Presses Sorbonne Nouvelle

  • Cet ouvrage présente au public français un pan souvent méconnu de la production cinématographique espagnole : le cinéma fantastique. Les études réunies ici interrogent les traditions iconographiques et sociales qui dessinent les contours du genre fantastique dans le cinéma espagnol. Les deux premiers articles offrent une réflexion théorique sur la notion de fantastique et un rappel historique de l'évolution du genre en Espagne. Les articles suivants sont consacrés à l'analyse d'un film ou d'un corpus de films. Certains étudient plus particulièrement l'intertextualité et les phénomènes d'hybridation, tandis que d'autres s'attachent à mettre au jour, derrière les figures de monstres ou de fantômes, les problématiques sociales ou politiques sous-jacentes. On constate ainsi que le cinéma fantastique n'est pas simplement un genre d'évasion, mais peut aussi traduire les préoccupations actuelles de la société espagnole, notamment son difficile rapport au passé.

  • Le théâtre de la Renaissance anglaise connaît en France depuis de nombreuses années une faveur qui ne se dément pas. L'oeuvre de Shakespeare fait l'objet d'une attention incessante qui suscite des traductions et des interprétations nouvelles, des mises en scène audacieuses, dans le souci d'affirmer sa modernité. Il fallait une audace singulière et une largeur de vision remarquable pour embrasser d'un même regard la période la plus riche de ce théâtre tragique, la période shakespearienne qui s'étend de Marlowe à Webster. Il fallait une vaste culture et une acuité de l'intelligence susceptible de se déployer selon trois dimensions, littéraire, historique et philosophique, pour relier l'exploration de la temporalité à travers les formes dramatiques à une vision panoramique des traditions culturelles dont le théâtre élisabéthain est issu. Il fallait enfin un juste équilibre entre l'attention au contexte historique dans lequel toute oeuvre s'inscrit et l'aptitude à manier les instruments de la critique moderne dans la recherche d'une compréhension stimulante pour le lecteur de notre temps. C'est un moment dans l'histoire du théâtre anglais, mais aussi dans l'histoire de la conscience et de la sensibilité que Gisèle Venet a su cerner et restituer dans cette étude magistrale qui ne remonte à l'Antiquité et au Moyen Âge que pour éclairer la crise baroque et l'émergence d'un héros tragique nouveau. Robert Ellrodt

  • Cet ouvrage s'intéresse à la question de la concordance des temps dans des discours qui, par delà leur diversité typologique (discours grammatical, historiographique ou littéraire), ont en commun de porter sur une matière dont les rapports au temps donnent lieu à des agencements assez souvent discordants. Quelles sont ces « discordances » ? Que signifient-elles ? Est-il possible de les théoriser et de quelle façon? Ce volume interdisciplinaire réunit des contributions de chercheurs en linguistique et en littérature hispaniques venus de différentes universités françaises et étrangères. Il est issu d'un colloque tenu en mai 2008 dans les murs du Colegio de España et organisé conjointement par le Séminaire d'Études Médiévales Hispaniques de Paris Sorbonne (CLEA, EA 4083), le Séminaire Interdisciplinaire de Recherches sur l'Espagne Médiévale (GDR 2378, CNRS) et le Groupe d'Études et de Recherches en Linguistique Hispanique de la Sorbonne nouvelle - Paris 3 (EA 170).

  • Depuis 1990, le genre policier connaît un large succès aussi bien dans le monde de l'édition qu'auprès du public italien. Cette date marque un renouveau de ses formes, auquel a contribué, entre autres, la création du Gruppo 13 à Bologne. À côté du giallo s'est affirmée progressivement la catégorie plus hybride du noir. Le genre policier entend sonder le mystère, démasquer l'opacité du réel en pénétrant les non-dits de l'histoire pour en proposer une lecture dérangeante ; surgissent alors d'autres questionnements relevant, quant à eux, de pulsions plus subtiles, voire inconscientes. La perspective historique et herméneutique a élevé le roman au statut de nouveau roman social, capable, sous le couvert de situations vraisemblables, de simuler la réalité pour la comprendre autrement. L'écriture d'enquête se présente de plus en plus en Italie comme le champ de toutes les expérimentations grâce à l'utilisation de canaux de communication favorisant une réception plus large, mais aussi à l'hybridation avec d'autres formes d'expression (cinéma, théâtre, musique, télévision, BD). Cet ouvrage vise à comprendre les nouveaux enjeux du giallo/noir à l'origine de son succès. On y voit comment, à travers l'écriture de l'énigme, le giallo explore les côtés obscurs et complexes de l'Italie contemporaine.

