Presses universitaires de Caen

  • Des textes de toute nature, produits par des femmes irlandaises, sont étudiés ici. Le présent volume a pour objectifs de mettre l'accent sur la multiplicité des pratiques et de s'interroger sur les rapports qu'entretiennent les écrivaines avec leur identité féminine, ...

  • Ce bouquet d'études dialoguant entre elles tout en approfondissant l'enquête sur la figure et l'oeuvre de Sylvie Germain - romancière et essayiste capitale de notre temps - constitue un vaste panorama éclairant les principales facettes de son univers : sa pensée et sa vision du monde, son esthétique et son éthique, son interrogation sur le sens de l'existence, sa création. Chaque spécialiste s'est attaché à mettre en évidence une de ses caractéristiques, de sorte que c'est un premier bilan qui est ici rassemblé, où se succèdent des considérations sur l'histoire littéraire et la grande Histoire, la situation de la pensée de l'auteur, les spécificités et le travail de son imaginaire et de son écriture, ses conceptions esthétiques et éthiques, l'univers propre à ses romans et les modalités de sa création romanesque, la singularité de sa voix. Le tout est accompagné par la présence, l'écoute et les réactions de Sylvie Germain, et suivi d'une bibliographie de référence.

  • « L'Auteur » demeure une notion problématique qui émerge lentement dans l'histoire, qui reste indécise, recule, disparaît. Auctor, il est d'abord celui qui augmente, accroît, puis le garant de l'oeuvre que le génie humain ajoute à la création. Il est aussi celui qui, par son oeuvre, détient l'autorité. Aujourd'hui, la notion d'auteur reste mouvante et polysémique, incontournable et protéiforme, et c'est bien imprudemment qu'on avait annoncé naguère « la mort de l'auteur ». Reste toujours l'oeuvre qui, en tant que création de forme originale, définit son auteur. C'est cette problématique de « l'auteur » de textes littéraires qui est soumise ici aux points de vue d'historiens de la littérature, de critiques littéraires, de juristes, d'une bibliothécaire, d'un éditeur et d'un psychanaliste.

  • Figure marquante du théâtre de langue anglaise, George Bernard Shaw suscite de nouveau l´intérêt en France après avoir été quelque peu oublié depuis sa mort. La désaffection passagère pour son théâtre s´expliquait sans doute par la prédominance d´un cliché qui voudrait qu´humour et futilité soient indissociables. Cet ouvrage, en offrant une série de regards croisés sur l´oeuvre, tente de lever quelques malentendus, sans négliger la spécificité théâtrale de ses écrits. En outre, il donne indirectement la parole à l´auteur, dans son rôle de critique cette fois. Des comptes rendus, consacrés à Ibsen, Maeterlinck, Rostand ou Musset - qui furent publiés à l´origine dans la Saturday Review - permettront de situer George Bernard Shaw dans un domaine qui dépasse son oeuvre dramatique personnelle, en montrant que sa contribution à l´histoire du théâtre passait également par un rôle essentiel, celui d´un critique éclairé qui vivait le théâtre avec passion.

  • CE LIVRE CONSACRÉ AUX PIÈCES DE THOMAS KILROY ouvre une collection qui nourrit l´ambition d´apporter un éclairage critique sur les oeuvres de dramaturges irlandais contemporains. Il s´adresse aux amateurs de théâtre qui souhaiteraient découvrir Thomas Kilroy, ou parfaire leur connaissance d´un dramaturge qui occupe une place importante dans le paysage théâtral irlandais actuel. Dans ses écrits dramatiques, Thomas Kilroy mène en parallèle une analyse de l´essence du théâtre et une réflexion sur la condition humaine qui nécessite parfois une prise en compte d´une histoire irlandaise complexe. L´arrière-plan social et moral de l´Irlande pèse fortement sur l´existence des personnages dans des oeuvres riches, très élaborées, où l´humour est omniprésent. Créations surréalistes traitant, par exemple, des affres de l´écriture, voisinent avec des oeuvres qui abordent l´idée de sainteté, la solitude existentielle que certains parcours spirituels entraînent dans la société moderne, sans compter la question de l´identité et du rapport de l´homme à l´histoire selon une perspective irlandaise. Se renouvelant sans cesse, Kilroy évite les emprisonnements formels et joue avec une théâtralité qu´il expose pour atteindre une profondeur d´autant plus palpable qu´elle s´allie à l´artifice.

