Plon

  • Nuit d'épine

    Christiane Taubira

    • Plon
    • 26 Septembre 2019

    La nuit, chacun la voit, la vit, la sent, l'apprivoise à sa manière. De celle de Guyane, trouée d'un faible lampadaire sous la lueur duquel, enfant, à la faveur de la moiteur et du silence, elle allait lire en cachette, à celle qui lui permettait de régler ses comptes avec les péchés capitaux que les religieuses lui faisaient réciter dans la journée, la nuit a souvent été, pour Christiane Taubira, une complice, une alliée, une sorte de soeur intime, un moment particulier.
    C'est la nuit des chansons qu'on adore et dévore, la nuit du sommeil qui refuse qu'on annonce la mort d'une mère, la nuit des études passionnées et des yeuxen feu à force de scruter les auteurs sacrés, la nuit qui ouvre sur les petits matins des métros bougons et racistes. C'est aussi la nuit des militantismes, de la Guyane qui se révolte, des combats furieux à l'Assemblée autour du mariage pour tous - un cathéter au bras et le courage en bandouillère. C'est enfin la nuit d'un tragique vendredi 13, bientôt suivie de celle où l'on décide d'un adieu.
    Ces nuits des espoirs, des questions, des inquiétudes parfois, des colères aussi sont un roman du vrai. Un récit littéraire où l'auteur montre que la vie est souvent plus forte, inventive, poétique, envoûtante, dure, terrible que bien des fictions.

  • Sans doute le livre le plus éclairant sur Montaigne depuis... Montaigne, et un chef-d'oeuvre d'André Comte-Sponville. Il nous fait redécouvrir Montaigne, écrivain de génie, talentueux philosophe et humain d'exception.

    Le tour de force d'André Comte-Sponville est d'avoir réussi, dans le dialogue amoureux qu'il mène ici avec l'auteur des Essais, à rendre limpide et bouleversante l'incroyable richesse de la pensée de celui-ci, tout en nous rendant intimement témoins de ce qu'il en retire pour faire franchir à sa propre philosophie une nouvelle étape.
    Il nous fait redécouvrir Montaigne, écrivain de génie, talentueux philosophe, humain d'exception que l'on aurait tant aimé connaître : " quel esprit plus libre, plus singulier, plus incarné ? Quelle écriture plus souple, plus inventive, plus savoureuse ? Quelle pensée plus ouverte, plus lucide, plus audacieuse ? Celui-là ne pense pas pour se rassurer, ni pour se donner raison. Ne vit pas pour faire une oeuvre. Pour quoi ? Pour vivre, c'est plus difficile qu'il n'y paraît, et c'est pourquoi aussi il écrit et pense. Il ne croit guère à la philosophie, et n'en philosophe que mieux. Se méfie de 'l'écrivaillerie' et lui échappe, à force d'authenticité, de spontanéité, de naturel. Ne prétend à aucune vérité, en tout cas à aucune certitude, et fait le livre le plus vrai du monde, le plus original et, par-là, le plus universel. Ne se fait guère d'illusions sur les humains, et n'en est que plus humaniste, Ni sur la sagesse, et n'en est que plus sage. Enfin il ne veut qu'essayer ses facultés (son titre, Essais, est à prendre au sens propre) et y réussit au-delà de toute attente. Qui dit mieux ? Et quel auteur, plus de quatre siècles après sa mort, qui demeure si vivant, si actuel, si nécessaire ? "

  • Trente ans après Le Meilleur des mondes, Aldous Huxley revient sur ce roman phare de la science-fiction pour constater que l'évolution qu'il imaginait dans les années 1930 se révèle une véritable prédiction.
    Le monde qu'il a vu émerger - la dictature scientifique, l'homme transformé en esclave amoureux de sa servitude, la montée des fanatismes, le cauchemar de l'organisation intégrale - est déjà en train de prendre forme sous ses yeux à la fin des années 1950.
    Dans cet essai d'une étonnante lucidité, il nous offre un regard percutant sur les évolutions sociales et politiques de son temps.

