Langue française

  • Gilbert Durand est connu dans le monde entier pour ses travaux sur l'imaginaire. Des milliers d'images et de symboles façonnent nos manières de vivre, de penser et de rêver. Dans ses ouvrages, Gilbert Durand montre comment les images et les symboles s'assemblent à certaines époques et influencent alors les hommes et leurs oeuvres.??Dans ce livre, nous proposons une lecture des travaux de recherche durandiens sur l'imaginaire. Nous insisterons, notamment, sur l'origine de la formation des images. Pour nombre d'anthropologues, de littéraires, de sociologues, de spécialistes des religions et de l'esprit humain, les structures de l'imaginaire décrites par Gilbert Durand apparaissent comme un modèle d'une extraordinaire richesse pour comprendre les individus et les sociétés.

  • Si plusieurs spécialistes de la littérature ont défini le rôle de l'intrigue dans le fonctionnement des récits, on ne s'était pas encore intéressé à comprendre la diversité des intrigues, la richesse de leurs occurrences dans la culture et ce que les récits en disent eux-mêmes lorsque, par exemple, des personnages de roman s'interrogent sur les motifs des intrigants. Ce livre propose pareille aventure en remontant à la source de la notion d'intrique (intricare, intrigo) et en découvrant comment le goût pour les intrigues s'instaure travers l'histoire de la narrativité et ouvre-t-il un espace de jeu entre la communauté et l'autorité qui la fonde, entre le pouvoir temporel et l'autorité divine ? C'est dans le passage de la figure médiévale du diable aux mentalités de la conspiration que se déploie, dans un premier mouvement, le sens de l'intrigue. Mais c'est aussi à travers ses sources ludiques - l'émergence d'un rire burlesque, le façonnement de l'individu moderne, la liberté de l'intrigant -, ses paradoxes et ses apories que la narrativité se transforme à la faveur des intrigues. Des procédures de l'Inquisition médiévale aux réflexions historiographiques sur le temps, en passant par Aristote, la courtisanerie, De Foe, Dostoïevski, Stevenson, Sabato, Tex Aveny, Antonioni et Hitchcock, le sens de l'intrigue découvre son jeu.?

  • Jean Duvignaud est un sociologue qui a profondément marqué le champ de la sociologie des imaginaires sociaux. Ses travaux sur le théâtre, l'anomie, le don, la fête, le rire continuent à nourrir la réflexion. Toute son oeuvre est dominée par les figures sociales du don, de la gratuité, de l'improductif, du prix des choses sans prix. Toujours, il s'agit de l'élégance de vivre dans le don du rien, mais d'un rien qui fait toute la valeur de l'existence individuelle et collective. Le sentiment aigu que les meilleures choses de l'existence sont éphémères, jamais cumulées, toujours perdues, mais que dans ces moments culmine le goût de vivre, un enchantement qui ne vaut que de se perdre. Des ouvrages comme La sociologie du Théâtre, Le don du rien, Chebika, L'anomie, hérésie et subversion, Fêtes et civilisations, Rire et après et tant d'autres sont devenus des classiques. Personnage multiple : écrivain, dramaturge, grand voyageur, inlassable fondateur de revues (Arguments, Cause commune, Internationale de l'imaginaire, entre autres). Il est président de la Maison des Cultures du monde à Paris et dirige la revue Internationale de l'imaginaire.

  • Au cours du XIXe siècle, dans le cadre de l'émergence progressive des sciences humaines et sociales, l'économie s'affirme de façon polémique comme capable de rendre compte du fonctionnement du réel et même de l'anticiper, bref comme un savoir à prétention hégémonique. Cet essor de la pensée économique, combiné avec le développement effectif du capitalisme, conduit à la généralisation des schèmes de pensée économiques dans le discours social, et ce, du XIXe siècle jusqu'à l'époque contemporaine. Or ces schèmes de pensée se retrouvent aussi dans les fictions proposées par la littérature et les arts du spectacle; cependant ils y prennent des formes qui impliquent souvent des transformations ludiques ou critiques. En effet une oeuvre est, en soi, une structure où se déploient l'échange, la réciprocité, le don, le gain ou la perte, le vol ou l'appropriation. Mais en raison même de leur statut économique problématique, c'est souvent aux formes parallèles, souterraines et illégitimes de l'économie que les oeuvres se réfèrent. Elles établissent ainsi, en décalage de l'hégémonie et dans un rapport mouvant face à elle, un espace où se représentent autrement la vie sociale et les rapports entre les êtres. De la sorte, elles peuvent opérer une exégèse qui est d'emblée une lecture critique. C'est à l'examen de pans variés de cet imaginaire économique dans la littérature et les arts du spectacle que se consacrent les contributeurs à ce recueil, avec la conviction que les productions esthétiques peuvent aider à saisir et à interpréter, dans la longue durée comme dans le contexte contemporain, les phénomènes économiques qui nous entourent.

