Presses universitaires de Perpignan

  • Ce livre propose une sélection de travaux présentés lors du colloque international qui s'est tenu à l'Université de Perpignan Via Domitia en mars 2012 en présence d'Enrique Vila-Matas et de son traducteur André Gabastou. On y trouvera, outre un texte inédit de l'auteur, des contributions de spécialistes de son oeuvre qui montrent combien la géographie, qu'elle soit mentale ou physique, littéraire ou virtuelle, est un motif particulièrement fécond pour cet écrivain funambule qui n'a pas d'équivalent et dont les textes, même soumis à l'étude, ne laissent pas d'être vertigineux.

  • L'étude comparée des écrits essentiellement latins de trois grands humanistes, Nicolas de Cues (1401-1464), Érasme (1469-1536) et Luther (1483-1546), met en lumière trois types d'imaginaire bien distincts, produisant trois modèles de pensée et trois styles d'expression caractéristiques. Cette typologie pourrait bien être universelle et intemporelle, comme l'ouvrage cherche à le montrer en s'appuyant sur la notion jungienne d'archétype, les structures de l'imaginaire de Gilbert Durand, mais aussi (et cela est inédit en critique littéraire) sur le symbolisme des nombres : le Un (Nicolas de Cues), le Deux (Luther) et le Multiple (Érasme) sont les mots-clés de cette analyse. L'ouvrage prend ainsi un angle de vue inédit, interdisciplinaire et original pour relire ces trois grands auteurs de la Renaissance, et affiner ou corriger des catégories historiques, philosophiques et philologiques comme celle d'humanisme. Ce faisant, l'essai d'Olivier Rimbault démontre aussi l'actualité de ces trois penseurs en même temps que la pertinence des théories de l'imaginaire pour éclairer les débats d'idées d'aujourd'hui et la puissance des symboles à toutes les époques.

  • Au fil des enquêtes de Nicolas Le Floch, J.-F. Parot met en scène la capitale française dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. Historien de formation, il fonde son récit sur une documentation très diverse et exceptionnellement fournie. Il restitue donc

  • La littérature antillaise contemporaine, littérature du « Je de l'Autre », opère la vision du réel antillais et par voie de conséquence de son rapport au monde. De la réalité protéiforme « Antillanité » qu'elle explore, émergent, par la récupération de l'oralité dans l'écrit, l'expression, la mémoire et l'imaginaire collectif défroissé des vagues hypnotiques et aliénantes de l'européanité coloniale et de l'africanité césairienne. Une littérature « en pleine conscience d'elle-même » se fait jour, inscrite dans la modernité, porteuse d'histoires dans l'Histoire, faisant de ses lecteurs non plus les témoins d'un avant-gardisme dépité, mais de l'avènement d'un généreux dynamisme littéraire. Car enfin une littérature « responsable » pose ses marques, culturelles, stylistiques, philosophiques et humanistes ; nouvelles parce que nécessaires... parce qu'expression d'une réalité nouvellement explorée. Notre souci fut donc d'aborder les grands thèmes spécifiques à ce mouvement, sous quatre angles principaux : - l'angle socioculturel sous le thème de « la Diversité » ;- l'angle anthropologique et poétique de « l'imaginaire » ;- celui, formel, de l'écriture, que nous avons intitulé, « Les nouvelles données de l'écriture » ;- enfin, sous le titre « Écriture et engagement », la question de l'intentionnalité littéraire des écrivains antillais.

  • Longtemps catalogué comme « romancier de la nature », c'est en écrivain de grande culture que Giono apparaît davantage aujourd'hui, sans que soit oublié pour autant son rapport privilégié au cosmos. Une compréhension plus complète de l'oeuvre, une meilleure connaissance de sa genèse ont révélé l'étendue et la diversité des lectures que l'écriture gionienne met en jeu. De l'Antiquité à la modernité, de l'Amérique à l'Extrême-Orient, le champ est immense d'une culture qui s'est construite hors des institutions, dans le pur plaisir de lire, au gré des curiosités, des amitiés, des épreuves, des exigences de la création, et dont témoigne encore aujourd'hui la vaste bibliothèque du Paraïs à Manosque. Si l'on ajoute à cette passion de l'imprimé un goût profond pour la musique et la peinture, un intérêt certain pour le cinéma et la photographie, on mesure l'ampleur de la tâche à laquelle sont confrontés les chercheurs soucieux d'éclairer la relation de Giono à sa culture. Premier ouvrage collectif entièrement consacré à cette problématique, les Actes du colloque international de Perpignan et Montpellier apportent une riche contribution à la connaissance du dialogue exceptionnel qui se noue, dans le mouvement de la création, entre l'un des grands romanciers français du XXe siècle et la culture universelle.