  • Pour chaque " entrée ", les auteurs ont également pris le parti de ne pas revenir sur les aspects classiques du proustisme (il existe de nombreux dictionnaires qui s'acquittent déjà, et admirablement, de cette mission), mais de pointer des bizarreries, des " angles ", des " curiosa " inédites : de " A " comme Agonie, à " Z " comme " Zinedine de Guermantes ", de " Datura " à " Rhinogoménol ", de " Kabbale " à " Asperge ", de " Plotin " à " Schopenhauer " ou " Walter Benjamin ", ils se sont ainsi amusés à parler du Proust qu'ils vénèrent depuis toujours, de sa biographie autant que de son génie d'écrivain, veillant chaque fois à apporter de la " valeur ajoutée " à leur texte. Les proustiens de coeur y trouveront leur compte, ainsi que les proustologues de tête. De nombreux extraits de correspondance et de l'oeuvre elle-même sont reproduits dans ce " D.A " volontairement facétieux, érudit et, espérons-le, aussi savant que divertissant.


  • A l'occasion des 40 ans de la disparition de Joseph Kessel, Olivier Weber livre son Dictionnaire amoureux du "Lion", ce voyageur révolté au faciès de baroudeur et au regard tendre ; un témoin parmi les hommes.

    " Les sentiments en bataille qui parcourent les livres de Joseph Kessel ne sont que le reflet d'une âme chavirée, mais qui demeure d'abord un coeur pur, où l'amitié des hommes compte autant que le goût du baroud. Plus que reporter au long cours, chantre de la grandeur humaine, il fut chroniqueur du monde, dans le fracas des guerres et le tourment des sentiments. Conteur des steppes, "Jef", ainsi que le surnomment ses amis, reste un témoin parmi les hommes, un marcheur dans le siècle traversé avec passion, un compagnon des aventures les plus improbables, un coureur d'horizons qui en aurait trop vu, un chantre de la souffrance et du bonheur des êtres, quels qu'ils soient.
    Pour Kessel, la vie somme toute n'aura été qu'un perpétuel mouvement de balancier. Des steppes argentines où il est né en 1898 aux ors de l'Académie française, des maquis improbables aux salons littéraires, " Jef le Lion " voulait autant traîner ses guêtres " là-bas " que témoigner " ici ". Éternelle soif de l'ailleurs et de l'autre qui ne fut étanchée que dans le désir d'écrire, non moins éternel. L'aventure était pour lui une maîtresse insatiable. Écrivain, grand reporter, Kessel demeure avant tout un homme de légende qui aura traversé deux conflits mondiaux, la révolution russe, maintes guerres civiles. Le monde était sa demeure, envahie par un vent entêtant, celui de l'appel au voyage. Chroniqueur des drames et spectateur engagé, fils d'un médecin juif d'origine russe, il était le frère des souffrants, au point qu'au soir de sa vie, infatigable révolté, romancier dostoïevskien, il prononça ces mots : " Ce que je n'aime pas, c'est l'injustice. " Superbe épitaphe pour les générations futures, reporters, écrivains et voyageurs. "
    Olivier Weber


  • Rien n'a jamais mieux résumé pour moi Jean d'Ormesson que la formule qu'emploie Shakespeare pour définir l'amour : " l'éternité plus un jour ". Personne n'a éprouvé comme lui une curiosité plus avide sur l'homme, son origine, son avenir, tout en ayant une aussi grande conscience de l'impermanence des choses et du caractère éphémère de la vie.

    " Tout ce que la France réunissait d'élégance, sauvegardait d'art, de légèreté et d'esprit se résumait en Jean d'Ormesson. On l'aimait parce qu'il illustrait le Français éternel, tel qu'il a été et ne sera plus après lui : léger et profond comme Voltaire, amusant et primesautier comme Sacha Guitry, ayant gardé du XVIIIe siècle le goût des sciences humaines et du romantisme les grands envols de l'imagination. On l'aimait parce qu'il représentait toutes les qualités qui ont constitué un pays exceptionnel qui a su allier l'élégance de la pensée, la légèreté amusante, l'humour et la tolérance. Il avait aussi réussi cette gageure de réunir dans sa personne les anciens parfums fanés de l'aristocratie et la méritocratie républicaine.
    Jean aimait les plaisirs de la société qui apportent à l'existence son raffinement, ses parfums, l'élégance des jolies femmes et gomment un peu de la brutalité de la bête humaine.
    La littérature était son pays, elle était sa religion, elle était sa passion. Il n'a jamais vécu que pour elle, par elle. Il la vivait, il la respirait en tout.
    Que ce soit dans l'amour ou dans l'amitié, marchant au soleil dans les chemins corses ou sur des skis à Val-d'Isère, la littérature, les mots, les vers étaient omniprésents. Ils affleuraient naturellement à sa bouche. Notre amitié est née de cette merveilleuse intoxication réciproque. Ensemble, nos personnes comptaient peu. Nous étions ailleurs, dans un autre monde où désormais je serai seul. "
    Jean-Marie Rouart

