Presses universitaires de Lyon

  • Monique Wittig fut à la fois l'auteur d'une oeuvre romanesque importante, une militante engagée dès l'origine dans le mouvement de libération des femmes, et une théoricienne prônant un féminisme matérialiste qui remet en cause, à partir du point de vue lesbien, « la pensée straight ». Reconnu et étudié depuis longtemps déjà à l'étranger, et notamment aux États-Unis où elle a vécu, son travail d'écriture, inextricablement lié à une activité militante et à une exigence théorique, restait à approfondir en France. Lire Monique Wittig, c'est interroger les rapports entre façons d'écrire, façons de parler et façons d'agir, tels qu'ils se manifestent dans ses textes mêmes : c'est ce que propose ce livre, qui réunit des contributions d'universitaires issues de différents champs disciplinaires, de militant.e.s, d'écrivain.e.s. Pour qui en effet se refuse à penser que la littérature appartienne aux arts décoratifs, pour qui pense qu'au contraire peuvent s'élaborer dans l'écriture des pratiques susceptibles d'être réappropriées et que le travail sur le langage est le lieu même où peuvent se former une pensée et une politique, alors Lire Monique Wittig aujourd'hui s'impose.

  • Comment lire Rousseau ? La réponse à une telle question exige que l'on passe outre à certaines pudeurs, en tout cas que l'on rompe certains silences qui arrangent assurément tout le monde mais qui font offense à la vérité. Rousseau lui-même tient à nous faire savoir qu'il se risque en terrain scabreux. Il forme, dit-il, une entreprise « qui n'eut jamais d'exemple ». Non qu'avant lui personne ne se soit raconté. Mais personne n'avait osé dévoiler cet irracontable que chacun pourtant héberge en soi, noyau de notre « je » en même temps que clé du « moi universel ». À cet égard, sa tentative entend instaurer un nouveau type de rapport humain, débarrassé de la pesanteur de la norme, exclusivement fondé sur la confession de la singularité. Confession surtout d'une solitude qu'il devient enfin possible d'assumer, dans la mesure où elle se révèle comme le seul point de rencontre authentique avec autrui.

  • Non pas Baudelaire et la peinture, ni Baudelaire et le romantisme, mais Baudelaire, la peinture et le romantisme. Il s'agit de penser ce moment de 1850, où le romantisme fait retour sur lui-même et se trouve confronté au réalisme naissant. La peinture est alors chez Baudelaire le lieu où se révèlent le mieux ces tensions poétiques et esthétiques et elle constitue une voie d'accès privilégié à ce qu'il est convenu d'appeler la modernité. C'est pourquoi l'analyse, qui porte aussi bien sur des écrivains comme Flaubert et Poe que sur des peintres comme Delacroix, Courbet et Manet, cherche à dégager les enjeux philosophiques de cette refondation du romantisme par Baudelaire. Alors que l'on assiste à la décomposition de la doctrine de l'ut pictura poesis, la peinture et la poésie chez Baudelaire s'éprouvent l'une à l'autre et font la preuve que le poète est « le peintre de la vie moderne ».

  • Adolescent en révolte contre la société de son temps, Rimbaud veut par sa poésie soutenir la cause républicaine. Aussi, dans des textes au vitriol, il s'attaque à ce que le caricaturiste Hadol appelait "La Ménagerie Impériale", c'est-à-dire la famille et l'entourage politique de Napoléon III. Passionné par le sarcasme et par la virulence de la caricature républicaine, Rimbaud en adopte les procédés, aboutissant à une poésie plus révolutionnaire, dans tous les sens, que le modèle hérité des Châtiments de Hugo. Ce livre révèle l'étendue jusqu'alors insoupçonnée de ce filon antibonapartiste et son importance dans l'évolution poétique de Rimbaud. Les publications satiriques de l'époque, et surtout les caricatures de Faustin, de Gill et de Le Petit, donnent le véritable contexte de ces esquisses subversives.

