Mercure de France

  • La première grande biographie de Romain Gary éclaire les mille facettes d'un personnage énigmatique qui fut l'auteur d'une des plus belles mystifications littéraires de tous les temps : Émile Ajar.
    L'enfant juif, pauvre, né à Moscou en 1914 ; l'adolescent ambitieux qui se fait connaître de Kessel et de Malraux ; le soldat de De Gaulle, aviateur dans les Forces Françaises libres ; le diplomate qui sillonne l'Europe avant de conquérir l'Amérique ; le Consul Général de France à Los Angeles ; le mari de l'actrice Jean Seberg ; enfin l'écrivain
    couronné, deux fois prix Goncourt, qui demeure pourtant obsédé par la recherche lancinante d'un dépassement de soi-même. C'est à travers ces tableaux successifs et contrastés de l'homme que Dominique Bona - au terme d'une enquête de quatre années - a cherché la vérité de Romain Gary.
    Dans le récit tumultueux d'une vie largement ouverte sur le monde se précise le portrait d'un homme libre, écrivain dont l'oeuvre romanesque puissante et tourmentée mérite de figurer parmi les grands monuments du siècle.

  • Edith Wharton adorait la France et aimait aussi beaucoup les voyages en voiture. Avec son mari Teddy, entre 1906 et 1907, c'est dans une Panhard et Levassor 15hp achetée d'occasion à Londres qu'ils effectuent ce "tour de France", parfois accompagnés de Henry James. Évidemment, les Wharton ne conduisent pas eux-mêmes, ils ont un chauffeur, et leurs bagages arrivent par chemin de fer, avec quelques domestiques, aux étapes les plus importantes. On voyage avec style ! Les Wharton sont des francophiles extrêmement cultivés et des touristes avertis. Partis de Boulogne, ils filent vers Amiens, Beauvais, puis Rouen. Ils continuent vers la Loire et l'Indre, puis font étape à Nohant sur les terres de George Sand. Paris, Poitiers, les Pyrénées, la Provence, l'Est... rien ne les arrête ! En route, ils admirent tout, les cathédrales, bien sûr, les paysages, les villages, mais aussi les Français, leur civisme, leur élégance, leur bonne humeur et leur façon intelligente de profiter de la vie... Avec ce récit en forme de carte postale, Edith Wharton nous fait revisiter et redécouvrir lieux et monuments avec une chaleur et un enthousiasme communicatifs. Publié aux États-Unis en 1908 avec succès, La France en automobile n'avait jamais été traduit en français jusqu'à aujourd'hui.

  • À travers leur apparente disparité, ces quatre-vingt-deux texticules ont pour source commune la curiosité de l'auteur et son ouverture sur le monde extérieur. La beauté des êtres et des choses, leur bizarrerie, leur drôlerie, leur saveur justifient et récompensent une chasse heureuse et insatiable. La démarche des quadrupèdes - amble ou diagonale ? -, la valeur fondamentale du genou, les secrets de la grève dévoilés par le jusant, les déambulations nocturnes des hérissons, la haine que les arbres se vouent les uns aux autres, et aussi ces personnages tutélaires, les Rois Mages, le Père Noël, saint Christophe, Saint Louis, et surtout ces hommes et ces femmes dévorés par les médias - Sacha Guitry, lady Diana, Michael Jackson -, et enfin ces amis qui sont maintenant de l'autre côté du fleuve, voici ce dont il est question dans ces pages.

  • Cette centaine de vers écrits d'un seul élan, en 1964, Yves Bonnefoy y revenait souvent, à travers les années, car ils étaient pour lui une énigme. Par exemple, "L'écharpe rouge" exposait, non sans précision, une "idée de récit". Mais pourquoi celle-ci venait-elle buter sur un événement au-delà duquel rien n'était plus concevable ? Un jour pourtant, dans l'après-coup d'un autre récit, de beaucoup plus tard, "Deux scènes", l'auteur étonné de "L'écharpe rouge" découvrit la clef qui lui permit de comprendre ce qui réclamait l'attention mais aussi se refusait dans ces quelques pages : autrement dit quelles inquiétudes, quelles émotions, quels remords avaient décidé, très en profondeur, de ses années d'enfance, d'adolescence, de jeune adulte. L'écrit d'à présent, autobiographique, découvre dans les strates d'un texte qu'avait dicté l'inconscient comment le regard d'un fils sur ses parents, sur leurs frustrations, leurs silences, décida de sa vocation à la poésie, cette parole qui se veut la réparation du mal que fait à la vie le langage.