  • Pourquoi Stendhal a-t-il abandonnéLucien Leuwen alors qu´il restait si peu à faire pour l´amener à sa forme définitive ? Pourquoi, chez cet auteur, le travail de la mémoire prend-il le pas sur l´imagination ? Pourquoi écrit-il La Chartreuse de Parme en cinquante-deux jours alors qu´il laisse inachevéLamiel après deux ans et demi d´ébauche ? Pourquoi Le Rouge et le Noir n´eut-il aucun succès ? Pourquoi l´art de séduire lui fut-il étranger ? Pourquoi, dans ses romans, s´interdit-il d´expliquer, de juger, de commenter alors que dans la vie courante il ne cachait pas son mépris pour la sottise ambiante ? Comment, en exil consulaire à Civitavecchia, conçut-il ses fameuses Chroniques italiennes ? Pourquoi Stendhal, en rejetant sa ville natale, Grenoble, rejetait-il bel et bien l´état d´esprit de tout un peuple, les Français ?

    Autant d´interrogations, autant d´analyses auxquelles Dominique Fernandez, en fervent stendhalien, en observateur subtil, répond avec clairvoyance et délicatesse.

  • L'infidélité soulève des milliers de questions, de fantasmes, d'anecdotes...Amanda Sthers a fait des recherches pour retrouver les tromperies scandales emblématiques. Elle s'est aussi interrogée en revenant aux racines, aux textes religieux : comment échapper à cette malédiction ? Comment garder l'amour intact ? Et si l'infidélité était née avec l'amour ?" La notion de fidélité est apparue avec la sédentarité, ainsi pouvait-on être sûr de transmettre son morceau de terre à sa descendance. Il y a donc eu un long moment d'humanité volage. Étions-nous déjà jaloux ? Passionnés ? Avons-nous inventé l'amour et ses dérives ? Le désir est-il dissociable de l'amour ? À l'heure des réseaux sociaux et de la course à l'éternelle jeunesse, peut-on aimer la même personne toute sa vie ?
    Il existe mille façons d'être fidèle à soi-même. Me poser des questions sur l'infidélité en définissant les mots qui l'accompagnent, en revisitant les grands textes de la littérature et les figures qui l'ont illustrée, était une façon de me demander si j'avais encore le droit d'être une incorrigible romantique... " Amanda Sthers

  • " Dictionnaire est inspiré par l'amour des langues, qui est peut-être un des aspects de l'amour des gens".0300 « Comme tout dictionnaire, celui-ci ne requiert pas de lecture d´un bout à l´autre : il est inspiré par l'amour des langues, qui est peut-être un des aspects de l'amour des gens. »0300 « Comme tout dictionnaire, celui-ci ne requiert pas de lecture d´un bout à l´autre : il est inspiré par l'amour des langues, qui est peut-être un des aspects de l'amour des gens. »