  • Cet essai interroge ce qui, dans le lien mère-fille et dans la représentation qu'en donnent Suzanne Necker (1737-1794) et Germaine de Staël (1766-1817), dirige et travaille leur pratique de l'écriture. Il envisage chez l'une et l'autre auteure le lien ambivalent à la mère comme expérience fondatrice et structurante de la passion, constitutive des motifs littéraires de la colère indomptable, de l'amour contrarié et de la culpabilité mortifère. La lecture conjointe de leurs oeuvres (essais, journaux, correspondances et, dans le cas de Germaine de Staël, fictions théâtrales et romanesques) dévoile une relation orageuse, marquée par la rivalité, la culpabilité, le remords, et dont l'expression apparaît indissociable des bouleversements sociopolitiques contemporains : Révolution, Terreur et Empire prêtent leurs emblèmes, tissant des réseaux analogiques entre les économies familiale et politique. Donner la vie et mettre à mort sont ici les faces antithétiques d'une même relation, par laquelle la lettre, tous genres confondus, oscille indéfiniment entre l'aveu amoureux et la déclaration de guerre.

  • Une équipe de chercheurs regroupés autour des professeurs David Karel, historien de l'art, et Aurélien Boivin, historien de la littérature, s'est réunie à l'intérieur du volet " Penser l'histoire de la culture québécoise " que poursuit le Centre de recherche interuniversitaire sur la littérature et la culture québécoises (CRILCQ) pour préparer une histoire des régionalismes artistiques et littéraires en regard de l'illustration. Les textes qu'ils proposent s'intéressent les uns aux rapports entre le régionalisme et le modernisme au Québec, d'autres aux liens entre régionalismes de langue française et de langue anglaise, d'autres encore au régionalisme en tant que phénomène social. Leurs recherches s'inscrivent dans un vaste mouvement né dans les années 1990, tant en France qu'aux États-Unis, destiné à redonner au régionalisme ses lettres de noblesse. Ces travaux ont permis de reconnaître au phénomène du régionalisme, particulièrement celui du Canada français, une complexité historique et idéologique qui tranche avec la vision simpliste et souvent caricaturale dont l'accablent parfois certains partisans du modernisme.

  • Je n'ai jamais lu un essai qui pose de façon aussi convaincante les rapports entre la forme romanesque et la pensée nietzschéenne et, plus largement, avec l'esprit nihiliste. Il s'agit d'une réflexion contemporaine sur le nihilisme et le désespoir et il y a une invitation dans ce texte à conserver la lucidité nietzschéenne moderne afin de dire oui à la vie et à la création et à ne pas sombrer dans le désespoir stérile. Je pense qu'il y a là un travail essentiel et nécessaire à l'heure actuelle. De plus, la langue et le " je " du livre rendent celui-ci accessible. Il y a ici un véritable essai où l'auteure inscrit une subjectivité forte qui permet au lecteur de la suivre et de ne jamais se perdre. C'est un vrai bonheur de lecture qui nous est donné.

  • Aller à Paris fut le rêve des artistes et des écrivains de maints pays. Près de la moitié des écrivains québécois du début du xxe siècle ont ainsi traversé l'Atlantique pour explorer cette capitale culturelle. Seulement, il fallait aussi en revenir, et pour plusieurs le choc du retour fut une épreuve. Ces multiples traversées transatlantiques ont profondément marqué l'histoire de la littérature québécoise et l'imaginaire québécois. Un personnage emblématique et complexe en est né, celui du retour d'Europe. Cet ouvrage retrace son émergence et analyse ses principales facettes, en plongeant dans les textes qui lui ont donné vie et en examinant les échanges culturels franco-québécois du début du siècle. Ce faisant, une cartographie détaillée des réseaux artistiques et littéraires entre la France et le Québec est accomplie, de même qu'une analyse des principaux transferts culturels que ces réseaux favorisent. On voit ainsi, dans ces pages, Marcel Dugas et les exotiques aller étudier à Paris, hanter les salons mondains et royalistes, mais découvrir aussi les Ballets russes et le futurisme italien, Satie et Apollinaire, etc.

