Les Impressions nouvelles

  • Cet essai s'est donné pour objectif d'analyser le fonctionnement de l'industrie du livre à l'arrêt. Contrairement à ce que l'on pourrait penser en effet, la chaîne du livre n'est pas tombée en léthargie. La chaîne du livre s'est adaptée au confinement. Elle s'est reconfigurée et parfois même déplacée. Ses terrains d'élection ont été le théâtre d'une activité intense, que ce soit au travers d'actions, individuelles et collectives, ou de discours critiques.
    L'épidémie du Covid-19 aura au moins eu cette vertu, dans les activités du monde social, de se poser en analyseur institutionnel. De mettre à nu des dysfonctionnements et des contradictions. Il revient aux professionnels et aux lecteurs de s'en emparer pour repenser l'économie du livre.

    Tanguy Habrand est chercheur au Centre d'Étude du Livre contemporain de l'Université de Liège. Ses principales recherches portent sur l'histoire sociale de l'édition, la socio-économie des circuits du livre et le développement numérique de la chaîne du livre. Il est responsable de la collection « Espace Nord » et co-directeur, avec Dick Tomasovic, de « La Fabrique des Héros » aux Impressions Nouvelles.

  • Ce livre entend restituer pour un large public l'essentiel des travaux et des débats du colloque international qui s'est tenu Bordeaux du 18 au 21 juin 2019. Ce colloque a réuni une trentaine d'universitaires, d'artistes, de spécialistes de l'oeuvre de Jean-Philippe Toussaint, en provenance de 11 pays et de plus de 20 universités et institutions. Organisée en présence de l'écrivain, diffusée en temps réel sur internet, cette manifestation a eu l'ambition de contribuer à un renouvellement des modes de partage et de transmission dans le domaine de la littérature contemporaine et de sa critique. C'est Benoît Peeters qui a eu la charge d'en « modérer » les discussions.



    Avec des contributions d'écrivains comme François Bon, Emmanuel Carrère, Marianne Kaas et Michiaki Tanimoto.

    Jean-Philippe Toussaint est l'un des auteurs contemporains les plus réputés internationalement. Il débute en 1985 avec La Salle de bain, un premier roman paru aux éditions de Minuit, maison à laquelle il restera fidèle. Une dizaine d'ouvrages s'en sont suivis (L'Appareil-photo, La Télévision, Fuir, La Vérité sur Marie, La clé USB...) qui lui ont valu de nombreux prix. Aux Impressions Nouvelles, Jean-Philippe Toussaint a déjà publié le ciné-roman La Patinoire.

  • Martine, une aventurière du quotidien Nouv.

    Martine remonte le fleuve aux crocodiles, Martine marche sur la Lune, Martine fait du kung-fu ou Martine trouve un vaccin sont autant d'albums que l'on ne lira jamais. Car Martine n'est pas ce genre d'aventurière.Dans son monde, il n'existe que peu, voire pas du tout, de problèmes, ni de dangers, ni de misère. Seule la face la plus aimable du monde se fait jour, au grand bonheur des satiristes des réseaux sociaux qui ne cessent de détourner les célèbres couvertures de ses récits pour s'amuser des folies du monde contemporain.Cette éternelle petite fille sage, âgée pour toujours d'une dizaine d'années, inventée pour les éditions Casterman en 1954 par l'auteur Gilbert Delahaye et le dessinateur Marcel Marlier, au coup de crayon si souvent imité mais si rarement égalé, s'est posée en véritable phénomène de l'édition sans jamais avoir accompli d'exploit héroïque, si ce n'est de perdurer et même d'évoluer au fil des époques sans se faire remarquer. À moins cependant que l'on ne regarde sous une autre échelle la notion d'épopée ou, mieux encore, que l'on ose considérer à nouveau, comme un enfant, les domaines de l'anodin, du banal et du quotidien pour ce qu'ils sont : des terrains de jeux où surgissent sans cesse d'infinies et authentiques aventures.Laurence Boudart est licenciée en traduction et docteure en lettres modernes. Après avoir enseigné le français, les littératures et cultures francophones ainsi que la traduction à l'Université de Valladolid pendant près de 15 ans, elle occupe le poste de directrice aux Archives & Musée de la Littérature. Elle a écrit une soixantaine d'articles et de communications scientifiques portant essentiellement sur les lettres belges et est coauteure d'ouvrages collectifs et d'éditions critiques. Elle se perd régulièrement en forêt à la recherche de Patapouf et de Moustache.

