Les Editions du Sonneur

  • >> Par l'auteur d' Incognita, incognita ou le plaisir de trouver ce qu'on ne cherchait pas
    >> Une nouvelles histoire de l'humanité via le prisme de l'ivresse.
    >> Un livre érudit et férocement drôle.

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    Instruire en divertissant, divertir en instruisant ", telle était la devise de la Maison Hetzel à la glorieuse époque de la collection des Voyages extraordinaires de Jules Verne, et telle pourrait être celle du malicieux écrivain Mark Forsyth, qui nous propose
    un périple érudit à travers les âges et les civilisations sous l'angle de notre relation à l'alcool et à l'ivresse.

    Les raisons et les manifestations de l'ébriété se sont manifestées différemment au gré des âges et des lieux. Elle peut avoir une origine religieuse tout autant que sexuelle, elle peut asseoir le pouvoir des rois comme apporter un soulagement aux paysans, elle peut être une offrande aux ancêtres ou bien marquer la fin d'une journée de travail, elle peut mener au sommeil aussi bien que déclencher une guerre. Une brève histoire de l'ivresse retrace ainsi l'histoire d'amour qui lie l'humanité à l'alcool, depuis nos aïeuls jusqu'à la Prohibition, en répondant à toutes les questions possibles et imaginables : qu'a bu l'humanité au gré des siècles ? Dans quelles quantités ? Qui buvait au sein d'une société ? Et pourquoi ? En quoi l'alcool a-t-il joué un rôle décisif dans l'évolution de l'espèce humaine ?

    Ce drôle de livre nous amène à nous interroger sur les différences de consommation d'alcool d'une civilisation à l'autre et brosse ainsi une sorte d'histoire de l'humanité – tout cela sans jamais manquer une occasion de nous faire rire.

  • Comme Jack London, l'emblème de la collection, l'écrivain et cinéaste Gérard Mordillat est né dans la classe ouvrière. Ce qui pour lui signifie tout : ce qu'il est, ce qu'il pense, ce qu'il fait.

    Comme Jack London, l'emblème de notre collection, Gérard Mordillat est né dans la classe ouvrière. Ce qui pour lui signifie tout : ce qu'il est, ce qu'il pense, ce qu'il fait. Avec un enthousiasme décapant, l'auteur de Vive la sociale ! revendique son appartenance, nous invite à partager sa fierté d'être de ceux-là, du côté de ces femmes et de ces hommes trop souvent oubliés des médias ou de l'Histoire, les opprimés, les crève-la-dalle, les insurgés, les militants, les résistants. Qu'ils soient d'hier ou d'aujourd'hui, d'ailleurs ou d'ici, Gérard Mordillat leur rend grâce et se raconte dans un même élan. Il évoque l'esprit de la Commune et revit l'école buissonnière du côté de Belleville et de Ménilmontant ; il s'attendrit sur son frérot le prolo et son paternel qui lui laissa un super cadeau : exiger le droit à l'écriture, " une force que la classe ouvrière ne devait pas négliger " ni laisser aux nantis. Il nous parle de ses chemins de traverses, de son premier boulot dans une imprimerie, de ses rencontres déterminantes, de la découverte de la poésie et de la cinémathèque ; et puis de sa passion du vélo, le bitume comme une feuille blanche à conquérir. Sans étiquette politique sinon celle d'homme libre, l'écrivain et cinéaste réinvente avec force et humour ce qu'être de gauche signifie : avoir le goût des autres, du bien commun, du partage, de l'égalité, de la fraternité.

  • " Qui suis-je pour juger l'autre ? Qui peut bien avoir la légitimité pour juger du sens de la vie d'un homme ? Comment être soi et juge en même temps ? " Le magistrat Serge Portelli s'empare de notre collection pour raconter le dur métier de vivre.

    " Qui suis-je pour juger l'autre ? Qui peut bien avoir la légitimité pour juger du sens de la vie d'un homme ? Comment être soi et juge en même temps ? " Le magistrat Serge Portelli s'empare de notre collection pour raconter le dur métier de vivre. Il dit non pas la vérité, mais sa vérité, son intime conviction. Voici le récit d'un homme face à d'autres, victimes ou agresseurs, humains, tous si terriblement humains. Il se souvient de la sauvagerie de certains gamins, de la douleur de femmes violées, de ses déboires (et victoires) avec le monde politique. Il nous tend un miroir où se reflète le chaos de notre monde – violences, inégalités, injustices...

