Presses Universitaires de Vincennes

  • Très célèbre et médiatisée de son vivant, Marguerite Duras (1914-1996) continue, vingt ans après sa mort, à attirer une multitude de lecteurs, à susciter des études dans les universités du monde entier et à exercer une influence marquante sur les écrivains actuels.
    Ce retentissement est dû à la force singulière de sa voix qui est comme celle du mythologue de la cité : démesure, scandales, incantations, palingénésies, sont autant de manifestations d'un véritable soubassement mythologique de sa production artistique. Dans sa modernité et sa diversité - littérature, cinéma, théâtre, écriture pour les journaux - l'oeuvre durassienne renouvelle la puissance du chant de l'aède qui raconte les origines du monde. Duras façonne notre mémoire et parle à notre imaginaire à travers un espace sacral, cultuel et culturel qu'elle n'a cessé de créer, en mythopoète.

  • Édouard Glissant (1928-2011), poète et philosophe né en Martinique, est une référence majeure pour penser la mondialité aujourd'hui. Ses idées de créolisation et de Relation, commentées sur tous les continents et les archipels, ont bouleversé l'approche des identités et des cultures. Pendant les dix dernières années de sa vie, il s'est entretenu régulièrement avec François Noudelmann qui publie leurs discussions publiques et privées. Son inspiration philosophique, sa définition de la beauté, ses conceptions politiques sont au coeur de leurs débats. Ces entretiens offrent un apport essentiel à la compréhension de Glissant. Ils sont suivis par des articles sur des problèmes théoriques fondamentaux et sur des questions d'actualité, tels que la transmission sans universel ou les concurrences mémorielles.

  • Artistes contemporains de cinéma et de théâtre donnent la réplique à Alain Astruc dans ce livre d'entretiens où se mêlent des extraits d'un ouvrage théorique inédit et des photographies d'Alain Astruc comédien.
    "Alain Astruc est sans doute un novateur qui comptera dans l'histoire de notre théâtre contemporain. Il fait basculer, comme il le dit lui-même, la représentation d'un monde à l'autre, du monde de la vue au monde de la voie... Il inverse les rapports de l'écriture et de la parole. Lui, fait passer la parole en premier : c'est la parole qui fait l'écriture et non l'inverse...?" Jean-Pierre FAYE
    "Voilà, mesdames et messieurs, nous avons vécu jusqu'à présent le monde de la représentation. Ce monde est mort, vive le monde. Et on entre maintenant dans le monde de la présence, c'est tout. C'est difficile à faire, c'est sûr." Alain ASTRUC

  • Lectures croisées de l'oeuvre de l'écrivain Hélène Cixous, intertextualité dans son oeuvre et dans ses rapports avec les artistes contemporains (Simon Hantaï, Roni Horn, Maria Chevska).
    Qu'y a-t-il «dans» un nom ou au mi-lieu d'un nom? Qu'est-ce qu'un mi-lieu?
    À partir du x autour duquel s'articule le nom d'Hélène Cixous, les textes du présent ouvrage interrogent la relation transitive que la lettre chiffrée «sous X» entretient avec les grands textes philosophiques contemporains de Jacques Derrida et Gilles Deleuze.
    Parcourant l'oeuvre d'Hélène Cixous de ses commencements aux publications les plus récentes, les analyses ici réunies composent toutes avec le nom. Elles en suivent les formations composites et les familles recomposées: Cixous avec Poe, Sir Thomas Browne, saint Augustin, Olivier de Serres, Beckett, Stendhal, Lispector, Kafka, Mallarmé, Silesius... Plusieurs lectures critiques des correspondances de l'écrivain avec des artistes contemporains tels que Simon Hantaï, Roni Horn et Maria Chevska viennent compléter cet ensemble.

