Presses universitaires François-Rabelais

  • How is it possible to belong to a territory when its boundaries are no longer exclusively physical? How can we define the centre, or allegiance to that centre, at the beginning of the third millennium, if that centre cannot hold? 2In an age when appeals are made both to sovereignty and "the global village", when terms such as "subsidiarity" and "the international community" have become common currency, the notion of membership is irrevocably plural. 3This obviously invites reflection upon the fluctuating relations between central authority and secessionist tendencies in a historical perspective. Today one might consider that the issues of federalism and devolution are not necessarily incompatible. Another case in point would be the tensions between competing conceptions of nationhood experienced in America, between the "melting pot" and a genuinely multicultural society, and between the various linguistic, social, religious and ideological identities.

  • Individually, these articles approach narrative from various angles, focusing both on matters that have been debated since even before the advent of narratology and on questions that have been dealt with in only a limited way in the past; together, they show that narratology, far from being a method defined by fixed procedures, is diverse in its theoretical orientations and analytical practices and responsive to the evolution of literary theory and criticism. Model-building inherent in all forms of narratological research has taken on a less monolithic character as researchers in the field have sought to account for the multiplicity of the fine points of literary expression that the highly differentiated corpus of narratives provides. It may well be appropriate to view work being done in narratology today as a new chapter in the study of how narrative contents, narrative signifiers and their configurations and the dynamics of narrative deployment interact. The articles in this volume are offered as a contribution to the writing of this new chapter.

  • Ce numéro spécial du GRAAT regroupe les articles qui proviennent du colloque GRAAT / British Council: Dubliners : "New Critical Approaches / Lectures critiques" qui s'est tenu à Tours les 17 et 18 novembre 2000. Le défilé des textes suit une logique vagabonde: des traductions au texte filmique, des échos - doublage de Dublin - aux répétitions de la lettre. Il se poursuit par une exploration de l'inconscient du texte et se termine, de manière plus orthodoxe, sur le texte lui-même, ses conversations, ses ouvertures, ses reflets, ses sonorités et ses fins.

  • Au mieux, une définition nous apprend que le réel est ce qui précède le langage. Celui-ci invente le réel. Depuis le structuralisme, au moins, les sciences humaines, face à cette situation, s'y résignent de manière implicite ou explicite. Le réel n'est plus : il est définitivement enfoui sous la triple détermination de la culture, de l'histoire, de l'idéologie. Pourtant, certains contemporains - artistes, écrivains, penseurs - tentent de ressusciter le réel. L'entreprise est nécessairement teintée de pathos et souligne la persistance d'une nostalgie pour le réel. On est préoccupé par la primauté du banal, l'attrait de la quiddité... Le colloque a tenté de cerner ces différentes ré-inventions du réel. Dans quel sens et dans quelle mesure sont-elles gouvernées par le pathos, la douleur, par le sentiment qu'il est urgent de regagner un tenant-lieu du réel ?

  • Certain recurrent ideas emerge through the rich diversity of papers collected here under the title Usure et Rupture: the necessity of cultural memory in finding an idiom, the rupture of form to provide a new text which makes sense of the past from the viewpoint of the present, the ways in which the image of usury plays an ambiguous role-both fructifying and economizing the text. A translator's delight, rupture in English can be variously rendered by break up, breaking up, parting, severance, split, rupture, clash, antagonism, discrepancy, gap, disjunction, disruption, discontinuity, reversal, change, etc., which should alert us to the treacherously shifting epistemological grounds onto which we dared to tread. Usure, this gradual process of wearing out, can also become usury: i. e. "excessive interest".

  • Ce colloque sur John Donne a été organisé les 25 et 26 janvier 2002 au Centre d'Etudes Supérieures de la Renaissance de Tours grâce à l'hospitalité de Gérald Chaix, son directeur, et à la collaboration de chercheurs français et étrangers spécialistes de la Renaissance anglaise. François Laroque a été à la source de cette initiative qui essaie de répondre aux attentes du programme de l'agrégation d'Anglais de 2002, tout faisant une large part aux lectures critiques contemporaines de cette poésie difficile, au seuil de la modernité, qu'est la poésie métaphysique anglaise.