  • C'est au casino d'Houlgate, en Normandie, dans les années 60, que tout a commencé. C'est là que Dominique Besnehard a découvert le cinéma et les actrices. C'est là qu'il est tombé fou d'amour, et pour toujours, pour Sylvie Vartan dont il est devenu plus tard l'ami et l'agent. C'est lui qui a découvert quelques belles inconnues nommées Juliette Binoche ou Béatrice Dalle, et défendu les intérêts de nombreuses stars : Jeanne Moreau, Isabelle Adjani, Charlotte Gainsbourg, Sophie Marceau, Nathalie Baye ou Christophe Lambert.
    C'est lui encore, par son improbable " incursion en politique ", qui fut le soutien inconditionnel de Ségolène Royal. Une affaire douloureuse dont il parle avec une grande franchise et beaucoup d'émotion.
    Personnage haut en couleurs, homme de coeur, de passion et de fidélité, il a accepté de se confier sans langue de bois, sans rien cacher de ses interrogations les plus intimes, avec enthousiasme, sincérité et lucidité. À la fois dans les coulisses et sur le devant de la scène, voici le récit du parcours atypique d'un boulimique qui vit, depuis toujours, avec ces êtres étranges et fascinants qui hantent le monde du spectacle, et notre imaginaire.

  • Retour sur les bancs de la communale Le titre de ce livre n'est pas usurpé : il s'agit bien d'un dictionnaire qui parle d'amour, avec ses exaspérations et ses admirations. Mais, comme toujours, il a fallu faire des choix. Il en résulte un catalogue où alternent des thèmes sérieux et de minces anecdotes, selon une chronologie vagabonde. Cette promenade correspond au sujet, lui-même illimité. Car nous avons tous l'École en partage, par nos souvenirs d'écoliers ou par la scolarité de nos enfants. Chacun d'entre nous se sent habilité à évoquer son expérience, au point qu'on trouverait 64 millions de spécialistes de l'École en France. Ce rapport affectif est renforcé par la nature même de l'enseignement, qui suppose une relation humaine forte. Il explique aussi la vigueur des querelles scolaires, jamais vraiment calmées, dans une société en désarroi qui demande toujours plus aux éducateurs. Ce dictionnaire rend hommage à ceux qui stabilisent des repères et préparent l'insertion des jeunes, dans un monde en mutation perpétuelle. Xavier Darcos

  • Ce que le lecteur, s'il existe, lira dans cet amas de signes est, et n'est pas, un essai éclaté, est et n'est pas un journal mais, mises à bout, rien que des rêveries d'écritures Or si, ici ou là, il a entendu, roulant, un collier brisé, le bruit de quelques perles, s'il a entendu quelques notes égrenées sur un piano qui, tel jour, à telle page, était par hasard accordé, s'il a, collant son oreille contre une phrase - une seule phrase peut-être et qui, d'apparence, était de bavardage entendu une voix, qu'il sache que, là, le temps fragile d'un frisson, se cachait mon aveu.

  • Ce livre n'est pas un essai réservé à un cercle restreint d'intellectuels. Nous l'avons écrit pour vous, parents, grands-parents, enseignants, citoyens curieux du XXI e siècle qui aimez que l'on parle avec précision et que l'on pense avec intégrité. Nous

  • A l´entendre, il fut un loup-garou, un énergumène, un vagabond errant dans l´«immense plaine des idées», et pourchassé de-ci, de-là, toute sa vie. Jeté comme par hasard dans le siècle appelé des Lumières, prolétaire, autodidacte, râleur, maladif, marcheur infatigable, vivant avec une femme qui ne savait pas lire, il va pourtant bouleverser l´histoire de la pensée. La vie politique, l´idée de révolution ne seront plus les mêmes après lui.


    «Il m´irritait et me fascinait depuis longtemps, car nous n´étions d´accord sur rien, ni sur le théâtre bien sûr, ni sur les femmes, ni sur l´éducation, la culture, le pouvoir. Sur rien. J´avais donc envie de lui parler un peu de tout ça, et de l´écouter. Je ne me trompais pas. L´homme est étonnant, riche de surprises, d´obsessions, de drôleries, de délires. Comme prévu, nous nous sommes opposés, durement parfois. Il n´a pas changé d´avis, moi non plus. Mais quelque chose nous a réconciliés dans une paix, dans une beauté que rien ne dérange : assis au bord d´un lac, un soir, nous avons lu ensemble quelques pages qu´il a écrites, et sur lesquelles glisse le temps, sans les effacer.» Jean-Claude Carrière, dramaturge, scénariste et romancier, a publié aux éditions Plon de nombreux ouvrages, parmi lesquels Contes philosophiques du monde entier,Le Vin bourru, Les Mots et la Chose, Les Fantômes de Goya, Dictionnaire amoureux de l´Inde et Dictionnaire amoureux du Mexique.

