Perrin

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    L'un des premiers et des plus grands textes politiques modernes écrit par un homme d'Etat exceptionnel.

    Publié pour la première fois en 1688, le Testament politique du cardinal de Richelieu, dont l'authenticité est aujourd'hui établie, fut composé en parallèle avec l'action gouvernementale de son auteur, dont il constitue l'écho et le prolongement. Pourtant, beaucoup de ses propos s'élèvent très au-dessus de la conjoncture historique des années 1620-1640. En un style parfois foudroyant, c'est la philosophie même de la fonction d'homme d'Etat, ses principes, ses exigences et ses contraintes, qu'expose le grand ministre, et qui valent pour le temps présent.
    " Richelieu prenant le parti du peuple contre la noblesse ?
    Oui. Lisez son Testament politique. "
    Charlie Hebdo
    /> " Les lucides leçons de ce professeur d'énergie
    méritent d'être méditées. "
    Le Figaro Magazine

  • Soixante ans après sa mort, la vie de Colette reste un modèle. Modèle de liberté, de volonté et d'affranchissement. Pas de vains mots pour la reine de l'autofiction mais une réalité que narre ici avec talent l'un de ses meilleurs connaisseurs, Gérard Bonal.
    Colette (1873-1954) a donné à l'autofiction ses lettres de noblesse, raconté sa vie sans cesse et à toutes les occasions, se réinventant en créatrice de produits de beauté à son nom, ou improvisant comme il lui chantait. A l'aune de nos vies contemporaines, celle de Colette figure sans nul doute l'avant-garde. Dans cette nouvelle biographie, l'auteur a pris le parti de montrer combien sa vie, suite de scandales, de coups de force, de traits d'audace aussi bien littéraires que personnels dessinait une trajectoire volontaire. Cette cohérence est d'autant plus évidente que Gérard Bonal a voulu écrire cette biographie comme un récit - presque un roman avec ses épisodes dramatiques, ses ruptures amoureuses, ses succès professionnels : dés les années 20, Colette figure au sommet des auteurs à succès. Un roman où tout est vrai et qui s'inscrit fortement dans le contexte français : la province de la fin du XIXème siècle, la Belle Epoque, la Première Guerre mondiale, le crash de 1929, l'Occupation...
    A l'appui de cette thèse, la rigueur des informations puisées aux meilleures sources (correspondances inédites retrouvées qui révèlent des aspects jusque-là inconnus, témoignages inédit des contemporains...), vérifiées et croisées à quarante années de recherches colettiennes ( on peut en effet dater de 1973, année du centenaire de la naissance de l'écrivain, l'intérêt de l'université pour Colette). Des recherches parfois désordonnées, en tout cas géographiquement dispersées en France, aux Etats-Unis, en Australie, et qu'il convenait de remettre en perspective. Ainsi sont revisités et réévalués les grands thèmes colettiens : la mère, les bêtes, l'amour, l'homosexualité tandis que l'on découvre, qu'avant tout le monde, l'écrivaine s'est interrogée sur le genre... Un travail neuf et vif qui révèle, soixante ans après sa mort, une Colette sinon inconnue, du moins plus secrète, plus brutale, plus vraie, plus contemporaine que celle qu'a fabriqué l'imagerie pieuse de " la bonne dame du Palais-Royal " et que le monde entier vient visiter à l'instar d'Audrey Hepburn ou Truman Capote. Mais au final combien est plus intéressante cette femme forte et qui ne dépendait que d'elle seule.