  • "Lorsqu'on lit, il faudrait remarquer et savourer les détails. Il n'y a rien à redire au clair de lune des idées générales lorsqu'il intervient après que l'on a recueilli avec amour tous les petits éclats de soleil du livre." Ainsi s'exprime Nabokov dans la définition des "Bons Lecteurs et Bons Ecrivains" qui introduit le recueil de ses cours de Littérature. La naïve métaphore astrale indique sans ambages que toute lecture est reconstruction de l'univers et qu'une attention vigoureuse et solaire au présent de l'écriture, en apprendra plus sur le monde qu'une reconsidération lunaire et raisonneuse.

  • Pour célébrer les dix ans d'existence de l'Institut d'Etudes Hispaniques et Portugaises de l'Université de Tours (créé au cours de l'année universitaire 1967-1968), les enseignants de cet Institut avaient décidé de publier un recueil de travaux en relation avec leurs divers champs de recherche ou leurs diverses activités.

  • Nous avons choisi le titre général "Domaine anglais" pour désigner le champ assez vaste parcouru par les essais ici rassemblés. C'est Valery Larbaud qui emploie ce terme dans son livre Sous l'invocation de saint Jérôme, une bible pour les traducteurs, où il se donne le projet, entre autres choses, de tirer de l'oubli quelques-uns des grands intermédiaires entre les Français et leurs voisins d'outre-Manche. Intermédiaires dont il fut - comme le montre Cecily Mackworth, dans un essai plein d'humour et d'affection sur Larbaud à Londres - l'une des incarnations [...] Mais si nous voulons fêter ici quelques grands traducteurs et interprètes d'hier et d'aujourd'hui, nous n'oublions pas pour autant la position privilégiée qu'occupent les écrivains eux-mêmes lorsqu'ils s'adonnent à la traduction, car c'est alors que des miracles ont lieu le plus souvent.

  • The first meaning of the word "cliché" is "positive": in typography a cliché is a metal plate upon which an image is reproduced in relief. In photography, however, cliché is a "negative" and, indeed, its most current acceptation is that of commonplace, banality, cultural stereotype, repetition. It makes reproduction possible and authorizes it. Bearing the positive and negative poles in mind, together with the dynamic of their potential inversion, one arrives at the core of the concept of cliché. The aim of the conference was to look at the various forms of manifestation of the cliché as well as the roles played by the cliché in discourse and text, while attending to the relations of the commonplace with banality and violence. As such, it was a logical follow up on our previous reflexion on cultural, historical and textual breaking points ("Usure et rupture").

  • Comment se pose de nos jours la question de l'Autre ? Après le 9 septembre, dans les luttes communalistes, face aux démons islamophobes et anti-sémites, au coeur d'un monde toujours aussi injuste et encore dominé par les puissances impériales, la question de l'Autre n'est pas qu'un exercice académique. Le colloque du GRAAT des 6 et 7 octobre 2006, tenu à l'université François Rabelais, a donc tenté de découvrir de nouvelles problématiques historiques. Il a traqué les déplacements récents de ce thème et, dans les domaines des civilisations et littératures anglophones, a cherché l'amorce de réponses originales aux contradictions de notre jeune XXIe siècle.

  • Le poète-traducteur, pour qui la traduction de textes en langue étrangère constitue une partie intégrale de sa propre oeuvre, est un acteur central, mais peu étudié, de l'histoire littéraire. De manière exemplaire, son travail permet d'analyser le rôle des traductions dans l'histoire, ainsi que l'importance des figures de l'altérité pour le développement de l'identité culturelle. Tout en examinant deux volets passionnants de la réception européenne de l'oeuvre de Shakespeare et en apportant, donc, des éléments à l'histoire mondiale d'une oeuvre dépassant depuis longtemps les frontières d'un seul pays ou d'une seule langue, le livre de Matthias Zach présente une comparaison systématique de deux poètes-traducteurs particulièrement importants. La comparaison fait ressortir le style traductif de chaque poète, examine les conceptions respectives de la traduction et démontre l'imbrication de la traduction et de l'oeuvre poétique. Les analyses concernent aussi bien les poèmes que l'oeuvre dramatique de Shakespeare. Les traductions de Shakespeare par Yves Bonnefoy et Paul Celan permettent non seulement de mieux comprendre les poétiques de deux grands écrivains des XXe et XXIe siècles, mais également d'élaborer des instruments adaptés à l'analyse de la figure du poète-traducteur dans son rôle de médiateur culturel.

