• Raphaël Enthoven et Jacques Perry-Salkow nous convient ici à esquisser une histoire buissonnière de la pensée, dans un livre qui offre à l'appétit du savoir un banquet grave et malicieux, un dialogue incessant où les lettres parlent et où le philosophe répond (ou l'inverse).

  • L'écrivain... quel être mystérieux ! Pourtant, à interroger ses chats, on le comprendrait bien mieux. Au travers des voix de ses alliés aux pattes de velours, Muriel Barbery dévoile les coulisses de la création littéraire. Chacun de ses quatre chartreux a son caractère : Ocha, le chef de bande, un dur au coeur tendre ; sa soeur, l'affectueuse Mizu, avec ses pattes tordues ; le placide et raffiné Petrus, qui aime les fleurs ; enfin, la narratrice, la gracieuse Kirin. Mais chacun a aussi son rôle à jouer dans la bataille de l'écriture : car, mécontents de n'être que des compagnons de délassement, les chats de l'écrivaine ont poussé le dévouement jusqu'à apprendre à lire, devenant, dans l'ombre, les conseillers littéraires de leur maîtresse. Un texte délicieusement léger sur l'éternelle poésie du quotidien, pétillant d'humour félin et de philosophie nippone, accompagné des illustrations raffinées et aériennes de Maria Guitart.

  • L'amitié pour Aristote est absolument nécessaire à la vie. Les livres VIII et IX de l'Ethique à Nicomaque, que nous proposons ici dans une nouvelle traduction, forment un tout intégralement consacrée à l'amitié.

  • UNE INTRODUCTION BIENVEILLANTE À L'ESPRIT CRITIQUE

    Débattre avec des arguments pertinents, exprimer efficacement ses opinions et questionner celles des autres avec bienveillance, cela ne s'improvise pas.

    Pour s'initier à l'art délicat d'exprimer son désaccord et à la pensée critique, le statisticien Nathan Uyttendaele et l'artiste Adelina Kulmakhanova vous proposent un ouvrage mélangeant savoir-faire et mise en scène humoristique des meilleures pratiques et de celles à éviter. À mettre dans toutes les mains !

  • Photographe-reporter, Stéphane Allix révèle dans cet ouvrage son parcours de vie, en mots et en images. De son premier reportage de guerre en Afghanistan à 19 ans à ses enquêtes bouleversantes aux frontières de la mort.
    « Des décennies de voyage, de confrontation et d'exploration du monde, puis des mystères de notre conscience, m'ont transformé en profondeur et m'ont convaincu de manière très rationnelle que la réalité est vertigineuse et encore pour une large part insoupçonnée, et que la mort est sans doute une sorte d'illusion. Il a fallu pour cela que je commence mon parcours dans l'ombre, que je plonge dans la violence des hommes pour finalement apercevoir la lumière, et goûter à l'apaisement intérieur. Il existe d'innombrables mondes sur la Terre, et d'innombrables facettes à la réalité dont nous ne percevons qu'un fragment. Regardez. »
    Stéphane Allix

  • Un livre réjouissant et original qui fait réfléchir à la transformation de notre langue par les outils numériques

    Cyber robots, appareils connectés et informatiques, algorithmes, intelligence artificielle nous annoncent le monde de demain. Dans le domaine de la communication, des logiciels nous permettent déjà de nous exprimer, de lire et d'écrire dans toutes les langues. Mais quelle langue ?

    Nous avons soumis un de ces logiciels de traduction (Google translate) à une épreuve : traduire la première page d'
    À la recherche du temps perdu de Marcel Proust en différentes langues, puis chaque fois de la retraduire en français. Les résultats sont variables, de 8 sur 20 pour la traduction en italien à 0 sur 20 pour celle en népalais ou en birman.

    Proust moins facile à battre que Garry Kasparov, le champion du monde d'échecs, mis échec et mat par l'intelligence artificielle ?

    Les résultats de cet exercice sont souvent inattendus. À son insu, le logiciel nous fait rire lorsque la célèbre première phrase de Proust, " Longtemps, je me suis couché de bonne heure ", devient " Pendant longtemps je me suis couché le matin " ou encore " Longtemps j'ai dormi dans mon lit ". Mais on peut être aussi touché par cette écriture aléatoire post-dadaïste d'un robot devenu poète.

