Robert Laffont

  • " L'écrivain est un lâche. La preuve : il écrit. S'il était courageux, il vivrait. Par peur des coups du sort, il se met à l'écart. C'est un juge de touche : il court d'un bout à l'autre du terrain de foot sans pouvoir y pénétrer pour taper dans le ballon de la vie. Écrire et vivre sont des activités contradictoires, c'est pourquoi les gens qui vivent ne savent pas écrire. C'est le travail d'une vie. D'une vie de lâche. "
    Patrick Besson

  • Céleste Albaret fut la gouvernante et la seule confidente de Marcel Proust pendant les huit dernières années de son existence, durant lesquelles il acheva l'écriture de son chef-d'oeuvre - elle est d'ailleurs une des clefs du personnage de Françoise dans

  • «Fait des proses et des poèmes que je connais ? ou connaissais ? par coeur, ce livre n´aspire à rien d´autre qu´à donner un peu de plaisir, et peut-être d´émotion, à ceux qui le liront.Voilà des mots qui ne sont pas de moi et qui valent mieux que moi, mais qui, à force de familiarité, d´admiration, d´une répétition intérieure proche de la rumination, ont fini par se confondre avec moi: il m´arrive de les dire au soir quand il tombe sur la ville, sur la campagne, sur la neige ou au matin qui se lève sur la mer. Ils tournent, pour la plupart, autour de ces passions qui nous donnent à tous tant de bonheur et tant de souffrance. Et toi mon coeur, pourquoi bats-tu?Renonçant à la fois à l´ordre chronologique ou alphabétique et au classement par thèmes, j´ai choisi de présenter en désordre, en vrac, comme ils me venaient à l´esprit et au coeur, ces mots ailés aux lecteurs. Avec pourtant, un dessein nonchalant ? changements de lumière, passage du temps, résonances, contrepoints ? qu´au fil des pages chacun découvrira.Plaisirs. Émotion. Jusque dans les vers et les proses les plus simples de ce livre, il y a encore autre chose: une élévation, une hauteur, une sorte d´appel vers ailleurs. "La littérature, écrit Pessoa, est la preuve que la vie ne suffit pas." Les textes ici réunis ont le pouvoir mystérieux de rendre la vie plus belle et de transformer notre existence.»J. O.

  • " Au commencement était le verbe. " Mais l'était-il vraiment ? Tom Wolfe, le maestro des raconteurs d'histoires, enquête ici sur les origines de son principal outil de travail (et objet de passion) : la langue. Pour lui, pas de doute, c'est bien au langage - et non à l'évolution - qu'on doit le développement des sociétés et les réalisations complexes de l'humanité. D'Alfred Wallace, l'autodidacte qui fut le premier, avant Charles Darwin, à défendre la théorie de la sélection naturelle, jusqu'aux néodarwinistes contemporains menés par le linguiste Noam Chomsky et récemment pourfendus par l'anthropologue Daniel Everett, Wolfe examine comment la science a essayé, en vain, de fournir une explication à ce don de la parole. Avec un humour jubilatoire, il suit les errements secrets et grandioses du darwinisme, du temps de la Royal Academy jusqu'au MIT, et signe un petit bijou d'érudition, drôlement passionnant, d'une incroyable férocité envers l'establishment.


  • Comment Michel Houellebecq a-t-il réinventé, à l'ère du tout-médiatique, la figure mythique de l'Écrivain ?

    Michel Houellebecq occupe une place unique dans le paysage littéraire. Auteur controversé de best-sellers dont chacun déclenche un tsunami de polémiques, il est pourtant traduit dans le monde entier, étudié à l'université et consacré par des prix prestigieux. Comment expliquer ce paradoxe ? La mythologie houellebecquienne se nourrit de trois récits : celui du génie littéraire et de l'oracle inquiet de notre temps ; celui du grand écrivain possédant sa propre épithète, à l'instar d'un Balzac ; celui de l'imposteur, du littérateur sans style alimentant sa notoriété à coups de provocations. Au sein de cet espace singulier, miroir de nos contradictions, Michel Houellebecq se déplace en acrobate fascinant.