  • Comment aborder la construction du sens des mots dans les discours spécialisés, didactiques et ordinaires ? Quelles sont les procédures sous-jacentes à la création lexicale ? Comment s'opèrent l'identification, la transmission et l'interprétation du sens et des savoirs ? C'est à ces questions fondamentales que tente de répondre cet ouvrage qui réunit dix textes de Fabienne Cusin-Berche autour de l'usage que l'on fait des mots en contexte.

  • Les puissances d'en bas sont dangereuses à proportion de leur force d'attraction. Les lieux que le diable fréquente apportent délassements et distractions en tous genres mais les lumières éblouissantes de la fête cachent aussi d'insondables ténèbres. Marie Stuart constitue, à cet égard, la parfaite incarnation d'une royauté vouée à la diabolisation. Telle quelle est décrite par ses adversaires, la « Vénus écossaise » incarne le double visage de la douceur et du péché, tandis que la Vénus ironique mise en scène par Chaucer n'est plus garante des seules délices : elle ouvre aussi les portes de l'enfer et de l'amour tourné en dérision. Marlowe affirmera avec panache le paradoxe d'une tyrannie délicieuse, celle de la fureur héroïque de Tamerlan. Mais c'est avec le docteur Faust, qui choisit la magie et l'utopie de sa libido sciendi qu'il montre comment les délices de départ se changent en enfer. Qu'il s'agisse de Marie Stuart ou de la duchesse de Malfi, de la Vénus antique revue et corrigée par Chaucer ou encore de la Jeanne d'Arc de Shakespeare, les délices comme les enfers sont souvent incarnés par les figures du féminin dans l'Angleterre de la Renaissance. Marlowe reste l'exception avec cette nouvelle figure du tragique qu'est l'ambitieux foudroyé, personnage aussi flamboyant qu'autodestructeur, ambigu, imprévisible, et donc éminemment moderne.

  • Cet ouvrage réunit les quatorze articles publiés par Carlos Serrano (1941-2001) sur la personnalité et l'oeuvre de Miguel de Unamuno. Tous sont représentatifs de ce que furent la méthode et l'apport de Carlos Serrano qui, entre histoire et littérature, s'est toujours efforcé d'articuler idéologie et production littéraire, contribuant ainsi à renouveler l'histoire culturelle de l'Espagne contemporaine, dont il fut un ardent défenseur. L'intérêt de Carlos Serrano pour Unamuno, pendant plus de vingt ans, témoigne de la passion d'un chercheur pour un intellectuel et un écrivain complexe et parfois contradictoire, pour une période charnière de l'histoire politique et culturelle de l'Espagne, avec le souci permanent qui l'a toujours animé d'élaborer une démarche critique exigeante et une grande qualité d'écriture.

  • Jorge Amado est sans aucun doute l'écrivain brésilien le plus connu en France où son oeuvre a été presque intégralement traduite. Le retentissement et les mérites de ses écrits d'une richesse foisonnante lui ont valu l'hommage de la Sorbonne Nouvelle qui lui a décerné en 1998 le titre de docteur honoris causa.. Dans son pays pourtant, si son succès a été considérable auprès du « grand public », nombre d'intellectuels et de gens de lettres ne lui ont pas ménagé leurs critiques. Un an après sa disparition, un réexamen de son oeuvre a pu paraître opportun. Cet écrivain latino-américain qui a su conquérir un large public international a marqué de son empreinte singulière la production littéraire du xxe siècle. Les quinze travaux réunis dans ce recueil, orientés suivant trois axes « L'écrivain et son oeuvre », « Lectures plurielles des romans amadiens » et « L'oeuvre amadienne en dialogue intersémiotique » prennent en compte les facettes diverses et multiples de ces écrits, discutent les problèmes de réception et de traduction et abordent le dialogue qu'ils instaurent avec d'autres formes artistiques.