    À la recherche du texte perdu soulève d'autres questions : qu'est-ce que la traduction ? C'est là que se porte l'intérêt de Daniel Pennac pour ce livre. Où commence et où s'arrête la fidélité au texte original ? s'interroge-t-il. Comment les outils numériques que nous employons à tout bout de champ sont-ils en train de transformer peu à peu notre langue ?

  • De la police de Louis XIV au dernier transfuge de la guerre froide, Bruno Fuligni présente plus de quarante affaires politiques ou judiciaires à travers son extraordinaire collection de documents historiques : lettres de cachet, fiches de police, avis de recherche, rapports des services secrets...
    Autant de trésors découverts sur le pavé des brocantes, aux puces, aux enchères ou sur des sites de vente en ligne et qui nous entraînent dans les méandres de la grande histoire.

  • Sollers écrivain « Les vicissitudes de l'imagerie sociale font qu'on oublie parfois, me semble-t-il, que Philippe Sollers est un écrivain. C'est pour le rappeler que je réunis ici les textes critiques dont j'ai accompagné son oeuvre, au fur et à mesure qu'elle se faisait ; c'est aussi pour suggérer que les habitudes qui règlent l'engagement littéraire sont peut-être en train de changer : abandonné des anciennes classes et inconnu des nouvelles, l'écrivain, au sens magnifique du terme, est de plus en plus seul ; la portée de son travail doit être évaluée selon des règles nouvelles. Ce sont les difficultés, les risques, mais aussi la nécessité de ce changement, dont l'écrivain Sollers porte témoignage. » Roland Barthes. Les six textes de Barthes consacrés à Sollers écrivain ont paru entre 1965 et 1979. Roland Barthes (1915-1980) Sémiologue, essayiste, il a élaboré une pensée critique singulière, en constant dialogue avec la pluralité des discours théoriques et des mouvements intellectuels de son époque, tout en dénonçant le pouvoir de tout langage institué. Il est notamment l'auteur du Degré zéro de l'écriture (1953) et de Fragments d'un discours amoureux (1977).

  • «Si vous lisez ces lignes, c'est que la retraite vous concerne : imminente ou très récente, vous y êtes! Le bonheur serait-il à portée de main? Certains vont ouvrir ce livre dans les transports en commun, sur Le chemin du boulot ; d'autres, les doigts de pieds en éventail, confortablement installés dans leur canapé - ou sur un transat - en plein après-midi. Quel bonheur! Ce que vous avez en commun, c'est un moment unique : la retraite, c'est un peu le contraire de la rentrée, c'est une sortie. Des rentrées, vous en avez connu des tonnes : rentrées scolaires, retours au boulot à reculons après les vacances, des prises de poste dans une nouvelle entreprise... Que de souvenirs. Mais la retraite, ce n'est pas seulement une sortie, pas seulement un grand départ en vacances. C'est LA sortie!»
    Quentin Périnel.

  • À l'heure où s'achève le centenaire de la Première Guerre mondiale, deux historiens se penchent sur le destin d'une petite fille extraordinaire née en 1908 dans une famille de la grande bourgeoisie parisienne.
    Cette petite fille, c'est Françoise Marette, "Vava" pour les intimes, et elle deviendra Françoise Dolto, la psychanalyste qui a changé le regard que nous portons sur l'enfance. Comme beaucoup d'enfants nés peu avant le conflit, Françoise vit la guerre de loin, repliée à Deauville en compagnie de ses frères et soeur et de leur gouvernante. À six ans, déjà épistolière de talent, elle multiplie les missives à tous les membres de sa famille.
    Ainsi, dit Manon Pignot, historienne de l'enfance, dans sa délicate analyse, 'la guerre a fourni à cette petite fille incroyablement curieuse un contexte inattendu d'expression et d'intelligibilité du monde' qui est à l'origine de sa vision révolutionnaire de l'enfance. L'implication de l'enfant s'intensifie quand elle entretient avec Pierre Demmler, son oncle de vingt huit ans, une intense correspondance et se considère, encouragée par la famille, comme la fiancée et la future épouse du jeune capitaine. La mort au front, le 10 juillet 1916, de Pierre Demmler, fait de la jeune promise "une veuve de guerre à sept ans".
    Yann Potin, en historien et analyste des archives familiales, ouvre pour nous enveloppes et albums conservés par Françoise et la famille, interroge "la manière dont le deuil se cristallise, se fixe sur le papier, par les images, mais aussi se transmet malgré nous, par le truchement de la vie matérielle propre d'autant de petits reliquaires affectifs".
    Ainsi, l'expérience enfantine de la Grande Guerre a vraisemblablement nourri la pensée révolutionnaire de Françoise Dolto psychanalyste quand il s'est agi, plus tard, de soigner des enfants.

