12-21

  • Conduit le roman dit "international ". Ainsi Umberto Eco n'a-t-il pas hésité à "réécrire" Le Nom de la rose à l'intention des lobotomisés du Culturel : suppression des citations latines, passages amputés des descriptions, appauvrissement du vocabulaire.
    Un processus de vulgarisation où seul subsiste le scénario, en attendant le video game. Ce qu'on appelle encore "roman" est ainsi devenu le lieu même de la destruction de la langue et de la littérature. La tiers-mondisation culturelle de la France le proclame de toutes parts. Et quand, à la mise à mort de la littérature, s'ajoute la négation de l'idée de nation, n'est-ce pas au néant qu'on donne droit de cité ? Ainsi, le massacre perpétré par Anders Breivik, en Norvège, loin de constituer l'acte d'un homme seul, encore moins celui d'un aliéné, renvoie les politiques et agents "culturels" au miroir d'une société qui, par-delà le scénario "multiculturaliste", a choisi de renoncer à toute communauté de destin, à ses racines vivantes, chrétiennes, donc littéraires.

  • Comment lire

    Ezra POUND

    • 12-21
    • 24 Avril 2014

    Comment lire 1924 : après douze ans en Angleterre et quelques saisons de vie parisienne, au cours desquels il est passé d'une poésie encore très fin de siècle aux confins de dada, Pound s'installe en Italie. Et fait le point sur ses idées-force : la poésie est universelle et commence avec la poésie chinoise ancienne (la méthode idéogrammatique, qui influera tant sur les Cantos) ; traduire, traduire encore, traduire toujours (" Tout âge prétendument grand est un âge de traductions ") ; apprendre à " charger de sens au plus haut degré le langage ". Et tailler dru dans " le business de la fioritura"... " Je prie le lecteur d'observer que je suis extrêmement iconoclaste. " Le contraire eût été étonnant.
    Voici une réédition de Comment lire dans une nouvelle traduction complète de Philippe Mikriammos, annotée et postfacée par ses soins.

  • Lire Philippe Muray

    Alain CRESCIUCCI

    • 12-21
    • 24 Avril 2014

    " Une histoire de la littérature en fonction des consensus qu'elle désespère à travers les âges serait à faire. On y croiserait les niaiseries de chevalerie (le kitsch du XVIe siècle, ce que lisaient les midinettes de l'époque) mises à mal par Cervantès, ou encore l'obscénité sulpicienne parvenue à son plus haut degré et démolie par Sade. On y trouverait Molière en train d'affliger le parti dévot. Et aujourd'hui quoi ? Quelles images " fédérantes " et intimidantes ? Notre Télébazar de la charité, probablement, avec sa légitimité quotidiennement renouvelée par l'audimat. Notre parti dévot à nous. " Ironie du sort, Philippe Muray (1945-2006), impitoyable critique du Moderne, est aujourd'hui plus consensuel que jamais... Fêté par les bobos ! Celui qui dénonça les horreurs de la Fête permanente. Pétrifié dans le rôle du comique de talk show ! celui qui s'escrima, sa vie durant, à pulvériser les discours dominants de l'Empire du Bien. Pour conjurer ce néoconformisme, il est donc urgent de revenir à la démarche romanesque de Philippe Muray. D'en suivre, pas à pas, les découvertes explosives.
    Ce collectif est dirigé par Alain Cresciucci, auteur notamment des Désenchantés (Fayard, 2011) et d'une biographie d'Antoine Blondin (Gallimard, 2004).

  • Spécialiste des l'histoire des mentalités, docteur ès Lettres, professeur de littérature comparée, l'auteur explore dans cet ouvrage les permanences et les reconversions des stéréotypes antijuifs dans la littérature populaire avant de proposer un florilège de textes révélateurs de l'imaginaire antisémite du Moyen Age (théâtre liturgique, contes, recueils de miracles) aux périodes moderne et contemporaine (livrets de colportage, extraits de romans-feuilletons, chansons de café-concert, hymnes nationalistes et xénophobes...
    ). A la croisée du folklore et de la théologie, du discours savant et du merveilleux, ces textes visaient à édifier, à endoctriner, mais aussi à divertir, à provoquer le rire par la dérision. Ils mettent en évidence la surprenante stabilité des thèmes antijuifs, ainsi que leur faculté d'adaptation à la conjoncture historique.
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