  • Comme chacun le sait, la perfection n'existe pas en ce bas monde. Toutefois, elle peut être recherchée telle une amie que l' on a perdue de vue depuis longtemps, mais à laquelle on reste mystérieusement attaché. La retrouver serait donc un bonheur ! Dans ce livre où l'humour n'exclut pas le sérieux, un jeune homme et une jeune fille bien de leur temps, le nôtre, sont décidés à aimer la vie et à la servir le plus parfaitement possible. Et si tous deux nous aidaient à retrouver l'amie perdue ? En une série d'aphorismes qui montrent sa connaissance profonde du coeur humain, Michel-Marie Zanotti-Sorkine nous conte leur journée parfaite. Un livre qui ne manquera pas de se graver dans nos mémoires et peut-être - qui sait ? - dans nos intentions et gestes à venir. Un délicieux portrait littéraire en forme de savoir-vivre.

  • " Et alors ? Beaucoup de bruit pour rien ou, comme j'ai essayé de le montrer dans ces quelques pages, la conviction que le "génie' de la langue dont parle Voltaire ne s'explique qu'en observant ses particularités ? Tout au long de cette balade à travers les trouvailles linguistiques malicieuses, acrobatiques, parfois régressives ou scandaleuses, iconoclastes et jouissives qui fleurissent à l'ombre de la langue officielle, j'ai voulu la "défendre'. Bien avant moi, en 1549, Du Bellay écrivait La Deffence, et illustration de la langue francoyse pour combattre le "Monstre ignorance' et "illustrer' la langue, c'est-à-dire la faire "rayonner'. Proust ne dit pas autre chose lorsqu'il écrit en 1908 à Mme Strauss : "Les seules personnes qui défendent la langue française sont celles qui l'attaquent.' Étonnant, non ? " J.-L. C.
    Certains puristes s'indignent régulièrement : notre langue souffrirait d'être dénaturée, aliénée et même colonisée. Il faut plutôt se réjouir qu'elle puisse évoluer et continuer de nous réserver quelques belles surprises. Loin d'en être appauvrie ou diminuée, elle s'enrichit entre autres grâce à l'argot et à la langue de banlieue. Heureusement culbutée par les fi gures de style, calembours et autres contrepèteries, elle est revigorée par le génie de jongleurs de mots comme Perec, Queneau ou Devos. Ce sont plutôt les prétendus moralisateurs de notre langue qui la maltraitent à force de règles complexes et de réformes surréalistes. La langue elle-même n'y est pour rien.

  • Qui penserait attribuer une origine étrangère à des mots comme jupe, épinard, braguette, violon ou encore sentimental ? Et pourtant, jupe vient de l'arabe, épinard du persan, braguette du gaulois, violon de l'italien et - qui l'eût cru ? - l'adjectif sentimental nous est venu du latin, mais par l'anglais.
    Si l'on sait bien que la langue française est issue du latin, on oublie souvent qu'elle s'est enrichie au cours de sa longue histoire de milliers de mots venus des quatre coins du monde : du grec, du celtique, du francique, mais aussi de l'italien, de l'anglais, de l'espagnol, du portugais et encore de l'arabe, du persan, du turc, du japonais, et des langues amérindiennes ou africaines.
    Henriette Walter raconte l'histoire de ces mots, de ces vagues d'immigration parfois clandestines qui ont petit à petit donné des couleurs à la langue française.

  • Pensez à un roman que vous connaissez bien. Imaginez les traits de son personnage principal. Observez-le attentivement, faites-le avancer sur la scène de votre esprit. Que voyez-vous ? Au mieux une silhouette, le mouvement d'une chevelure, un oeil noir... Au pire vous ne voyez rien, votre personnage est le narrateur, vous vivez le roman à travers ses yeux. Rassurez-vous, cela ne fait pas de vous un mauvais lecteur.
    Peter Mendelsund a exploré nos esprits de lecteurs submergés de mots, d'images, de souvenirs et d'émotions pour comprendre comment y prennent vie Anna Karénine, Madame Bovary ou Hercule Poirot, comment des lettres noires sur du papier blanc peuvent tant donner à voir.
    L'histoire qu'il nous raconte s'appelle Lecture.
    " Un livre étincelant. Les mots et les images se répondent avec beaucoup d'esprit. " Chris Ware.
    " Ceci n'est pas un livre, c'est un texte sacré. Il inspire, ouvre l'esprit et prouve que Mendelsund est un total génie. " Heidi Julavits, The Believer.