  • L'oeuvre de Pascal Quignard est traversée par le sentiment d'un essentiel dépaysement. Associant des textes extrêmement éloignés, rapprochant des formes de pensée étrangères les unes aux autres, elle réveille et révèle « la violence décontextualisante du langage ». L'Orient extrême y est une constante discrète, fondée principalement sur un goût pour les écritures idéographiques, et tout ce qu'elles impliquent dans l'ordre de la connaissance et de la pensée : l'obscurité du sens, la densité de l'expression, une sagesse et un art de vivre, indissociablement unis, chez ce grand vivant, dans la saveur de l'instant, le sens de la minutie, du silence des choses autant que des royaumes fabuleux et de leurs récits épiques.
    Lorsque Pascal Quignard s'embarque en direction du soleil levant, c'est avec l'oeil neuf, érudit et inventif à la fois qu'il emploie à parcourir tous les textes. La Chine, le Japon ne sont pour lui rien d'autre que des pages couvertes de signes indéchiffrables, beaux comme des jardins.

  • Qu'est-ce que la littérature haïtienne contemporaine ? Quel rapport entretient-elle avec sa langue, aux multiples facettes ? Quel poids de l'histoire continue-t-elle de porter ? Quelle place laisse-t-elle aux femmes ?
    L'originalité de cet ouvrage réside dans la diversité de ses auteurs. Ecrivains, poètes, universitaires, éditeur français, haïtiens, européens ou américains, tous ont une relation amoureuse avec la littérature haïtienne contemporaine. La pluralité de leur approche permet non seulement de cerner l'originalité et le foisonnement de la littérature haïtienne mais aussi d'analyser des écritures récentes encore peu étudiées.
    L'ouvrage s'intéresse à des oeuvres littéraires récentes, expressions et représentations de l'actuel Haïti.
    Auteurs étudiés : René Depestre, Frankétienne, Lyonel Trouillot, Emile Ollivier, Dany Laferrière, Marie-Célie Agnant

  • Premier ouvrage publié en français sur Alejandra Pizarnik (1936-1972), ce livre s'attache aux manuscrits de cette poète argentine, qui sont objets à voir autant qu'à lire. L'auteur les analyse comme le lieu où se révèlent les rapports particulièrement complexes que l'écrivain entretient avec le langage en tant que matériau, que ce soit dans le choix des instruments d'écriture, dans la matérialité des supports, dans l'agencement du texte sur la page blanche ou dans les pratiques de composition.
    Les «papiers de travail » de Pizarnik dessinent une « calligraphie des ombres », qui s'acorde à l'opacité d'une voix singulière, toujours fuyante, pour interroger la prétendue transparence des signes et des lettres. « Toute la nuit je fais la nuit. Toute la nuit j'écris. Mot à mot j'écris la nuit. »

  • Longtemps tenu à l'écart des manuels, réduit à l'image d'un genre populaire au pathétique outré mettant en scène des personnages improbables, le mélodrame ne correspond en rien à cette caricature.
    Jusqu'à la fin du XIXe siècle, le mélodrame, genre populaire qui mêlait si intensément pathétique et spectaculaire, a souffert d'une discrimination qu'auteurs, critiques et historiens persistent, souvent encore, à relayer. Mélodramatiques redresse les perspectives et montre comment le mélodrame, qui a eu partie liée avec tous les soubresauts sociaux et politiques de l'époque, a été aussi d'un apport décisif dans la transformation des pratiques théâtrales, en particulier dans le jeu de l'acteur et l'art de la mise en scène, ainsi que l'ont reconnu, d'Antoine à Vilar, les rénovateurs du premier XXe siècle.

  • « Qui pouvait se méprendre sur un signe aussi évident » ? / « Who could mistake a sign that clear ? », telle est la question que formule l'instance narrative de Home, dixième roman de Toni Morrison paru en 2012. Est posée dans cet ouvrage la question de l'évidence du visible ordinaire, des certitudes de l'oeil et de la lettre de ceux et celles qui croient voir, savoir ou immobiliser le monde dans l'enclos de la langue ou de l'histoire.
    A partir de leurs langues respectives (le français, l'anglais, le roumain empruntant le détour de l'anglais), les contributeurs de ce livre ont pris cette question à bras-le-corps, concrètement, et tenté d'arpenter l'univers fictionnel et discursif de Toni Morrison. Du premier roman ,The Bluest Eye (1970), à Home en passant par les essais et les entretiens de l'écrivaine, ils se sont attachés à suivre les « petits mécanismes qui régissent la vie quotidienne » et de saisir ce qui s'entre aperçoit au-delà de la surface du monde ou du mot ordinaire.
    Il s'est agi aussi dans ces lectures croisées sur l'oeuvre de Toni Morrison de mettre en perspective les pratiques de lectures des uns et des autres, leur bien-fondé et leurs présupposés ainsi que la nature de la « vérité de la fiction » dans ses imbrications avec le littéraire, l'historique et l'économique.
    « Stones » et « Shelter » sont les titres de deux poèmes de Toni Morrison accompagnés d'une traduction inédite que cet ouvrage est heureux d'accueillir.