    Offrir en partage ce que la vie signifie pour lui, c'est livrer ses doutes et ses certitudes, nous emmener dans ses combats pour la liberté, l'égalité et la fraternité. C'est entrelacer pudeur, colère, tendresse et espoir. C'est aussi écrire pour comprendre, se délester du charabia judiciaire et prendre le parti de l'autre – ces autres " moi-même ". C'est encore au-delà de l'horreur, rejeter la fatalité, la récidive, et croire, toujours, en la dignité de l'Homme.

    Serge Portelli appelle à la rescousse Verlaine et Montaigne et passe aux aveux avec une rare élégance, souvent teintée d'humour.

  • Erri De Luca dit de lui qu'il chante même quand il parle. Clin d'œil amical entre compères. À lire De ce côté-ci de la mer, texte écrit à l'approche de la mort, on sait désormais que Gianmaria Testa chante aussi quand il écrit.

    Erri De Luca dit de lui qu'il chante même quand il parle. Clin d'œil amical entre compères. À lire De ce côté-ci de la mer, texte écrit à l'approche de la mort, on sait désormais que Gianmaria Testa chante aussi quand il écrit. Alors qu'il se sait condamné et sans jamais y faire allusion, le chef de gare et auteur-compositeur-interprète ose le récit, une prose légère qui, comme la chanson, court de lèvres en lèvres et se fredonne au-delà des frontières. Gianmaria Testa se raconte au travers des autres, donne en partage des rencontres, paroles ou regards échangés, sonde quel-

    ques souvenirs d'enfance, le père, la mère, l'attachement à la terre et au labeur, ses racines.

    Mais l'homme du Piémont embrasse avant tout la Méditerranée, cette mer où depuis trop longtemps dérive et se meurt notre humanité. Le voici en compagnie d'hommes, de femmes, " oiseaux migrateurs " d'un genre très contemporain, contraints à l'exil, l'abandon, la mort. Pour eux, le chanteur réinvente des moments de dignité. Gianmaria Testa puise ses forces dans le sourire d'une femme, dans la lumière pétillante des yeux d'un gamin, et dans la radicalité d'une lecture. Il mate la mélancolie et cherche sans cesse sous le chaos du monde, la douceur et la beauté. L'amitié, il la vit pleinement, il recompose la loyauté et donne des ailes à la solidarité. Il fait de l'écriture une mélodie, et du silence, une réconciliation. Gianmaria Testa, voix grave enroulée de tendresse, chante l'espoir et nous invite à l'imaginer avec lui : " J'ai foi en l'humanité " écrit-il dans son dernier texte. Quatre mots tout bêtes, tout simples, qui, dans notre collection, claquent comme une bannière.

    Danièle Valin, traductrice en français d'Erri De Luca et de la totalité des chansons de Gianmaria Testa poursuit ici son œuvre de passeuse avec une délicatesse où respire la fraternité.

  • Pour la première fois, Alexis Jenni dit avec une sincérité émouvante ce que la vie signifie pour lui : oser apprivoiser la parole lui, qui enfant, " fut muet, puis bègue, puis embarrassé ".

    Récit d'un apprentissage, d'un dépassement de soi ou hymne aux mots, et donc à la littérature ? Évidemment, le tout ensemble, intimement et magnifiquement lié. Pour la première fois, Alexis Jenni dit avec une sincérité émouvante ce que la vie signifie pour lui : oser apprivoiser la parole lui, qui enfant, " fut muet, puis bègue, puis embarrassé ". Le romancier et essayiste se donne tout entier à un jeu de cache-cache avec lui-même, dans une recherche non pas de la vérité mais de sa vérité.

    Dans une belle énergie, avec l'art de mettre en littérature les émotions les plus infimes, il fouille, creuse, se remémore, s'interroge, appelle d'autres à la rescousse, Camille Desmoulins, Sebastião Salgado, Alain Cuny ; aussi quelques écrivains, Denis Diderot, Valère Novarina, Marcel Proust.