  • Ce Dictionnaire Victor Hugo offre tout à la fois une vraie lecture guidée de l'oeuvre monumentale du plus célèbre des écrivains français, et un portrait saisissant de l'homme, à la fois poète, dramaturge, pamphlétaire, Pair de France et sénateur.
    Faire lire et aimer Victor Hugo, faciliter les retrouvailles avec une oeuvre si monumentale qu'elle exige d'être sans cesse redécouverte, voilà l'ambition de ce dictionnaire. Pour le confectionner, Jean-Pierre Langellier a lu et relu les dizaines de livres, les milliers de lettres et de fragments où Hugo décline son génie sur tous les registres : théâtre, poésie, romans, essais, discours, carnets, correspondance, manuscrits posthumes.
    Ses choix ont été guidés par un double souci : dans la forme, privilégier la puissance poétique, la rencontre heureuse des images et des mots ; sur le fond, tenter de restituer l'ambition cosmique d'une oeuvre et d'un homme mus par la passion du réel et la quête de l'impossible.
    Formidable témoin de l'Histoire immédiate, le plus célèbre des écrivains français scrute aussi les gouffres des âmes. Avec lui, on voyage à hauteur d'homme, mais aussi de l'infime à l'infini. Une aventure au seuil de laquelle Hugo nous attend.

  • Une vie d´écrivain, autrement dit l´histoire d´un homme, l´histoire d´une carrière, l´histoire d´une écriture. Comment devient-on Balzac ? Quelles options s´offrent à vous quand vous voulez vous faire un nom en littérature et que vos parents préfèreraient vous voir devenir notaire ? Dans quoi vous engagez-vous ? A quoi ressemble le milieu qui produit et diffuse cet étrange objet du désir, le livre ? Si la vie de Balzac est passionnante comme un roman, la situation du romancier dans le contexte littéraire, éditorial et culturel de son temps l´est encore plus. Il s´agit ici de comprendre quels enjeux, quels défis, quelles contraintes représente et implique le choix de vivre de sa plume entre 1820 et 1850. ÉcrireLa Comédie humaine, ce n´est pas seulement se faire une place au soleil de la littérature, c´est s´affronter au XIXe siècle, l´embrasser, le comprendre, le mettre à nu par les voies de la fiction. C´est aussi donner ses lettres de noblesse au genre romanesque, bâtir un monument sans précédent ni égal, créer une société où 2 500 personnages condensent la France issue de la Révolution et de l´Empire. C´est s´affirmer comme le Napoléon des lettres par l´observation, l´invention et l´analyse. Le tout pour tenter de faire fortune autant que pour se faire reconnaître pour le génie que l´on est, sans conteste. Ce livre se veut récit d´une épopée et fresque d´une époque décisive pour la littérature française.

  • Éveline Rzewuska, jeune fille de haute noblesse, vit dans une Pologne sous domination moscovite. Son père lui fait épouser - par contrainte - le maréchal Hanski, de vingt-deux ans son aîné qui, pour conserver sa fortune, accepte d'obéir à l'envahisseur. Dans son château de Wierzschovnia, Éveline règne sur trois mille serfs. Servie par trois cents domestiques à sa dévotion, elle s'ennuie dans ce monde clos, et rêve de la France où se réfugient ses amis les intellectuels polonais. Elle fait venir de Paris les livres en vogue, et découvre un écrivain, Honoré de Balzac, qui peint en sensitif la femme de trente ans. Et cette femme, victime du mariage, sacrifiée, qui rêve d'amour, c'est elle ! À distance, Éveline s'éprend de ce génie, qu'elle imagine noble et beau... Il n'est ni l'un ni l'autre, mais quand elle le verra pour la première fois, son charme, sa conversation, et son talent, suffiront à la séduire. Balzac, né d'une famille plébéienne, les Balssa, est toujours en quête d'amour, d'argent et de femmes du monde. En proie à une sensualité impétueuse, il parcourt l'Italie avec une jolie Caroline déguisée en garçon, sillonne l'Allemagne et la Hollande sous le surnom de Bilboquet, assied ses cent kilos sur une mule, pour traverser la Sardaigne à la recherche de mines d'argent, achète des terres sur les coteaux de Saint-Cloud pour y cultiver l'ananas, et devient Mme veuve Durand pour échapper à ses créanciers. Flatté par l'intérêt que lui porte cette lointaine comtesse Hanska, Balzac, forçat de la plume, y répond par des lettres de plus en plus ardentes. La déesse et le génie vont vivre un amour démesuré et pathétique, épistolaire puis réel. Mais la présence du comte Hanski, qui tarde à mourir, limite leurs escapades, bride leur passion, exaspère leur désir. Et le mariage ne consacrera enfin cet amour que quelques mois avant la mort de Balzac. Excellent conteur, Jacques Delaye restitue avec bonheur cette liaison célèbre et, surtout, il nous fait mieux connaître la femme qui, après Mme de Berny, compta le plus dans la vie du géant des lettres françaises.