  • Cette étude de la sémantique fonctionnelle du français entend poursuivre la démarche entreprise par Gustave Guillaume avec Le problème de l'article pour élaborer une méthode d'analyse du signifié en vue d'accroître la portée de la science du langage. Cette démarche vise à appréhender l'objet que représentent les unités conceptuelles exploitées dans l'usage pour engendrer la référence, un objet que l'analyse linguistique éprouve souvent de la difficulté à dissocier du référent, mais qui ne correspond en aucun cas aux valeurs référentielles que manifeste l'expression. Considérant qu'un mot est dans tous les cas le signe d'un concept d'une structure bien définie et d'une valence caractéristique - qu'il s'agisse d'un nom, d'un participe, d'un pronom, d'un verbe, d'un adverbe, d'un coordonnant ou d'une préposition -, la méthode distingue explicitement la définition d'une nature qui est fonction de leur constitution notionnelle propre de l'évaluation de leurs fonctions en syntaxe, eu égard au fait que ces deux aspects de la représentation conceptuelle ne relèvent pas du même plan d'opération. Elle accorde une attention particulière aux relations qui suscitent la structuration des signifiés :

    o relations paradigmatiques que manifestent les notions de la morphologie conceptuelle ;

    o relations syntagmatiques qui associent ces notions dans la formation des concepts ;

    o relations syntaxiques qui associent les concepts dans l'élaboration des phrases ;

    o et relations logiques qui forment la trame du discours et en assurent la cohérence.

    La démarche proposée associe l'étude des propriétés grammaticales des concepts à celle de leurs propriétés lexicales en raison du mode d'opération analogue que manifeste la langue dans ces deux plans et de leur complémentarité nécessaire dans l'usage. Le soin qu'elle accorde à la description et à la comparaison des faits de même qu'à la justification et à la cohérence de l'analyse vise, d'une part, à rectifier bon nombre de considérations erronées de la tradition grammaticale ou lexicologique et, d'autre part, à la rendre accessible à tous ceux qu'intéressent les articulations conceptuelles qui fondent la grammaire et la lexicologie du français.

  • Cet ouvrage retrace les étapes de l'essor du livre au Québec, de son apparition vers 1840 jusqu'à 1940. Quelles sont les conditions d'émergence et de développement de ce fascinant corpus d'oeuvres? De quelle façon l'illustration, conçue en tant que dispositif artistique, évolue-t-elle vers une première modernité associée au maintien des traditions iconographiques locales? Comment enfin, par l'action commune d'illustrateurs, d'auteurs et d'éditeurs, cet art s'oriente-t-il vers une production autonome et originale, nourrie par un processus complexe d'appropriation des modèles étrangers, notamment français? À l'intersection de l'histoire de l'art et de l'histoire du livre, L'iconographie d'une littérature met en lumière l'étonnante singularité de cette production, dans ses aspects iconographiques, techniques et stylistiques.

  • Inscrite dans le paradoxe d'une poétique qui cherche à éviter l'esthétique, la littérature minimaliste reformule le sens de la réalité d'une manière qui oblige à revoir les évidences les mieux établies. Sous l'apparence de la simplicité, cette écriture se démarque par une concision qui, à la place du profond, exerce un effet décisif sur de nombreux aspects de la représentation. La conscience morale qui la nourrit tient à distance la norme juridique et la convention sociale pour laisser le lecteur, en dehors de ces contraintes et de ces illusions, face à la fragilité de la praxis.

  • Ce classique de l'oeuvre de Jacques ferron, qui a fait de son auteur le patriarche des ferroniennes, a été ici augmenté de six textes écrits et publiés entre 1970 et 1996.

  • Ce livre constitue la première étude sur l'imaginaire espagnol au Québec et sur la présence dans la littérature et dans la culture québécoise. Jacques Allard, professeur associé du Département d'études littéraires de l'Université du Québec à Montréal et membre de l'Académie des lettres du Québec, a souligné « la qualité intrinsèque de ce manuscrit si original qui combine témoignages et études sur un sujet encore vierge, le tout avec des écrivains de renom » et il ajoutait que cette « publication pourrait devenir emblématique pour les nouveaux rapports hispano-québécois ».
    La première partie, « Représentations de l'Espagne au Québec », est consacrée aux représentations de l'Espagne dans la littérature écrite au Québec, à leur genèse et à leur évolution. L'étude de l'influence de Garcia Lorca dans l'oeuvre d'Anne Hébert et l'évocation du poète Juan Garcia se juxtaposent à la voix des écrivains Neil Bissoondath, Nicole Brossard, Louise Dupré, Jacques Folch-Ribas, Marie-Célie Agnant, Louise Cotnoir, Naïm Kattan, Nadia Ghalem, Louis Jolicoeur et Nadine Ltaif.
    La deuxième partie, « Des représentations aux récréations », se focalise sur ce que Laurent Mailhot a appelé les « voyagements » du théâtre québécois en ce qui concerne l'interaction avec la littérature et la culture espagnoles. Les analyses portent sur les réactions québécoises de deux mythes de la littérature espagnole, à savoir Don Quichotte et La Celestina.
    La troisième partie, « Traduire L'Espagne, traduire le Québec », est consacrée à la traduction.
    Cette étude montre l'importance de l'imaginaire espagnol au Québec, dans sa culture et sa littérature, et la fascination que des écrivains et des « passeurs » de culture et de mémoires tels que Garcia Lorca ou Goya exercent sur des écrivains québécois. Elle permet aussi d'approfondir les échanges entre deux mythes littéraires espagnols et le travail de grands auteurs dramatiques tels que Mouawad, Ronfard ou Lepage. À cela s'ajoute la réflexion sur le rôle de la traduction en tant que pont culturel entre le Québec et l'Espagne.