  • Pour comprendre, pour lire Sacher-Masoch, il faut d'abord se débarrasser de l'équivoque du masochisme et des interprétations cliniques ou philosophiques qu'on en a données. Reste alors une parole, dont l'être n'est pas affirmation, nomination claire et consciente de soi, mais balbutiement. La recherche de l'être de Masoch devient alors une sorte d'enquête étymologique, qui recourt aussi bien à l'étude des racines grecques et latines qu'à des sortes de parenthèses - sur Heidegger ou le Roman de Renart - permettant d'approcher, comme des ruses de guerre de l'esprit, l'énigme masochienne. Ainsi Pascal Quignard développe-t-il un discours qui n'est ni psychanalytique ni structuraliste, ni historique ni marxiste, mais dévoilement d'une lecture indépendante, elle-même insérée dans le vaste discours des oeuvres littéraires, toujours contemporaines les unes des autres, toujours perdues les unes dans les autres, toujours en train de se lire.

  • "Une monstrueuse aberration fait croire aux hommes que le langage est né pour faciliter leurs relations mutuelles. C'est dans ce but d'utilité qu'ils rédigent des dictionnaires, où les mots sont catalogués, doués d'un sens bien défini (croient-ils), basé sur la coutume et l'étymologie. Or l'étymologie est une science parfaitement vaine qui ne renseigne en rien sur le sens véritable d'un mot, c'est-à-dire la signification particulière, personnelle, que chacun se doit de lui assigner, selon le bon plaisir de son esprit. Quant à la coutume, il est superflu de dire que c'est le plus bas critérium auquel on puisse se référer [...].
    En disséquant les mots que nous aimons, sans nous soucier de suivre ni l'étymologie, ni la signification admise, nous découvrons leurs vertus les plus cachées et les ramifications secrètes qui se propagent à travers tout le langage, canalisées par les associations de sons, de formes et d'idées. Alors le langage se transforme en oracle et nous avons là (si ténu qu'il soit) un fil pour nous guider, dans la Babel de notre esprit."
    Michel Leiris.

  • Ce volume rassemble la plupart des écrits publiés par Yves Bonnefoy de sa venue à Paris, vers 1945, à 1951, quand déjà il s'éloignait du groupe surréaliste, à proximité duquel il avait vécu un moment.
    On y trouvera des essais et des poèmes parus alors en revue et parfois réimprimés depuis de façon confidentielle , et aussi le Traité du pianiste, un récit qui avait fait l'objet d'un petit volume en 1946, mais que son auteur n'avait jamais repris en langue française - il y eut une édition anglaise et une italienne - du fait de l'étonnement, plutôt réprobateur, qu'il en éprouvait.
    Ce retour sur le passé s'accompagne d'un long essai autobiographique, dans lequel Yves Bonnefoy s'interroge sur ces écrits d'autrefois, croit en comprendre le sens, formule en tout cas des hypothèses et assiste à la remontée de souvenirs qui lui expliquent beaucoup de ses préoccupations de l'époque et même une part de son travail ultérieur.

  • Ce volume contient : L'Égypte ; Les fruits ; Les feux ; Une coupole ; Rome, les flèches ; Convenerunt in unum ; La huppe ; Les dieux ; Les découvertes de Prague ; Nouvelle suite de découvertes ; Rue traversière ; Rentrer, le soir ; Seconde rue Traversière ; Le fou rire ; Du signifiant.