  • Si l'Histoire a souvent mis face à face la Russie et l'Allemagne, cela n'a pas empêché l'établissement d'échanges culturels étroits et féconds entre les deux cultures. C'est la littérature, et plus précisément les textes qui rapprochent et réunissent les auteurs étudiés dans ce volume et c'est au nom de ce patrimoine commun que l'on peut parler « d'affinités électives » entre les deux littératures. Jeu avec le texte (ses constituants, ses personnages, ses métaphores) ou jeu autour du texte (son statut ou le nom de son auteur), citation, référence, allusion, plagiat ou hommage, le présent volume offre une vaste palette de possibilités intertextuelles. Trois cas de figures se dégagent cependant avec plus de netteté : le premier consiste à reprendre dans leur ensemble un mythe ou un substrat de pensée qui, insérés dans leur contexte d'accueil, prennent une tout autre résonance ; le deuxième consiste à emprunter certains éléments ponctuels. Enfin, il existe aussi des affinités plus diffuses, des parallèles souvent très frappants, pour lesquelles il est toutefois difficile de décider si elles sont le fruit d'une influence directe.

  • Ce livre démontre l'unité du questionnement de Rilke sur ce qu'est une image, en confrontant systématiquement la poétique et l'esthétique, en pensant ensemble l'image en poésie et l'image en peinture. Il apparaît que la figure selon Rilke procède d'un travail de la figurabilité, d'une "pensée des yeux", qui met en jeu une dialectique de la figuration et de la défiguration, du lire et du voir, de la forme et de l'informe, de la parole et du silence, de l'apparition et de la disparition.

  • Deux études consacrées au problème de l'auxiliaire en grammaire allemande.Jean Janitza, Comparaisons morphosyntaxiques : le syntagme verbal en français et en allemand - Jean-Marie Zemb (Collège de France), Une commodité pragmatique voilée.

  • Né en 1874, Karl Kraus a été mêlé de loin ou de près, comme acteur, témoin ou juge, à tous les mouvements artistiques, intellectuels ou politiques qui agitèrent Vienne au début de notre siècle. Pendant plus de trente ans, de 1899 à sa mort en 1936, il fit paraître sa revue Die Fackel, qu'il finit par rédiger tout seul et dans laquelle il a publié la majeure partie de son oeuvre. Pessimiste et lucide il combattit les travers de son temps et ses armes préférées furent la citation et la glose. Les spécialistes français, autri­chiens, allemands, américains et hongrois dont les contributions sont réunies ici ont étudié tour à tour les rapports ambigus et apparemment changeants de Kraus avec la politique et les partis, ses prises de positions sur le sionisme, le nationalisme, la guerre et la paix, son attitude à l'égard de quelques grandes questions de son temps comme le féminisme, l'éducation, la théorie des masses ou le déclin de l'Occident, et ils ont analysé la stratégie et les armes du satiriste.

  • Ce premier travail collectif jamais publié en France sur Johann Nestroy trouve son origine dans un colloque international organisé par les universités de Paris III et de Paris IV dans le cadre de la préparation au concours de l'agrégation. Il a permis de mieux faire connaître au pu­blic français un grand dramaturge autrichien auquel s'attache à tort une réputation d'auteur populaire et régio­naliste.

  • Suivre Peter Handke, c'est partir et se dépouiller de toute certitude, mais aussi revenir à l'essentiel, à la conviction que l'écriture - récit, roman, essai, journal intime... - révèle à son auteur et à son lecteur un sens de l'existence et du monde.

  • Ce volume est à la fois un hommage, un témoignage et un manifeste. Il a été réalisé à l'occasion du 70e anniversaire de Pierre Bertaux, dont les écrits et les actions ont illustré pendant plusieurs décennies les études germaniques en France et ont joué un rôle de premier plan dans l'évolution de la discipline. En même temps c'est un témoignage vivant de cette influence : oeuvre collective de l'équipe de germanistes que Pierre Bertaux a réunie autour de lui à l'Institut d'Allemand d'Asnières à partir de 1969, il en démontre à la fois la diversité et la vitalité.