  • Au XIXe siècle, John Keats fit l'objet d'une mythification qui, deux siècles après sa mort, continue de faire école. Par un jeu de détournements de la réalité, Keats s'est forgé une figure ambiguë qui favorisa les mauvaises lectures et interprétations de ses contemporains comme de ses héritiers. Nombreux furent les critiques à s'ériger en détracteurs de sa poésie, nourrissant la vision d'un poète à la personnalité hybride, dont la faiblesse, dite féminine, devait expliquer la morbidité précoce. Les membres du cercle de Keats ont également pris part au travestissement de l'artiste et de son oeuvre, tel le peintre Joseph Severn qui, par la transmission de faits erronés, encouragea certaines trahisons du sens. De ces « mécompréhensions » sont nées diverses mythographies, dont la plus remarquable est certainement celle que déploie Percy Bysshe Shelley dans son Adonais. Admirateur rival, Shelley livre une élégie qui, si elle prétend rendre hommage au génie de Keats, interroge par ailleurs les modalités du genre ainsi que la façon dont le défunt poète avait conçu la pérennité de son art.

  • La voix et la mémoire sont deux figures essentielles de l'oeuvre de Rousseau, liées dans l'intimité de l'écrit. La première sera souvent associée à l'émotion, la seconde au bonheur, jusqu'à se retrouver pour interroger le passé dans une langue qui « parle au coeur », forger le souvenir à la lueur d'une vérité anthropologique et en définitive mettre au jour « la vie comme elle devrait être ». C'est à l'aune de ces deux termes que les lectures ici réunies retracent l'évolution des études rousseauistes depuis plus de vingt ans, livrant un florilège de réflexions sur le processus de création de Rousseau, dans son temps (Pierre Saby), dans sa quête de la vérité (Yves Citton, Denis Reynaud, Jean-François Perrin), dans ses modes d'expression du temps vécu (Pierre Rétat) et de la géographie intime (Jean Sgard). Les écrits autobiographiques et épistolaires témoignent aussi des rapports complexes qu'il entretient avec l'autre, qu'il soit simple lecteur (Claude Labrosse), ami (Christophe Cave), détracteur (Anne-Marie Mercier-Faivre) ou Jean-Jacques lui-même (Michael O'Dea).

  • Le Livre de saint Jacques est une compilation à la fois religieuse, pseudo-historique et littéraire, rédigée en latin dans la première moitié du XIIe siècle, qui exalte le pèlerinage de Compostelle et la figure de saint Jacques. La perspective originelle de ces textes est fondamentalement spirituelle, mais non point seulement édifiante : à l'instar de la relique et du sanctuaire qu'ils célèbrent, ils visent à enraciner le sacré dans l'espace et aussi dans l'histoire terrestres. Cependant, cette perspective s'est progressivement estompée, et seule la quatrième partie du recueil, dite Chronique de Turpin, qui conte les guerres conduites en Espagne par le Charlemagne des légendes épiques, a connu, isolément, un succès et un rayonnement considérables, dans toute l'Europe et même au-delà du Moyen Âge. Au prix d'une ambiguïté, sans doute, ou du moins d'une métamorphose : séparée du contexte qui, initialement, faisait du récit de « merveilles » la marque et la garantie de la présence du surnaturel, cette fausse chronique a été perçue tantôt comme un témoignage à caractère historique, tantôt comme une pure fiction littéraire. En même temps que s'estompait la perception profonde du sacré se sont donc précisées aussi bien la conscience d'une forme d'historicité que la reconnaissance du travail de l'imaginaire. C'est ce mouvement que les études réunies dans ce volume s'efforcent d'éclairer, en examinant quelques aspects particulièrement significatifs de la compilation du XIIe siècle, et les étapes les plus remarquables de la diffusion, dans la longue durée et de la Scandinavie à l'Italie, de la tradition issue de la Chronique de Turpin.