  • Cette étude vise à montrer l´importance de la relation père-fils dans le roman d´initiation irlandais contemporain et son articulation sur les thématiques de l´analogie et de l´opposition qui inscrit ce rapport dans un jeu de miroirs. Appuyant sa démonstration sur huit romans, elle souligne la récurrence des situations oedipiennes et met en exergue des problématiques communes déclinées selon trois modes : le lien des fils avec leur géniteur, avec les pères symboliques, mais aussi celui qu´entretiennent les jeunes auteurs avec les pères littéraires que sont leurs prédécesseurs.

  • Irish music holds pride of place among the cultural attributes defining Ireland, and its role in shaping national identity is undisputed. To question these certainties which tend to convey a restrictive notion of a so-called Irish music, the first Irish music studies conference in France, ...

  • Les démarches de la raison, de la critique rationnelle, sont condamnées avec Jacobsen, à piétiner. Vouloir décomposer sa création, la scinder, la tronçonner en éléments premiers, c´est comme n´entendre dans le chant du violon que le frottement de crins de cheval sur des boyaux de chat. Rien n´est primaire en elle, car tout y est complexité vivante, vivante c´est-à-dire indissociable. Il fallait, sous peine d´en être réduit à l´énumération de lieux communs, aborder Jacobsen tout différemment. Ou plutôt, ne pas l´aborder, mais se placer résolument au centre de son élan créateur, de sa sensibilité. Sous peine de rester sur la périphérie et d´ignorer l´essentiel de son message.

  • Les sagas islandaises comptent parmi les plus beaux fleurons de la littérature du Moyen Âge ; elles constituent d'autre part un phénomène unique à l'intérieur de la littérature de tous les temps. En effet, elles échappent à toute classification à l'intérieur d'un genre dûment codifié : si, par leur contenu, on pouvait leur découvrir une parenté avec nos chroniques médiévales, l'étude de leur forme nous interdirait ce rapprochement, car, à la différence de ces chroniques, rédigées exclusivement en prose, les sagas n'hésitent pas à mêler au récit proprement dit des dialogues, et même des strophes scaldiques improvisées (désignées sous le nom de « lausavisur »). La saga apparaît donc comme un genre hybride, présentant des affinités plus ou moins importantes avec les genres épique, dramatique et historique. Ce caractère hybride, qui pourrait nuire à l'unité de ton, confère à la saga une grande souplesse de forme et une infinie variété des effets obtenus.

  • Après plusieurs siècles d'oubli, le Jutland des chansons populaires du Moyen Âge, avec ses paysages sauvages et ses habitants énergiques, prend une place de choix dans la littérature danoise grâce à Blicher. Suivant son exemple, toute une lignée d'écrivains comptant parmi les plus importants du Danemark, chanteront le Jutland, leur pays natal : Holger Drachmann, Jakob Knudsen, Johan Skjoldborg, Jeppe Aakjaer, Johannes V. Jensen. Des peintres, aussi, chercheront leur inspiration au Jutland et dans l'oeuvre de Blicher.