  • Dans le cadre des rapports transversaux entre les sphères linguistiques germanophone et francophone en Europe, les conditions et les pratiques de la traduction, envisagées dans une perspective diachronique, sont enrichies, dans la lignée du spatial turn des études culturelles, par le facteur espace, afin de montrer ou d'interroger la coïncidence entre la circulation des personnes et des textes. Dans quels cas, dans quelles périodes historiques en particulier le déplacement des hommes favorise-t-il la prise en compte de l'étranger ? Quel est le lien avec la traduction ? Quelles sont les différences dans la position sociale et institutionnelle du traducteur d'une ère culturelle à l'autre ? Y a-t-il des lieux spécifiques de la traduction ? Traduction et histoire mettent-ils en jeu des transferts binaires, triangulaires ? La réflexion s'inscrit globalement dans un temps long, allant du Moyen Âge à nos jours, la période du xviiie au xxe siècle étant cependant privilégiée, et certains moments clés comme la Révolution française, l'entre-deuxguerres (pour les exilés allemands) et la période de l'Occupation, étant cruciaux.

  • Avec la multiplication des situations de persécution et des phénomènes migratoires au XXe siècle, l'exil est devenu un mode d'existence entre les cultures, et la traduction la figuration de cette négociation permanente entre différents espaces linguistiques et culturels impliquant expérience de l'altérité et recomposition identitaire. Dans le temps court des années 1933 à 1945 qui a vu se transformer les espaces francophone et germanophone sous le poids du national-socialisme, puis de la guerre et de l'Occupation, quels sont alors les modalités concrètes et les enjeux de la traduction ? Quels textes, quels auteurs allemands exilés traduit-on à partir de 1933, et pour quel public ? Sur quels relais, sur quelles stratégies individuelles ou collectives repose l'activité traductologique et quelle fonction assigne-t-on au texte traduit ? D'autre part, quelle est l'incidence de la traduction sur les représentations collectives et les solidarités de groupe, entre exilés et/ou entre résistants français par exemple ? Quelle signification revêt enfin la volonté - ou le refus - de traduire vers le français ou vers l'allemand après 1939-1940, lorsque les flux de personnes se font en sens inverse (dans le cas de Français déplacés en Allemagne notamment) ? Cet ouvrage réunit des analyses d'historiens et de littéraires conduisant leurs réflexions à partir des deux espaces, et dans les deux langues.

  • La douleur, qu'il s'agisse de la sienne ou de celle des autres, est l'une des thématiques majeures de l'art épistolaire. Lorsqu'il s'agit de la douleur physique et de ses manifestations, médecine et philosophie s'y croisent, notamment lorsqu'il est question de rechercher des remèdes. La souffrance morale est aussi traitée, dans une perspective qui embrasse à la fois les sources et les convictions religieuses, sociales et culturelles. Les lettres offrent plusieurs cas de figure et d'espoirs de réponse : puissance ou impuissance de la correspondance - et plus largement de l'art - contre le mal intérieur, utilisation des épîtres au service d'une thérapie dont l'homme se veut le seul objet, recours à la divinité clans une économie du salut. Le deuil, enfin, qu'il s'agisse de drames aussi célèbres que Catulle et la perte de son frère, Cicéron et celle de sa fille Tullia, ouvre la porte au genre de la consolatio : messages chrétiens insérés dans le cadre de la foi, angoisse de la mort compensée par la croyance en l'au-delà, richesse du mysticisme venant au secours de la peur inhérente à notre condition mortelle.

