Olivier (L')

  • Leur relation n'était pas seulement celle d'un romancier et de sa traductrice, c'était aussi celle de deux amis qui se parlaient sans cesse.
    De quoi parlaient-ils ? D'écriture, de langues, d'amour, d'animalité, d'enfance. De la terreur d'être traqué.
    Ils partageaient également quelques silences.
    Lorsqu'il disparaît en janvier 2018, la jeune femme ne peut se résoudre à perdre cette voix dont l'écho résonne si puissamment en elle. Après un temps de sidération, elle cherche à la retrouver, par tous les moyens. Sa quête la conduira jusqu'en Ukraine, à Czernowitz, la ville natale de l'écrivain. Il pourra alors prendre sa place, dans le faisceau des vivants.
    Aharon Appelfeld était l'un des grands écrivains de notre temps.
    Valérie Zenatti a traduit la plupart de ses livres, d' Histoire d'une vie (prix Médicis étranger 2004) jusqu'à Des jours d'une stupéfiante clarté, son dernier roman paru en France.
    Scénariste et écrivain, elle est l'auteure de livres destinés à la jeunesse (Une bouteille dans la mer de Gaza) et de plusieurs romans dont Jacob, Jacob (L'Olivier, 2014), couronné par le prix du Livre Inter et traduit dans quinze langues.

  • « Vous pouvez continuer d'espérer que la catastrophe est évitable, et éprouver toujours plus de frustration et de colère face à l'inaction du monde. Ou vous pouvez accepter que le désastre est pour demain, et commencer à reconsidérer ce que cela veut dire d'espérer. »

    Romancier célébré, Jonathan Franzen est également un brillant essayiste et le prouve dans ce recueil composé de textes écrits entre 2001 et 2019. À travers des récits personnels et des réflexions plus vastes sur l'Amérique, le réchauffement climatique, la littérature ou les nouvelles technologies, Franzen nous pousse à interroger notre rôle dans la marche du monde.

    Aujourd'hui, ses mots résonnent d'un écho particulier. Comment réagir face à l'inéluctable ? Jonathan Franzen décrit la lutte qui se joue en chacun de nous entre l'optimisme béat, le déni et le pessimisme, proposant une voie médiane : celle du pragmatisme combatif.

    Traduit de l'anglais (États-Unis) par Olivier Deparis.

  • Pas gentil Nouv.

    Qu'est-ce qu'être juif pour ceux qui ne savent pas eux-mêmes en quoi ils le sont ?

    Brusquement confronté à sa judéité dans l'après-coup des attentats de Charlie Hebdo et de l'Hyper Cacher, Bernard Vorms s'interroge. Et si cette prise de conscience tardive n'était, finalement, que l'effet de l'âge ? Français, il l'est et ne peut en douter. Mais juif ? « Je le suis comme vous ne l'êtes pas », pourrait-il dire, à la manière de Raymond Aron.

    Pour ce lecteur boulimique, la réponse est peut-être dans les livres. De Montaigne à Bernard Frank en passant par Emmanuel Berl et Isaiah Berlin, sans oublier les grands classiques de l'antisémitisme (Drumont, Bernanos, Drieu, Morand), il explore sa bibliothèque. En vain.

    La solution est peut-être ailleurs, dans « la vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue ».

    À condition d'en rire. Comme dans une histoire juive.

  • « Faire de quelqu'un une icône, c'est le transformer en abstraction, et les abstractions sont incapables d'une communication vitale avec les vivants. »

    Le premier tome de Considérations sur le homard (L'Olivier, 2018) réunissait les textes de David Foster Wallace consacrés à la politique et à la société américaines. Ce second volume rassemble ses essais sur la littérature, le langage et la communication.

    Qu'il analyse l'humour existentiel de Kafka, qu'il règle son compte aux « écrivains narcissiques » et aux autobiographies de stars du sport ou qu'il dresse le portrait d'un célèbre animateur de radio obsédé par l'affaire O.J Simpson, l'auteur de L'Infinie Comédie continue de nous éblouir par son humour, sa curiosité et surtout sa créativité, qui semble ne connaître aucune limite.