  • Est-il surprenant que l´un des premiers recueils de Littérature française pure proposés au lecteur par la Société des Publications de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de Caen soit consacré à Barbey d´Aurevilly ? Au temps où Barbey était un des galeux des manuels scolaires, et même le rat pesteux mis en quarantaine - avec un Lautréamont ou quelque Villiers de l´Isle-Adam - par certaines Littératures, où on l´aurait accusé si on en avait parlé, de propager tantôt le virus du mauvais style, et tantôt les bacilles de sentiments extravagants et dangereux, l´Université de Caen s´honora, dès 1902, en accueillant la belle Thèse d´E. Grêlé sur Barbey d´Aurevilly, sa vie, son oeuvre. Quand elle saisit la première occasion possible de publier soixante et quelques années plus tard, l´hommage multiple formulé en toute conscience scientifique, mais aussi en toute liberté et en toute ferveur, par le Professeur de Littérature française moderne et contemporaine et deux des meilleurs chercheurs de la Section qu´il dirige, - la Faculté éprouve au contraire la joie de continuer une tradition, et la satisfaction de remplir ce qui lui paraît un devoir envers un créateur souverain qui, étant d´une province, d´un pays, et d´un temps, les dépasse tous trois pour entrer magiquement de l´autre côté de toutes les parois et nous entraîner avec lui.

  • Mon point de départ est la citation : « L'Art imite la Nature » ou « L'Art est l'imitation de la Nature ». Or le philosophe Wittgenstein, à l'ombre duquel j'ai grandi quand j'étais étudiante, commençait parfois ses cours en disant : « Je dirais volontiers... » ceci et cela, et ensuite il faisait une remarque banale, telle que : « Mes pensées se déroulent dans ma tête » ou « Le rouge est à l'intérieur de cet objet » ou quelque chose de ce genre, qui pouvait paraître une idée naturelle, mais qui, quand on l'examinait, s'avérait tout à fait singulière. Eh bien, je dirais volontiers que l'art imite la nature, que l'art est l'imitation de la nature.

  • L'image complaisamment entretenue d'un utopiste généreux mais ridicule a fait longtemps écran à une lecture impartiale des projets de l'abbé Castel de Saint-Pierre. Ce volume le situe parmi les réformateurs, qui, à la fin du règne de Louis XIV, proposaient une profonde réorganisation du monde politique. Ses écrits y sont étudiés comme un ensemble cohérent destiné à répondre à une crise aiguë de la monarchie par la réforme d'un appareil d'État désormais soumis à de nouveaux critères de compétence. De la diplomatie et des conditions de la paix à la fiscalité et au commerce, de l'éducation, de l'orthographe, à la proposition d'un nouveau mode de recrutement et de formation des élites politiques et culturelles, tout chez l'abbé de Saint-Pierre s'ordonne à l'idée forte d'une réforme en profondeur de l'absolutisme, « pour le plus grand bonheur du plus grand nombre ».

  • Cet ouvrage a pour point de départ une romance médiévale irlandaise intitulée Buile Suibhne, qui relate la légende de Sweeney Geilt, roi païen maudit par un saint, métamorphosé en oiseau et condamné à la folie et à l´errance. Cette oeuvre atypique ayant inspiré nombre d´artistes irlandais, l´étude se concentre sur les exploitations les plus abouties du mythe de Sweeney : deux poèmes et un roman d´Austin Clarke, At Swim-Two-Birds de Flann O´Brien, Sweeney Astray et Sweeney´s Flight de Seamus Heaney, les poèmes composant « Sweeney Redivivus », ainsi que les recréations poétiques ou théâtrales proposées par Lucy Brennan, Paula Meehan et Nuala Ní Dhomhnaill. Ces différents textes recèlent des traitements extrêmement variés du mythe, de la réappropriation lyrique à la parodie, de l´auto-allégorisation à la démythification, de l´hommage à la subversion. Tout en dévoilant les arcanes d´une oeuvre singulière, cette étude souhaite offrir un éclairage novateur sur les ressorts de la création littéraire irlandaise des XXe et XXIe siècles dans ses rapports au mythe et à la tradition.

