République des Lettres

  • Romancier trinidadien, Vidiadhar Suprajasad Naipaul reçut l'éducation poussée qui convenait à sa caste de brahmane à Queens Royal Collège puis à l'université d'Oxford. Il s'établit alors en Angleterre, écrivit pour le New Statesman et dirigea le programme Voix de la Caraïbe à la B.B.C. avant de devenir écrivain de profession. En l'absence d'une tradition littéraire propre à la Caraïbe dont le public restreint ne pouvait lui suffire, il visa une audience internationale et s'efforça de créer un univers romanesque pour évoquer une société qu'il percevait comme chaotique et changeante. Il explique ses théories dans cet entretien sur l'avenir du roman. Le texte est suivi d'un essai sur les métis de la littérature (V.S. Naipaul, Salman Rushdie, Vikram Seth, Hanif Kureishi, Michael Ondaatje, Amitav Ghosh,...) et d'une brève biographie de V. S. Naipaul.

  • On refuse d'habitude à Théophile Gautier une place de premier plan parmi les écrivains de son temps et, en dehors de son Capitaine Fracasse, on ne le lit plus guère. L'auteur de Mademoiselle de Maupin et du Roman de la momie reste pourtant à la croisée des courants littéraires du XIXe siècle puisque, parti du romantisme flamboyant, il allait devenir en quelque sorte le fondateur du Parnasse, et l'inspirateur de la génération de 1850, parmi lesquels Théodore de Banville, Gustave Flaubert, et surtout Charles Baudelaire qui lui consacre ici une brève biographie. Le texte de l'auteur des Fleurs du mal est précédé d'une lettre de Victor Hugo.

  • Biographie d'Henry Miller (1891-1980), auteur du Tropique du Cancer, de la Crucifixion en rose (Sexus, Plexus, Nexus) et de Jours tranquilles à Clichy. Il y a une légende de Henry Miller comme il y en a une d'Ernest Hemingway ou de Francis Scott Fitzgerald; mais, à la différence des précédentes, la sienne ne tient pas à ce qu'on lit l'homme dans l'oeuvre: ce serait plutôt le contraire, tellement ses Tropiques, tant par les difficultés qu'il eut à les publier en pays de langue anglaise que par le succès de scandale qui suivit leur publication (en France dans les années trente, aux Etats-Unis dans les années soixante), ont contribué à entretenir sa réputation d'auteur pornographique. Or non seulement celui-ci n'a pas toujours mené la vie parisienne dissolue qu'il décrit dans ses livres, mais surtout il a écrit des oeuvres très différentes des deux premières. Si on ajoute à ce décalage l'extraordinaire vitalité de l'homme et, surtout, le fait qu'aux Etats-Unis, il semble être passé directement du rôle d'écrivain maudit à celui de prophète, on aura idée de la figure qu'il devint dans l'extraordinaire mouvement d'idées qu'a connu le monde dans les années 1960-1970.