    Laurence Boudart est licenciée en traduction et docteure en lettres modernes. Après avoir enseigné le français, les littératures et cultures francophones ainsi que la traduction à l'Université de Valladolid, elle occupe le poste de directrice aux Archives & Musée de la Littérature (Bibliothèque royale de Belgique). Elle a écrit une soixantaine d'articles et de communications portant essentiellement sur les lettres belges et est coauteure d'ouvrages collectifs et d'éditions critiques.

  • Nosferatu, c'est d'abord l'autre nom de Dracula, celui que Murnau a utilisé pour son film Nosferatu, eine Symphonie des Grauens, chef-d'oeuvre du cinéma muet expressionniste allemand, terrorisant les écrans du monde entier dès 1922.

    Mais Nosferatu est aussi un autre personnage, démarqué de la brutalité esthétique un peu kitsch de la création originale par une finesse savante et mélancolique.

    Si ces deux versants de la figure du vampire ont cristallisé quelques-unes des angoisses les plus fondamentales de la nature humaine (la peur de mourir, mais aussi et surtout la peur et le désir de l'autre, jusqu'à boire sa vie), ils l'ont fait sous des poétiques différentes et contrastées. Il s'agit peut-être aujourd'hui, pour mieux les comprendre, de les opposer : Nosferatu contre Dracula ?

    Olivier Smolders est écrivain et cinéaste. Il est l'auteur d'une quinzaine de films troublants et puissants primés dans de nombreux festivals internationaux, dont Mort à Vignolle (1998), Nuit noire (2005) ou, dernièrement, L'Accord du pluriel (2017) et Axolotl (2018). Il a écrit de nombreux essais sur le cinéma très remarqués, dont Eraserhead de David Lynch (Yellow Now, 1998) et Voyage autour de ma chambre (Les Impressions nouvelles, 2009).

  • Ce volume propose un panorama aussi complet que possible du rapport de Barthes au XIXe siècle : à sa littérature principalement, à sa musique aussi, à sa philosophie (Nietzsche) parfois à son histoire et à ses historiens, à commencer par Michelet. Si, dans le titre, le pluriel s'est imposé, c'est parce que ces rapports furent multiples. Tout au long de sa carrière de critique, Roland Barthes a pu changer d'interprétation globale sur le XIXe siècle. Siècle amical pour lui lors de l'adolescence, plutôt mal vu au temps de la « nouvelle critique » structuraliste, il rentre en grâce à partir de S/Z et des Fragments du discours amoureux, et plus encore dans les derniers séminaires sous les auspices du romantisme allemand.

    José Luiz Diaz est professeur de littérature française. Maître de conférences à l'UFR sciences des textes et documents de l'Université Denis Diderot-Paris VII. Secrétaire général et responsable des colloques de la Société des études romantiques et dix-neuviémistes.

    Ancienne élève de l'Ecole normale supérieure et de l'Institut d'études politiques de Paris, Mathilde Labbé est Docteure en littérature française. Elle est Maîtresse de conférences à l'université de Nantes.

  • De tous les détectives finauds et autres enquêteurs rusés qui peuplent les fictions policières, le commissaire Maigret, le célèbre héros de Georges Simenon inventé en 1931, est peut-être l'un des plus singuliers. Son attitude, des plus placides, est avant tout celle d'un brave fonctionnaire de police soucieux de bien faire son travail. Il scrute, il observe, il absorbe les données multiples de l'environnement psychosociologique du crime.Quelles sont au juste les méthodes de ce commissaire ? Pour répondre à cette question, l'enquête doit se mener dans le coeur des romans comme des films et séries qui ont popularisé le flair de l'énigmatique policier du Quai des Orfèvres. Alors, peut-être, pourra-t-on savoir si Maigret est bien l'homme ordinaire qu'il prétend être...