  • " J'ai attendu très longtemps pour rendre hommage à Françoise Sagan en racontant nos quinze années de vie intense et décousue. Notre aventure a été une succession de moments rares, entrecoupés de drames sur lesquels je ne m'étendrai pas pour simplement parler de la Françoise que j'ai aimée, des heures que nous avons passées ensemble dans le désordre que l'on peut imaginer.
    La première fois qu'elle m'a invitée chez elle, je suis arrivée en retard. Pour me justifier, j'ai inventé une histoire nulle. Personne ne m'a crue, surtout pas Françoise qui m'expliquera plus tard la différence entre mensonge et imagination. Première leçon d'une grande romancière. Autre mensonge, par omission celui-là : je ne lui ai jamais dit que je n'avais pas lu Bonjour tristesse. Là non plus, elle ne m'aurait pas crue. Et pourtant, c'était vrai. J'ai commencé à le lire quand je l'ai mieux connue. Pour ne jamais la perdre. "
    Ingrid Mechoulam

  • Dans la leçon inaugurale de cette chaire, on avait postulé la possibilité de lier la recherche à l'imaginaire du chercheur. On a souhaité, cette année, explorer un imaginaire particulier : non pas toutes les formes de «vivre ensemble» (sociétés, phalanstères, familles, couples), mais principalement le «vivre ensemble» de groupes très restreints, dans lesquels la cohabitation n'exclut pas la liberté individuelle ; s'inspirant de certains modèles religieux, notamment athonites, on a appelé cet imaginaire fantasme d'idiorrythmie. Beaucoup de matériaux qui ont servi au cours ont donc été empruntés au monachisme oriental, le corpus proprement dit restant cependant littéraire. Ce corpus a réuni (d'une façon évidemment arbitraire) quelques oeuvres documentaires ou romanesques, dans lesquelles la vie quotidienne du sujet ou du groupe est liée à un espace typique : la chambre solitaire (A. Gide, La Séquestrée de Poitiers) ; le repaire (D. Defoe, Robinson Crusoé) ; le désert (Pallade, Histoire lausiaque) ; le grand hôtel (Th. Mann, La Montagne magique) ; l'immeuble bourgeois (Zola, Pot-Bouille).R. B.

  • L'argument du cours a été le suivant : on a défini comme relevant du Neutre toute inflexion qui esquive ou déjoue la structure paradigmatique, oppositionnelle, du sens, et vise par conséquent à la suspension des données conflictuelles du discours. Le relevé de ces inflexions s'est fait à travers un corpus qui ne pouvait être exhaustif ; cependant, les textes des philosophies orientales et mystiques se sont trouvés naturellement privilégiés. [...] A travers des touches successives, des références diverses (du Tao à Boehme et à Blanchot) et des digressions libres, on a essayé de faire entendre que le Neutre ne correspondait pas forcément à l'image plate, foncièrement dépréciée qu'en a la Doxa, mais pouvait constituer une valeur forte, active.R. B.