  • « Parcourir notre vingtième siècle, tenter de le raconter et de le comprendre, vouloir le rendre présent et l'expliquer, tel est depuis plusieurs années l'un de mes souhaits. De livre d'histoire en roman, de cours devant des étudiants à des analyses de livres dans l'Express, j'ai essayé de réaliser ce voeu, venu sans doute du fait que mon père, ancien combattant de la Première Guerre mondiale, m'a fait contemporain de ses épreuves par ses récits et, qu'enfant pendant le deuxième conflit mondial, j'ai vécu intensément ces quatre années violentes.
    J'ai, avec six de mes romans (le Cortège des vainqueurs, les trois volumes de la Baie des Anges, et les deux tomes des Hommes naissent tous le même jour), commencé le roman-histoire de ce « siècle des tempêtes » qu'est notre temps. J'achevais d'écrire les Hommes naissent tous le même jour quand les animateurs de l'émission de France-Inter, l'Oreille en coin, m'ont proposé de raconter en vingt émissions d'une heure le vingtième siècle.
    Ce livre est né de cette série d'émissions. Il ne s'agit donc pas d'une étude érudite mais bien du récit des principaux événements qui ont fait ce siècle. J'ai évité ce qu'on appelle « la petite histoire ». Je crois que les « grands » événements et les « grandes questions » sont aussi passionnants que les « petits », sinon plus. Bien sûr tout le siècle n'est pas présent. Il m'a fallu choisir dans cette période foisonnante ce qui me paraissait le plus significatif. Après avoir lu ce livre je voudrais que le lecteur éprouve comme moi le sentiment de la richesse inépuisable, contradictoire, inquiétante et pourtant pleine de lendemains de ces années qui ont, dans l'aventure des hommes, compté plus que cent mille ans. »
    Max Gallo

  • La collection « Autoportraits » Dans sa correspondance, dans son journal, le savant, le romancier, l´homme d´État ou le compositeur s´abandonne, écrit dans la fièvre de l´instant. Le pari de la collection « Autoportraits » est d´offrir des autobiographies de personnalités à partir de leurs écrits intimes pour vivre ainsi leur existence au plus près, le temps d´un livre.

    Chaque titre de la collection propose en introduction un portrait subjectif et passionné par un spécialiste de la personnalité auquel le livre est consacré, une chronologie de sa vie, une liste des personnes citées et une bibliographie.



    Flaubert est tout entier dans sa correspondance : un lecteur frénétique et averti de Rabelais, Shakespeare et Molière ; un voyageur curieux de l´Orient, rendant compte, chaque jour, de son périple à travers l´Égypte, la Palestine, l´immense Empire ottoman de l´époque ; un solitaire amoureux des femmes et du beau monde ; un écrivain transi drapé dans la tunique de saint Gustave, martyr des lettres... Il est là, à vif, à cru, dans ses lettres écrites avec fougue, sans la moindre des censures bourgeoises d´aujourd´hui.

    Bertrand Le Gendre puise avec allégresse dans ses milliers de correspondances pour nous brosser l´autoportrait flamboyant de cet écrivain énigmatique et terriblement moderne, auteur des inégalés Madame Bovary, Salammbô, L´Éducation sentimentale ou Bouvard et Pécuchet. Jean-Paul Sartre lui a consacré trois épais volumes avant de jeter l´éponge. Mario Vargas Llosa, un essai érudit dont on ne parle plus. Sans doute parce que Flaubert avait déjà répondu lui-même avec un éclat confondant. Ce 3e titre de la collection « Autoportraits » apporte une vision concise et puissante de la vie de Flaubert tel qu´en lui-même.