  • Chez Kathy Acker, Don Quichotte est une femme qui, devenue folle après avoir subi un avortement, se lance dans une formidable aventure : se faire chevalier errant et combattre les enchanteurs malins de l'Amérique moderne en poursuivant « l'idée la plus insensée que jamais femme pût concevoir. C'est-à-dire, aimer ».
    Accompagnée dans sa quête d'amour par le chien saint Siméon, son Sancho Panza, elle erre dans un monde de mensonges et de faux-semblants, marqué par la brutalité des rapports entre sexes, la violence sociale, l'irrationnel religieux, l'oppression. Elle parcourt les rues de New York, de Londres, d'un Saint-Pétersbourg désolé, guerroyant contre son époque, les figures masculines historiques, mythiques, et littéraires (le Christ, Machiavel, Richard Nixon, Thomas Hobbes...). Au cours de cette errance, elle cherche à découvrir son identité, à nouer des liens émotionnels et sexuels, et ce malgré les enchanteurs malins, ennemis de la libre expression, qui rendent l'amour impossible et sont ici le capitalisme ravageur, le matérialisme, la pauvreté, l'aliénation, la servilité.
    Comme chez Cervantès, le roman de Kathy Acker est traversé d'autres textes. L'on y rencontre des romans d'amour courtois revus et corrigés par Acker (Lulu, Pygmalion, Les Hauts de Hurlevent, mais aussi Le Guépard, L'Histoire de Juliette...). Dans une folle explosion poétique et polyphonique, Kathy Acker pulvérise les frontières du genre littéraire (l'autobiographie devient fiction, le théâtre essai philosophique, le récit se fait poésie), travestit les canons de la littérature et emprunte à la culture populaire (Prince, Godzilla...), s'en prenant aux institutions sociales (famille, identité sexuelle, normes...) et littéraires (l'auteur, le récit, le plagiat, la fiction...).
    Dans ce somptueux et magistral roman - dont nous proposons une nouvelle traduction -, qui est sans doute celui de Kathy Acker qui pose plus que tout autre la question du genre, du féminisme, et de la liberté féminine (préfigurant les problématiques queer) l'auteur, dans sa volonté rimbaldienne de briser « l'infini servage de la femme » par la poésie nous offre un texte visionnaire, drôle, fou, insolent, savant, reconnu comme un de ses livres majeurs, qui véhicule une énergie, une vivacité époustouflantes et corrosives.

  • Entretien avec Philippe Lacoue-Labarthe sur Friedrich Hölderlin. L'oeuvre et la vie de Hölderlin auront fourni le prétexte à bien des lectures, à bien des réécritures, engendrant d'autres livres, d'autres oeuvres à leur tour. Il y a donc bien une figure du poète, et une aura de l'oeuvre, qui sont profondément bien que peut-être confusément, imbriqués dans la stratographie textuelle de notre temps. L'entretien est suivi d'une biographie de Hölderlin.

  • Article biographique sur Jorge Luis Borges. Jorge Luis Borges a eu une énorme influence sur la littérature de son pays, et notamment sur un écrivain plus jeune comme Julio Cortazar. Son unicité, naturellement, l'empêche d'avoir une postérité. Au milieu des romanciers argentins engagés dans la réalité sociale et politique convulsée de leur temps, il paraît comme figé dans l'éternité de ses obsessions et de ses fantasmes. Il est vrai que ses opinions notoirement conservatrices ne transparaissent aucunement dans ses livres. On a parfois accusé Borges d'être cosmopolite, d'être étranger à la réalité latino-américaine. Mais, bien qu'il soit fort peu intéressé, par exemple, par les mythologies préhispaniques -- alors qu'il donne des cours à Buenos Aires sur les mythologies celtes et nordiques -- il est encore latino-américain, paradoxalement, par son sens du cosmos, du fantastique, de l'immensité spatiale et temporelle, et il ne serait sans doute pas très difficile de retrouver dans l'oeuvre d'un Gabriel Garcia Marquez, par ailleurs si différente, des obsessions analogues.

  • Entretien à Pise avec Antonio Tabucchi, à propos d'engagement politique, des géraniums de son jardin, de Fernando Pessoa, de Sigmund Freud, de Luigi Pirandello, des anarchistes toscans et des médecins-philosophes français. Dans son roman Petits malentendus sans importance, Tabucchi utilise les théories de ces derniers, en particulier le principe de la "confédération des âmes", de Théodule Ribot et Pierre Janet, qui serait présent dans chaque individu. Selon cette théorie il n'existe pas de moi unitaire, mais une confédération de moi parmi lesquels à chaque étape de la vie s'impose un "moi hégémonique". L'âme qui correspond à cette conception est une âme plurielle.

  • Le point de vue des editeurs sur la lecture n'est ni un texte méconnu ni un introuvable.
    C'est la préface que proust écrivit en 1905 pour sa traduction de sésame et les lys de john ruskin. mais ces pages dépassent de si loin l'ouvrage qu'elles introduisent, elles proposent un si bel éloge de la lecture et préparent avec tant de bonheur à la recherche que nous avons voulu, les délivrant de leur condition de préface, les publier dans leur plénitude.