    /> Jean-Baptiste Baronian a consacré sa vie au monde du livre et à la littérature. Éditeur, dès l'âge de 26 ans, aux Éditions Marabout, il s'impose rapidement comme une autorité dans le domaine des littératures fantastiques et policières. Romancier (sous le pseudonyme, entre autres, d'Alexandre Lous), essayiste et biographe, il est l'un des plus grands connaisseurs au monde de Georges Simenon, à laquelle il a consacré de nombreuses parutions (dont Simenon, l'homme à romans, Éditions Textuel, 2002).

  • Jack Sparrow, dont le nom de moineau claque comme un drapeau dans le vent, est à la fois le pire et le meilleur des pirates. Ses aventures fantasques et fantastiques nourrissent depuis 2003 la franchise de blockbusters hollywoodiens Pirates des Caraïbes.

    Créé d'après une attraction du parc Disneyland et interprété pour l'éternité avec une réjouissante et irrésistible facétie par l'acteur Johnny Depp, Sparrow affronte inlassablement des soldats, des boucaniers et d'autres créatures surnaturelles à la recherche de trésors prodigieux.

    Entre deux gorgées de rhum (et deux ivresses), Sparrow parvient à ses fins en parlant, en négociant, en mentant et en trahissant. L'arme préférée du pirate n'est autre que la parole. Mais quels sont donc les ressorts retors de cette linguistique pirate ?

    Laurent de Sutter sillonne les mers agitées de la pensée et de la culture contemporaine. Théoricien du droit, agitateur de la pop philosophie, directeur de collections à Polity Press et aux Presses universitaires de France, il est aussi l'auteur de très nombreux essais dont, dernièrement, Poétique de la police (Rouge Profond, 2017), Théorie du kamikaze (PUF, 2016) et L'âge de l'anesthésie : La mise sous contrôle des affects (Les Liens qui Libèrent, 2018).

  • Le monde est en train de changer radicalement. Nos moeurs, notre langue, notre espace, notre vécu, nos machines, subissent des transformations inouïes. L'effet le plus insidieux de ce grand bouleversement est la réduction croissante de la liberté individuelle. Il suffit d'ouvrir les yeux pour le constater, autour de nous, et même en nous.Tout n'est pas joué pour autant. Une part de notre avenir et de notre destin dépend de nos choix. À condition de ne pas se payer de mots et d'agir là où nous avons une vraie marge de manoeuvre : dans nos vies privées. Ce livre impertinent fait l'état des lieux et propose une série de solutions à la portée de chacun, tant en matière de logement, de famille, de relations amoureuses, de vie professionnelle et sociale, que de gestion de son temps, de son argent, de son réseau et de sa conscience.Le souvenir de Robinson, aménageant son île pour résister aux périls qui l'entourent, fournit un modèle mythique à cette réinvention du quotidien.Luc Dellisse, écrivain français né en 1953 à Bruxelles, est l'auteur de cinq romans et trois essais aux Impressions Nouvelles. Chez d'autres éditeurs, il a publié des récits et des poèmes en prose. Il utilise l'expérience personnelle, l'art du scénario et l'érudition littéraire comme des moyens originaux d'explorer le réel.

    Luc Dellisse a publié cinq romans et trois essais aux Impressions Nouvelles. Et chez d'autres éditeurs, des livres de poèmes et des récits. Il pratique dans la fiction une méthode d'« autobiographie imaginaire » romanesque, et dans ses essais, il utilise l'érudition littéraire comme des moyens d'explorer le réel. Ses blogs « L'Inconnu » et « L'Enfance de l'Art » traitent des aléas de la modernité, de la beauté du monde, de la poésie du quotidien et des singularités de la vie d'écrivain.