    " Une réflexion excentrique, fringante et délicieuse sur le merveilleux acte qu'est la lecture. [...] Un livre qui doit être lu, relu, montré aux jeunes graphistes et partagé. "Kirkus Review of Books.
    Livre de l'année 2014 du San Francisco Chronicle.

  • La modernité, c'est le refus de l'ordre en place, le désir de penser autrement le monde : la modernité est vieille comme le monde.
    Penser la modernité, son histoire et son avenir, est d'une redoutable urgence. Penser son histoire permet de comprendre l'idée qu'une société, siècle après siècle, se fait de son futur, à travers son gouvernement, ses moeurs, son art, ses modes, ses utopies. Et penser son avenir, c'est imaginer l'idée qu'on se fera, à l'avenir, de l'avenir. Tâche particulièrement fascinante.
    Aujourd'hui, pour l'essentiel de la planète, la modernité, c'est l'Occident. Faut-il s'en réjouir ? Faut-il revenir aux conceptions antérieures de la modernité, qui ne voyaient l'avenir que dans l'espérance religieuse ? Ou faut-il faire fleurir les germes artistiques, scientifiques, culturels, politiques d'une nouvelle modernité, altruiste, une utopie modeste qui fera du bonheur de l'autre, en particulier de celui des générations à venir, la condition du nôtre ?


    Dans une de ces lumineuses synthèses dont il a le secret, Jacques Attali dessine cette utopie modeste de l'histoire de la modernité, qui est une histoire des hommes et de comment ils se rêvent.

  • Salinger intime

    Denis Demonpion

    Par son seul roman, L'Attrape-coeurs, Jerome David Salinger (1919- 2010) a fasciné - et fascine encore - des générations de lecteurs. Dès la parution du livre en juillet 1951, le succès est foudroyant. Cette " bonne fortune ", ainsi qu'il le confesse, lui permet de vivre reclus à Cornish, dans le New Hampshire. Ce choix de vie qu'il s'impose jusqu'à l'extrême a intrigué ses contemporains. Salinger voulait qu'on lui fiche la paix.
    Sa vie fut pourtant très romanesque. À vingt ans, il rêve de conquérir Hollywood. Sa liaison avec Oona O'Neill, la future épouse de Charlie Chaplin, tourne court. La Seconde Guerre mondiale bouleverse ses plans. Il s'engage et devient membre des services de renseignement. Des plages du Débarquement jusqu'à la libération des camps de concentration, il a tout vu. " Quelle étrange farce sinistre et combien d'hommes sont morts ! " confie-t-il à une amie.
    Cette biographie, fruit de dix ans d'enquête, d'entretiens et de recherches aux États-Unis, en Pologne, en Autriche et au Royaume-Uni, s'appuie sur une abondante correspondance largement inédite. Elle se propose de montrer l'écrivain au plus près de ses préoccupations, de sa quête spirituelle et de son quotidien. On découvre un Salinger adolescent travaillant dans un abattoir à Bydgoszcz, en Pologne, ou sur les pistes de danse à Vienne à la veille de l'Anschluss.
    L'écriture était son salut. Il mettra dix ans à façonner Holden Caulfield, son alter ego de dix-sept ans, qui dit la difficulté d'être quand l'âge adulte s'apprête à vous rattraper. Pour le meilleur ou pour le pire.
    Goncourt de la biographie 2018

  • Quand on aime, on donne sans compter..., et quand on sait que plus des deux tiers du vocabulaire anglais vient du français ou du latin, que le mushroom anglais est en fait le mousseron français assaisonné à la mode anglaise et que le bol français est à l'origine le bowl anglais prononcé à la française, on comprend alors qu'entre ces deux langues, c'est une véritable histoire d'amour qui a commencé il y a plusieurs siècles... et qui dure.
    Bien sûr, les peuples ont connu tour à tour une guerre de Cent Ans ou une Entente cordiale, mais les langues, de leur côté, ont constamment mêlé leurs mots pour donner parfois naissance à des "faux amis", voire bien souvent aussi à de nombreux "bons amis" : il y en a plus de trois mille dont la forme graphique est parfaitement identique dans les deux langues parmi lesquels anecdote, caricature, garage, horizon, jaguar, moustache, silicone, structure, unique...
    C'est l'histoire peu commune de deux langues voisines et néanmoins amies qu'Henriette Walter conte ici en parallèle, au fil de multiples traversées de la Manche dans les deux sens, interrompues par un grand voyage à la conquête du Nouveau Monde. En revivant cette aventure sentimentale au pays des mots, ponctuée d'une foule d'exemples, de jeux insolites et de piquantes anecdotes, on découvre que l'érudition n'est pas forcément ennuyeuse, et que l'on peut apprendre tout en s'amusant.
    Et honni soit qui mal y pense.