  • L'oeuvre de Tom Murphy, dramaturge irlandais célébré dans le monde anglophone, mais encore méconnu en France, invente des histoires insolites pour dire une modernité paradoxale, grisée par une prospérité nouvelle mais mal partagée, et cependant hantée par les spectres du passé - comme celui de la Grande Famine qui dévasta l'Irlande au milieu du xixe siècle, et qui fait retour sous la forme d'une famine des âmes. Le présent ouvrage est une introduction critique à ce théâtre âpre et drôle, d'une poésie incandescente. Il situe chaque pièce dans son contexte historique et culturel, et en dégage les enjeux esthétiques et politiques, avec le souci constant de donner à entendre l'étrange beauté d'une langue qui, pour être absolument unique, résonne des échos de Synge, Yeats, O'Casey et Beckett.

  • À la frontière entre l´être et le monde, entre une société qui édicte des lois écrites ou implicites et un individu qui les interprète en fonction du temps et du contexte de leur mise en oeuvre, l´intime repose sur des codes partagés dont l´interprétation est chaque fois singulière. L´opposition entre espace public et privé ne suffit pas à définir la sphère de l´intime, puisque selon l´âge, le sexe, l´éducation, et plus globalement la culture à laquelle on appartient, les limites tracées varient amplement selon des codes souvent perçus comme des évidences pour les membres d´une communauté donnée. Personnel dans ce qu´il y a de plus profond pour l´être, l´intime s´apparente à un domaine individuel que chacun ouvre à l´autre par degrés. Dans Regards sur l´intime en Irlande, les analyses portent sur la tension entre les masques constitutifs de l´intimité et l´exposition de l´intime, sa négation ou son questionnement dans diverses composantes de la vie irlandaise. Il s´agit non seulement d´interroger l´intime en Irlande, mais aussi d´évaluer comment les intimités irlandaises se sont exprimées, tant dans le domaine des arts que dans la sphère sociale où s´est posée de façon parfois très aiguë la question des frontières de l´intime.

  • Ce livre, consacré à l´adaptation théâtrale en Irlande de 1970 à 2007, s´attache aux réécritures dramatiques qui virent le jour en des temps marqués par une effervescence notable sur le plan des adaptations. Le bornage temporel initial s´explique par une

  • On parle de Saint-Évremond surtout pour rappeler qu'il fait partie des grands exilés de l'histoire mais son oeuvre est rarement étudiée en tant que telle. Elle n'a notamment jamais fait l'objet d'une rencontre spécifique. Le colloque de Cerisy, dont nous présentons les Actes, entendait donc réparer un oubli. Des écrits de celui qui redoutait par-dessus tout de passer pour un « auteur » il convient en effet de souligner tout à la fois l'abondance - qui s'explique en partie par sa longévité - et l'importance : conteur, nouvelliste, chroniqueur autant que versificateur, Saint-Évremond fait aussi oeuvre de moraliste, de philosophe, de critique, et notamment de critique musical, d'historien. Notre ambition a été d'envisager les domaines qui ont été jusqu'ici le moins fréquemment abordés, de renouveler l'approche de ceux qui ont déjà été traités, de souligner enfin la place que cet auteur occupe dans l'histoire des idées et dans l'évolution de la littérature des siècles classiques.

  • L'idée que le récit d'enfance puisse avoir des modèles, être objet d'imitations, donner lieu à des formules codifiées et à des séries, semble paradoxale : la relation du début de la vie n'est-elle pas considérée comme l'occasion d'affirmer la singularité de la personne et de mettre au jour ce qu'il y a de plus intime dans une existence ? N'est-ce pas en particulier le récit d'enfance qui distingue le récit autobiographique centré sur le caractère privé, unique de la vie, des mémoires qui présentent un personnage public, un témoin qui fait de ce qu'il a vécu le point d'appui d'un point de vue sur l'Histoire ? Parce que cette frontière paraît mouvante, on préfère cependant aujourd'hui parler de « récits de vie ». Les recherches sur les mémoires et les autobiographies spirituelles ont souligné la présence de formes de récits d'enfance et d'une topique de l'évocation des origines de la vie, avant les Confessions de Rousseau, ouvrage qui marquerait la naissance du genre autobiographique. Les travaux sur les modèles fictionnels à l'oeuvre dans le récit factuel, sur l'intertextualité, sur le genre contemporain de l'autofiction, la notion définie par Maurice Halbwachs de mémoire collective amènent à s'interroger sur la présence d'une mémoire des représentations et des textes qui imprègne toute écriture de la mémoire. Enfin, la popularité croissante de la pratique du récit de vie par des auteurs qui n'appartiennent pas au monde institutionnel des lettres invite à considérer aussi la question du savoir-faire, des recettes et des conseils dans la façon de raconter son enfance. Ce colloque a été conçu pour faire le point, dans les écrits de langue française, sur cette relation entre le récit d'une expérience unique et des formes reproduites et reproductibles.