  • Hugo célébra, lors des funérailles de Balzac, l'unité de son oeuvre comme l'effet d'une « splendide et souveraine intelligence » : « Tous ses livres ne forment qu'un livre, livre vivant, lumineux, profond, où l'on voit aller et venir et marcher et se mouvoir, avec je ne sais quoi d'effaré et de terrible mêlé au réel, toute notre civilisation contemporaine. » Cette oeuvre, faite d'oeuvres nombreuses, a conquis son unité dans le temps de sa composition progressive et de sa publication. Les études réunies ici s'attachent à quelques aspects spécifiques de cette « éternelle genèse » et analysent le travail incessant, toujours repris, dans la construction de l'ensemble : l'importance de la correspondance et des manuscrits eux-mêmes ; le sens des changements de structures, et d'ouvertures, le jeu si singulier des « épreuves » ; la théorie de l'oeuvre qui se conçoit en figure, dans l'invention d'un style, comme une dramaturgie de l'écriture.

  • Que veut-on dire lorsque l'on évoque « tout(e) l'oeuvre », l' « oeuvre complète», ou, plus couramment dit, les « oeuvres complètes » d'un auteur ? La question se pose avec d'autant plus d'acuité que la définition même de l' « oeuvre » est problématique ; et avec d'autant plus d'urgence que la notion d'« oeuvres complètes » n'a guère été théorisée.
    De manière neuve, le présent volume puise les réponses qu'il fournit à un vaste champ chronologique (de l'Antiquité gréco-romaine à nos jours), dans les limites du monde occidental. Accordant une large place à la littérature, à travers des figures, des époques, des genres et des courants variés, il ouvre aussi la réflexion sur d'autres domaines artistiques, comme la peinture, la sculpture, la musique ou le cinéma.
    Là résident sa force, sa richesse et son intérêt.

  • Ces langues et ces dialectes, déployés sur un vaste espace géographique, sont issus d'un socle commun, le latin, et illustrent dans leur variété toute une gamme de possibilités évolutives et typologiques.
    Les auteurs, éminents spécialistes de ces langues, posent ici les bases d'une linguistique complète des langues romanes. L'ouvrage est destiné à devenir la référence dans ce domaine.
    Langues romanes étudiées : le français et les dialectes d'oïl notamment le picard, l'occitan dans ses différentes variétés : gascon, provencal..., le francoprovençal.

  • Le tuer ? C'est fait...Le ressusciter ? C'est en cours et assez bien porté...Le servir, recueillir la mondre bribe de son intention et, subjugué par son autorité, s'en parer comme d'un droit à écrire ou parler ? On ne fait que cela depuis des siècles. L'inventer? Pourquoi pas, pourvu que sa figure remodelée accompagne et conforte notre lecture. Mais attaquer l'auteur de front au moment où on le lit, prendre le propos auctorial à rebrousse-page et trouver l'assurance de bien lire ou de lire, en tout cas, de manière acceptable, voilà qui peut sembler des plus incongru, et même impossible. "On ne peut pas dire ça", "Tu ne peux pas écrire ça" se voient parfois opposer interprètes et critiques littéraires par trop audacieux. Partageant la conviction qu'aucun interdit ne vas de soi et que, pour chacun, en interroger les présupposés, voire le bien-fondé, relève d'une bonne hygiène mentale, les auteurs prennent ici le parti de demander des comptes à la lecture "en faveur de l'auteur", en scrutant son envers non sans jubilation, avec une curiosité manifeste et infiniment de talent.