  • Dans ce recueil d'entretiens, Jacques Dubois évoque d'abord son milieu familial et social. Dubois a été professeur en Belgique, aux États-Unis, en Suisse, au Québec, à Paris ou à Madagascar. Il a par ailleurs participé à l'aventure du Groupe µ, puis a publié de nombreux ouvrages sur la littérature. Il a dirigé le quotidien La Wallonie, contribué à la naissance de collections dont Espace Nord chez Labor et Points Lettres au Seuil, et a été un des rédacteurs du Manifeste pour la culture wallonne de 1982. Ces activités donnent lieu à des anecdotes succulentes, il est question des hommes et des femmes rencontrés par Dubois au fil du temps : Pierre Bourdieu, Hubert Nyssen ou Brigitte Lahaie ! Avant tout, pour Jacques Dubois la littérature est une raison de vivre et de combattre.

    Jacques Dubois est professeur émérite de l'Université de Liège. Il est l'auteur de L'Institution de la littérature (1978), Le Roman policier ou la modernité (Armand Colin, 1991), Pour Albertine. Proust et le sens du social (Seuil, 1997), Les Romanciers du réel. De Balzac à Simenon (Seuil, 2000), Stendhal (La Découverte, 2007), Figures du désir. Pour une critique amoureuse (Les Impressions nouvelles, 2011). Début 2018, il publiera un Proust au Seuil.

  • Et si le prodigieux succès de Tintin était dû à d'autres raisons que les circonstances anecdotiques ? Et si par delà son aspect rassurant cette oeuvre s'avérait d'une stupéfiante modernité ? Et si cet auteur populaire entre tous était encore à découvrir ? C'est à ces questions que Benoît Peeters répond dans cet ouvrage, qui propose ici une analyse plus approfondie des Aventures de Tintin en se concentrant sur un seul volume, l'un des sommets de la bande dessinée classique : Les Bijoux de la Castafiore.
    D'autres chapitres interrogeront les rapports du morceau analysé avec d'autres Aventures de Tintin ou avec des oeuvres proches, examinant par exemple les relations entre le cinéma et la bande dessinée, les mécanismes de l'imagination, les secrets de l'économie narrative. L'essai de Benoît Peeters est suivi d'un long entretien avec Hergé, l'un des plus passionnants qu'il ait jamais accordé.

  • La langue ne serait-elle qu'un sujet propre à intéresser des esthètes désoeuvrés, des puristes sourcilleux ou d'aimables cruciverbistes ? Non, car c'est à travers elle que nous appréhendons le monde et que nous nous intégrons à la collectivité. C'est à travers elle que le pouvoir se donne ou se refuse : dans un monde où communiquer est capital, régner sur elle représente un enjeu de taille. Et à l'ère du numérique, la langue est aussi un riche gisement économique. À côté des politiques de la santé ou de l'environnement, nos sociétés démocratiques doivent donc inventer une politique de la langue, dont les objets sont nombreux : droits de l'usager à l'égard d'institutions publiques qui ne semblent pas faites pour lui ; droit du travailleur à travailler dans sa langue ; protection du consommateur face aux produits standardisés ; intégration des populations migrantes... Ce nouveau livre de Jean-Marie Klinkenberg place nos langues - et spécialement le français - au coeur d'une réflexion sur les communications et les relations humaines dans le monde d'aujourd'hui. Il énonce avec brio et clarté les principes d'une politique linguistique visant la justice et l'équité, en proclamant que la langue est faite pour le citoyen, et non le citoyen pour la langue.

    Professeur émérite de l'Université de Liège, Jean-Marie Klinkenberg y a enseigné les sciences du langage. Ses livres, et ceux du Groupe