  • " C'est le discours que j'ai rêvé de faire et que je ne ferai jamais. " C'est ainsi qu'Henri Guaino débute ce livre. Il aime Camus par-dessus tout, cet écrivain qui a beaucoup compté dans sa formation intellectuelle, et a rêvé d'organiser le transfert de ses cendres au Panthéon.
    Ce livre met en valeur l'engagement d'Albert Camus auquel Henri Guaino rend ici hommage avec brio.

  • " Je n'avais pas prévu que, pour une bonne part, ce vagabondage se ferait en pays d'enfance. Grâce au ciel, j'avais conservé la plupart de mes anciennes lectures : Bibliothèque verte, collection Nelson, vieilles bandes dessinées. Bicot, Lucky Luke, capitaine Fracasse, Zorro l'homme au fouet, je ne m'attendais pas à les retrouver aussi pimpants, aussi vivaces... J'ai même replongé dans de vieux classiques Larousse : Le Bourgeois gentilhomme, Dom Juan... Je ne me souvenais pas d'y avoir souligné des passages, pris des notes. Aurais-je été un élève studieux ? J'en suis encore ébahi. J'y ai retrouvé le fantôme du frisson des leçons non apprises. Sur la cire de la mémoire, la jeunesse est-elle l'âge où s'inscrivent plus facilement les héros ? " Patrick Cauvin Patrick Cauvin, de son vrai nom Claude Klotz, vécut sa petite enfance à Marseille avant de venir à Paris. Professeur de lettres en banlieue pendant dix ans, passionné d'opéra, fou de cinéma, il est devenu l'un des romanciers français les plus populaires : E=mc2 mon amour, Villa Vanille, Torrentera... pour citer quelques-uns de ses titres, dont plusieurs ont été portés à l'écran.

  • La gauche a fini par se convertir aux dogmes du libéralisme économique. Et voilà que la droite joue la championne de la lutte contre l'exclusion sociale. Droite, gauche, droite... valsent les noms et les couleurs politiques, mais restent les chômeurs et la pauvreté ! A quoi rime une alternance où la gauche se prend pour la droite et réciproquement, où la virulence des anathèmes entre les camps est proportionnelle à la convergence des programmes ? Où les leaders de tous bords trouvent-ils l'aplomb de nous proposer aujourd'hui des solutions, alors que, dix ans chacune au pouvoir, la droite et la gauche n'ont adopté aucune mesure efficace contre le chômage ou l'exclusion ? Pourquoi ce qui n'est jamais possible avant les élections le deviendrait-il après ? Jacques Généreux démonte les stratégies cachées du pouvoir, quelle que soit sa couleur politique, et explique comment vaincre le penchant naturel de tout dirigeant, l'immobilisme.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Lorsque le général de Gaulle, et les autres "pères de la constitution" de 1958, fondèrent la Ve République, leur intention était de créer un exécutif fort et stable, pour soustraire le gouvernement de la France au "régime des partis", ou régime d'assemblée, antérieur. Mais ils y ont trop bien réussi, en pulvérisant de fait les autres pouvoirs, le législatif et le judiciaire. Ce n'était pas là trouver la formule d'une constitution, à la fois efficace et démocratiquement équilibrée. Au fil des années, le pouvoir présidentiel est devenu l'unique pouvoir, dont le gouvernement lui-même est devenu la simple courroie de transmission. Le paradoxe est que cette surpuissance présidentielle, à la fois omnipotente et irresponsable, a débouché à la longue sur le contraire de ce qu'elle était censée apporter, à savoir l'efficacité. La France a donc perdu sur les deux tableaux. La critique de nos institutions, que présente ici Jean-François Revel, tranche sur les critiques habituelles. Il ne s'agit pas, en effet, à ses yeux, de savoir si le mandat présidentiel est trop long ou trop court, s'il doit être renouvelable ou non. Il ne s'agit pas non plus de remettre en question l'élection au suffrage universel direct, à laquelle les Français sont devenus, à juste titre, très attachés. Il s'agit de redéfinir le contenu des attributions présidentielles, et de les réinsérer dans un ensemble qui redevienne démocratique, c'est-à-dire qui soit fondé sur le contrôle mutuel des pouvoirs. C'est qu'il faut s'interroger sur ce que l'on entend au juste par État fort. Un pays peut très bien, comme en Amérique latine, avoir un président fort à la tête d'un État faible. Le président fait exécuter par l'État tout ce qui lui plaît. Mais l'État est, en même temps, incapable de résoudre les grandes questions de fond de la société. Sa politique étrangère même, le trop fameux "domaine réservé", peut s'égarer. Ce pays tombe alors de l'absolutisme inefficace dans l'anarchie autoritaire.