  • " Évidemment, il y a de quoi sourire. Il existe aujourd'hui des problèmes plus considérables. Le pays marche de travers, il a d'autres chats à fouetter que de s'étendre sur les douteux mérites de sa production romanesque. Excepté un quarteron de lecteurs en retraite, d'écrivains dépités de leur peu d'exemplaires vendus, de journalistes le nez au vent et de libraires guetteurs de messies, qui s'inquiète de ce qui nous captive, vous, moi, et encore quelques autres ? Précisément, c'est tout le problème. " J.-M. D. Cette Lettre s'adresse à un ami écrivain désespéré de n'avoir obtenu aucune critique ni audience pour son dernier livre, pourtant magnifi que. Elle vise à comprendre et à faire comprendre pourquoi des oeuvres puissantes restent confi nées dans l'ombre, alors que des textes médiocres connaissent un grand succès.

  • Jeudi 18 mars, Simone Veil, qui fut déportée, ministre d'État, présidente du Parlement européen, membre du Conseil constitutionnel, est reçue à l'Académie française. Elle y prononce l'éloge de son prédécesseur au fauteuil de Jean Racine, Pierre Messmer, compagnon de la Libération et ancien Premier ministre. En réponse, Jean d'Ormesson prononce son éloge à elle. Deux jours plus tôt, son épée d'académicienne lui a été remise par Jacques Chirac et François Jacob, compagnon de la Libération et Prix Nobel. Jacques Chirac a fait un bref discours. C'est l'ensemble de ces textes - les deux discours en constituent l'essentiel - qui forment ce petit livre.

  • Les temps sont durs, les idées sont molles. La guerre des looks remplace l'affrontement des projets de société. Droite et gauche se divisent sur les moyens de réaliser les mérites valeurs. Alors fin des révoltes, des utopies et des systèmes ? Fin des idéologies ? Ou, au contraire, triomphe de la soft-idéologie ? La soft-idéologie, c'est le business et les droits de l'homme, le reaganisme et la génération morale, le socialisme libéral et le libéralisme social, la Bourse et la tolérance, l'individualisme et la charité-rock, Tapie et Coluche, le minitel et le contrat social... Bricolée avec les restes intellectuels des décennies précédentes, la soft-idéologie mêle gestion conservatrice et rêves soixante-huitards, idées confuses et moralisme vague, odes à la modernité et retour aux idéaux du XVIIIe siècle. Elle assure un consensus apathique sur l'essentiel. Elle prône la résignation à la force des choses et exalte les petits bonheurs. C'est la pensée sénile d'une époque fatiguée du vacarme de l'histoire. C'est l'entracte... Pour combien de temps ?

  • La plongée bouleversante dans l'intimité d'un homme0300«Un homme se penche sur son passé. Le passé ne lui renvoie que les reflets d´une mauvaise vie, bien différente de celle que laisse supposer sa notoriété.Autrefois on aurait dit qu´il s´agissait de la divulgation de sa part d´ombre; aujourd´hui on parlerait de "coming out".Il ne se reconnaît pas dans ce genre de définitions.La mauvaise vie qu´il décrit est la seule qu´il ait connue. Il l´a gardée secrète en croyant pouvoir la maîtriser. Il l´a racontée autrement à travers des histoires ou des films qui masquaient la vérité. Certains ont pu croire qu´il était content de son existence puisqu´il parvenait à évoquer la nostalgie du bonheur. Mais les instants de joie, les succès, les rencontres n´ont été que des tentatives pour conjurer la peine que sa mauvaise vie lui a procurée.Maintenant cet homme est fatigué et il pense qu´il ne doit plus se mentir à lui-même.»Pourquoi vouloir à tout prix reconstituer un simulacre de famille? Passer le plus clair de son temps à la radio et à la télévision alors qu´on rêve de se consacrer à l´écriture et au cinéma? Devenir spécialiste des princes et des princesses alors qu´on se passionne pour les peuples opprimés? Et puis il y a les nuits qui, elles aussi, ne devraient pas être ce qu´elles sont...Avec une liberté d´esprit exceptionnelle, Frédéric Mitterrand, ici, ose tout dire. L´autobiographie la plus juste n´est-elle pas celle de la vie qu´on aurait dû mener?"La Mauvaise Vie" a reçu le prix Le Vaudeville.