  • Grâce à ses milliers de citations, tirées de la correspondance ou d'oeuvres autobiographiques de George Sand, cet ouvrage permet de saisir au plus près la personnalité et la pensée de cette femme hors norme que fut la " Dame de Nohant ".
    L'avant-propos résume son destin de jeune fille rangée, issue par son père de la haute aristocratie et par sa mère du peuple, qui conquiert progressivement sa liberté en rompant les liens du mariage, et s'affranchit définitivement grâce à la littérature qui lui permet de devenir financièrement autonome. Ainsi Aurore Dupin devient-elle George Sand, pionnière féministe provoquant le scandale par ses amours multiples et ses choix politiques en faveur de la République et de la Révolution.
    La partie dédiée aux noms communs est l'occasion de comprendre l'évolution de la réflexion de Sand sur l'amour, la famille, le sort des femmes, la littérature, le socialisme et le communisme, la politique et le gouvernement des hommes, la pauvreté, la vie parisienne, la vie à la campagne, etc.
    La partie consacrée aux noms propres fait notamment ressortir des dizaines de portraits de grandes figures historiques, littéraires (Balzac, Sainte-Beuve, Victor Hugo, Flaubert) et familiales.

  • D'un charme et d'une élégance sans pareils, Louise de Vilmorin (1902-1969), issue d'une famille de grainetiers et de botanistes renommés depuis Louis XV, fut une des femmes les plus admirées des années 1920 aux années 1960. Séductrice de mille et un coeurs, égérie et complice de Saint-Exupéry, Malraux, Cocteau, Jean Hugo, Orson Welles, Roger Nimier, et tant d'autres, Louise ne subjuguait pas seulement par sa beauté et sa fantaisie, mais aussi par sa poésie. Arrivée à la littérature en 1934, sur les conseils de Malraux, cette femme du monde, hors école, impose un style. Fiançailles pour rire, "L'alphabet des aveux" et trois autres recueils de poèmes révèlent une riche imagination. Plébiscitée par les Surréalistes, elle entraîne le lecteur dans un monde merveilleux, où l'absurde se moque des conventions. Sainte Unefois, Le Lit il colonnes, Madame de... Julietta, L'heure maliciôse, parmi une dizaine de romans, la propulsent en tête des meilleures ventes, en rivale de Simone de Beauvoir. Amoureuse aux multiples conquêtes, mariée de 1925 à 1937 à Henry Leigh Hunt, homme d'affaires américain, et de 1937 à 1944 au comte Paul Palfy, un grand seigneur de Slovaquie, cette volage, fidèle dans ses amitiés jusqu'à l'obsession, affirme son indépendance et son originalité bien avant que les femmes ne s'émancipent. Généreuse et capricieuse, charmeuse et tyrannique, elle avait aussi le courage d'être franche jusqu'à l'insolence.

  • D'un charme et d'une élégance sans pareils, Louise de Vilmorin (1902-1969), issue d'une famille de grainetiers et de botanistes renommés depuis Louis XV, fut une des femmes les plus admirées des années 1920 aux années 1960. Séductrice de mille et un coeurs, égérie et complice de Saint-Exupéry, Malraux, Cocteau, Jean Hugo, Orson Welles, Roger Nimier, et tant d'autres, Louise ne subjuguait pas seulement par sa beauté et sa fantaisie, mais aussi par sa poésie. Arrivée à la littérature en 1934, sur les conseils de Malraux, cette femme du monde, hors école, impose un style. Fiançailles pour rire, "L'alphabet des aveux" et trois autres recueils de poèmes révèlent une riche imagination. Plébiscitée par les Surréalistes, elle entraîne le lecteur dans un monde merveilleux, où l'absurde se moque des conventions. Sainte Unefois, Le Lit il colonnes, Madame de... Julietta, L'heure maliciôse, parmi une dizaine de romans, la propulsent en tête des meilleures ventes, en rivale de Simone de Beauvoir. Amoureuse aux multiples conquêtes, mariée de 1925 à 1937 à Henry Leigh Hunt, homme d'affaires américain, et de 1937 à 1944 au comte Paul Palfy, un grand seigneur de Slovaquie, cette volage, fidèle dans ses amitiés jusqu'à l'obsession, affirme son indépendance et son originalité bien avant que les femmes ne s'émancipent. Généreuse et capricieuse, charmeuse et tyrannique, elle avait aussi le courage d'être franche jusqu'à l'insolence.