  • « La première étude de l'homme qui veut être poète est sa propre connaissance, entière », écrivait Rimbaud. Ses vers de 1869 à 1872 surgissent de la coïncidence entre une crise d'adolescence et les troubles politiques de la France, de la fin du Second Empire à la mort de la Commune. Rimbaud a voulu créer une nouvelle poésie, visionnaire et clairvoyante, pour mettre en lumière les rapports entre le désir, l'idéologie, la langue et la culture. Les premiers vers de Rimbaud expriment un message subversif que l'on a souvent cherché à neutraliser, pour donner au poète une place de choix, paradoxale, dans cette culture bourgeoise qu'il entendait mettre en cause. Dans l'espoir de replacer dans son contexte cette poésie de la révolte, ce livre propose de nouvelles lectures de poèmes qui ont subi des interprétations aberrantes, lorsqu'ils n'ont pas été négligés ou même censurés.

  • Au tournant des xviiie et xixe siècles, l'apprentissage des savoirs se transforme considérablement et s'accompagne d'une redistribution des champs de la connaissance. La notion de « savoirs » s'en trouve par là-même modifiée. Cet ouvrage étudie l'évolution des savoirs, à la fois dans le domaine des sciences humaines qui émergent alors, comme l'anthropologie ou la géographie, et à partir de connaissances plus diffuses, à la limite parfois du scientifique et du magique, telles les expérimentations faites sur l'électricité. Le xviiie siècle, qualifié avec raison d'âge des dictionnaires, est une période où l'on se passionne pour la mise en ordre de l'univers et pour l'établissement de nomenclatures. L'Encyclopédie de Diderot est le témoignage le plus brillant de ce nouvel état d'esprit. Au xixe, cet encyclopédisme raisonné continuera de nourrir les principaux courants intellectuels, des saint-simoniens aux penseurs catholiques.

  • Fruit d'une décade de Cerisy-la-Salle (été 2008), ce volume reprend et recompose les contributions et les débats de ce rendez-vous mémorable. Pour défendre et illustrer un genre souvent hâtivement décrié, l'ouvrage donne à entendre des voix contemporaines, avec des textes inédits de Georges-Arthur Goldschmidt, Camille Laurens, Catherine Cusset, Hubert Lucot, Régine Robin, Jacqueline Rousseau-Dujardin, Chloé Delaume, Philippe Forest, Marie Darrieussecq, Philippe Vilain et Serge Doubrovsky. Suivent des plongées « dans le(s) texte(s) », lectures et analyses des pratiques de l'écriture de soi du Nouveau Roman à l'Oulipo, de Marguerite Duras à Patrick Modiano. Enfin, c'est un diptyque, « de Doubrovsky en particulier » à « l'autofiction en général », qui permet d'embrasser tous les aspects du genre, des méandres de la terminologie jusqu'aux questions juridiques traitées par Emmanuel Pierrat.

  • « Trouver une forme qui accommode le désordre, telle est aujourd'hui la tâche de l'artiste. » La formule de Samuel Beckett sert de ligne directrice à cette réflexion collective sur la prose narrative de l'écrivain, attentive à l'évolution de sa poétique. Prenant acte de la résistance des textes à la lecture, l'étude décrit leur organisation par la combinaison de deux ressorts fondamentaux : les opérations de configuration, qui conditionnent l'appréhension de faits de style liant texture et structure ; un mode de progression fortement thématisé, impliquant l'énonciation elle-même dans une tension entre obligation et « empêchement ». Cette dialectique de la forme et du mouvement participe du rythme gouvernant le déploiement du discours. L'analyse textuelle appliquée à différents paliers, selon divers paramètres linguistiques, permet de cerner les conditions paradoxales de la représentation, qui mettent en question le statut du sujet, l'imaginaire de la langue, les codes littéraires. Au-delà des effets de confusion, voire d'obscurité, le discours fait participer le lecteur aux jeux du langage, exploitant la palette de l'humour et de l'ironie. Le rôle croissant de l'imagination et de la perception dans la scénographie du processus d'écriture, l'évolution vers une syntaxe de la « bribe » confirment la pertinence de perspectives intersémiotiques (théâtre, peinture, musique) pour rendre compte d'une expérience esthétique toujours plus exigeante.