    Traduit de l'anglais (États-Unis) par Jakuta Alikavazovic

  • David Foster Wallace n'était pas qu'un grand romancier. C'était aussi un essayiste chez qui l'humour côtoyait une lucidité redoutable.
    Ce premier tome de Considérations sur le homard regroupe les textes qu'il a consacrés à la société américaine. Qu'il raconte les " Oscars du porno ", la campagne présidentielle de John McCain, le 11-Septembre vu depuis l'Illinois, ou la souffrance du homard plongé dans l'eau bouillante, il ne fait, en somme, qu'une seule chose : nous parler de l'Amérique folle et inquiétante dans laquelle il a vécu, et de l'enfer hilare des temps contemporains.
    Traduit de l'anglais (États-Unis) par Jakuta Alikavazovic

  • Les femmes

    Hilton Als

    À la fois récit autobiographique et manifeste sociopolitique, Les Femmes est l'essai que Hilton Als consacre à trois figures majeures de sa vie et de son éducation : sa mère, immigrée de La Barbade à Manhattan ; Dorothy Dean, une mondaine underground du New York des années 70 et 80 ; enfin, Owen Dodson, un poète et dramaturge gay qui fut le premier amant de Als.
    Tous avaient un point commun : noirs, ils avaient bâti leur identité et leur vie sur le refus ou la subversion des stéréotypes associés au concept de la " Négresse " dans la culture américaine. C'est ce concept que Hilton Als déplie dans Les Femmes : l'analyse la plus scrupuleuse se mêle à l'émotion, et produit une pensée nouvelle, vivante, explosive.
    Traduit de l'anglais (États-Unis) par Clélia Laventure.

  • " Cela fait à peu près quatre-vingts ans que j'écris. Au début, j'ai écrit des lettres, puis des poèmes et des discours. Plus tard, des récits, des Articles, des livres. A présent, j'écris des notes. L'écriture a toujours été pour moi une activité vitale ; elle m'aide à donner un sens aux choses, et à poursuivre ma route. Pourtant, elle dérive d'une réalité plus profonde et plus générale – notre relation avec le langage en tant que tel. Le sujet de ces quelques notes est le langage. "
    Dans Palabres, John Berger réfléchit sur le langage et ses liens avec la pensée, l'art, la chanson, la narration et le discours politique de nos jours. Composé de dessins, de notes, de souvenirs et de digressions, c'est un ouvrage qui nous parle aussi bien d'Albert Camus que la mondialisation, du statut d'orphelin, de Charlie Chaplin, de Rosa Luxemburg et du flamenco.
    C'est le livre-testament d'un esprit qui voulait penser ce qu'il y a de " plus vrai, de plus urgent et de plus essentiel ".

  • Dès leur entrée aux États-Unis, les enfants migrants sans papiers venant d'Amérique du sud subissent un interrogatoire composé de quarante questions. Le but ? Leur permettre de raconter leur histoire, et pouvoir en juger la véracité.
    Valeria Luiselli a été interprète pour les tribunaux américains. Elle a été confrontée à la brutalité des politiques migratoires et à leurs angles morts : comment dire la terreur qu'on fuit, et celle qu'on rencontre en chemin ? Comment mettre en ordre par le récit, des vies rendues illisibles par la violence du monde ?
    Raconte-moi la fin est un essai d'une grande sensibilité qui rend aux migrations leur dimension humaine.
    Traduit de l'anglais par Nicolas Richard