  • "Depuis qu'il écrit poèmes, romans, nouvelles, pièces de théâtre, livrets d'opéra, depuis qu'il peint, à l'encre de Chine, sur papier ou sur toile, des tableaux de toutes les tailles, mais jamais avec des couleurs, seulement avec les multiples nuances qui vont du blanc au noir, depuis qu'il filme, en plein air ou en studio, en couleur ou en noir et blanc, et crée des films muets ou parlant, depuis qu'il prononce des discours à l'invitation des musées, universités, associations artistiques et littéraires du monde entier, Gao Xingjian s'exprime en son nom propre, sans suivre les modes, en livrant son témoignage au sujet des difficultés existentielles que rencontrent les hommes depuis des temps immémoriaux, sans jamais penser que l'avenir pourrait être radieux, sans jamais croire aux discours des hommes politiques, des philosophes radicaux, des prophètes et des démiurges.
    C'est un homme seul, qui n'appartient à aucune chapelle et qui se contente de livrer aussi bien sa vision du monde passé et du monde actuel que sa propre expérience artistique."
    ND
    préface et traduction du chinois par Noël Dutrait
    L'oeuvre de Gao a été récompensée par le prix Nobel de littérature en 2000.

  • Témoignages, photos légendées, entretiens avec Alain Crombecque (1939-2009) évoquent la mémoire de ce grand directeur de festivals, celui d'Avignon de 1985 à 1992, celui d'Automne auparavant, auprès de Michel Guy son fondateur, et de 1992 à 2009 comme directeur.

  • L'écrivain dira toujours, je dirai toujours : «allons ailleurs », mais, où que ce soit, l'étonnant paysagiste de l'histoire, inquiet comme une grue qui ne reconnaîtrait pas son marais, où qu'il se retrouve, se retournera dans ses phrases et s'y frottera peut-être le ventre comme un chien ; bien sûr qu'il est partout chez lui les faits et les entrechocs, les chants tous plus invraisemblables, les guerres, les coûts les plus renversants, l'odeur forte qui flotte sur les gués et toutes les distinctions de la pensée, tout, bien sûr, se rameute et n'a de cesse de lui courir après. On dira : «c'est son style », mais croyez-vous vraiment? Comment être aujourd'hui dans un moment tel, en littérature, que ce soit comme entre Cicéron et Marc-Aurèle où, les dieux étant morts et Jésus-Christ n'étant pas encore, «l'homme seul a été»? Veillez à cela : à l'orgueil de se regarder s'en allant.

  • Les Tournesols de Van Gogh, les ciels flamboyants de Turner, la chapelle Sixtine de Michel-Ange, La Tour de Babel de Bruegel, les drapés de Léonard de Vinci, les toiles de Vermeer, les autoportraits de Rembrandt... Ces classiques de l'histoire de l'art ont été disséqués par bien des spécialistes et décrits sous toutes leurs facettes. Toutes ? Non, il en est une qui est souvent négligée : la science. Pourtant, elle est aussi un moyen d'entrer dans ces chefs d'oeuvre et de comprendre ce qui s'offre à nos yeux et à nos sens.

    Que fait ce bateau dans la vue de Delft de Vermeer ? Pourquoi ce Jésus de Michel-Ange a-t-il 33 dents ? Quelle est cette étrange forme que donne Dali à la croix du Christ ? L'art contemporain et moderne n'est pas en reste. Il s'est emparé de la science comme d'autres des pinceaux. Et donc là encore, un peu de science éclaire l'oeuvre...
    Les chapitres de ce livre sont issus de la rubrique "Art & science" tenue par l'auteur dans le magazine Pour la Science.

  • Pensez à un roman que vous connaissez bien. Imaginez les traits de son personnage principal. Observez-le attentivement, faites-le avancer sur la scène de votre esprit. Que voyez-vous ? Au mieux une silhouette, le mouvement d'une chevelure, un oeil noir... Au pire vous ne voyez rien, votre personnage est le narrateur, vous vivez le roman à travers ses yeux. Rassurez-vous, cela ne fait pas de vous un mauvais lecteur.
    Peter Mendelsund a exploré nos esprits de lecteurs submergés de mots, d'images, de souvenirs et d'émotions pour comprendre comment y prennent vie Anna Karénine, Madame Bovary ou Hercule Poirot, comment des lettres noires sur du papier blanc peuvent tant donner à voir.
    L'histoire qu'il nous raconte s'appelle Lecture.
    " Un livre étincelant. Les mots et les images se répondent avec beaucoup d'esprit. " Chris Ware.
    " Ceci n'est pas un livre, c'est un texte sacré. Il inspire, ouvre l'esprit et prouve que Mendelsund est un total génie. " Heidi Julavits, The Believer.