  • Juan Bautista Alberdi, né en Argentine en 1810, mort en France en 1884, fut un acteur engagé, un témoin lucide et un fin analyste de la longue et difficile marche vers l'indépendance argentine. Il vécut des longues années en France, d'abord comme représentant diplomatique, ensuite comme ambassadeur sans titres ni créances d'une conscience sud-américaine bien en avance sur son temps. Jean Jaurès, en visite en Argentine en 1911, lui rendit un hommage appuyé en affirmant que ses écrits appartenaient au trésor commun de l'esprit humain et qu'ils pouvaient côtoyer sans pâlir ceux de Tocqueville, Laboulaye, et même Montesquieu. Les pages de son livre Le crime de la guerre résonnent encore par leur pertinence et leur modernité. Entre autres mérites, il sut anticiper et dénoncer la dérive militariste qui marqua plusieurs pays d'Amérique du Sud. En 1844, ce penseur érudit et visionnaire formulait déjà un programme audacieux d'unité douanière, de monnaie unique et même d'une banque propre à la région latino-américaine. Dans le contexte commémoratif des bicentenaires des indépendances latino-américaines, des spécialistes de France et d'Argentine ont été réunis pour nous offrir dans Juan Bautista Alberdi et l'indépendance argentine. La force de la pensée et de l'écriture un livre essentiel pour comprendre l'originalité du processus de construction nationale après la rupture du lien colonial et pour saisir l'importance des efforts intellectuels qui ont rendu possible une telle entreprise.

  • Ce volume se propose de réunir et de confronter des travaux concernant trois domaines de la sémantique pragmatique du français qui sont habituellement séparés: la médiativité, la modalité et la polyphonie. Au-delà des différences et des spécificités de chacun de ces domaines, la problématique qui les unit est une même interrogation quant au rapport entre l'auteur d'un énoncé ou d'un discours et le contenu de son dire : l'auteur déclaré d'un énoncé peut-il ne pas être à l'origine de toutes les valeurs sémantiques qui s'y côtoient ? L'hypothèse de base de la polyphonie est que tout énoncé met en jeu une multiplicité de voix éventuellement autres que celles du locuteur. La médiativité, quant à elle, s'interroge sur les sources des connaissances véhiculées par un énoncé, ainsi que sur les modes d'accès du locuteur à ces sources et donc à ces connaissances. Enfin, certains travaux sur la médiativité intègrent l'étude des modalités dans leur champ, en particulier des modalités épistémiques, en tant que mode(s) d'accès aux représentations signifiées dans l'énoncé.C'est à cette intersection que veut se situer le présent ouvrage, où se croisent à la fois des études théoriques générales et des études spécifiques, des analyses synchroniques et des parcours diachroniques.

  • "Light", "Night", deux vocables de même consonance, deux concepts dont les acceptions, contraires mais complémentaires, sont au coeur de la littérature et de la culture anglaises au siècle des Lumières. Dans la vie quotidienne, la sphère nocturne, à Londres en particulier, est dangereuse, mais aussi fascinante, riche de plaisirs plus ou moins licites. En mer, la navigation de nuit est risquée, mais dans les deux cas, le progrès et la science font peu à peu reculer l'obscurité et ses aléas. La nuit, c'est aussi un thème privilégié dans le domaine de l'esthétique. Liée au sublime, elle alimente les jeux d'ombre et de lumière dans la littérature, la peinture, la musique, l'art des jardins, sollicitant toute la gamme des émotions chez le lecteur, l'auditeur et le promeneur de l'Angleterre georgienne. La nuit, enfin, est liée au questionnement de l'homme sur sa destinée : rêves prémonitoires, tentations du Malin, mais aussi élévation de l'âme aspirant à la lumière de la vie éternelle, et envolée de l'imagination créatrice, au-delà des ténèbres du monde fini, vers une clarté céleste, royaume de l'artiste visionnaire. Cet ouvrage est composé de communications présentées au Centre de Recherche et d'Etudes anglaises du XVIIIe siècle (CREA XVIII) de la Sorbonne Nouvelle et de contributions extérieures, réunies par Suzy Halimi.

  • La finalité de cet ouvrage est double. D'une part, il s'agissait de montrer l'extrême variété des réactions qu'a suscitée dans la littérature italienne la phase de contestation radicale des années 1960. D'autre part, il convenait de s'arrêter sur certains des effets, parfois très tardifs, de ce périple mouvementé qui permit aux plus inventifs de subtils aménagements avec les nouvelles règles d'écriture, au profit d'un lecteur qui souhaitait ne plus être traité à l'ancienne tout en étant régalé des délices d'autrefois.