  • 1919-1933. La vie littéraire québécoise prend de l´ampleur avec Lionel Groulx, de l´altitude avec le poète Alain Grandbois et de la popularité avec l´écrivain Georges-Henri Grignon. Ouvrage indispensable pour ceux et celles qui veulent connaître l´effervescence littéraire du Québec au début du 20e siècle.

  • Étonnant Voltaire, encore porté aux nues ou vilipendé près de 250 ans après le Traité sur la tolérance. Fut-il l'avocat des causes perdues qui dénonça courageusement les abus d'une justice pénale particulièrement féroce ou bien le pamphlétaire impénitent qui présenta sciemment une image complètement fausse du système judiciaire de son temps ?

    Pour essayer de trancher la question, il faut se tenir à égale distance de l'hagiographie et de l'anathème et remettre l'action de Voltaire dans un contexte plus large, celui de son combat pour la tolérance et la liberté sous toutes ses formes - de religion, de presse, de mouvement - et celui, plus vaste encore, de la fermentation sociale de la seconde moitié du XVIIIe siècle.

    /> L'actualité de Voltaire est indéniable. Si son combat pour l'élimination du domaine pénal de toute une série de conduites - sorcellerie, hérésie, opposition politique - et contre la sévérité excessive des châtiments semble étrangement actuel à notre époque de création de nouvelles infractions et d'alourdissement des peines, il en est de même de son plaidoyer pour la tolérance face à la montée des fondamentalismes à laquelle nous avons le malheur d'assister.

  • « Passion de vie, passion de récit », voilà les enjeux essentiels sous-tendant la délicate restitution littéraire du soi à laquelle se livre Gabrielle Roy dans sa célèbre autobiographie posthume. Consacrée à l'analyse de la dimension passionnelle du récit de vie, dernière oeuvre qu'a laissée la romancière québécoise, francophone nord-américaine, l'étude de Cécilia W. Francis révèle combien l'évocation poétique de cette pulsion du vivant s'investit d'une profonde ambivalence.

    Inscrit dans le prolongement des travaux consacrés à la sémiotique des passions, inaugurée par Algirdas J. Greimas, cet ouvrage constitue un apport singulier au domaine de la discursivité royenne. Il fait converger l'autobiographe et le théoricien autour d'une question fondamentale: l'impérieuse irruption de la vie, du corps, des souvenirs, des émotions et des passions, surgie au terme d'une entreprise de création que l'on croyait pouvoir maîtriser. La valeur de l'investigation proposée réside dans les interrogations qu'elle soulève. Comment un effet de sens extrêmement diffus, la tonalité intimiste, se transmet-il par le langage?? Pourquoi cette oeuvre littéraire, si lisse de facture, est-elle traversée de tension, habitée de tourments qui souvent n'atteignent que le seuil du dicible?? Et comment expliquer que cette modulation entropique demeure intrinsèquement rattachée à la transcendance par la joie, à la propension du sujet à se tourner vers le monde et autrui??

    L'analyste remonte le fil des noeuds de tensivité qui imprègnent cette démarche intimiste remarquable et offre un nouvel éclairage sur l'inhérente cyclothymie royenne, à la racine du tiraillement affectif opposant la «?détresse?» à l'«?enchantement?». Ce faisant, elle élabore une approche méthodologique inédite pour l'examen de la prose autobiographique et de la subjectivité en littérature.

  • Proposition d´une grille d´analyse sur la qualité de l´écriture de quatre dimensions des textes : l´aspect général, l´aspect syntaxique, l´aspect lexico morphologique et l´aspect textuel.

  • Pour convaincre un lecteur, un texte biblique se sert de divers mécanismes textuels; les études réunies dans ce livre devraient toutes à leur façon faire mieux comprendre ces mécanismes.