    Il raconte la solitude, la honte, la douleur physique, le rouge aux joues et le souffle trop court jusqu'à l'étouffement. Il raconte l'inquiétude sinon l'angoisse de prendre la parole, de prendre place dans le monde des humains. Alexis Jenni lutte contre le silence et s'arme de désir : " L'écriture est la revanche des muets, des bègues et des maladroits ". L'écriture, pour lui synonyme de patience et de labeur, nait de la parole vivante. Elle est une vie commune, un partage.

  • « Peu de vices sont plus difficiles à éradiquer que ceux qui sont généralement considérés comme des vertus. Le premier d'entre eux est celui de la lecture. » Dans ce texte paru en 1903 dans une revue littéraire américaine, la romancière Edith Wharton (1862-1937) dénonce l'obligation sociale de la lecture, nuisible à la littérature et fatale à l'écrivain.

  • Le récit Tout seul aborde la question, existentielle, de la transmission. Que reçoit-on des générations précédentes et que lègue-t-on à celles qui nous suivront ? Il n'est pas question d'argent ici, bien sûr, mais de biens autrement plus précieux, car immatériels. Psychologiques. Essentiels.

    Le récit Tout seul aborde la question, existentielle, de la transmission. Que reçoit-on des générations précédentes et que lègue-t-on à celles qui nous suivront ? Il n'est pas question d'argent ici, bien sûr, mais de biens autrement plus précieux, car immatériels. Psychologiques. Essentiels.

    Nicos Panayotopoulos, à travers sa propre histoire, dans laquelle intervient de façon décisive et, au sens propre, révélatrice, un secret de famille, s'interroge sur les rapports – tendus, distants, ombrageux – qu'il a eus avec son défunt père. Mais, par ses questionnements, par l'élaboration de son récit, l'auteur cherche surtout à préparer le terrain d'un futur rapprochement avec son fils (un garçon âgé de quelque dix ans), dont il vit séparé à la suite de la sentence d'un juge qui lui a été défavorable.

    Écriture fine, précise, profondeur humaine dépourvue de tout larmoiement : Tout seul touche, par le biais d'une malheureuse expérience personnelle, un sujet universel.

    Car si les ultimes pages du texte peuvent bel et bien être considérées, comme l'annonce le sous-titre, comme une " prophétie autobiographique ", la grande majorité du récit, elle, appartient au vécu de l'auteur et de sa famille. Nulle prophétie, en l'occurrence, mais des faits et des sentiments authentiques, avec pour cadre l'histoire récente de la Grèce.

    La rédemption viendra-t-elle, au bout du compte ? Qui sait... En tout cas, si elle devait arriver un jour, elle serait le fruit de ce mélange-là : sincérité, clairvoyance, courage. Un mélange que l'art de l'écriture, quand il est aussi bien maîtrisé, permet de toucher, du doigt et du cœur. Voilà qui donne de l'espoir...