  • Qu'elle soit une valeur, un mythe, une idéologie moderne ou la garante d'un nouveau réalisme libre de toute idéologie, la singularité est toujours un parti-pris. Ainsi la singularité du Robinson de Defoe fait-elle oublier l'invraisemblance psychologique flagrante de sa performance solitaire et forge-t-elle le rêve démiurgique moderne de l'individu auto-suffisant et autonome. Le parti pris peut être nominaliste - car le nominalisme (Occam, Mauthner, Stirner, Nietzsche...) ne connaît d'objets que particuliers -, subjectiviste (Rousseau, Goethe...), esthétique (Huysmans, Wilde, Barrès...), nationaliste (Barrès encore...) ou prendre la forme d'une stigmatisation assimilant génie et folie, exception et idiotie... Les Figures de la singularité explorent l'aspect nominaliste jusque dans ses variantes « quelconques » (Clément Rosset, G. Agamben) et la philosophie du sujet de l'époque idéaliste jusque dans ses conséquences solipsistes (Fichte). Elles s'intéressent à la singularité biographique et narrative de l'époque moderne et à la diversité de ses incarnations : artistes créateurs d'eux-mêmes, rebelles, dissidents... Comme aurait dit Nietzsche, c'est un thème pour chacun et personne, au croisement de la philosophie, de la littérature et de l'imaginaire collectif.

  • Souvent méconnues, les sacre rappresentazioni naissent à Florence, au début du XVe siècle, sous l'impulsion des dominicains de Saint-Marc. Les buts de ce théâtre sont d'abord pédagogiques. Les enfants sont, à cette époque, au centre d'intérêts civils et religieux importants : il s'agit d'en faire de bons citoyens et de bons chrétiens. Mais les auteurs de sacre rappresentazioni sont des laïcs. Artisans ou fonctionnaires de l'État, leurs intérêts privés et leurs liens d'amitié les rattachent souvent aux Médicis. La représentation sacrée cèle alors et nourrit parfois un discours politique. Cette étude, résolument interdisciplinaire, retrace l'histoire de ce théâtre et plonge le lecteur dans l'esprit d'une époque. Elle décrypte les modes de pensée et les enjeux culturels ou politiques de ceux qui ont inauguré la Renaissance en Europe.

  • Iconoclasmes, écriture figurée et théologie de l'Incarnation chez les poètes métaphysiques. Le cas de George Herbert. Cet ouvrage propose une nouvelle lecture de l'ouvre poétique de George Herbert (1593-1633), poète « métaphysique » et pasteur anglican. Il est replacé dans le contexte de l'iconoclasme anglais des 16e et 17e siècles, et dans celui de la crise plus fondamentale de l'image qui obsède l'âge baroque en Europe. La rhétorique et l'imaginaire iconoclastes sont au fondement du projet littéraire et religieux de Herbert, qui cherche à convertir et à purifier la poésie. Il contribue ainsi à façonner une nouvelle langue poétique et une pensée analogique paradoxalement fondées sur la résistance de l'image. Il s'agit de restaurer cette ressemblance de l'homme à Dieu qui semble avoir été perdue. La poésie aura pour tâche de la reconstruire intérieurement par une poétique efficace, dont le modèle absolu est la théologie de l'Incarnation, elle-même théologie de l'image.

  • La France est souvent représentée comme « le pays de la littérature ». C'est pourquoi, si le volume retient du cliché « l'exception française » la notion culturelle, il privilégie l'exception dans les formes littéraires. La perspective générale du volume fait apparaître les deux dominantes. Une première partie, « Histoire, imaginaire », développe la relation entre histoire et société, exception nationale et culture. La seconde, « Littérature », s'attache aux oeuvres modernes et contemporaines qui, jouant de la référence, nationale ou non, résistent à la règle et parfois la refondent. Aux points de vue de vingt chercheurs littéraires, de part et d'autre de l'Atlantique, répondent ceux de l'historien (Henry Rousso), de l'essayiste (Pascal Bruckner), du critique (Pierre Assouline) et du romancier (Philippe Vilain).

  • Ce volume explore la poésie des choses, la nature fuyante de la distinction entre l'objet et la chose et les avatars du kitsch. À travers les « grands textes » de la littérature britannique et américaine (Dickens. Norris, Joyce. Beckett. roman policier), des oeuvres lyriques (Thomas Hardy. Robert Lowell, Elizabeth Bishop, Derek Mahon, Paul Muldoon) ou des ligures d'artistes comme Derek Jarman et Jeff Koons, se fait jour une ligne de partage, ou ligne de faille, entre l'objet lyrique et la chose inhumaine, l'objet comme extension du moi et la chose comme remise en cause du sujet. Cette distinction parcourt la plupart des articles réunis dans ce volume dont l'ambition est de revenir sur les notions de ressemblance et de beau, cruciales pour le réalisme et le lyrisme contemporains, artistiques ou littéraires.

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