  • En puisant dans les oeuvres littéraires et artistiques, cet ouvrage trace différents portraits de femmes en exil.

  • L'écriture n'est jamais neutre. Les écrivains méchants nous font éprouver la violence, la cruauté du monde, les traumatismes communautaires ou personnels. Ils crient, éructent, déforment le monde, lui crachent dessus. C'est terrible, mais est-ce bénéfique ? L'écriture de la méchanceté, assurément, nous réveille, nous fait sortir de la torpeur d'une époque où la confusion règne et où la violence guerrière - par les mots, par les actes - est à l'ordre du jour.

  • Victor-Lévy Beaulieu n'a pas fait qu'écrire des livres ; il a, avant tout, écrire une oeuvre par laquelle il espérait trouver le meilleur de lui-même, et tant mieux si d'autres allaient s'y retrouver à leur tour. Après des décennies d'écriture et plus de 80 ouvrages, il est n=bon de mesurer l'ampleur de cette oeuvre.
    Dans cet essai, Pierre Laurendeau propose de suivre le périple de cet immense écrivain qu'est Victor-Lévy Beaulieu en faisant l'inventaire de ses romans, essais, pièces de théâtre, téléromans, anthologies, récits autobiographiques, etc., et en les regroupant en six grandes périodes. Connaissant son amour des bêtes, chaque période est par ailleurs présentée sous le signe de l'une d'entre elles.
    À mesure que l'on entre dans l'oeuvre, on découvre non seulement toutes les couleurs de la québécitude, mais aussi un homme qui cherche à faire le tour de ce que l'être humain a fait de lui-même, afin de le conduire à la liberté et à l'amour. Le projet que l'écrivain s'était donné - rendre le cycle de La vraie saga des Beauchemin dans toutes ses grosseurs - est tout simplement grandiose.

  • Cet ouvrage fait suite au bilan présenté dans L'Écriture de l'essai (L'Hexagone, 1994), mais, grâce à la magie du dialogue qui permet de donner la parole à des voix différentes, légèrement discordantes parfois, le ton a complètement changé, suscitant même des apports nouveaux: une analyse détaillée de la valeur suggestive du mot essai, l'élucidation du problème de l'ambiguïté constitutive de l'essai, qui affecte le concept même de littérature, la mise en lumière de la structure ironique de l'essai, l'étude de la nature exacte du je de l'écriture, au coeur de l'essence littéraire de l'essai, la prise en compte de l'hybridité formelle de certains textes et le constat de la regrettable méconnaissance de l'essai comme symptôme d'une désaffection à l'égard de tous les modèles de la culture.

  • Intertextualité, interdiscursivité et intermédialité. L'évidence de l'existence lexicale et la familiarité relative des termes masquent leur polysémie. Au sens le plus fondamental, intertextualité, interdiscursivité et intermédialité apparaissent évidemment dans la coprésence et la corrélation, respectivement, de plusieurs textes, de plusieurs discours et de plusieurs médias. Reste - et ce n'est pas la moindre des choses - à préciser le statut, les modalités et les effets de ces interactions en général et dans des productions attestées.

    Ce livre entend faire progresser le savoir sur l'objet de connaissance recouvert par chacun des trois termes et qui se crée à leur rencontre. Il convoque différentes disciplines : sémiotique, linguistique, littérature, théâtre, cinéma, architecture, communications, télévision, histoire de l'art, etc. Il étudie différents objets : écriture, textes littéraires, témoignages génocidaires, architecture des lieux de culte, mode vestimentaire, etc. Il comporte notamment des chapitres de Jean-Marie Klinkenberg, de Claude Zilberberg et de Bernard Lamizet.

  • Dans un monde où les forces de la mondialisation exercent une influence croissante, la notion de « lieu » représente une aporie fructueuse, un lieu propice d'analyse et de questionnement pour mieux comprendre la littérature et la pensée de notre époque. L'objectif de ce volume est l'analyse dynamique du « lieu » (au sens propre et figuré) en tant que réseau d'interrelations qui met en cause la constitution et la perception récentes de l'identité dans les contextes interculturels francophones mondiaux. Nous abordons donc la francophonie dans sa diversité, sa spécificité et sa généralité problématique. Les lieux en question peuvent être à la fois synonymes d'appartenance et/ou d'altérité, indicatifs de l'attachement à un locus amoenus et, simultanément, de la nécessité d'arpenter le monde pour mieux le comprendre. La diversité des optiques, des stratégies de lecture et des conclusions des auteurs publiés contribue à établir des dialogues inattendus.

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