  • Lili Brik et Elsa Triolet sont nées à Moscou à la fin du XIXe siècle. Fameuses pour leur beauté comme pour leur intelligence, elles formèrent un quatuor célèbre avec deux des plus grands poètes du XXe siècle, Vladimir Maïakovski et Louis Aragon. Lili collectionna les génies avec un oeil infaillible : l'écrivain Pasternak, les peintres Rodtchenko et Malevitch, le compositeur Chostakovitch, le cinéaste Eisenstein ou la danseuse Maïa Plissetskaïa. Elsa, la cadette, fascinée par son aînée, dut livrer bataille pour exister et quitter son ombre. Mais Maxime Gorki l'encouragea à écrire et lorsqu'elle devint la première femme à recevoir le prix Goncourt, après s'être illustrée dans la Résistance, elle comprit qu'elle avait supplanté sa soeur, confinée au rôle d'inspiratrice et d'égérie. Cette rivalité n'altéra cependant jamais l'amour qui les unissait.
    Ces figures légendaires de la mythologie communiste surmontèrent tous les soubresauts de l'histoire, en Union soviétique ou en France. Confrontées aux réalités les plus cruelles, Elsa et Lili étaient prêtes à tout sacrifier pour protéger leur idéal artistique. Lili fut toute sa vie la figure centrale de l'avant-garde russe avec une originalité et des exigences très hautes. Elsa défendit sans relâche sa position d'écrivain. Elles ne furent jamais des femmes du juste milieu.
    Ces deux forces de la nature, que Pablo Neruda appelait l'une - Lili - " l'indomptable Lili " et l'autre - Elsa - " une épée aux yeux bleus ", traversèrent le XXe siècle comme deux véritables icônes.
    " Les soeurs Kagan réunissaient la culture, la beauté, le talent, l'intelligence, elles étaient imbattables. " Pierre Bergé

  • Née dans le désert C'est une histoire assez singulière que celle de l'arabe : une langue sémitique aux origines légendaires, que l'on identifie à partir du haut Moyen Âge comme l'idiome de quelques groupes de bédouins parcourant, peut-être depuis des siècles, les mornes étendues désertiques de la péninsule Arabique. Dans les textes parvenus jusqu'à nous, on reconnaît déjà le charme de cette poésie orale que l'Occident découvrira avec la première traduction en français des Mille et Une Nuits au début du xviiie siècle.
    Entre-temps, l'arabe avait lui-même connu une aventure digne d'un conte de fées puisqu'en un peu plus de deux siècles - du viie au ixe siècle - il s'était largement répandu hors de son Arabie natale, à la faveur de l'expansion de l'islam.

    Un livre-culte Tout avait commencé en 612, avec la vision de l'archange Gabriel apparaissant à Mahomet et lui transmettant le message du Dieu unique. Ce sont ces révélations qui seront rassemblées sous forme écrite quelques années après la mort du Prophète (632) pour former le texte du Coran, qui constitue à la fois le premier texte en prose des Arabes et le livre-culte qui sera le fondement de la religion musulmane. À partir du milieu du viiie siècle sera réalisée une version officielle du Coran destinée à devenir l'unique texte sacré reconnu par tous les adeptes de l'islam.
    Ayant adopté l'arabe, tout d'abord comme langue de la prière, puis du discours quotidien, des populations d'origines différentes nouvellement converties contribueront à l'enrichissement de cette langue arabe qui intégrera des formes persanes, syriaques, araméennes ou chaldéennes, mais également grecques et latines.