    " Une réflexion excentrique, fringante et délicieuse sur le merveilleux acte qu'est la lecture. [...] Un livre qui doit être lu, relu, montré aux jeunes graphistes et partagé. "Kirkus Review of Books.
    Livre de l'année 2014 du San Francisco Chronicle.

  • Les aliens dans la culture et la contre-culture : 70 ans d'histoire
    Lorsqu'en juin 1947, Kenneth Arnold annonce à la radio qu'il vient
    d'apercevoir d'étranges objets volants non identifiés à proximité
    du Mont Rainier, il ne peut se douter qu'il vient tout juste d'ouvrir
    la boîte de Pandore.
    Soucoupes volantes, ovnis, extraterrestres, contactés, abductés...
    En l'espace de soixante-dix ans, c'est un pan tout entier de notre
    imaginaire qui va naître et se développer, porté à la fois par les
    incroyables révélations de l'Ufologie et les folles spéculations de
    la science-fiction.
    Des excursions sur Vénus aux bases secrètes de l'armée américaine,
    des soucoupes volantes aux triangles lumineux, des petits hommes
    verts de Mars aux petits-gris de Zeta Reticuli ou aux reptiliens
    /> métamorphes, cette culture se déploie, se transforme et se complexifie
    à chaque décennie.
    Sans préjuger de la réalité du phénomène, ce livre s'efforce modestement
    de retracer les grandes étapes de cette histoire palpitante,
    de suivre pas à pas ce qui est devenu bien plus qu'une simple croyance,
    un véritable mythe irrigant en profondeur notre vision du réel.
    Scénariste, réalisateur, publicitaire, essayiste, biographe
    et traducteur, Fabrice Canepa décline depuis plus de vingt ans
    l'écriture sous toutes ses facettes. Des films de genre
    à la littérature romantique, de la science-fiction à l'étude
    de la pensée alternative, de l'histoire des superstitions
    à celle du rock, il arpente sans relâche les sentiers de traverse
    de la culture et de l'imaginaire populaire.

  • "L'homme n'a pas à se demander s'il doit être optimiste ou pessimiste. Il meurt; ceux qu'il aime meurent; les choses qui l'entourent meurent. Pas tout de suite, bien entendu; le cèdre dure plus longtemps que la fleur des champs, et l'éléphant plus que l'insecte. Mais le temps ne fait rien à l'affaire. Un siècle paraît un jour à celui qui est destiné à vivre un siècle; et l'éphémère a une journée parfaitement bien remplie qui équivaut à l'existence la plus longue. Rien n'existe pour l'être vivant qu'en fonction du terme. «Long», « court », qu'est-ce que cela signifie ? Ou il y a un terme, ou il n'y en a pas. Quand il y a un terme, nous avons les yeux fixés sur lui, et la distance qui nous en sépare est une droite virtuelle, dont seules sont réelles les extrémités; d'un seul coup, le regard se porte sur le point d'arrivée; l'intervalle, quelle que soit son importance dans le domaine de la nature, est transformé en « moyen », en « obstacle » ou en « délai », il n'existe pas en soi. Si j'ai l'habitude d'effectuer un trajet de quarante kilomètres dans une journée,j'ai l'esprit tendu vers le quarantième kilomètre, et la journée me paraît bien remplie lorsque je l'ai atteint. Mais si, par extraordinaire, il me faut faire quatre cents kilomètres dans le même laps de temps, ma journée, à ma grande surprise, me suffira, car j'aurai bandé l'arc de ma conscience vers un but qui pour moi ne sera pas plus éloigné. Renouvier, agonisant, à un âge très avancé, disait à son ami Louis Prat qui l'assistait « C'est une erreur de croire qu'en vieillissant l'on se détache de la vie. On y est aussi attaché, sinon plus, et le déchirement n'est que plus douloureux d'être conscient de tout ce que l'on quitte. L'adolescent meurt bien plus facilement il ne croit pas qu'il soit mortel; il n'a goûté qu'à une partie de ce qui peut être offert à l'homme."
    Jean Grenier