  • "Et ce voyage, mais où est-il ce voyage ?" Reprenant la question obsédente du narrateur dans Ecuador, l'auteur s'interroge sur le devenir du voyage, comme récit et comme relation à l'Autre, dans la littérature moderne. Puisqu'il n'y aurait plus de terrae incognitae, plus ces "coffrets magiques aux promesses rêveuses", où éprouver désormais la réalité de l'ailleurs, et comment en rendre compte ?
    Tour à tour, Verne, Freud, Michaux, Sartre, Perec, Toussaint, Chevillard, Rolin et d'autres encore sont convoqués et revisités. Sous leur plume, ce ne sont que temps improductif, départs sans arrivées, espaces incompris et paysages défaits.
    Un genre nouveau est bel et bien né: le récit de dévoyage conduisant à la quête d'un soi, maigre, inquiet et fantomatique. Le présent ouvrage en témoigne avec finesse.

  • Comment penser le Moi dans l'oeuvre d'Artaud, lorsque l'on connaît l'allure disparate de ses textes ? Un essai construit autour de l'évocation des énoncés d'Artaud et de leur prolongement.
    De ses premiers textes des années vingt aux Cahiers de l'après-guerre, on trouve sans cesse chez Antonin Artaud la manifestation d'un sujet d'écriture. Explorer les figures du Moi, parcourir ses frontières, sous les formes les plus variées, constituent l'un des aspects majeurs de ses écrits.
    Rendant compte de cette puissance d'affirmation, le livre de Patrick Wateau montre aussi les difficultés que rencontre toute lecture d'une des oeuvres les plus énigmatiques du vingtième siècle.

  • Comment les apports de la psychanalyse peuvent-ils nous aider à apprécier les oeuvres littéraires ?
    L'ouvrage offre la synthèse des différentes étapes de l'élaboration d'une nouvelle critique littéraire, partant du Texte analyse et aboutissant à l'inconscient du lecteur.
    « Pour le résumer en peu de mots, mon projet serait de faire sentir comment une "lecture du texte avec l'inconscient" a pu, en quoi même elle a dû, sucéder en toute légitimité, sinon en toute logique, à des formules que j'estime depuis longtemps dépassées, quoiqu'elles aient la vie dure, telles que "l'inconscient du texte" et le "travail inconscient du texte". » Jean Bellemin-Noël, (pages 5-6)

  • Un genre Indéfini. Ce que Marthe Robert disait du roman se dirait aussi bien du récit, dont on ne saurait proposer une définition qui vaille toujours, ou pour tous. C'est cette question des frontières, des limites, des bords et lisières du récit que reprend, sur de nouvelles bases, le recueil que voici. Les auteurs n'évoluent pas tous dans l'univers de la littérature, que la pratique du récit déborde de fait largemement. Le cinéma, l'histoire, la mythologie ne peuvent se concevoir sans récit. Et la philosophie, la peinture, la théologie ou la musique n'ont pas davantage recours au récit comme à un simple ornement ; le récit les informe de part en part, voire les conditionne.
    Cette promenade aux confins du récit invite à considérer la littérature dans sa relation essentielle avec les autres domaines du savoir qui partagent avec elle cette condition, humaine par excellence, qu'est le besoin de raconter.

  • Peut-on encore, à la fin du XIXe siècle, être poète par le fait même de raconter... en prose ? Telle est la question qui traverse cet ouvrage consacré à un objet méconnu, le recueil de contes poétiques symbolistes.
    Récusant l'interdit de « narrer » que Mallarmé a paradoxalement édicté pour la poésie, cet essai examine six recueils parus entre 1892 et 1901, tels que les proposent Bernard Lazare, Marcel Schwob, Remy de Gourmont, Henri de Régnier, Camille Mauclair et Georges Rodenbach. Il s'efforce de les donner à lire et de comprendre comment opère le charme de contes pour grandes personnes.
    Par un retour aux sources homériques et aristotéliciennes, il s'agit de défendre résolument une poésie narrative et une conception dans laquelle le poète sait captiver ses lecteurs en leur contant de belles histoires.