  • La fonction d'éditeur est de celles qui nous paraissent aujourd'hui aussi naturelles que l'existence d'une littérature faite de livres, de prix littéraires et d'auteurs individuels. Perception trompeuse : l'édition a une histoire et, par conséquent, sa stabilité n'est pas définitivement acquise. Cette histoire est à la fois longue et très circonscrite. D'un côté, elle se confond avec l'histoire même du livre et du lent processus de division du travail dont celle-ci a été le théâtre : aux métiers cumulés de l'imprimeur, de l'éditeur et du libraire va succéder, à l'époque moderne, une répartition de plus en plus stricte de ces fonctions entre des acteurs différenciés. De l'autre, cette histoire peut être superposée à celle qui voit naître, entre 1820 et 1850, à la fois la figure de l'« auteur » et la figure de l'« éditeur », au cours d'une période correspondant très exactement à la révolution esthétique du romantisme et à la mise en place des structures du champ littéraire moderne. L'objet de l'ouvrage est de rendre compte de cette double histoire et de cerner les facteurs qui ont autorisé l'émergence d'une fonction symbolique sans précédent : celle de l'éditeur, vu comme double et comme partenaire de l'auteur dans l'acte de production du livre. En ce sens, l'ouvrage rassemble, pour les insérer dans un commentaire nourri, de nombreux textes d'écrivains, de journalistes, de critiques littéraires ou d'éditeurs de la période concernée, de manière à composer quelque chose comme le portrait collectif de l'éditeur moderne. Aux côtés de Kant, Condorcet, Nodier, Balzac, Gautier, Daudet ou du jeune Mallarmé, c'est toute une galerie de témoignages qui sont ici réunis pour la première fois, sous les signatures injustement oubliées ou négligées de Frédéric Soulié, Élias Régnault, Alfred Asseline, Edmond Werdet ou encore Jules Janin, portant tour à tour sur la double marche de la « chose littéraire » et de la « chose éditoriale » un regard souvent ironique, parfois caustique, mais toujours éloquent. Au détour de ces témoignages, ce sont aussi quelques-uns des premiers grands éditeurs dont le portrait se trouve tracé et, surtout, cerné à l'intérieur du système de la production littéraire à l'âge de la modernité commençante, tels Curmer, Ladvocat, Charpentier, Hachette ou Lemerre. L'enjeu de cette reconstruction sociologique et historique, fondée sur des documents souvent inédits, n'est pas simplement d'érudition ou de curiosité à l'égard de quelques figures injustement occultées par le culte exclusif des grands auteurs. Il est aussi d'alerter sur les logiques qui font aujourd'hui évoluer le système éditorial vers une production « sans éditeurs », articulée à de grands groupes anonymes nationaux ou internationaux, pour lesquels le livre n'est qu'un produit parmi d'autres. Mettre en évidence les facteurs ayant présidé à la constitution d'un champ littéraire et éditorial autonome revient aussi bien, en effet, à porter au jour les facteurs qui, aujourd'hui, tendent à réduire cette autonomie, produit d'une longue lutte des producteurs intellectuels contre la soumission de leur activité aux deux contraintes de l'État et de l'Économie. Original par son objet comme par sa méthode, l'ouvrage représente une contribution inédite à l'histoire des pratiques culturelles, et plus spécialement à l'histoire du livre moderne. Dans sa dimension anthologique, il réunit pour la première fois, en un ensemble cohérent et significatif, des textes injustement négligés - dont beaucoup n'ont jamais été republiés depuis leur première parution -, qui composent une sorte de portrait collectif de l'éditeur à l'âge moderne. Dans sa dimension analytique, il entrecroise de façon lisible par un large public les perspectives de l'histoire des idées, de l'histoire littéraire et de la sociologie des pratiques culturelles. Il sensibilise aussi aux menaces que les concentrations éditoriales font peser sur l'autonomie de la production intellectuelle et littéraire.

  • Qu'est-ce qu'être écrivain ? Qu'est-ce qu'écrire ou vouloir écrire ? Qu'est-ce que le langage littéraire ? Quels liens unissent le roman à la théorie, la pensée critique à l'entreprise créatrice ? Quels buts la littérature se fixe-t-elle? Qu'est-ce qui définit la modernité ? Et peut-être aussi : qu'est-ce que l'amitié ? Ces questions fondamentales, Roland Barthes et Alain Robbe-Grillet n'ont cessé, pendant près de trente ans, de se les poser, à eux-mêmes, et l'un à l'autre. C'est la passionnante trajectoire de leurs réponses qu'entend retracer cet ouvrage, suivant patiemment les sinuosités d'une exceptionnelle amitié littéraire dont l'écho nous parvient encore aujourd'hui. Ce livre nous plonge au coeur de l'effervescence intellectuelle de la seconde moitié du siècle passé, dont nous sentons encore l'irrésistible vent de liberté et qui toujours nous rappelle que la littérature, selon les mots de Roland Barthes, « donne du souffle au monde ».