  • Donner ses lettres de noblesse à l´autobiographie irlandaise, encore méconnue en France, et dégager sa spécificité est l´ambition commune des articles des quatorze spécialistes réunis dans cet ouvrage. À travers dix-huit oeuvres majeures, leurs contributions étudient les différents aspects du genre autobiographique : gaélique (Tomas O´Crohan, Maurice O´Sullivan, Peig Sayers), politique (Sean O´Casey, Brendan Behan, Bobby Sands, Conor Cruise O´Brien), littéraire (William Carleton, William Butler Yeats, Louis MacNeice, Elizabeth Bowen), populaire (Franck McCourt) et subversif (Flann O´Brien, Sean O´Faolain), tout en explorant la manière spécifique dont s´articulent la voix commune, ou voix de la communauté, et la voix singulière. Cet ouvrage, complété par une bibliographie critique sur le genre autobiographique en général et sur l´autobiographie irlandaise en particulier ainsi que par deux listes, chronologique et alphabétique, des autobiographies irlandaises publiées de la fin du XVIIe siècle à nos jours, s´adresse à des spécialistes autant qu´à un public curieux du genre autobiographique et de la culture irlandaise des XIXe et XXe siècles.

  • Cet ouvrage s´adresse à la fois au cercle restreint des chercheurs spécialisés en « études irlandaises » ou en « études anglophones », et à un public plus étendu simplement désireux de découvrir une littérature étonnamment prolifique. Il souhaite permettre également à des étudiants de troisième cycle de trouver des pistes d´investigation et de recherche, grâce à des synthèses d´oeuvres de nombreux écrivains, ou simplement susciter des envies de découvertes chez l´amateur de romans, en faisant part d´une expérience de lecture. Certains chapitres ne sont que des présentations, d´autres sont plus ambitieux et cherchent à établir un relevé de l´état de la production romanesque en Irlande. Le tout est le résultat d´années de fréquentation de la fiction, de la culture et de la société irlandaise contemporaine, et ne constitue pas une anthologie, mais plutôt un parcours à travers la production romanesque publiée dans la deuxième moitié du xxe siècle dans ce « promontoire de l´Europe » qui occupe une place paradoxale dans la culture occidentale. En effet, l´Irlande est la terre natale de certains des plus grands écrivains de l´époque moderne, parmi lesquels William Butler Yeats, James Joyce ou Samuel Beckett, tout en étant demeurée très longtemps en marge du processus de modernisation qui a transformé profondément toutes les autres grandes nations voisines.