  • Les nombreuses études consacrées aux diverses formes de l'écriture biographique abordent rarement la période allant de l'Ancien Régime à la Restauration. Cette période voit pourtant l'apparition, sinon de la chose, du moins du mot biographie et les débuts d'une forte inscription politique du genre. La biographie n'est pas seulement l'élaboration d'une représentation du politique : elle peut aussi être considérée, en ce qu'elle dévoile de la vie privée de personnes publiques, comme un geste politique. Organisé en quatre parties, qui explorent successivement les modalités par lesquelles la biographie tente d'agir, d'édifier, de justifier et d'interpréter, l'ouvrage analyse les modes de représentation de personnalités comme les souverains et leur cour, de Louis XV à Louis XVIII en passant par Napoléon, les révolutionnaires (Robespierre, les feuillants, Sieyès), les savants (Franklin) ou les écrivains (Rousseau), et propose une réflexion sur l'évolution du regard qui constitue les « grands hommes ». Il montre comment l'hybridation des genres conduit à une reconfiguration des modèles antérieurs et à une refondation du biographique, riches de prolongements dans les périodes suivantes.

  • Pourquoi si peu de noms de femmes dans notre histoire littéraire ? Au XIXe siècle, si des femmes peuvent écrire et publier, à l'instar de Laure Surville, soeur cadette de Balzac, elles se heurtent au poids des préjugés, des conventions sociales et littéraires. Pour comprendre leur situation, et la façon dont elles ont disparu de la mémoire culturelle, ou y ont été réduites à des seconds rôles et des caricatures, il faut s'attacher au personnage de la « femme auteur », vouée par son siècle à tous les ridicules, sinon à toutes les haines. Mauvais auteur et mauvaise femme, la femme auteur n'est pas une réalité sociale, c'est une invention, une construction fantasmatique qui incarne pour les contemporains ce qui les angoisse en une période de transformations accélérées, ce qui menace à leurs yeux l'ordre de la famille, de la société et de la culture. C'est sur cet horizon que George Sand, Marceline Desbordes-Valmore et bien d'autres dont les noms commencent à sortir de l'oubli ont dû inventer un rapport entre ces deux termes : être femme, et écrire. En 1989, ce livre était parmi les premiers en France à introduire le point de vue du genre culturelle. Le développement des études de pleinement cette nouvelle édition, qui propose dans une postface inédite de l'auteure à la fois un bilan et des perspectives de recherche.