  • Les enfances méditerranéennes : tel a été l'objet des recherches de l'équipe d'accueil VECT-Mare Nostrum de l'Université de Perpignan-Via Domitia. Plus précisément, l'enfance a été envisagée comme l'aboutissement d'un mouvement de retour - mouvement individuel ou collectif, de quête de soi, de quête des origines de l'humanité ou des origines de la littérature, d'où le titre du colloque et de l'ouvrage : Retours vers les enfances méditerranéennes. Comme lors de précédents colloques internationaux portant sur les cultures méditerranéennes, les chercheurs réunis à Perpignan les 15, 16, et 17 octobre 2008 se sont efforcés de délimiter géographiquement leur objet, explorant surtout le grand arc qui va de la Grèce à Gibraltar, de Gibraltar au Maroc et à l'Algérie. Pour autant, ils n'en ont pas réduit la richesse et la diversité : les enfances abordées se situent sur les rives nord comme sur les rives sud, tout près de la mer ou plus loin d'elle ; elles sont fascinées par la « Grande Bleue », nostalgiques de sa proximité heureuse, ou s'en détournent ; elles sont imprégnées d'une culture dominante, nationale, ou d'une culture régionale, voire minoritaire. De l'enfance à la Méditerranée, des liens se tissent naturellement : les origines - l'enfance - des cultures européennes, qui se trouvent en grande partie en Méditerranée ; la reconstruction des lieux par le souvenir et par l'écriture ; la quête de soi et l'identité individuelle ou collective associées aux lieux ; enfin, l'homophonie fréquente entre mer et mère dans les langues romanes, qui rapproche étroitement, et profondément, les lieux géographiques et ceux de la biologie et de l'affectivité. A dominante littéraire, le colloque et l'ouvrage ont bénéficié des apports des théories de l'imaginaire, de la psychanalyse, de l'anthropologie culturelle, de l'herméneutique littéraire, de la relation entre socio-linguistique et écriture. La perspective adoptée est comparatiste. De l'Antiquité à nos jours, les points de vue parcourent une chronologie d'autant plus fructueuse qu'elle fait apparaître des ruptures et des progressions : les enfances de l'Antiquité gréco-romaine, dans les mythes, le récit historique, et l'épopée, apparaissent souvent héroïques ou au moins exemplaires, sans se réduire à ce rôle ; les figures d'enfants au Moyen-Age, incluant celle du Christ, sont associées au miracle ou bien posent le problème de l'ambiguïté de l'Enfant-Dieu ; les enfants de la comédie, venus du théâtre antique, correspondent à un héritage patriarcal, mais aussi à l'émergence d'une parole individuée ; au XXe siècle, différentes formes de récits posent les questions de l'identité individuelle ou collective, de l'altérité et de la quête de soi, en les associant aux lieux, aux langues et aux cultures ; enfin, l'émergence d'une parole individuée de l'enfant trouve un aboutissement dans les voix d'enfance de poètes ou de romanciers. Ainsi les cultures et les littératures méditerranéennes abordées dans ce recueil donnent-elles la mesure des problèmes qui se posent à propos de l'enfance et de l'écriture, puisque la mémoire, la parole, les lieux et l'identité, semblent s'y croiser et s'y concentrer.