  • Lorsque le général de Gaulle, et les autres "pères de la constitution" de 1958, fondèrent la Ve République, leur intention était de créer un exécutif fort et stable, pour soustraire le gouvernement de la France au "régime des partis", ou régime d'assemblée, antérieur. Mais ils y ont trop bien réussi, en pulvérisant de fait les autres pouvoirs, le législatif et le judiciaire. Ce n'était pas là trouver la formule d'une constitution, à la fois efficace et démocratiquement équilibrée. Au fil des années, le pouvoir présidentiel est devenu l'unique pouvoir, dont le gouvernement lui-même est devenu la simple courroie de transmission. Le paradoxe est que cette surpuissance présidentielle, à la fois omnipotente et irresponsable, a débouché à la longue sur le contraire de ce qu'elle était censée apporter, à savoir l'efficacité. La France a donc perdu sur les deux tableaux. La critique de nos institutions, que présente ici Jean-François Revel, tranche sur les critiques habituelles. Il ne s'agit pas, en effet, à ses yeux, de savoir si le mandat présidentiel est trop long ou trop court, s'il doit être renouvelable ou non. Il ne s'agit pas non plus de remettre en question l'élection au suffrage universel direct, à laquelle les Français sont devenus, à juste titre, très attachés. Il s'agit de redéfinir le contenu des attributions présidentielles, et de les réinsérer dans un ensemble qui redevienne démocratique, c'est-à-dire qui soit fondé sur le contrôle mutuel des pouvoirs. C'est qu'il faut s'interroger sur ce que l'on entend au juste par État fort. Un pays peut très bien, comme en Amérique latine, avoir un président fort à la tête d'un État faible. Le président fait exécuter par l'État tout ce qui lui plaît. Mais l'État est, en même temps, incapable de résoudre les grandes questions de fond de la société. Sa politique étrangère même, le trop fameux "domaine réservé", peut s'égarer. Ce pays tombe alors de l'absolutisme inefficace dans l'anarchie autoritaire.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • De Sade on connaît surtout... le sadisme, et la démesure d´une oeuvre considérée parmi les plus noires de la littérature.Cet entretien fictif entre Noëlle Châtelet et le marquis de Sade (questions inventées et réponses puisées dans les écrits du marquis) permet de dépasser les a priori, les procès hâtifs que Sade a lui-même entretenus par ses provocations et sa complaisance dans la cruauté, et de faire la part entre la complexité de sa personne et l´outrance de ses personnages.Grâce aux questions stimulantes de Noëlle Châtelet, on découvre comment Sade s´inscrit, à sa façon, dansl´aventure intellectuelle des Lumières, et le rôle théorique qu´il joue pendant la Révolution française et lors des premiers pas de la République.Avec le pessimisme d´un homme le plus souvent privé de liberté, il se plaît notamment à disserter sur les grands débats du siècle : le despotisme, la religion, la place de l´homme dans la nature, la toute-puissance de l´instinct sur la civilisation, la relativité des lois, la liberté sexuelle des femmes, la suppression de la peine de mort, le principe de laïcité, etc. Autant de sujets qui interrogent encore notre époque.Converser avec Sade aujourd´hui, deux siècles après sa mort : une manière nouvelle et originale d´approcher l´homme et sa pensée.Universitaire et écrivain, Noëlle Châtelet poursuit à travers essais, nouvelles, romans et récits, parmi lesquelsHistoires de bouches,La Femme coquelicotetLa Dernière Leçon, une réflexion sur le corps et ses métamorphoses.

empty