VLB éditeur

  • Du surréalisme aux récits de l'extrême contemporain, on constate qu'une relation d'une rare complexité s'est nouée entre la littérature et l'épineuse question de la vérité, du faux et de leur figuration.
    Il en a résulté un glissement progressif du réel vers son travestissement nourri d'un scepticisme face aux systèmes d'explication reposant sur l'idée de l'unicité du Vrai et de la Raison. Ce tournant relativiste est à l'origine d'un ensemble de phénomènes mobilisés par la littérature, qui peuvent se résumer par l'idée d'une méfiance du texte à l'égard de lui-même, substituant au réalisme du roman classique de nouvelles formes littéraires qui ébranlent le contrat de la représentation du monde. Ce qui conduit à un effondrement de la mimesis et à un éclatement des instances narratives en une polyphonie qui trouble les frontières du sujet, dont l'une des particularités consiste en la multiplication d'" hommes de paille " et de " récits de paille " afin de se prémunir contre toute éventualité fâcheuse entraînée par l'entreprise de raconter.
    Il nous paraît urgent aujourd'hui de réfléchir sur la transformation de ces pratiques narratives qui s'offrent comme des " mensonges délivrés de celui d'être vrai ", comme disait Adorno.

  • Lever le ton, élever la voix... Voilà deux façons de décrire l'emportement : un sursaut du corps dans la langue, un haut-le-verbe comme on parle de haut-le-coeur ou de hautle- corps, une levée de l'âme dans la parole, un soulèvement de l'être entier dans des mots qui le mettent hors de lui... Être transporté par les mots dans une espèce de lévitation de sens et de sons, de montée de joie ou de rage, de remontée brusque des sentiments les plus profonds, voilà le genre d'expérience auquel chacun aspire au contact du "haussement de ton" qu'on appelle littérature. Aujourd'hui que le Sens paraît épuisé, il semble que le Ton, soit la tonalité ou la tonicité de la parole poétique, assume désormais le rôle de la littérarité : on ne reconnaît plus la parole de l'écrivain au fond ou au message qu'il transmet mais à la force ou à la puissance de son phrasé, à la manière dont sa langue est animée d'une énergie singulière, qui se communique d'une façon quasi virale à ceux à qui elle s'adresse. C'est sur ce Ton que s'interrogent les auteurs réunis dans cet ouvrage, s'attardant aux tensions qu'il provoque et à celles qui le provoquent : d'où vient que nous nous emportions dans la parole et qu'elle nous emporte dans notre vie ? Auteurs : Guillaune Asselin, David Bergeron, Nicole Brossard, Nicole Caligaris, Patrick Chatelier, Marie Chouinard, Jean Daive, Jean-Marc Desgent, Hélène Dorion, Hélène Frédérik, François Gagnon, Jean-Philippe Gagnon, Marie-Pascale Huglo, Serge Lamothe, Bertrand Leclair, Émile Martel, Mourad Masbah, Catherine Morency, Pierre Ouellet, Jean-François Poupart, Christian Saint-Germain, Pierre Senges et Michaël Trahan. Texte inédit de Claude Gauvreau présenté par Jean-Marc Desgent

  • Une réinvention de l'espace public et un réaménagement des frontières entre le profane et le sacré sont actuellement en jeu dans les formes de perception et de profération dont la littérature est porteuse. On y voit se définir un nouveau « partage du sensible » dont les données outrepassent tout contrat social ou pacte religieux au sens strict. Le mythe des origines que la littérature ne cesse de conter ressuscite l'origine perdue de la pensée mythique, les histoires secrètes de l'oeil et de l'écoute dont les racines plongent dans la vie la plus archaïque.

    À l'heure où l'on parle d'une sortie de l'histoire et de l'avènement d'une posthumanité, il est urgent d'interroger ces nouvelles combinaisons de la vue et de la voix, souvent dissonantes et détonantes, qui explorent les formes les plus aiguës de dissolution sociale et de dispersion des croyances où la perte de toute vision d'ensemble et de toute voix commune laisse place à l'émergence de « vocalités » et de « visualités » inédites où peuvent apparaître des modes inattendus de socialité et de sacralité.

    C'est ce qu'on découvre chez Antoine Volodine, Philippe Beck, Alain Fleischer, Serge Pey, Jean-Paul Michel, Salah Stétié, Christian Gabriel/le Guez Ricord, Max Loreau, Marcel Moreau, Guy Viarre, Patrick Wateau, Brice Petit, Isabelle Garron, Joséphine Bacon et Jean-Marc Desgent, sur lesquels portent les réflexions menées ici, dont la visée est de comprendre les processus de profanation et de sacralisation inhérents à toute démarche esthétique et poétique.

  • Dany Laferrière s'avoue trop ambitieux pour n'appartenir qu'à un seul pays et, comme pour souligner son côté universel, c'est une universitaire autrichienne qui signe ici la première étude approfondie qui lui est consacrée. Ursula Mathis-Moser aborde les romans de l'" Autobiographie américaine " sous le thème général de la dérive spatiale (de la petite ville à la métropole) et temporelle (les divers temps de la narration). Elle démêle les jeux de l'intertextualité et de l'autofiction qui sous-tendent ces récits. Référence désormais incontournable des études laferriennes, ce livre propose aussi une esquisse biographique et une bibliographie exhaustive.

  • Comme la fois
    Un recueil d'histoires vraies sous la direction de Geneviève Jannelle et Marie-Eve Leclerc-Dion.
     
     
    On dit parfois qu'il n'y a pas de mauvaises histoires, seulement de mauvais conteurs. Alors quand vingt-cinq bons conteurs se réunissent pour partager leurs histoires d'amour, de violence, d'humiliation, de maladresse et de cul, on sait qu'on va passer un bon moment.
     
    Ces histoires, ce sont les anecdotes qu'on raconte autour du feu ou d'un verre, celles qu'on répète cent fois avec le même plaisir, ou qu'on ose révéler pour la toute première fois. Elles disent tantôt la poésie du quotidien, tantôt son manque de poésie, justement.
     
    La plupart du temps sous forme de récits écrits - mais aussi de photos, de bande dessinée, de scénario, de chanson et même de recette - ces vingt-cinq tranches de vie sont livrées simplement, avec autodérision et sans fausse pudeur, afin qu'on s'y reconnaisse ou qu'on ne s'y reconnaisse pas du tout, fort heureusement.
     
     
     
    Avec les contributions de : Caroline Allard o Jean-François Asselin o Jimmy Beaulieu o Emmanuel Bilodeau o Biz o Roxanne Bouchard o Simon Boulerice o Fanny Britt o Samuel Cantin o Stéphane Dompierre o Stefano Faita o Geneviève Jannelle o Nicolas Langelier o Claudia Larochelle o Marie-Eve Leclerc-Dion o Kim Lizotte o Pierre Manning o Raphaël Ouellet o Simon Proulx o Rabii Rammal o Benoit Roberge o Jonathan Roberge o Patrick Senécal o Catherine Therrien o Catherine Trudeau.

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