  • Entretiens d'Octavio Paz avec Cornélius Castoriadis, Jorge Semprun, Carlos Barral, Severo Sarduy, Fernando del Paso, Hector Bianciotti, Florence Delay, Frédéric Magne, Christine Buci-Glucksmann, Anne Wade-Minkowski, Claude Esteban, Eduardo Arroyo, Maya Scharer, Pierre Schneider, Roger Munier, Jean-Claude Masson et Pierre Dhainaut. Dans un monde où le temps n'est plus linéaire, où les symphonies géométriques d'une Raison conquérante qui se voulait sans faille et sans ombre se sont achevées en cacophonie et en innommable, comment conjuguer à nouveau Pensée et Poésie, Écriture et Politique ? Comment, sans trahir le devoir d'insurrection de la pensée et l'éthique du possible, opérer cette critique de l'avenir qui pourrait nous permettre de sortir de l'enlisement réactionnel ? Comment la poésie peut-elle être présente à ce rendez-vous ? Y a-t-il place au monde pour cette ardente Raison poétique qui nous permettrait d'avoir quelques chances d'affronter victorieusement les noeuds gordiens de la complexité, sans renier la tâche de la transformation des rapports entre les êtres humains, les sociétés, les histoires, les écritures ?... Ce sont là quelques-unes des questions qui, lors d'une "Rencontre des Écritures croisées" organisée en 1988 à Aix-en-Provence, ont formé comme une constellation nouvelle avec et autour d'une grande figure représentative de la poésie universelle, Octavio Paz, lauréat du Prix Nobel de littérature. La revue Détours d'Écriture a laissé trace de l'événement dans son numéro 14 mais aussi dans ce présent volume plus particulièrement consacré aux quatre débats de cette rencontre qui fait date.

  • Biographie d'André Malraux. Écrivain, homme politique, esthète visionnaire, aventurier, dandy des grands chemins, théoricien de l'art, André Malraux (1901-1976) a épousé toutes les causes de l'Histoire contemporaine et tenté de répondre aux interrogations de l'homme, aux détours de l'art et de la littérature.  Agé de moins de vingt ans, il manifeste déjà une passion pour les livres et gagne sa vie en approvisionnant les libraires en éditions rares et originales. Max Jacob, Blaise Cendrars, Pablo Picasso, André Gide, Max Jacob, Pierre Reverdy deviennent les compagnons du dandy romantique au regard ardent et à la mèche rebelle, drapé dans une cape noire doublée de blanc. En 1921, il signe un premier livre, d'inspiration surréaliste. Puis s'ouvrent les voies de l'aventure, avec les premiers voyages en Asie. Il entreprend une expédition qui se termine devant un tribunal de Phnom-Penh. Ses premiers romans sont marqués par sa révélation de l'Asie: La Tentation de l'Occident, Les Conquérants, La voie royale et surtout La Condition humaine, qui exalte la fraternité humaine et l'héroïsme des combattants, avec pour toile de fond la Révolution chinoise. Compagnon de route du Parti communiste, il fustige Hitler dans Le Temps du mépris. Pendant la guerre d'Espagne, il prend la tête d'une escadrille et en rapporte le roman L'Espoir. Résistant pendant l'occupation allemande dans les maquis de Corrèze, il publie un dernier roman, Les Noyers de l'Altenburg. Blessé puis interné à Toulouse, il est fait Compagnon de la Libération en 1945. Après la guerre, Malraux entre en politique aux côtés du général de Gaulle qu'il soutient avec passion et fidélité. Appelé en 1958 au ministère des Affaires culturelles, où il reste onze ans, il crée les Maisons de la Culture, impose l'art contemporain, organise la rénovation de monuments historiques, fait ravaler Paris. En 1964, il prononce un discours, devenu historique, à l'occasion du transfert des cendres de Jean Moulin au Panthéon. Au début des années 70, il retrace ses conversations avec Charles De Gaulle dans Les chênes qu'on abat puis prend fait et cause pour l'indépendance du Bangladesh où il tente une ultime aventure. Parallèlement, il compose son Musée imaginaire, série d'essais esthétiques, définissant l'art comme "le seul espoir devant le néant, la seule expression possible de la dignité et de la liberté". À sa manière, celui qui disait, "je ne m'intéresse guère", sacrifie au rite des Mémoires avec Le Miroir des Limbes, constitué des Antimémoires et de Lazare où il s'interroge sur l'éternité, le destin et la mort.