    Une langue de savants Riche de ces apports extérieurs, l'arabe est aussi devenu dans les « Maisons de la Sagesse » le véhicule des écrits scientifiques les plus divers : mathématiques, chimie (et alchimie), astronomie (et astrologie), mécanique, médecine, botanique... Et c'est grâce aux multiples traductions qui proliféreront dès le VIIe siècle que l'Occident prendra connaissance d'un savoir venu de l'Orient. En même temps, la langue arabe laissera des traces durables dans les langues de l'Europe : en Espagne, en Italie et en France, pour ensuite se répandre plus largement en Occident. De plus, si le français compte plusieurs centaines de mots arabes dans son vocabulaire le plus usuel comme le plus recherché : chiffre et zéro, jupe et matelas, artichaut et épinard ou encore alcôve et camaïeu (cf. Glossaire des mots français venus de l'arabe), l'arabe a aussi largement bénéficié de multiples formes lexicales venues du français, surtout dans les domaines du vocabulaire de la voiture, de l'habillement et de la mode (cf. Glossaire des mots arabes venus du français).

    De la calligraphie aux arabesques Mais l'aventure de l'arabe en Occident ne s'arrête pas là puisque l'une de ses représentations les plus élaborées, la calligraphie arabe, qui se trouve à l'origine des entrelacs élégants que l'on nomme des arabesques, est encore présente dans les tableaux de Raphaël ou dans les entrelacs élaborés par Léonard de Vinci et, à sa suite, par Dürer. La langue arabe : une passerelle inattendue entre les cultures de l'Orient et l'Occident...
    Structure de l´ouvrage L'ouvrage a été conçu selon deux éclairages complémentaires : d'une part, le cheminement historique de la langue arabe et des gens qui l'ont parlée, enrichie, normalisée ou illustrée, de l'autre une sorte de visite guidée à l'intérieur des manifestations orales de cette langue, tout en soulignant au passage ce qu'elle a donné et ce qu'elle doit aux autres langues, et en particulier à la langue française (cf. les deux glossaires consacrés à leurs emprunts réciproques).
    Il s'agit d'un ouvrage aux entrées multiples et aisément repérables : cartes géographiques, tableaux, liste de mots commentés, événements historiques se détachant à l'intérieur d'un cadre, pauses récréatives proposant des énigmes linguistiques dont la solution est à découvrir en tenant le livre à l'envers.
    Les annexes, enf

  • Dans la veine de ses plus grands succès, Henriette Walter nous embarque dans une passionnante odyssée étymologique.

    Saviez-vous qu'Olibrius était un empereur romain d'Occident (mort en 472), dont la légende a fait le symbole d'un homme incapable mais plein de jactance ?
    Que minus est l'abréviation de minus habens, " qui a moins (d'intelligence) " ?
    Que plusieurs albums d'Astérix ont été traduits en latin ?
    Que les distributeurs de billets de la banque du Vatican se lisent en latin ?
    C'est tout naturellement que nous employons tous les jours et sans y penser des mots comme lavabo, agenda, quiproquo ou constat, qui ont l'air tellement français mais qui sont en réalité des mots du latin sous leur forme d'origine, au même titre que consensus, placebo, a priori, vice versa, minus, lapsus, ipso facto ou referendum...
    Mais que dire de motus et de rasibus ? Ne serait-ce pas plutôt du " latin de cuisine ", ce pseudo-latin inventé par des érudits facétieux, toujours prêts à jouer avec les mots ?
    En passant allègrement du latin de l'Église au latin des tribunaux, et du latin des naturalistes au latin d'Astérix, Henriette Walter propose un nouveau regard sur cette langue encore bien vivante dans les usages du XXIe siècle, et pleine de ressources, que l'on s'est trop vite empressé d'enterrer. Un ouvrage ludique et passionnant, ponctué d'anecdotes, de devinettes et de récréations, pour conjuguer humour et érudition.