  • Cet ouvrage est consacré à l'évolution des rapports de la noblesse française avec l'argent et le travail, de l'Ancien Régime au XXe siècle, Jean Nagle s'intéresse surtout à la haute noblesse, ancienne noblesse de Cour le plus souvent, que l'on appelle encore, par un abus - car elle habite largement ailleurs - le faubourg Saint-Germain. Rien n'était plus éloigné, à l'origine, de l'esprit nobiliaire que le commerce et le travail rétribué. La source de l'argent devait être honorable. C'était un don de Dieu, via le roi, en échange duquel on le servait, ou de la terre en échange duquel on accordait protection et subsistance à ceux qui la travaillaient. Forcée de s'adapter aux aléas, la haute noblesse a, couramment, pratiqué le mariage avec des familles enrichies par des moyens condamnés. Par là, elle s'est ouverte, à partir du XVIIe siècle, à un nouvel état d'esprit : esprit d'entreprise, esprit libéral en politique. Comme par compensation, fatuité et snobisme ont accompagné cette ouverture à la société d'argent. Au XIXe siècle, après la Révolution, le faubourg Saint-Germain réaffirme son particularisme, en conciliant la régénération des valeurs religieuses, le luxe que lui permet l'argent retrouvé, et la charité dont la nécessité est accrue par les effets sociaux de la révolution industrielle. La noblesse admet désormais la morale du travail rétribué et, peu à peu, son comportement à l'égard de la finance, du commerce, de l'industrie, la rapprochera de la bourgeoisie. Toutefois, elle continue de cultiver ses valeurs propres, notamment son sens spécifique de l'argent et son attachement à la terre.

  • En 1940, R. de Chambrun, gendre de Pierre Laval, se fait l'avocat de l'Angleterre afin de convaincre Roosevelt de lui fournir des armes pour se battre contre l'Allemagne.

  • Le monde dans lequel mes parents s'avisèrent de me mettre, le 6 août 1931, n'était plus celui des années folles, déjà dépassées, ni celui de la crise de Wall Street - nous étions déjà ruinés depuis longtemps -, mais un monde révolu depuis la chute de l'Empire, le second, bien sûr ! Ses dernières images, affaiblies, presque effacées, furent les premières que je feuilletai en apprenant à lire dans Le Magasin pittoresque ou Le journal d'éducation et de récréation de M. Hetzel. Les fées qui se penchèrent sur mon berceau avaient été jeunes et belles sous l'Empire ; c'est dire assez qu'elles ne l'étaient plus. Leur grand âge donnait à leurs souvenirs le charme qu'elles avaient perdu. L'une avait fait le tour du monde, peu d'années avant Phileas Fogg, l'autre avait voyagé en Orient et connu mille aventures à une époque où les dames, même un peu dévergondées, restaient chez elles. À côté de ces fées, il y avait des magiciens qui racontaient leur jeunesse au Canada, vers 1880, ou leur découverte d'Angkor, au début du siècle. Lorsque toutes ces personnes étaient lasses d'égrener leurs souvenirs, elles se débarrassaient de moi en me donnant des livres de Jules Verne, où je retrouvais l'atmosphère de leurs récits. En dépit de mon admiration pour cet auteur de génie, dont l'oeuvre m'apparaissait un peu comme une immense encyclopédie, mes études furent loin d'être aussi brillantes que mes parents - dans leur naïve ambition - le souhaitaient. Je décidai de faire mon droit où j'espérais trouver des loisirs. Des loisirs à la littérature, il n'y a qu'un pas, franchi avec allégresse et qui, à travers l'Histoire ou la fantaisie, m'a ramené à l'enchanteur de mon enfance, à ce Jules Verne plus actuel que jamais, mais en qui j'ai préféré voir un poète du XIXe siècle plutôt qu'un visionnaire dont les anticipations ne laissent plus de place au rêve maintenant qu'elles sont devenues une réalité. C'est ce que j'ai essayé de montrer dans ce Tour de Jules Verne.