  • Au-delà d'un recensement des divers marqueurs de la négation dans une perspective purement grammaticale, les communications dont nous reproduisons le texte ont cherché à définir la logique de la négation et à analyser l'effectuation de cette opération fondatrice par l'énonciateur. C'est dire que le colloque a fait coexister deux axes essentiels, les auteurs ayant pratiqué, en fonction de leur spécialité, macro-analyses et micro-analyses. Les travaux réunis dans le présent volume s'inscrivent donc dans le cadre d'une analyse textuelle qui suppose l'application au discours littéraire de concepts propres à certaines théories linguistiques et esthétiques.

  • Depuis déjà presque deux ans les lecteurs du GRAAT ont organisé des journées d'études liées au thème de l'autre. Une de ces journées (le 6 janvier 2006) fut consacrée à l'étude de ce thème à travers les auteurs et sujet du CAPES et de l'Agrégation. Ce numéro comprend donc des articles venus de la journée du 6 janvier mais aussi en supplément des interventions plus anciennes sur le thème de l'autre.

  • Ce recueil explore les « (r)apports textuels » envisagés comme une érotique de l'écriture, tout autant que de la lecture, au fil des textes de grands écrivains de langue anglaise pour la plupart, de la Renaissance à nos jours, en passant par les précurseurs du postmodernisme américain. La problématique intertextuelle adoptée ici vise avant tout à permettre au chercheur-lecteur de poursuivre ses explorations sans pour autant tomber dans les poncifs d'un simple repérage statique, et s'attache à évaluer, de façon parfois critique, une tradition Épistémologique élaborée dans les années soixante-dix et abondamment utilisée de nos jours.

  • La lettre, discours adressé à une personne ou à un ensemble de personnes, est souvent le lieu de suggestions, d'avertissements ou d'exhortations, quand l'épistolier écrit pour influer sur la pensée et le comportement de son correspondant, ou même assume le rôle de directeur de conscience. Cette fonction de l'écriture épistolaire - conseiller, diriger, prescrire - invite à examiner plus précisément la relation au destinataire, la figure d'autorité que construit la lettre pour inspirer confiance, les moyens déployés pour convaincre, l'adaptation à telle circonstance particulière, l'articulation entre perspective théorique et cas pratique. La lettre de conseil déborde d'autant mieux le cadre argumentatif de la délibération qu'elle sert parfois à conforter une opinion acquise (parénèse), recourt aux maximes et préceptes, aux exemples qui stimulent l'imitation, aux métaphores qui visent la sensibilité, avec une plasticité irréductible aux schémas rhétoriques. Tels sont les aspects étudiés à travers ces trente et une contributions qui, de l'Antiquité gréco-romaine au xxe siècle, explorent la signification et les enjeux du conseil par voie épistolaire, qu'il s'agisse d'avis politiques, de direction philosophique et spirituelle, d'éducation religieuse, de directives de spécialistes (philologie, médecine) ou de conseils personnels.

  • 1886, l'année de la signature de la Convention de Berne pour la protection des oeuvres littéraires et artistiques - y compris les oeuvres traduites - est-elle une année décisive pour les traductions en langue française ? C'est à cette question que cet ouvrage tente de répondre. En 1886 le paysage littéraire français est transformé par l'irruption du roman russe, à la suite de l'essai d'E. de Vogüé, mais aussi par l'introduction du vers libre, grâce à la traduction de Walt Whitman par Laforgue. Le roman américain fait une percée dans la littérature pour la jeunesse, avec la première traduction de Huckleberry Finn de M. Twain. En sciences humaines paraît la première traduction « laïque » de la Bible, tandis que la littérature indienne classique, qui avait fait le bonheur des écrivains romantiques, devient objet d'études savantes. Quant aux traductions d'historiens étrangers, elles suivent les fluctuations de la politique extérieure de la France. Dans les pays francophones, la situation est contrastée : la Suisse est encore sous l'emprise des éditeurs français, alors que les symbolistes belges se révèlent de grands traducteurs, notamment des littératures germaniques. Au Canada, la traduction est affaire d'État, et même de vie ou de mort : un traducteur sera pendu pour avoir défendu avec trop de passion les intérêts de la communauté francophone... En croisant données bibliométriques et études de cas, L'Appel de l'étranger dresse le bilan d'une année foisonnante, caractéristique des évolutions d'une fin de siècle très cosmopolite.

empty