  • Aussi attentive à la marche du monde qu'attirée par les petites choses de la vie, Arlette Farge n'a pas hésité un instant à s'exposer: dire ce que la vie signifie pour elle. Arlette Farge a le goût des autres, gens du passé, gens du présent. Aussi attentive à la marche du monde qu'attirée par les petites choses de la vie, cette irréductible fonceuse n'a pas hésité un instant à s'exposer: dire ce que la vie signifie pour elle. L'exploratrice des archives, toujours soucieuse du réel, fait ici acte d'imaginaire tout en nous offrant un de ses grands plaisirs: écrire des lettres, des vraies, avec un crayon et du papier. Prendre le temps de songer à une personne, lui faire part d'un rien joyeux, d'une émotion, d'une pensée, et d'une main vive, pétillante, chaleureuse, dessiner des phrases qui donnent sens et plaisir. Enfin, choisir un joli timbre et se rendre à la poste. C'est sa façon de faire lien, de prendre soin. Il me faut te dire est un recueil de lettres adressées à des personnes fictives - ou presque - un ami, un collègue, un petit-fils, un pauvre gars sorti tout droit de son XVIIIe siècle. Chez Arlette Farge, tout est source d'étonnement, d'émotion: paysage, film, bruits de la ville, couleurs, lectures; tout mène à l'humain, geste, parole; tout mène au partage. S'approprier les mots d'Arlette Farge, c'est lire notre propre vie ; c'est bien là tout son talent?: nous faire croire d'emblée qu'elle s'adresse à chacun d'entre nous. Née en 1941 à Charleville (Ardennes), l'historienne Arlette Farge vit à Paris. Directrice de recherches émérite au CNRS, elle a publié une trentaine d'ouvrages. En mai 2016, l'ensemble de son ouvre a été récompensé par le prix international Dan David (l'équivalent de la médaille Fields pour les mathématiciens). Arlette Farge s'est inventé un métier, une mission - explorer les archives de police et de justice et mettre à jour des existences oubliées : " Écrire l'histoire des plus déshérités au xviiie siècle est une passion, celle de donner vie et sens aux plus méconnus du siècle des Lumières, qui autrefois, ont vécu, aimé, désiré et souffert, tandis que la grande histoire traditionnelle tarde à les sortir de l'ombre au profit des grands événements sociaux et politiques. " Spécialiste par ailleurs de l'histoire des femmes, Arlette Farge poursuit des travaux de recherche sur la transmission de l'histoire. Elle collabore aux côtés d'Emmanuel Laurentin à La Fabrique de l'histoire sur France Culture.

  • Raconter ce que la vie signifie pour Jérôme Lafargue, c'est nous emmener en sa compagnie sur un chemin des Landes, entre forêt et océan, silence et rugissement.

    Voici l'histoire d'un jeune homme et d'une forêt. Ou bien, voici l'histoire d'un jeune homme et de son père. À moins que ce ne soit l'histoire d'un jeune homme avec lui-même, avec des envies de se libérer, des désirs de s'inventer.

    Dans
    Un souffle sauvage, Jérôme Lafargue, lui si à l'aise avec la fiction, le débridé et même le fantasque, ose pour la première fois se mettre en scène, dire " je ". Il fait le choix du récit, le choix de l'authenticité, de la conviction. Raconter ce que la vie signifie pour lui, c'est nous emmener en sa compagnie sur un chemin des Landes, entre forêt et océan, silence et rugissement. Ici, parmi les arbres, ses presque frères, il arpente son histoire, remonte le temps, cherche les racines, et prend son envol. Il dit les émotions, la solitude, le partage, l'indomptable beauté des espaces sauvages, une sorte de sérénité qu'il porte à fleur de mots. Il nous invite à cheminer dans son paysage littéraire, ses lectures et son travail d'écriture qui palpitent sans cesse en écho, et font de lui un écrivain. Un homme qui regarde le monde... et écrit des histoires.

  • Se poser des questions... Nous le faisons, toutes et tous. En sourdine. Presque en secret. Parfois, nous préférons tourner la page, trop compliqué, douloureux. Parfois, non. Sara dont la plupart des ouvrages confiés à notre imaginaire sont muets, sans paroles, relève pour notre collection, un défi : écrire, plus épatant encore, s'auto-interviewer.

    Se poser des questions... Nous le faisons, toutes et tous. En sourdine. Presque en secret. Parfois, nous préférons tourner la page, trop compliqué, douloureux. Parfois, non. Sara dont la plupart des ouvrages confiés à notre imaginaire sont muets, sans paroles, relève pour notre collection, un défi : écrire, plus épatant encore, s'auto-interviewer.

    L'artiste en révolte contre les mots, qui les tient à distance, toujours prompte à les décortiquer, à explorer leur sens masqué, s'engage à plaisir dans une recherche de ce que la vie signifie pour elle.

    Elle se regarde dans un miroir et s'aperçoit avec horreur qu'il est déformant, que la neutralité n'existe pas, que ses questions et ses réponses se renvoient la balle de la vérité. Alors elle interroge le travail de création, l'art et son histoire, le langage, les images du monde.

    Sara déroule son cheminement, se bouscule, s'apostro-

    phe. Piques et escarmouches. Détermination et dérision. Elle établit un dialogue entre elle et elle,
    in fine entre elle et nous. Et l'artiste nous tend ce miroir où se reflètent nos doutes, nos contradictions, nos désirs.

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