  • "Contemporain capital", la définition d'André Gide par André Rouveyre, longtemps attribuée à Malraux, a le mérite de l'efficacité : elle frappe et se retient. Cévenol d'Uzès par son père, Normand par sa mère, André Gide (1869-1951) fut certainement l'un des écrivains les plus influents de la première moitié du XXe siècle. Il publia son premier livre, "Les Cahiers d'André Walter", en 1891, chez Perrin. Suivirent "Corydon", apologie de l'amour homosexuel, "les Nourritures terrestres" (1897), "l'Immoraliste" (1902), "la Porte étroite" (1909), "les Caves du Vatican" (1914), "les Faux-Monnayeurs" (1925). Chacun de ces ouvrages ne connut au départ que des ventes confidentielles. Pourtant, dès les années 20, la notoriété de Gide commence à déborder les cénacles littéraires. Cofondateur de la NRF, il fait déjà figure de pape des lettres. Il apparaît bientôt comme l'initiateur d'une nouvelle morale fondée sur l'épanouissement des instincts, l'individualisme, l'assouvissement des désirs. Il exerce alors une énorme emprise sur la jeunesse intellectuelle qui se prolongera jusqu'à sa mort. Ses hymnes à la liberté d'agir à sa guise ne l'empêchaient pas d'être séduit par l'engagement politique. Mais il était trop indépendant et trop critique pour se soumettre à une doctrine. Tenté un moment par l'Action française, il est attiré ensuite par le communisme, mais son voyage en URSS l'en éloignera sans retour. Que quelques hommes de Vichy aient dénoncé ce défenseur et illustrateur de l'homosexualité, considéré comme un "corrupteur" de la jeunesse, aidera certainement à la persistance de son influence, couronnée par le prix Nobel en 1947. Ses combats pour la justice (Souvenirs de la cour d'assises) et contre certains aspects de la colonisation (le Voyage au Congo) contribuèrent énormément à sa célébrité. Son Journal qui parut de 1939 à 1950, d'une franchise souvent cruelle, est l'ouvrage le plus important de ce Narcisse aussi amoral dans le comportement que rigoureux en littérature pour lui-même - ne l'oublions pas, Gide est un grand écrivain classique - et pour les autres.

  • Dans le contexte tourmenté du XIVe siècle - on croit imminente la fin du monde -, Delphine de Signe, à quinze ans, est mariée à Elzéar de Sabran, qui en a treize. Alors commence pour les époux une extraordinaire aventure spirituelle, qui durera près de vingt-cinq ans. Jeunes, beaux, unis l'un à l'autre par un grand amour, ils vivront sous le même toit, partageront le même lit, en restant, de leur propre volonté, vierges. Leur voeu de chasteté demeure secret, car de leur alliance, qui est celle de deux grandes et riches familles provençales, leur entourage attend un nécessaire héritier. Aussi sont-ils tenus de donner le change et, donc, d'avoir aux yeux du monde le comportement qui convient à leur rang et à leur situation. Sublimation du désir, fusion mystique, apothéose de l'amour courtois, influence, aussi, des Franciscains spirituels qui, en ces temps corrompus, préconisent le retour à la chasteté. Admirablement mise en scène par Suzanne Bernard, la pure passion de Delphine et Elzéar, qui jouèrent un grand rôle en Provence et à la cour de Naples, nous émeut et nous interroge. Elzéar, qui meurt à trente-huit ans, sera canonisé. Delphine, qui lui survit trente-sept ans, entra en pauvreté, accomplit plusieurs guérisons miraculeuses. Elle sera décrétée bienheureuse. Les époux reposent dans le même tombeau, dans la cathédrale d'Apt.

