Points

  • « Coquelicot. C'est un cri, c'est un appel, c'est un mot de joues rouges et de course folle dans les blés, de mollets piqués par les chardons, de roulades et de cul par-dessus tête dans le fossé.C'est un mot claquant, insolent, cueille-moi si tu l'oses, je me fanerai aussitôt mais regarde : je suis légion. Je pousse et je re-pousse, et dans cette flaque rouge tu ne sais plus où poser les yeux. Coquelicots, cavalcade, concours à qui sera le plus rouge, tes joues ou moi. »Tout en subtilité et profondeur, Anne Sylvestre invoque les mots qui la touchent et l'émeuvent, dévoilant à travers eux la matière même de sa vie. Entre les souvenirs ressurgis et les petits bonheurs du quotidien, entre les coulisses de la scène et les champs de son enfance, ses textes nous plongent avec émotion dans son intimité.Artiste emblématique de la chanson française, Anne Sylvestre est auteur-compositrice-interprète. Coquelicot est son premier livre.

  • Les mots sont truculents. Les mots sont savoureux.Les mots sont mélancoliques, surprenants, drôles ou érotiques.Philippe Delerm dresse la liste de ses préférés et raconte leur histoire. Il y a ceux qu'on susurre, et ceux qu'on garde en bouche pour le plaisir. Il y a les timides à qui on fait la courte échelle parce qu'ils sont trop discrets. Et les fanfarons qui roulent des mécaniques.Tous ces mots sont notre famille, notre patrimoine. Ils racontent comme personne notre vie, nos mille instants vécus.Entre humour et poésie, Philippe Delerm évolue ici dans un registre où il excelle.

  • « Envers l'accord du participe passé, notre société mêle révérence résignée, enseignement par routine, usage incompris, désinvolture mal assumée. Croyants, mais peu pratiquants, nous célébrons une énigme. Comment en est-on arrivé là ? C'est ce que nous allons voir. »

    Le linguiste Bernard Cerquiglini nous plonge dans l'histoire de l'accord du participe passé ; elle tient du roman. Il montre que ce fragment de syntaxe est, depuis des siècles, une question primordiale de la grammaire française, une source de controverses, l'emblème de la norme.

    Une lecture passionnante qui, déconstruisant le mythe d'une prétendue difficulté insurmontable, donne les clés de cet accord et du plaisir qu'on peut y prendre.

    Universitaire, linguiste, membre de l'Oulipo, Bernard Cerquiglini a exercé diverses fonctions au ministère de l'Éducation nationale, au ministère de la Culture et en Francophonie. Il est l'auteur de nombreux ouvrages sur la langue, dont Le Ministre est enceinte ou La grande querelle de la féminisation des noms, disponible en Points « Le Goût des mots ».

  • " Il n'y a rien de plus sauvage, de plus libre, de plus irresponsable, de plus indomptable, que les mots, disait Virginia Woolf. Elle attribuait à cette sauvagerie leur pouvoir le plus essentiel et le plus mystérieux : le pouvoir de suggestion. C'est ce dont il est question ici : ce mystère. "
    Geneviève Brisac nous offre ainsi les mots de son choix, ses " mots sauvages " : de hop à vertu, en passant par barbarie, espoir, secrétaire ou bien – " qui ressemble à un petit fauteuil " –, ils sont tour à tour pleins d'esprit et d'érudition, singuliers, malicieux et drôles, intimes et personnels, empreints de culture juive et de références littéraires, et sont l'expression de son féminisme, de ses révoltes et de ses engagements.
    Écrivain, Geneviève Brisac est notamment l'auteur de Week-end de chasse à la mère (prix Femina 1996), de Petite et de Vie de ma voisine, disponibles en Points. Elle écrit également pour le cinéma, le théâtre et la radio.

  • Déguster les premières moules de la saison, vénérer les chapeaux d'Amélie Nothomb, se moquer du Luxembourg, mâchonner goulûment des Chokotoff ou des Speculoos, se faire réveiller par le premier tambour du carnaval : quel bonheur d'être Belge et de pouvoir savourer tous ces petits plaisirs ! Et pour ceux qui n'ont pas cette chance bénie, il suffit de se laisser gagner par la belgitude. Ce livre vous fera mourir de rire, ou de plaisir, c'est selon. Et si ce n'est déjà le cas, vous demanderez vite la nationalité belge !Philippe Genion est né en 1962 (cette année-là, oui). Gros et fier de l'être, il n'est pas épicurien mais épicu-tout et aime qu'on le définisse comme un « passeur de plaisirs ». Belge, Européen, il a été, en vrac : oenophile, naturaliste, journaliste, animateur radio, star du rock industriel, artificier, critique gastronomique, éditeur de magazines, réalisateur de vidéos, organisateur de concerts et de conventions, homoriste, acteur, a fait un peu de scène et de télé, et maintenant, en plus, il écrit. Pff, cet homme est fatigant...Comment parler le belge ? est disponible en Points.

  • Si Rimbaud (1854-1891) incarne, comme aucun autre poète, les interrogations et les espérances liées aux pouvoirs du verbe, et si ses écrits, comme sa personne, continuent dinspirer les temps modernes, cest que sa parole demeure, au sens propre, une Révélation.Poète le plus innocent mais aussi le plus lucide, aussi proche des hérésiarques que des Chartreux, Rimbaud est peut-être lun des premiers mystiques de la langue française, quil a su élever, dans lordre de la poésie, au rang dune mystique en elle-même.Ce livre met en lumière comment, pour Rimbaud, lessentiel nest pas darracher au néant ce qui ne peut lui échapper, mais de rendre à chacun sa frange la plus inaliénable d« éternité ».Stéphane BarsacqNé en 1972, il est écrivain. Parmi ses derniers livres : Cioran, Éjaculations mystiques (Seuil).

  • L'écriture et l'expérience des limitesCet ensemble fonctionne comme un appareil. De manière systématique, il trace une théorie de l'écriture appelée autrefois « littéraire » mais qu'il vaut mieux nommer aujourd'hui textuelle. Cette théorie s'élabore sur un certain nombre de textes limites, refusés ou mis à l'écart par notre culture, et dont la lecture réelle serait susceptible de changer les conditions mêmes de notre pensée : ceux de Dante, Sade, Lautréamont, Mallarmé, Artaud et Bataille. Le déchiffrement qui s'effectue ici porte sur le travail qui a rendu possible la production de ces « limites », sur les motifs de leur censure et de leur force de transgression.« Notre travail consiste à proposer une nouvelle manière de lire, c'est-à-dire de lire les textes en articulation avec les sciences, la philosophie. »Philippe SollersPhilippe SollersÉcrivain, fondateur de la revue Tel Quel, fondateur et directeur de la revue L'Infini, il est membre du comité de lecture des Éditions Gallimard Auteur de nombreux romans et essais.

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