    Diplômée en Langues et Littératures Romanes, Fanny Lorent est actuellement aspirante FNRS à l'Université de Liège, où elle mène des recherches portant sur la théorie littéraire des XXe et XXIe siècles. Barthes et Robbe-Grillet, un dialogue critique est son premier livre.

  • Un volume dirigé par David Martens, Bart Van Den Bossche & MDRN.

    En 1947, la vie littéraire reprend, après une longue guerre, des périodes de dictature et de turbulences politiques qui ont eu un impact considérable sur la production, la diffusion, la réception de la littérature. Mais cette nouvelle vie n'est pas une simple reprise ou continuation, même si les transformations en cours ne sont pas toujours immédiatement visibles.
    De l'essentiel qui s'impose tout de suite à l'attention (Gide, Malraux, Malaparte, Mann, Sartre...), de futurs chefs-d'oeuvre qui passent inaperçus (Robert Antelme, Primo Levi), des oeuvres tombées dans l'oubli, des revues et des prix littéraires prestigieux à des curiosa ici redécouvertes, des événements individuels (emprisonnements, retours d'exil, polémiques...) aux grands enjeux sociaux de l'époque (mémoire de la Shoah, péril atomique, début de la guerre froide...), l'objectif de ce livre est de faire revivre dans toute sa diversité une année littéraire dont le présent était très différent de ce qu'en a retenu la postérité.
    L'ouvrage se présente comme un panorama de l'actualité littéraire et culturelle d'une année déterminante dans l'histoire de la littérature européenne. Cet almanach abondamment illustré plonge le lecteur, à travers 47 articles, au sein d'une année littéraire européenne, comme si, lecteur à cette époque, il découvrait, au jour le jour, la littérature en train de se faire.

  • Réalités psychiques, les personnages des romans vivent en nous avec plus ou moins d'intensité. À quelques-uns, nous réservons un accueil si particulier que nous aimerions nous introduire dans leur vie et leur univers. C'est bien ce que fait ici l'auteur en donnant vie à quelques figures, en majorité féminines, avec lesquelles il a noué des relations de vive affection. Ce qui l'autorise à leur conférer une autonomie particulière, allant jusqu'à infléchir, au gré d'une interprétation des oeuvres correspondantes, leurs destins.

  • Parues en 1895, les Vies Imaginaires de Marcel Schwob scellent l'acte de naissance d'un genre littéraire, la fiction biographique, dont les dérivés contemporains pullulent dans nos librairies depuis les Vies minuscules de Pierre Michon, les récits de Pascal Quignard, de Jean Echenoz ou de Patrick Modiano.
    Art littéraire de la mémoire, ces récits résonnent de la religion de transmission propre à notre culture comme de notre orgueil des différences et de notre besoin des secrets. Rêvées ou réinventées par les écrivains, ces vies produisent une mythographie proprement littéraire fondée sur ce que Schwob nommait le sentiment moderne du particulier et de l'inimitable : elles enrichissent, aux marges de la grande Histoire, nos existences de nouveaux possibles.
    C'est un voyage parmi ces vies imaginaires, fil secret de notre histoire littéraire et laboratoire précieux de nos identités modernes, et une réflexion sur ce genre désormais central de la littérature française et pourtant jamais encore étudié en tant que tel, la biofiction, que cet essai veut proposer.

    Alexandre Gefen est critique littéraire et chercheur au CNRS (Centre d'Étude de la Langue et des Littératures Françaises, CNRS/Université Paris Sorbonne).
    Derniers ouvrages parus : Empathie et esthétique, avec Bernard Vouilloux, Hermann, 2013 ; Vies imaginaires, de Plutarque à Michon, Gallimard, « Folio classique », 2014. Il est également le fondateur de Fabula.org, site de référence pour la recherche universitaire en littérature.