  • « Comme les manières de penser, de sentir et d'agir, les façons de parler et, plus encore, d'écrire sont nettement différenciées dans les sociétés développées. Le style comme écart, variation expressive, surcroît de sens, est un fait. Il a été perçu, formalisé dès les débuts de la culture lettrée, en Grèce. On l'assimile, depuis lors, à l'exploitation des ressources immanentes au langage, constitué en entité autonome de dépendances internes. Mais, ce faisant, on perd sa dimension vécue, la satisfaction ambiguë qui colore pareille expérience. Celle-ci, comme l'ensemble de l'activité sociale, accuse la distribution inégale des ressources économiques et sémantiques. L'explication appelle une approche historique. » (P. B.)Dans cet essai bref, Pierre Bergounioux évoque de manière éclairante ce qu'il appelle « l'expérience vécue du style ». Mais Le Style comme expérience est aussi une archéologie de l'écriture. Comment l'écriture peut-elle s'abstraire de son vice originel, à savoir son émergence comme signe des premières sociétés inégalitaires ? C'est un regard historique que cet ouvrage nous propose d'adopter en analysant les bouleversements littéraires de notre modernité. Et nous permet de comprendre comment la littérature s'est mise à considérer le monde comme « ce que nous vivons quand on y est impliqué corps et âme, maintenant ».

  • Traduit de l'anglais (États-Unis) par Philippe Garnier et Marc Amfreville.
    " Tout ce qui n'est pas écrit, couché sur le papier, disparaît, à part certains moments, scènes et personnages impérissables. "
    Salter par Salter réunit les trois dernières allocutions données par James Salter à l'université de Virginie en 2014, ainsi que l'entretien " Tout ce qui n'est pas écrit disparaît ", paru dans la Paris Review en 1993. L'auteur d'Un bonheur parfait s'y confie et évoque les lectures qui l'ont inspiré, la genèse de ses romans, sa vie d'écrivain et ses rencontres, et tente d'analyser ce qui fait un " style ".
    Entre exercice d'admiration, souvenirs et pérégrination littéraire, Salter par Salter est l'autoportrait en creux d'une des dernières légendes de la littérature américaine contemporaine.

  • Roberto Bazlen est une figure mythique de l'édition italienne.
    Conseiller éditorial pour plusieurs grandes maisons littéraires, il a envoyé à ses amis de nombreux comptes rendus de lecture sous forme de lettres.
    Les Lettres éditoriales en regroupent quelques-uns.
    Parmi les considérations qu'on trouvera dans ses pages : faut-il publier L'Homme sans qualités de Musil ? En quoi le Journal à quatre mains de Flora et Benoîte Groult est-il un grand livre ? Alain Robbe-Grillet est-il vraiment un écrivain intéressant ?
    Préface de Roberto Calasso.
    Traduit de l'italien par Adrien Pasquali.

  • « Je ne veux pas être "célèbre" ni "grande". Je veux aller de l´avant, changer, ouvrir mon esprit et mes yeux, refuser d´être étiquetée et stéréotypée. Ce qui compte c´est se libérer soi-même, découvrir ses propres dimensions, refuser les entraves. » Virginia Woolf Parce qu´il est très difficile de décrire un être humain, et encore davantage quand celui-ci a noirci des milliers de pages de romans, de lettres, de journaux, il n´est pas inutile de flâner un peu dans le vague et le brûlant des souvenirs, comme un fond de couleurs et de sensations, sur lequel inscrire les hiéroglyphes, les lignes noires et entremêlées de l´histoire familiale.
    En mettant l´accent sur le caractère contemporain de l´oeuvre de Virginia Woolf, Geneviève Brisac et Agnès Desarthe invitent à la relecture d´un auteur capital, dont l´importance commence tout juste à être comprise.

  • À la suite du premier tome d'Histoires d'escrocs (La Vengeance par le crédit ou Monte-Cristo) et avant le troisième (sur L'Escroc à la confiance de Melville), Jean-Michel Rey explore le deuxième roman prémonitoire de l'économie politique actuelle et de sa psychologie.Dans Les Buddenbrook (1901) de Thomas Mann - saga d'une famille allemande riche et de son déclin à partir de 1850 -, la fille, Tony Buddenbrook, épouse Benix Grünlich qu'elle n'aime pas, mais que sa famille trouve « bien sous tous rapports ». Il s'agit en fait d'un escroc qui saura tirer parti du nom et de la réputation de sa belle-famille, et signera la faillite des valeurs financières et morales des Buddenbrook.Entre les petites affaires de famille - minuscules secrets et arrangements entre proches - et certains des mécanismes du capitalisme, les analogies sont frappantes - et à la suite de Thomas Mann, Jean-Michel Rey se fait le psychanalyste de la libido financière bourgeoise.