  • Vous brûlez de savoir un tas de trucs sur le monde qui vous entoure? Vous aimez découvrir des notions scientifiques ébouriffantes sans pour autant crouler sous des kilotonnes de formules? Vous avez choisi le bon livre.
    Suivez ExperimentBoy dans ses expériences les plus dingues! Le créateur de la chaîne YouTube aux 42 millions de vues révèle toutes ses astuces et anecdotes, avec une promesse simple : un contenu toujours accessible, du spectacle bien sûr, des étincelles et des explosions à gogo, des images sublimes, des photos prises à très haute vitesse... et toujours une bonne dose de fous rires. C'est parti, embarquez du côté fun de la science!

  • Du déclenchement de la grève étudiante aux élections générales de septembre, en passant par l'adoption de la loi spéciale et les manifestations de casseroles, que s'est-il passé durant le Printemps québécois ? Que nous reste-t-il de cette grève étudiante et du mouvement social qui ont tant polarisé les débats publics? Quels événements, quels mots, quelles images ont marqué notre mémoire collective?

    "Le Printemps québécois, une anthologie" propose un retour sur ce moment particulièrement dense et animé de l'histoire contemporaine du Québec. Le livre présente une chronologie exhaustive des événements (jour par jour, de février 2012 jusqu'au Sommet sur l'enseignement supérieur, en février 2013) et documente l'ensemble des productions culturelles auxquelles ils ont donné lieu. Textes littéraires de la revue "Fermaille", manifeste des Profs contre la hausse, affiches de l'École de la Montagne Rouge, interventions d'Anarchopanda : plus de 200 protagonistes du Printemps ont collaboré à ce livre en forme de carré rouge qui ne prétend pas à la neutralité, mais vise à constituer une archive de la grève étudiante.

    Il s'agit d'un travail documentaire unique qui illustre toute la richesse, la créativité et la diversité du Printemps québécois. Comme l'écrivent les trois auteur.e.s de l'ouvrage, « c'est pour maintenir vive la mémoire d'un printemps où l'art, l'acte et la pensée ont repris leurs droits que nous avons fait le pari de laisser la parole à ceux qui, étudiant.e.s engagé.e.s, professeur.e.s indigné.e.s, citoyen.ne.s solidaires, s'en sont saisie. Cette histoire que l'Histoire risque d'oublier, nous la racontons par la voix de celles et ceux qui l'ont faite ».

  • «Le pire ennemi de l'art, ce n'est, contrairement à ce qu'a pu donner à croire la modernité, ni la vie ni le monde moderne ni la culture mass-médiatique moderne, autrement dit un hypothétique ennemi extérieur, c'est l'art lui-même, et ce pas seulement au sens où l'art aspirerait à sa propre fin.»
    Jean-Claude Moineau nous livre une idée de l'art (toujours en évolution, en déplacement), sans la définir, sans en donner de clef, en même temps qu'elle semble se confondre avec son écriture même. Ses textes gagnent une dimension de véritable performance, jouant des limites de l'art et de l'institution artistique comme de celles du lecteur (sans pour autant jouer d'un vocabulaire universitaire par trop théoriciste).
    Cette édition propose de mettre en perspective une série de textes qui s'enchaînent autour d'un questionnement et d'une expérimentation de la notion d'art (de l'art institutionnalisé à l'«art sans art»), s'appuyant sur la relecture des projets modernistes, avant-gardistes et postmodernistes pour venir appréhender les pratiques contemporaines. Ces écrits réunis, apparaît la persévérance d'une réflexion ainsi qu'un stimulant effet de suite, chaque texte semblant défier des impasses.
    Cultivant un principe de remise en question permanente, une certaine ténacité à s'attaquer à l'art et aux diverses thèses émises à son sujet, cette entreprise pourrait finalement être considérée comme une «réactivation» de l'art, sans qu'elle n'impose pour autant ni ligne à suivre, ni doctrine salutaire."

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