  • Cet ouvrage s'intéresse à un phénomène capital, quoique méconnu, de l'histoire littéraire du XIXe siècle : la lecture à haute voix en petit comité. De Lamartine à Gide en passant par Stendhal, Hugo, Flaubert, Rimbaud et Mallarmé, tous les écrivains ont essayé leurs oeuvres devant un petit parterre d'amis et de confrères. Maillon oublié de la chaîne du livre, cette phase test est une étape importante, voire déterminante, dans le processus de création littéraire. Un tableau de Théo van Rysselberghe intitulé Une Lecture (1903) forme le point de départ de l'enquête. Pourquoi lit-on ? Que lit-on ? Pour qui lit-on ? L'auteur s'efforce de répondre à toutes ces questions en puisant dans une documentation variée (correspondances, journaux intimes souvenirs littéraires, articles périodiques, etc.). Érudit, l'ouvrage n'a pourtant rien d'académique. Il se présente sous la forme de 80 petits chapitres qui sont autant de pièces du puzzle de la lecture. Une fois n'est pas coutume, l'auteur raconte son enquête en même temps qu'il la mène. Chapitre après chapitre, le lecteur partage ses tâtonnements, ses découvertes, ses échecs - sa satisfaction enfin, quand le phénomène de la lecture littéraire en petit comité est redevenu visible.

    Maître de conférences à l'Université de Paris Ouest, Vincent Laisney est un spécialiste du romantisme français et des sociabilités littéraires au XIXe siècle. Il est l'auteur de trois ouvrages : L'Arsenal romantique (Champion, 2002), L'Âge des cénacles (Fayard, 2013) et Sept Génies (Les Impressions Nouvelles, 2014).

  • L'histoire de cette amitié ne dure que sept ans (1888-1895). Mais ces années déterminantes auront des effets durables pour les deux protagonistes. Après leur rupture, ils ne cesseront de se souvenir des turbulences de leurs rapports durant la période de leur formation littéraire. Gide surtout est conscient que, sans sa rencontre avec Pierre Louÿs, sa carrière, sa vie même, auraient été très différentes.
    Beaucoup de choses pourtant les séparaient. Pierre est enthousiaste, organisé, batailleur, érudit, précoce, brillant, extraverti, dépensier, collectionneur de rencontres féminines et il a un culte décidé pour l'Antiquité. André est lent, prudent, sensible, réservé, nuancé, un peu avare, chaste jusqu'au moment où il découvre son homosexualité, et soucieux, dès ses premiers livres, d'imposer sa figure. Il est calviniste jusqu'au bout des ongles.
    Ce livre est le récit de l'évolution des rapports entre les deux jeunes écrivains, depuis la fin de leur adolescence. Leurs voyages, leurs projets, les revues auxquelles ils collaborent, les personnages qu'ils fréquentent, tels Mallarmé, Oscar Wilde et Paul Valéry, rythment ces années décisives. Leur rupture a lieu en mars 1895. Ils passent de l'amitié fusionnelle à l'incompréhension la plus totale. La suite de leurs relations, une forme certaine de mépris et de détestation, révèlent la profondeur de leur brouille, et surtout, son « mystère », qu'on s'efforce ici d'expliquer.

  • Ce livre est un livre de combat : en plein renouvellement aujourd'hui, la poésie française doit d'abord se débarrasser d'une forme d'écriture qui domine le paysage français depuis près d'un demi-siècle et dont la puissance institutionnelle empêche l'épanouissement du nouveau : la poésie dite minimaliste, qui combine effacement de la forme (aux mots sur la page on préfère les blancs) et profondeur du sens (un poème n'est valable que dans la mesure où il se rapproche de la philosophie). Refusant les partis pris et la grande pauvreté d'une telle conception de la poésie, ce livre analyse le travail des auteurs contemporains qui proposent une alternative proprement littéraire : Pierre Alferi, Vincent Tholomé, Virginie Lalucq, Stéphane Bouquet, Philippe Beck, Sophie Loizeau et Jean-Christophe Cambier.
    Critique et poète flamand d'expression française, Jan Baetens est l'auteur d'une quinzaine de recueils remarqués et de nombreuses études sur la poésie contemporaine (souvent publiées en anglais), qu'il analyse en ses rapports avec d'autres arts. En septembre 2013, il a participé au projet de résidence « SIC » de la Fédération Wallonie-Bruxelles dans le cadre du OFF de la Biennale Venise. En juin 2014, la collection patrimoniale Espace Nord publie une importante anthologie de son travail, Vivre sa vie et autres poèmes.