  • Biographie de René Guénon (1886-1951). Jeune mathématicien, René Guénon se passionne pour l'ésotérisme et la recherche de la science cachée, philosophique et métaphysique, à laquelle il consacrera la majeure partie de sa vie. Après avoir suivi les cours de l'École supérieure libre des Sciences hermétiques fondée par Papus, il est initié au Martinisme et s'affilie à certaines obédiences relevant plus ou moins de la Franc-Maçonnerie. Il devient l'un des membres les plus en vue de l'Eglise gnostique dont il fonde et dirige la revue La Gnose. C'est dans cette publication que paraissent ses premiers ouvrages: L'Homme et son devenir selon la Vedanta et Le Symbolisme de la Croix. Dans les années 1910, ne trouvant pas dans le Christianisme, et plus largement en Occident, une initiation suffisamment complète pour reconstituer une somme métaphysique traditionnelle, il se tourne vers l'étude des doctrines d'Extrême-Orient -- Hindouisme, Bouddhisme -- puis vers l'Islam. L'initiation islamique selon l'enseignement des Soufis lui est conférée en 1912. Il publie dans la revue La France antimaçonnique plusieurs articles touchant à l'histoire de la Franc-Maçonnerie tout en collaborant activement à la revue des Études traditionnelles. En 1921, il publie son Introduction générale à l'étude des doctrines hindoues et Le Théosophisme, histoire d'une pseudo-religion. Ces livres sont suivis par L'Ésotérisme de Dante, La Crise du monde moderne, et Le Roi du monde, consacré à la question de l'Agartha. Il publie également un ouvrage consacré à Saint Bernard, qui étudia toute sa vie les rapports du spirituel et du temporel et inspira la Règle du Temple. En 1930, il décide de partir pour l'Egypte, où il vit sous le nom arabe d'Abd el Wahed Yahia. C'est là qu'il compose Les Etats multiples de l'être, Le Règne de la quantité et les Signes des temps, La Grande Triade, La Métaphysique orientale. René Guénon meurt au Caire le 7 janvier 1951, à l'age de 65 ans. Plusieurs recueils d'articles seront publiés à titre posthume, dont notamment Les Symboles fondamentaux de la Science sacrée.

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Machiavel. Règlement pour une société de plaisir, de Nicolas Machiavel (1469-1527), auteur du Prince et de L'Art de la Guerre, est un bref texte raillant les moeurs et les ridicules de la société italienne du seizième siècle. Dans cette satire, on trouve bien des traits qui peuvent s'appliquer à toutes les sociétés, y compris la nôtre. L'alliance de la galanterie et de la dévotion, l'indiscrétion, la médisance, la fatuité, l'égoïsme, tous les vices de ce qu'on appelle bien souvent à tort la bonne compagnie, y sont vivement moqués. On y sent à chaque ligne cette verve cynique et railleuse dont Aristophane est dans l'antiquité le plus parfait modèle, cette verve qui se perpétue ensuite chez Boccace et jusqu'au Candide de Voltaire. Le texte est suivi d'une biographie de Machiavel.

  • Diderot

    Marcel Pagnol

    Article biographique de Marcel Pagnol sur Denis Diderot suivi d'une Brève histoire de l'Encyclopédie. Écrivain, philosophe des Lumières, encyclopédiste, Diderot fut avant tout un grand créateur. Auteur de La Religieuse, de Jacques le Fataliste, du Neveu de Rameau, de la Lettre sur les aveugles, il a inventé l'Encyclopédie, la Nouvelle, la Critique d'art, la Comédie dramatique, et dans chacun de ces genres, il improvisa des modèles, qui sont presque tous des chefs-d'oeuvre.