  • Chacun des trois volumes d'Histoires d'escrocs est lisible séparément : en s'appuyant sur trois romans populaires prémonitoires du XIXe siècle, l'auteur fait chaque fois l'histoire des « affaires » actuelles - crédit, « valeurs », fraude - et expose leurs ressorts, comme un détective minutieux.Après La vengeance par le crédit ou Monte-Cristo - l'histoire de la ruine du banquier Danglars par le comte de Monte-Cristo, qui obtient de lui un « crédit illimité » en le saoulant de rhétorique ; après La banqueroute en famille ou les Buddenbrook, quand Thomas Mann décrit la chute d'une famille et de ses valeurs, les financières comme les morales - la violence du capitalisme prendrait-elle naissance en famille ? -, le troisième tome s'appuie sur Melville et L'Escroc à la confiance où c'est le principe de la mascarade qui est le véritable héros.C'est une théorie de la fraude, consciente et inconsciente - et de la mascarade qui camoufle sans doute tout escroc à ses propres yeux -, qu'élabore Jean-Michel Rey dans ce dernier tome d'une inquiétante histoire de l'escroquerie.

  • Cet essai est le premier d'une trilogie qui paraîtra sous le titre général de Histoires d'escrocs. Chaque tome sera centré sur un roman : Le Comte de Monte-Cristo d'Alexandre Dumas, Les Buddenbrook de Thomas Mann, et enfin Le Grand Escroc de Herman Melville.Dans ce premier tome, Jean-Michel Rey s'appuie sur les rapports entre le banquier Danglars et le comte dans le roman le plus connu d'Alexandre Dumas, Le Comte de Monte-Cristo. Il s'agit, pour l'essentiel, de la vengeance du comte contre le banquier, une entreprise très soigneusement menée qui aboutit à la ruine de Danglars. En le montrant brillant économiste et redoutable rhéteur, Dumas fait ainsi du comte le héraut du capitalisme ascendant, et nous dévoile les grands rouages de la finance moderne - particulièrement ceux du crédit. Par l'analyse de ce célèbre roman, Jean-Michel Rey donne au Comte de Monte-Cristo un éclairage nouveau et terriblement d'actualité.

  • Traduit de l'anglais par Anne-Laure TissutSaviez-vous que Barthes est un multiple de Diderot ? Que dans ses lettres à Louise Colet Flaubert essayait de lui dire délicatement qu'il ne l'aimait pas ? Que Laurence Sterne a inventé « la lassitude du roman » avant André Breton ? Que le roman est international ?Dans cet essai littéraire où la rigueur fait bon ménage avec la fantaisie, Adam Thirlwell nous plonge dans l'histoire captivante de la circulation des textes. En évoquant Flaubert, Kafka, Borges, Gadda, Hrabal, Sterne, Gombrowicz ou encore Nabokov, il explore comme dans un roman policier l'histoire secrète des grandes oeuvres de la littérature, et développe une théorie originale de la littérature comme traduction.« Comme romancier, Adam Thirlwell fait des étincelles. Comme critique, c'est le champion d'une approche ludique des textes, et il fait preuve, avec une grande éloquence, d'une passion espiègle et débridée pour la traduction. »The Independent

  • Traduit de l'anglais (États-Unis) par Manuel Berri.Pourquoi se contenter de lire des livres quand on peut aussi les vivre ?Brillante étudiante à Harvard, puis à Stanford, Elif Batuman prend la tangente et part à l'aventure, sur les traces des auteurs russes qu'elle affectionne.Elle rencontre les héritières fantasques d'Isaac Babel, visite le jardin de Tolstoï en Russie, apprend la langue ouzbek à Samarcande et s'installe dans une mystérieuse maison de glaceà Saint-Pétersbourg.En chemin, elle relit les classiques et fait la connaissance d'une série d'excentriques, d'originaux et d'hurluberlus, tous membres d'un club très fermé : celui des fanatiquesde la littérature russe.Récit d'initiation à la vie et à la lecture, Les Possédés nous emporte dans un tourbillon d'épisodes rocambolesques et littéraires.

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