  • L'extravagance

    Salah Stétié

    Écrivain et poète de réputation internationale, amateur d'art, homme d'action et diplomate - " ambassadeur d'un incendie ", résume-t-il en pensant à sa terre du Liban, qu'il a représentée en France, en Hollande et au Maroc -, Salah Stétié est issu de deux civilisations matrices de plusieurs cultures. L'une méditerranéenne et orientale ; l'autre française et occidentale. Libanais par son origine, il s'est senti français très jeune par la pratique d'une langue apprise dans les meilleures universités de Beyrouth et de Paris. Dès lors, il s'est lié, sur chacune de ces rives, aux plus grands poètes des années 1950 et 1960 : d'un côté, Georges Schehadé et Adonis ; de l'autre, Pierre Jean Jouve, René Char, Yves Bonnefoy, André Du Bouchet, Édouard Glissant...
    Ses Mémoires livrent un témoignage puissant et lumineux sur un demi-siècle d'histoire politique, les personnages prépondérants qu'il a côtoyés dans les domaines artistique et littéraire, comme les pays et les êtres qui l'ont marqué et accompagné. De Gaulle est l'un des héros de ce récit.
    L'ouvrage est porté par un style ample, voluptueux, parfois mordant et ironique, à la hauteur de cette épopée intime où se mêlent les peuples et les continents, les plus grands créateurs et les derniers géants de l'histoire, la tragédie des guerres les plus dévastatrices et les rêves de fraternité les plus exaltants, les bonheurs de l'enfance et les épreuves du temps.
    C'est bien un sentiment d'extravagance qu'inspirent à Salah Stétié à la fois l'histoire de sa destinée et le spectacle du monde.

  • J'ai attendu une minute, deux minutes et même trois minutes, mais en faisant des mouillettes... L'oeuf à la coque ! Toujours trop long avant de retrouver la saveur de l'enfance. Hier encore, nous disposions d'une chanson l'Écharpe, interprétée par Fanon, qui nous donnait un temps de cuisson idéal, une attente enchantée... Je passe de la coque à l'âme, mais la mort ! L'attente de la mort ! Pour celle-ci, pas de chansonnette. En tout cas, pas assez longue. Alors, des attentes enchantées, d'autres pas !... Je choisis tout de suite l'enchantement. Et j'opte pour l'oeuf à la coque. Et je dis qu'il ne tient qu'à nous que l'attente de la mort soit, elle aussi, enchantée. Cette attente-là n'est en fait que la vie elle-même, tissée de toutes les attentes. On peut penser l'attente, la désirer, l'aimer. Elle ouvre sur le seuil de tous les inattendus de la vie. Moi je crois qu'il y a carrément de l'âme dans l'attente. Oui, j'en suis sûre, c'est dans l'attente que mijote la vie. Et si on se la mitonnait aux petits oignons ! Et puis, vous le savez bien : On ne perd rien pour attendre. Alors profitons-en. Vite ! Attendons.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Saviez-vous que le mot anglais rugby vient de la langue des Vikings ? Êtes-vous curieux de découvrir la centaine de noms italiens qui désignent les pâtes ? Voulez-vous comprendre pour quelle raison, due à leur langue, les Allemands ne se coupent jamais la parole ? Vous plairait-il de faire une pittoresque incursion dans tous les mots espagnols venus de l'arabe ?... Que vous le feuilletiez pour le plaisir gourmand des mots ou que vous le consultiez avec la passion du spécialiste, ce livre est, pour tout amoureux de notre langue, l'occasion de passionnantes retrouvailles avec l'auteur du Français dans tous les sens. Un véritable voyage dans le temps et l'espace, commencé avec la rencontre, il y a sept mille ans, des habitants de la "vieille Europe" et de populations venues de la mer Noire, porteuses de ces langues "indo-européennes" d'où sont nées, à l'étrange exception du basque, toutes les langues de l'ouest de l'Europe.Voici donc, dans son étonnante pluralité, le panorama fertile de cette centaine de langues arlées dans l'Europe d'aujourd'hui. Qu'elles soient officielles et de grande diffusion, comme l'espagnol, le portugais, l'anglais, le français, l'allemand ou l'italien ; qu'elles soient dites régionales, comme le gascon, le galicien, le frioulan, le sarde, le corse, le francoprovençal, le sorabe, le scots, le schwytzertütsch ; ou encore officielles et méconnues, comme le luxembourgeois, le danois, le néerlandais, l'irlandais - ces langues sont pleines de richesse et de surprises. Avec un peu de grammaire, des tableaux et des cartes d'une grande clarté, beaucoup de bonne humeur, avec des récréations (pour jouer par exemple à fabriquer des mots savants à partir d'une poignée de racines grecques, ou à trouver sur une carte des noms hérités du gaulois), ce livre dit l'origine, l'histoire, la géographie de ces langues qui vivent et meurent, et qui sont le coeur battant de notre civilisation.

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