  • « Dans le domaine des choses de l'esprit, nous n'avons aujourd'hui que des auteurs et des oeuvres remarquables. Ce manque de différenciation dans les valeurs, cette égalité dans le dithyrambe, cette mise de tout sur le même plan, pas de meilleure preuve du manque de culture et du manque de goût de notre époque. Quand on ne connaît rien, on trouve tout admirable. » Publié pour la première fois en 1947, mais rédigé essentiellement dans les années 1920 et 1930, Propos d'un jour mêle les aphorismes, notes et réflexions diverses d'un esprit plein d'ironie et d'intelligence sur son époque et ses contemporains.

  • Il suffit d'un hasard. D'un retour à Marseille - deux jeunes gens, dépaysés, chômeurs, anciens d'Indochine, la fiancée de l'un d'eux. D'un geste vif, d'un homme pris au jeu de sa propre virilité. D'une rixe. Il est déjà trop tard. Un inconnu est mort, dans la rue. Deux hommes, une femme, courent. Trois fuyards, entrés dans la violence comme dans une logique devenue folle. On n'en sort pas plus que de sa propre peau. Réfugiés dans une ferme du Limousin, absorbés par Paris, séparés par la rivalité des deux hommes auprès de la jeune femme, rappelés soudain à leurs souvenirs et à leurs rêves, repris dans le tourbillon, qu'importe ? Rien à faire pour s'arrêter, saisir les choses, les autres, soi-même. Nous finissons toujours par être rendus à cette liberté dérisoire qui nous laisse le choix du chemin jusqu'à l'accident final.

  • Il suffit d'un hasard. D'un retour à Marseille - deux jeunes gens, dépaysés, chômeurs, anciens d'Indochine, la fiancée de l'un d'eux. D'un geste vif, d'un homme pris au jeu de sa propre virilité. D'une rixe. Il est déjà trop tard. Un inconnu est mort, dans la rue. Deux hommes, une femme, courent. Trois fuyards, entrés dans la violence comme dans une logique devenue folle. On n'en sort pas plus que de sa propre peau. Réfugiés dans une ferme du Limousin, absorbés par Paris, séparés par la rivalité des deux hommes auprès de la jeune femme, rappelés soudain à leurs souvenirs et à leurs rêves, repris dans le tourbillon, qu'importe ? Rien à faire pour s'arrêter, saisir les choses, les autres, soi-même. Nous finissons toujours par être rendus à cette liberté dérisoire qui nous laisse le choix du chemin jusqu'à l'accident final.

  • Ces Feuillets d'automne datent de 1949 et Gide y revient sur le problème de Dieu : « Je saurai dire "Ainsi soit-il" à quoi que ce soit qui m'advienne, fût-ce à ne plus être, à disparaître après avoir été. » Ils sont complétés par six récits autobiographiques, et aussi des études sur Joseph Conrad, Francis Jammes, Paul Valéry, Eugène Dabit, Antonin Artaud, Goethe, Lautréamont, Poussin, Rimbaud, Verlaine et quelques autres. Cet ensemble de textes est à placer à côté du Journal.

  • Je dédie ce livre à l'improbable, c'est-à-dire à ce qui est. À un esprit de veille. Aux théologies négatives. À une poésie désirée, de pluies, d'attente et de vent.   À un grand réalisme, qui aggrave au lieu de résoudre, qui désigne l'obscur, qui tienne les clartés pour nuées toujours déchirables. Qui ait souci d'une haute et impraticable clarté.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • "Ce recueil réunit trois poètes, pour qui mémoire et oubli sont l'expérience majeure. Mallarmé veut oublier, et pour ce faire accepte de renoncer à trouver du sens ou du prix aux émotions, aux désirs qui continuent de l'étreindre. Contre la rhétorique de ses sonnets Shakespeare a choisi le théâtre afin de mieux pénétrer la volonté d'être qu'il voit émouvoir Desdémone ou animer Cléopâtre, mais aussi la méconnaissance qui précipite Macbeth ou Othello, et même Hamlet, au désastre. Baudelaire, lui, veut passionnément oublier et passionnément se souvenir, en cela il reste au sein de la condition commune, et fait de la vérité sa reconquête de chaque jour. Ce qu'il faut, maintenant que rien ne doit plus dominer d'une transcendance illusoire l'une ou l'autre des deux versants de l'horizon du langage."

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