  • C'est la France qui a fait la réputation d'Edgar Poe. La première timide adaptation française date de 1844. En 1846, son nom commence à circuler à Paris. Et c'est en 1848 que Charles Baudelaire inaugure avec Révélation magnétique un travail de traduction qui s'étendra dès lors sur dix-sept ans. En 1852, l'auteur des Fleurs du mal rédige pour La Revue de Paris une étude sur son écrivain préféré, état primitif de ces deux essais -- Edgar Poe, sa vie et ses oeuvres, et Notes nouvelles sur Edgar Poe -- qui figureront ensuite en tête des recueils d'Histoires extraordinaires publiées dans sa traduction en 1869 et 1884. Les textes de cette édition sont suivis d'une brève biographie de Baudelaire.

  • Article biographique sur Charles Baudelaire. Après Les Paradis artificiels, livre inégal mais magnifique, bien qu'en partie emprunté à Thomas De Quincey, Baudelaire donne tous ses soins aux nouvelles Fleurs du mal, qui passent vite de six à vingt, pour atteindre finalement le chiffre de trente-cinq. La présentation de 1861, où presque tous les poèmes de 1857 sont remaniés, accroît la renommée d'un jeune maître, que Swinburne, son premier et glorieux disciple, saluera d'un retentissant dithyrambe. Peu après, c'est le savant et courageux panégyrique de Richard Wagner et Tannhäuser, où le génie méconnu prend la défense du génie bafoué et fait honte à ses compatriotes. Ses rancoeurs, il va commencer, au même moment, de les déverser dans un traité qu'il veut terrible et qu'il intitule déjà Mon coeur mis à nu. Tel qu'il nous est parvenu, sous forme de notes éparses, c'est là son vrai testament de poète, d'homme souffrant et de profond mystique. Le texte est suivi de l'Arrêt de la Cour de Cassation du 31 mai 1949 réhabilitant les Fleurs du mal.

  • Biographie et recueil d'articles du journal de La République des Lettres sur Hannah Arendt. Dossier sur sa vie, sa pensée, son oeuvre, sa judéité, ses relations avec Martin Heidegger, ses écrits sur le nazisme, sur l'impérialisme et sur le sionisme. Qu'a-t-on voulu au juste faire payer à l'auteur des Origines du Totalitarisme et de Eichmann à Jérusalem ?

  • Biographie de Thomas de Quincey. Arvède Barine, historienne, critique littéraire et biographe entre autres de E.T.A. Hoffmann, Edgar Poe et Gérard de Nerval, relate ici le parcours de l'auteur des Derniers Jours d'Emmanuel Kant et des Suspiria de Profundis, depuis son enfance malheureuse jusqu'à sa mort en passant par sa jeunesse agitée dans les bas-fonds de Londres, sa plongée dans l'enfer de la toxicomanie ou encore ses relations avec les poètes lakistes (William Wordsworth, Samuel Taylor Coleridge, Robert Southey). Analysant sa névrose et se penchant notamment sur l'influence de la drogue tout au long de l'élaboration de son oeuvre, elle nous livre un saisissant portrait du poète en mangeur d'opium.

  • Biographie d'Antoine de Saint-Exupéry. Avec T.-E. Lawrence et André Malraux, Saint-Exupéry est le type même de l'écrivain dont on affirme qu'il a engagé toute une part de sa vie dans son oeuvre. On a dit et écrit que chez l'auteur du Petit Prince et de Courrier Sud, oeuvre et vie étaient inséparables, l'une n'étant que la transposition poétique de l'autre. Cela est-il entièrement vrai ? Malgré l'apparence, il ne semble pas que l'enseignement qu'il a tiré de ses expériences d'homme d'action soit toujours conforme au principes sur lesquels il a fondé son éthique. Qu'il ait été prêt à payer de sa vie les idées qu'il avançait, nul ne le contestera. Mais qu'il ait vécu selon ces idées, voilà qui paraît moins certain. Il suffit d'évoquer ses raids -- les deux plus importants se soldèrent hélas par des échecs ! -- et la manière dont il est mort pour que le doute naisse en nous.

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