gros)

    L'islam a-t-il épousé la modernité ? (Laurent Testot)

    Que veut dire " islamiste " ? Rencontre avec François Burgat

    PRÉSENT

    Amour, désir et sexualité en islam, Rencontre avec Malek Chebel

    L'islam aujourd'hui, (Vincent Capdepuy)

    Égypte. Quand l'islam s'approprie la pensée positive (Patrick Haenni)

    De quoi Daesh est-il le nom ? (Pierre-Jean Luizard)

    Le wahhabisme, une maladie de l'islam ? (Hamadi Redissi)

    Qu'est-ce que le salafisme ? (Samir Amghar et Sami Zegnani)

    Comment vivre l'islam en France ? (John R. Bowen)

    Islam, démocratie... Je t'aime, moi non plus ? (Vincent Geisser)

    En quoi consiste la finance islamique ? (Frédéric Coste)

    Le Tabligh, une multinationale du religieux (Samir Amghar)

  • Savant à la pensée profonde, Mohammed Arkoun (1928-2010) était également un intellectuel engagé. Son analyse serrée des processus à l'oeuvre dans l'islam d'hier était indissociable de ses appels répétés à une réforme des sociétés islamiques contemporaines. Il n'a cessé de porter ce message dans les divers colloques où il était convié, y compris là où l'on ne s'attendrait guère à croiser un islamologue : à un congrès de psychanalystes lacaniens, dans des conférences sur la condition féminine...
    Il avait choisi de consacrer les dernières années de sa vie à retravailler les textes issus de ces rencontres, qui sont ici publiés dans leur version définitive. Traitant de la nécessité de la réforme, voire de la « subversion » de l'islam, de l'ouverture lacanienne à la parole et à la « raison émergente », de la condition féminine en islam ou encore du rapprochement entre sunnites et shî'ites, ils montrent combien la pensée de Mohammed Arkoun est plus que jamais féconde pour penser notre époque.

  • L'exil (Hégire) du prophète Mohammed en 622 à Médine marque l'an I de l'ère musulmane. Karima Berger nous fait traverser les Hégires, parcourir océans et vallées de l'histoire sainte musulmane, rencontrer les prophètes fuyant vers leur Dieu, croiser les migrants venus d'Orient et redécouvrir un islam transformé par ses tribulations occidentales, tout entier destiné à sa métamorphose. L'auteur mêle ce parcours à sa propre épreuve de l'exil et à l'accomplissement qu'il promet.

  • Le Coran consacre de nombreux développements à la place de l'homme dans le cosmos, lui qui fait partie, avec les anges, les animaux et les djinns, du « monde des vivants ». Il décrit les rapports complexes entre les anges et Adam, devant lequel ils doivent se prosterner, et évoque l'adoration des animaux envers Dieu. Mais quelle est au final la place de l'homme dans cet univers ? Est-il simplement un être intermédiaire entre l'ange et la bête ? En quoi se différencie-t-il des djinns, qui semblent être eux aussi des créatures de l'entre-deux ?
    À l'heure où certains fondamentalistes, au nom d'une lecture dévoyée de l'islam, considèrent les infidèles comme « pires que des bêtes » et se figurent réellement se hisser au niveau des anges tout en commettant des atrocités, cette synthèse savante et accessible de Pierre Lory fait le point sur cette anthropologie spirituelle de l'islam en se fondant sur les grands commentaires classiques du Coran et la tradition soufie d'Ibn 'Arabi.

  • S'interroger sur la place du désir et de la beauté en islam est loin d'être anecdotique tant ces notions y sont taboues et centrales à la fois. Taboues en ce qu'un certain nombre de théologiens fondamentalistes y voient une forme de dévoilement diabolique. Centrales en ce qu'elles sont essentiellement humaines, voire même profondément spirituelles. Par essence, l'islam embrasse de nombreux aspects de la vie et codifie le lien au corps. Et alors que dans une vision dogmatique de l'islam, le désir est une réalité refoulée et donc proscrite, pour Malek Chebel il en est, au contraire, une part essentielle, anticipation du Paradis, et condition du bonheur ici-bas. À travers l'étude de la calligraphie, du tatouage, de l'amour des pierres précieuses, de l'art des jardins, l'auteur nous révèle l'importance du beau en islam, reflet d'une existence de plaisir tout autant que d'une attitude spirituelle. Il est urgent, pour lui, d'initier une nouvelle théologie en terre d'islam, celle de la Raison face à l'idéologie assassine, celle de la Lumière face à l'obscurantisme, celle de la paix face à la monstruosité du crime, celle du désir face à l'interdit. Un véritable traité du bonheur en terre d'islam.

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