  • Placé sous le signe de la passion, voici enfin en poche les Mille ans de langue française dirigé par Alain Rey. La langue française est au coeur de la vie quotidienne de ce grand amoureux de notre langue. Quoi de plus naturel alors pour lui qu´en raconter la lente et minutieuse évolution des origines à nos jours. Une entreprise ambitieuse réalisée avec le concours de deux chartistes et universitaires Frédéric Duval et Gilles Siouffi.

    Dans ce second tome, les auteurs poursuivent le récit de la longue histoire du Français. Au XIXe siècle la langue évolue et se fixe après la Révolution. Les patois disparaissent peu à peu. En même temps, l´empire colonial poursuit son développement, les échanges qui s´intensifient avec l´Europe et le monde influent sur la langue en profondeur. On parlera au XXe siècle de la francophonie... La langue française évolue aussi de l´intérieur, offrant des syntaxes renouvelées qui reflètent l´évolution du pays, ainsi les écrivains contemporains bousculant la langue, empruntant aux registres les plus divers ; parfois, l´émergence de nouvelles industries ou de nouvelles technologies chahutent l´ordonnancement plus classique des mots à l´instar des « sms » si usités désormais... Le langage se nourrit de tout. A l´étranger, au Québec mais pas seulement car le français fut longtemps la langue officielle de nombreux pays africains ou européens, la langue prend des tournants que les auteurs racontent ici. Alain Rey, passionné par les mutations et les récurrences, a pris en charge tout particulièrement l´évolution du français au XXe siècle.

    Cette histoire du sentiment de la langue française pour reprendre la formule qui a conduit de long en long l´élaboration de cet ouvrage offre ainsi un panorama vaste, ample, et dynamique à l´image de la langue française telle que la voit Alain Rey : bel et bien vivante, comme il aime à le répéter !

  • Publié en avril 1880, le recueil des Soirées de Médan réunit autour de Zola le nom de cinq de ses disciples : Maupassant, Huysmans, Henry Céard, Léon Hennique et Paul Alexis. Une vision commune inspire ces écrivains : manifester leur solidarité intellectuelle pour défendre les principes de la littérature naturaliste. Cet ouvrage s'efforce de reconstituer le mythe littéraire à l'origine de ce recueil. C'est pourquoi il ne se limite pas aux seules années 1877-1880, celles du naturalisme triomphant. Il commence en s'ouvrant sur l'exposé de la jeunesse de Zola à Aix-en-Provence, puis met en scène, les uns après les autres, tous les épisodes de la bataille naturaliste. Et, après avoir franchi la limite que constitue la mort de Zola, il s'achève en 1930, au moment de la commémoration du cinquantenaire des Soirées de Médan. En montrant les liens qui unissent les événements entre eux, il retrace les différents épisodes qui ont jalonné cette histoire, des dîners Flaubert à la fondation de l'Académie Goncourt ou à la création du pèlerinage de Médan. Il évoque des moments de réussite comme des échecs, des périodes d'exaltation comme des affrontements. En somme, il donne à voir, avec ses bonheurs et ses drames, une aventure collective, vécue par des écrivains que réunissait une même croyance dans la capacité de la littérature à représenter le mécanisme des réalités sociales.Zola, figure centrale de cet ouvrage, vu sous un nouvel angle. Non pas un génie solitaire, enfermé dans son univers personnel, mais un homme qui, depuis sa jeunesse, a souhaité vivre la création littéraire comme une expérience de groupe, en faisant de l'amitié un moteur de l'écriture. Sur le modèle absolu du cénacle balzacien qui posait entre ses membres l'idéal d'une solidarité sans faille.

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