  • Cet essai s'intéresse, à travers les oeuvres de Cervantès, Flaubert, Tolstoï, Dostoïevski, Proust, Kafka, Gombrowicz, à la façon dont le roman moderne éclaire et explore le présent grâce à la mémoire qu'il a gardée de mondes disparus.
    Le roman n'est pas seulement, comme on le définit presque toujours, un art du présent et de la nouveauté. Il est aussi un art de la mémoire. En fait, c'est parce qu'il se souvient des mondes anciens et de leurs valeurs qu'il peut prendre acte de ce qui est nouveau.
    Cet essai s'intéresse à la façon dont le roman, depuis Cervantès, est le témoin des grandes disparitions qui hantent et façonnent la conscience moderne: la disparition du destin d'abord, dont les conséquences n'ont pas fini de s'épuiser, puis celle de l'héroïsme et, à partir du vingtième siècle, la disparition proprement vertigineuse du temps ordonné et de la mémoire elle-même.
    À partir des oeuvres de Flaubert, Tolstoï, Dostoïevski, Proust, Kafka, Gombrowicz, ce livre montre comment le roman moderne, par la mémoire des mondes disparus qui est au coeur de son aventure, éclaire le présent comme aucun autre art n'y parvient.

  • Durant plusieurs siècles, en Europe, imagination a été le nom de la « faculté » à laquelle était attribuée l'invention des oeuvres. Est-ce encore le cas ?
    Peut-être. Pourtant, alors même que l'imagination est aujourd'hui l'objet d'une louange universelle, son nom a presque entièrement disparu de la théorie littéraire et de l'enseignement des lettres. Il ne s'affiche plus dans les titres. On ne le trouve plus dans les index. D'autres toutefois prennent sa place : l'imaginaire, le fantasme, le mythe, le symbolique, le Langage...
    À travers des études de cas et des chapitres synthétiques, le présent essai interroge cette configuration nouvelle, depuis Baudelaire jusqu'aux postmodernes.

  • Dans le cadre des Cahiers de Paris VIII, Jean-Louis Boissier a rassemblé propos, analyses, documents, photos, permettant de répondre à plusieurs questionnements essentiels, parmi lesquels : dans le processus même de l'image, qu'est-ce qui relève de l'esthétique ? l'image a-t-elle encore un rapport avec l'art ? y-a-t'il une perte de l'image qui vient de la perte de la lecture et de l'écriture ?

  • Racontant des histoires, Flaubert sonde le langage : il écrit l'histoire des langages de son temps (ceux de la science, de la religion, du politique, ou de la conversation quotidienne), et dit leur faillite ou leur vide désespérant. C'est cette étrange fable, dispersée dans le récit, qu'on a voulu reconstituer. Travail critique, cette étude se veut également contribution à une poétique du dialogue. La réflexion théorique, privilégiant des catégories du récit comme la description, a jusqu'alors négligé la parole des personnages. On tente ici d'en cerner la construction, la manière dont elle s'inscrit dans une écriture qui la parasite : le dialogue de la fiction se double d'un dialogue entre le narrateur et le lecteur. L'écriture fait parler. Dans la singularité de cette pratique réside le mystérieux et paradoxal plaisir du texte flaubertien : le dialogue, où s'exhale la méfiance de Flaubert à l'égard du langage, témoigne pour le lecteur de la réussite d'une écriture, sublimant la parole bête. Ce livre convie donc aussi, en compagnie de M. Homais, de Bouvard et Pécuchet, guides infaillibles, aux enchantements de la sottise.

  • Finir, ne pas finir... le point final, le mot de la fin, comment et pourquoi faire une fin ? En ce lieu stratégique tout écrit met en jeu à la fois sa cohérence, son rapport au monde et sa lecture. Programmée ou non, assumée ou déniée, la fin est inéluctable, et la rhétorique en a fixé depuis toujours les protocoles et les topoï. Pourtant, chaque texte doit inventer sa fin, c'est-à-dire simultanément la construire et la déjouer, sans parler de ceux qui, par nature, ne sauraient avoir de fin. L'étude des fins, comme celle des incipit, relève de la génétique autant que de la poétique et de la sociocritique. C'est en croisant ces trois approches qu'on explore ici cette problématique d'une écriture des fins, à partir des manuscrits et à travers quelques exemples majeurs empruntés à différents genres, de Balzac à Beckett, de Michelet à Ponge, de Flaubert à Zola et à Sartre.

  • À la fois ludique et savant, cet essai prend appui sur une théorie et une pratique de la réécriture pour renouveler la lecture des fables de La Fontaine. Avec comme point d'ancrage six fables très connues (tels Le Héron ou La Laitière).

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