  • Sous l´impulsion de William Morris, de nombreuses maisons d´édition, portées par le Mouvement des Arts et de l´Artisanat et par le Renouveau celtique, voient le jour au début du xxe siècle en Irlande. La plupart poursuivent la quête du « Beau Livre » au service d´une littérature de qualité. Entre 1967 et 1974, l´Irish University Press contribue à modeler le paysage éditorial ; la Raven Arts Press se distingue par son esprit non conformiste qui rejette les valeurs de la Renaissance irlandaise, mais permet de découvrir de jeunes talents ou réédite des auteurs oubliés. L´étude de la production et la circulation des publications révèle à la fois le désir d´affirmer une identité nationale dans laquelle s´inscrit l´intérêt pour le gaélique et la volonté de diffuser les idées dont le journal de propagande publié par la « Sinn Féin Printing and Publishing Company » est l´un des exemples. Encouragé par la création d´Aosdána, l´écrit irlandais témoigne d´une diversité que les auteurs de la Field Day Anthology ont cherché à retranscrire. À partir de 1830, la presse périodique profite de l´essor de la lecture et de l´imprimerie ; moins coûteuse que le livre, elle devient pour les Irlandais la principale voie d´accès à la littérature. L´abondance des magazines, tels que Dublin University Magazine, Studies et The Honest Ulsterman, illustre alors la variété des préoccupations sociales et culturelles. Dirigé par Jacqueline Genet, Sylvie Mikowski et Fabienne Garcier, Le Livre en Irlande : l´imprimé en contexte retrace ces évolutions.

  • Ce volume réunit les actes du colloque « L'écriture sandienne : pratiques et imaginaires », qui s'est tenu au Centre international de Cerisy-la-Salle du 1er au 8 juillet 2004. Cette rencontre a rassemblé des spécialistes de l'oeuvre de George Sand venus de France et d'Europe - Irlande, Italie, Allemagne, Belgique, Danemark - des États-Unis, du Canada et du Japon. Il est le fruit d'une collaboration étroite entre le Groupe de Recherches Sandiennes de l'Université Paris 7 - Denis Diderot et la George Sand Association. Organisé à l'occasion du bicentenaire de la naissance de George Sand, c'est le deuxième « Colloque de Cerisy » consacré à l'écrivaine. Un premier colloque, réuni par Simone Vierne, avec la participation du regretté Georges Lubin, doyen des études sandiennes, éditeur inégalé de la correspondance et des oeuvres autobiographiques de George Sand, avait rassemblé en 1981 quelques pionniers autour d'une oeuvre qu'on pouvait dire alors relativement méconnue. Depuis ce colloque fondateur - et grâce à lui - bien du chemin a été parcouru. Les études sandiennes se sont développées de façon remarquable : en France, avec la création de différentes équipes universitaires, à Paris, Lyon, Clermont-Ferrand, ou encore Grenoble, qui ont mis en chantier quantité de recherches diverses sur l'oeuvre de George Sand. De façon contemporaine à ce renouveau français se sont développés à l'étranger des foyers de recherche très productifs : en Italie, sous l'instigation d'Annarosa Poli, en Allemagne, au Japon, et bien sûr aux États-Unis, grâce à la très active George Sand Association, qui outre la publication annuelle de sa revue - les George Sand Studies - organise régulièrement de grandes rencontres internationales. Cette vitalité s'est traduite également par la diversité des travaux récents qui ont revisité l'oeuvre en balayant l'encombrante mythologie qui parasitait son auteur. S'il est impossible de faire ici un bilan circonstancié de l'état actuel de la recherche sandienne, on peut néanmoins évoquer un projet significatif, celui de la publication des OEuvres complètes de George Sand aux éditions Honoré Champion sous la direction de Béatrice Didier. Rééditions, ouvrages critiques, séminaires, colloques, thèses, et autres manifestations d'intérêt pour George Sand disent suffisamment qu'elle est en passe de redevenir ce qu'elle a toujours été, un grand écrivain. Et cette « résurrection » n'est pas un simple « effet-commémoration ».

  • La Grande Famine fut et demeure en Irlande un traumatisme majeur dont les effets se perçoivent dans l´inconscient collectif, l´économie, la langue, la culture mais aussi dans la littérature. Les quinze contributions rassemblées dans le présent volume étudient des oeuvres de genres divers (roman, nouvelle, théâtre et poésie), dont les dates de publication s´échelonnent du xixe au xxie siècle. Toutes ont pour thème fédérateur la Famine et montrent bien que l´événement, qu´il soit traité par des auteurs ayant été ou non à son contact, fait l´objet de différentes interprétations. La Famine en effet reste une réalité historique difficilement saisissable.

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