  • L'objet de ce livre est d'étudier les étapes de la transmission des connaissances aux xviiie et xixe siècles et d'observer dans quelle mesure elle s'est effectuée dans et par la littérature. Le xviiie siècle s'est intéressé aux sciences, mais cet intérêt était souvent associé à des pratiques de sociabilité mondaine et aristocratique. Rendre la science « populaire », c'était être capable de la rendre aimable auprès des gens du monde. L'intérêt pour les sciences est évidemment aussi l'une des grandes caractéristiques de la pensée des Lumières. Or l'étude de la diffusion des savoirs permet de voir à quel point le grand rêve encyclopédique initié en 1751 par Diderot et d'Alembert, se prolonge tout au long du xixe siècle. La Révolution ne marque pas un temps d'arrêt dans ce domaine. Bien qu'il existe pendant la Terreur une méfiance à l'égard du monde savant, la Révolution est surtout le moment où l'utopie d'une pédagogie des sciences destinée à tous, telle que l'avaient rêvée certains philosophes des Lumières, devient réalité. Les écrits de Condorcet consacrant la prééminence des sciences sur les belles-lettres, la fondation de l'École polytechnique et du Conservatoire des arts et métiers, la création de l'Institut en 1795, tout converge alors pour installer le savant au coeur de la cité et lui faire jouer un rôle social de premier plan. Bientôt se développent des journaux et des collections spécialisés dans la diffusion des sciences et des techniques pour le grand public. Le cercle de la transmission s'élargit considérablement : les amateurs éclairés du xviiie siècle cèdent la place à tous ceux, enfants, femmes et autodidactes issus des élites ouvrières, qui considèrent que l'émancipation sociale passe par le combat contre l'ignorance. De cet élan, de la conviction que le progrès des sciences entraîne le progrès moral et conduit au bonheur de l'humanité, la littérature se fait largement l'écho. Au xviiie siècle, on en trouve les premiers signes chez des écrivains comme Sade. Révéroni Saint-Cyr et Louis-Sébastien Mercier. Mais c'est au xixe siècle que la science entre vraiment dans les romans, d'abord par l'apparition de personnages de médecins, d'ingénieurs et de savants, puis par l'intrusion du discours savant dans le discours littéraire et, à l'inverse, du discours littéraire dans le discours savant. Nous avons donc analysé les modalités du discours permettant de relever les points de recoupement entre ces deux registres. Nous avons étudié les formes de la vulgarisation sur des exemples tirés des textes de presse, des correspondances privées et de la littérature enfantine. Et nous nous sommes attachés à quelques études de cas pour les domaines privilégiés de la vulgarisation scientifique : sciences naturelles, médecine et astronomie.

  • Un recueil d'articles qui explore la presse du xviiie siècle dans deux directions : d'une part le discours de la gazette et la représentation qu'elle donne de l'événement, et d'autre part la rhétorique des journaux.

  • La ville du roman noir est une ville de mort. Qui donc y a assassiné l'urbanité? De Hammett à Montalban, en passant par Irish et Malet, chaque école mène l'enquête à sa manière. A chaque fois, c'est tout un imaginaire social qui se révèle, dans son effort pour maîtriser symboliquement la réalité désordonnée de la grande ville.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • Lyon s'écrit, Lyon s'est écrit, au fil des générations. Qui peut en douter ? Les noms de Henri Béraud, de Jean Dufourt, l'auteur de Calixte, voire ceux des grands illustrateurs, Nizier du Puitspelu, Emmanuel Vingtrinier, sont dans toutes les mémoires. La vision de Lyon qu'ils ont donnée a contribué à fixer l'image de la ville. Mais cette image n'est-elle pas, pour certains, un peu stéréotypée ? Loin de la "vraie" littérature, on côtoierait le folklore, et la complaisance ; et nos écrivains ne sont pas évoqués sans une certaine gêne. Réduite à quelques clichés, l'identité locale est l'objet d'autant de controversés que de passions. Reconstruire la littérature lyonnaise dans son ensemble et la replacer dans son contexte, tel est le but que s'est fixé ce livre. Il ménage des surprises : ces écrivains oubliés qui décrivent les milieux lyonnais du début du siècle avec la violence de leur maître Huysmans, ces polémiques répétées sur l'utilisation de la culture populaire, Surtout il montre à quels débats correspondent ces ouvrages, quelles mutations ils évoquent, et il tente de reconstruire les sensibilités et les mentalités sans succomber aux anachronismes dont se nourrissent trop souvent les discussions sur la "lyonnaiserie".

  • Cet ouvrage est issu du Colloque sur « Le Livre d'aventures dans la littérature populaire » (dont l'idée, à vrai dire, fut un héritage accepté), qui s'est tenu les 10 et 11 mars 1983 à l'École Nationale Supérieure des Bibliothèques de Villeurbanne. On verra que l'ouvrage développe l'idée d'aventure et son écriture dans le livre depuis le xviiie siècle jusqu'à la fin du xixe siècle. Ce champ limité était déjà fort vaste, et le xixe siècle du livre d'aventures le plus extensif ne pouvait qu'occuper une place primordiale. On ne s'étonnera donc pas que les aspects visuels et illustrés de l'aventure jalonnent cet ouvrage. L'aventure du roman d'aventures au xixe siècle n'est pas identifiable à celle de l'idée d'aventure ; l'idée d'aventure elle-même, dans son histoire écrite, n'est jamais tout-à-fait séparée de l'histoire du xixe siècle : on le verra peut-être. C'est assez dire que l'ensemble de ces études ne représente qu'un essai pour saisir conjointement l'idée d'aventure et l'idée de littérature populaire dans l'aventure du Livre au xixe siècle.