  • La poésie, aujourd'hui, c'est ce qui se lit : à voix haute, en public, et pourquoi pas sur scène. Les possibilités ouvertes par cette transition sont considérables, comme en témoigne l'émergence d'une autre scène poétique : poésie sonore, performance, slam. De Mallarmé à Tzara, de Roubaud à Gleize, d'Alferi à Goldsmith, tous les grands auteurs se lisent aujourd'hui à voix haute. Mais il arrive que la lecture publique nuise à la qualité de leurs textes. Ce livre examine la cohabitation de l'écrit et de l'oral en poésie. En s'appuyant sur les témoignages des auteurs mêmes, il invite à rompre le consensus sur les bienfaits supposés de la lecture en régime de « voix haute ». Professeur à l'Université de Leuven, Jan Baetens a publié de nombreux ouvrages d'analyse et de critique littéraire. Il est aussi l'auteur de nombreux volumes de poésie, dont SLAM, poèmes sur le basket-ball (2006), Pour une poésie du dimanche (2009), Le Problème du Sud (2013) et Ce monde (2015). Il a reçu le Prix triennal de poésie 2007 de la Fédération Wallonie-Bruxelles pour son recueil Cent fois sur le métier. Une anthologie de son oeuvre poétique, Vivre sa vie et autres poèmes est parue en 2014 dans la collection de poche Espace Nord, en même temps que son essai, Pour en finir avec la poésie dite minimaliste.

  • Les écrivains ne font pas qu'écrire leurs livres : ils en parlent aussi, et cela de plus en plus. au cours du XXe siècle, l'entretien littéraire s'est imposé comme un véritable genre et sa place dans le système littéraire est absolument cruciale : la critique littéraire prend de plus en plus la forme de l'entretien, les auteurs s'en servent pour dialoguer avec les lecteurs, le public y cherche ce qui se dérobe dans les livres.
    Le présent volume est une enquête sur cette pratique singulière, dont il prend aussi la forme : un livre d'interviews, donc, où toutes les questions portent sur les rapports des écrivains avec le genre de l'interview. Que représente l'entretien pour les écrivains ? Pour leurs intervieweurs ? de quelle façon les uns et les autres l'abordent-ils ? Comment s'y préparent-ils ? Quelle place les auteurs lui donnent-ils par rapport à leur oeuvre ? C'est à ces questions, et à bien d'autres, que ces quinze entretiens s'efforcent de répondre.

    Composé par David Martens et Christophe Meurée, le volume rassemble des entretiens avec Henry Bauchau, François Bon, Michel Butor, Emmanuel Carrère, Jacques Chancel, Jacques De Decker, Michel Deguy, François Emmanuel, Catherine Flohic, Edmond Morrel, Amélie Nothomb, Benoît Emmanuel, Catherine Flohic, Edmond Morrel, Amélie Nothomb, Benoît Peeters, Bernard Pivot, Jean-Benoît Puech, Jean-Philippe Toussaint et Julie Wolkenstein.

  • Les Français savent écrire, les Anglais ne savent pas écrire. Du moins le pensa-t-on en Angleterre entre 1880 et 1930, si bien que Londres voulut rattraper son retard sur Paris. Pendant cinquante ans, le style anglais connut son moment français ; certains voulurent écrire en anglais comme on écrivait en français ; d'autres se revendiquèrent des théories de Flaubert ou de Gourmont. On importa des idées et des citations, des tours et des pratiques, et peut-être plus encore : le souci du style. Ou du moins le crut-on. Que les Français écrivent mieux que les Anglais, ce n'est sans doute qu'une illusion, disait Virginia Woolf, mais une illusion qui ne cesse de gagner des soutiens. C'est donc l'histoire d'une illusion que ce livre raconte. Gilles Philippe est professeur à l'Université de Lausanne. Il est notamment l'auteur de Le Français, dernière des langues (PUF, 2010) et de Le Rêve du style parfait (PUF, 2013). Il a dirigé avec Julien Piat La Langue littéraire. Une histoire de la prose en France de Gustave Flaubert à Claude Simon (Fayard, 2009).

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