  • Par quoi les écrivains sont-ils habités ? Souvent par d´autres écrivains. Pas seulement parce qu´ils s´influencent ou s´inspirent les uns les autres mais parce que parfois ils écrivent à l´ombre de l´oeuvre d´un autre, à la lumière du rayonnement laissé par un confrère célèbre, vivant ou mort, qu´ils admirent, qu´ils fuient, qui les enrichit ou les entrave. Ils écrivent alors en contrepoint de l´oeuvre d´un autre, en dialogue ou en résistance. Ils sont travaillés par la présence d´un aîné ou d´un contemporain qui est pour eux une autorité à honorer, à dépasser, à combattre. Ce rapport à l´écrivain est une occasion de fécondité, de rivalité, au pire un véritable empêchement. Dans tous les cas, cette intime obsession, cette hantise les oblige à trouver leur propre voix, chercher leur propre espace et plus largement, décider du sens qu´ils donnent à leur propre quête. Ces fantômes d´écrivains sont donc bien ce qui hante leur création : ils la visitent et l´inquiètent, la rendent plus vivante, plus personnelle, la forcent à affirmer ses contours, fût-ce dans la destruction de cette figure intérieure qu´elle porte en elle et que tout à la fois elle enfouit et exhibe. Il s´agissait donc de traquer les fantômes dont est peuplée la littérature... Les articles de ce recueil explorent divers cas de relation intime entre un écrivain et un autre, diverses conditions singulières de création « hantée ».

  • L'exil est le lot de nombreux peuples ou êtres isolés, tout au long de l'Histoire. L'époque contemporaine n'échappe pas à ce mal, qui a parfois été considéré comme une punition pire que la mort. « Vrais » êtres humains « éloignés » pour des raisons politiques ou économiques, par contrainte ou parfois par choix, les figures des exilés sont multiples. Des chercheurs venus d'horizons aussi divers que la Littérature, l'Histoire de l'Art, la Sociologie, traitent la question de l'exil à travers des exemples de personnages de romans ou des sujets de peintures, mais aussi d'écrivains africains contraints de quitter leur continent, un équipage de navire japonais perdu en Russie ou encore des britanniques ayant choisi de venir vivre en France ou en Espagne et qui, désappointés, ne peuvent plus revenir chez eux pour des raisons économiques... Pourquoi part-on en exil ? En quoi l'exil transforme-t-il radicalement les êtres et leur rapport au monde ? C'est à ces questions que tentent de répondre les contributions de cet ouvrage.

  • Il y a peu un iconologue américain de renom nous promettait un "tournant pictural" alors que l'un de ses collaborateurs, médiologue français de mauvais augure, nous annonçait déjà la mort de l'image. Illustration saisissante du statut épistémologique imprécis de l'image dans notre culture censément "visuelle" et du trop-plein d'images qu'on lui reproche de véhiculer. C'est dans le contexte confus de ce prétendu excès de visuel qui affligerait notre société contemporaine que le livre aborde le problème posé par l'image à partir de la théorie sémiotique du philosophe américain Charles Sanders Peirce. Alors que la plupart des autres ouvrages consacrés à l'image sont issus d'une théorie du signe linguistique, la présente étude se fonde sur un choix épistémologique tout autre et partant sur une conception du signe totalement neutre, multimodal, à l'égard du texte et de l'image. Comme le suggère son titre à première vue paradoxal (Regards sur le poème muet), le thème principal qui apparaît en filigrane au cours des chapitres du livre, porte sur la capacité des signes purement picturaux à nous communiquer des informations, et un objectif majeur de l'ouvrage vise à isoler cette spécificité informative en l'opposant au signe verbal. Abondamment illustré, le livre montre comment les images fixes de toute sorte sont capables de nous informer sur notre monde tout en restant en quelque sorte "muettes". C'est au moyen de trois des systèmes de classification établis par Peirce que le livre isole la nature exacte de ces informations et les différentes manières dont elles nous sont communiquées.

  • La promulgation en 1978 de la Constitution qui marque le rétablissement de la démocratie en Espagne a ouvert la voie, à partir de l´art. 3, à la mise en oeuvre de politiques linguistiques dans les communautés autonomes où sont parlées des langues différentes du castillan. Au cours de ces 30 années, cela n´a pas été sans susciter de vifs débats et donc d´engendrer, entre « centre » et « périphéries », une multiplicité de discours croisés, politiques et/ou médiatiques. Ce volume de 17 articles se propose de les analyser, soit en tant que mises en perspective sur l´ensemble de la période, soit comme études de cas plus ponctuelles.

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