  • Où en est-on des études, réflexions sur les hommes, le masculin, des rapports homme/femme vus du côté et/ou à partir des hommes ? Quels ont été les apports des différents groupes masculinistes, gays, antisexistes qui ont, après l'interpellation féministe, interrogé de manière plus ou moins directe l'identité masculine, l'inégalité des sexes, les relations hommes/femmes ? Qu'en est-il du genre ? Du masculin dans les rapports sociaux de sexe ? Telles furent quelques-unes des questions qui ont été posées aux chercheurs invités à écrire dans un numéro du BIEF (Bulletin d'information des études féminines) consacré aux hommes. Le BIEF est une revue féministe, éditée par le Centre d'études féminines de l'Université de Provence depuis 1975. Convaincu-e-s de la nécessité d'un débat mixte sur les rapports hommes/femmes, c'est-à-dire sur les rapports sociaux de sexe, les responsables de la revue et ceux du groupe Anthropologie des sexes et de la vie domestique du CREA (Centre de recherches et d'études anthropologiques) de l'Université Lumière-Lyon 2 se sont associé-e-s pour publier cet ouvrage. Les articles traduisent la diversité des recherches menées aujourd'hui par les hommes sur les hommes. Sociologues, philosophes, anthropologues et psychologues de France, du Québec et d'Allemagne décrivent des segments particuliers où se structure l'identité masculine : église, armée, pornographie, homosexualité, violence, paternité assistée par médecin ; d'autres s'interrogent sur le genre masculin et les catégories pour penser ce genre.

  • Le saint-simonisme n'est pas seulement une « utopie » du xive siècle spectaculaire par ses manifestations romantiques et par ses réalisations industrielles. Ce qui fascine aujourd'hui dans ce mouvement intellectuel, c'est la modernité, la hauteur de vues et l'efficacité avec lesquelles, au tournant de 1830, il a traité des problèmes de société qui redeviennent les nôtres : quels projets collectifs se fixer après la fin des vieux dogmes ? Comment sortir d'un désordre de choses qui se donne pour le dernier mot de l'Histoire, mais dont les ravages appellent les réformes les plus radicales ? Comment penser et résoudre les inégalités qui divisent les sociétés, les ethnies, les sexes, l'Orient et l'Occident ? Comment s'organiser et par quelles voies s'imposer ou s'infiltrer pour travailler au changement social ? En raison même de son actualité, le patrimoine culturel que constituent les textes saint-simoniens est un terrain de recherche bien identifié et de plus en plus actif. C'est pourquoi l'on a pu intituler « études saint-simoniennes » un recueil d'articles de spécialistes de diverses disciplines des sciences humaines et sociales qui ont accepté de relire ce corpus en profondeur pour en découvrir et en éclairer des aspects ignorés. Sont notamment analysés : le fonctionnement psychologique et la dimension sacrée de la micro-société saint-simonienne, ses théories linguistiques et sa philologie religieuse, son rapport à l'histoire et à la révolution en 1848, son anthropologie politique en matière de « races » et de métissages, son inscription littéraire chez Flaubert et chez Maxime Du Camp, son empreinte idéologique sur le romancier populaire breton Émile Souvestre, sa participation contrastée aux transferts culturels franco-égyptiens. Des documents inédits offrent des aperçus originaux sur la survie du groupe au-delà de sa phase militante. Une mise à jour bibliographique dresse le bilan exhaustif des recherches publiées de 1984 à 2001.

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