Les éditions de L'instant même

  • Entretiens avec Peter Brook menés par Pierre MacDuff, directeur général de la compagnie de théâtre Les Deux Mondes.

  • Sous la direction de Patrick Bergeron et François Ouellet, textes de Patrick Bergeron, Roland Bourneuf, André Desîlets, André Berthiaume, Jeanne Bovet, Monique Moser-Verrey, Gilles Pellerin, Yan Hamel, Anne Pasquier, André Daviault, Sébastien Côté, Marie-Ève Sévigny, François Ouellet et Hans-Jürgen Greif. Hans-Jürgen Greif a mené une fructueuse carrière de professeur, de chercheur, d'administrateur et d'écrivain à l'Université Laval avant d'être nommé professeur émérite. Depuis, il se consacre à son oeuvre littéraire. C'est pour rendre hommage à l'érudit passionné et au maître et ami exceptionnel que Patrick Bergeron et François Ouellet, anciens élèves de Hans-Jürgen Greif devenus à leur tour professeurs de littérature, ont réuni une douzaine de collaborateurs. Leurs contributions se partagent entre l'article scientifique, l'essai libre et la nouvelle littéraire, genre que le dédicataire affectionne particulièrement. Dans un essai inédit qui clôt l'ouvrage, Hans-Jürgen Greif livre un plaidoyer en faveur de la littérature.

  • Actes du colloque international « Les transgressions verbi-voco-visuelles » Faculté des Lettres, Langues et Sciences humaines, Université d'Orléans 21 et 22 juin 2007.
    Directeurs de publication : Héliane Ventura (Université d'Orléans) et Philippe Mottet (Collège François-Xavier-Garneau).
    Contributeurs : Liliane Louvel (Université de Poitiers), Emilia Ndiaye (Université d'Orléans), Kamila Benayada (Université d'Orléans), Frank Davey (University of Western Ontario), Philippe Mottet (Collège François-Xavier-Garneau), Héliane Ventura (Université d'Orléans), Yakuko Ôno-Descombes (Université d'Orléans), Marie-Pascale Huglo (Université de Montréal), Marc Décimo (Université d'Orléans), François Happe (Université d'Orléans), Sylvie Vignes (Université de Toulouse-le Mirail), Corinne Bigot (Université de Paris X-Nanterre), Roland Bourneuf (Québec), Rober Racine (Montréal), W. F. Garrett-Petts (Thompson Rivers University in Kamloops) et Donald Lawrence (Thompson Rivers University in Kamloops).

  • Tablant sur la dimension internationale du français, quelques intellectuels et écrivains réfléchissent à des actions qui permettraient à des langues voisines de la nôtre de résister à l'effritement linguistique en cours.
    Essais de Gilles Pellerin avec la participation de P. Meyer-Bisch, B. Sansal, W.N'Sondé, J.-L. Raharimanana et H. Walter, préface de Katérina Stenou, introduction de Thierry Auzer.

  • L'auteur fait une synthèse historique de la chanson tenant compte aussi bien de la transmission orale que des uvres diffusées par les journaux, les recueils de chansons et les enregistrements sonores. Il aborde aussi les cousinages franco-québécois, perceptibles dès le milieu du XIXe siècle dans les recueils de chanson, et au début du XXe siècle dans lenregistrement sonore, avant dêtre lobjet de lattention générale dans la génération des Roche-Aznavour, Léveillée, Lévesque et Leclerc. Après la grande époque des chansonniers, il en arrive à la chanson daujourdhui, héritière du vivier étatsunien et figure de proue de notre culture.

  • Entre 1980 et 1995, l'explosion de la production littéraire québécoise traduit la fécondité du genre bref : création de revues, de prix, de maisons d'édition et de collections réservées à la nouvelle, foisonnement critique en réaction à cette ampleur. Étonnamment, cet essor survient dans un contexte de crise politique et économique. Selon Cristina Minelle, les nouvellistes québécois ne peuvent manquer d'exprimer l'incertitude qui règne dans la société et choisissent la nouvelle, qu'ils « fragmentent pour qu'elle devienne le genre de la crise et de la déstabilisation ». Personnages tiraillés, mémoire morcelée, parcours erratiques, syntaxe elliptique, typographie aléatoire, tout se soumet au flash et à l'instantané qui accélèrent et concentrent, zooment et atomisent. En réponse à cette apparente désorganisation, l'écrivain devient le maître d'oeuvre du recueil de nouvelles, la « forme dynamique plurielle et pluridirectionnelle » d'une « cohérence » retrouvée.

  • « Qui serait assez insensé pour mourir sans avoir fait au moins le tour de sa prison ? » dit Zénon dans L'oeuvre au noir de Marguerite Yourcenar. Prendre la mesure du monde ou se heurter à sa démesure, connaître ses propres limites ou les nier... Qu'elles soient physiques ou existentielles, les frontières façonnent notre identité et aiguisent notre conscience.
    Philippe Mottet a les yeux bien ouverts et fait le tour de la question. Pour avoir beaucoup pratiqué Montaigne, il sait que la lecture érige des passerelles - relire, c'est relier - , alors que le salutaire recours à l'écriture établit des filiations spirituelles - créer, c'est régénérer. Dans la chambre claire de la page blanche, entouré de maîtres anciens et modernes (Homère, Giono, Vadeboncoeur, Miron, Auster), toujours avec l'intelligence des sens et du coeur, l'essayiste chemine par détours. Il explore et s'insurge, prend du recul et sourit, résiste, s'engage et revendique le rôle de passeur d'héritage, biologique et spirituel aussi bien que culturel et artistique. L'essai de Philippe Mottet est un acte de foi en l'aventure humaine. Entre transcendance et fondation, telle une langue de feu, du vivant palpite en cette chambre.

  • Lessai « Re-Writing Women into Canadian History: Margaret Atwood and Anne Hébert », met en parallèle les uvres de deux importantes auteures canadiennes du 20e siècle. Létude sattarde plus précisément à la façon dont lontarienne Margaret Atwood et la québécoise Anne Hébert ont « réécrit » en quelque sorte lHistoire canadienne en y intégrant un espace spécifiquement féminin. Sous leur plume, des voix féminines peu entendues et ayant évolué dans un univers essentiellement masculin ont été libérées et ont contribué à enrichir le paysage littéraire et social. La démonstration dElodie Rousselot se base sur « The Journals of Susanna Moodie », « Grace » (pièce de théâtre non publiée) et « Alias Grace » de Margaret Atwood et sur « Kamouraska », « La cage », « Lîle de la Demoiselle » et « Le premier jardin » dAnne Hébert.

  • Comment sorganise un texte ? Comment faire du langage un instrument de communication efficace ? Quelles sont les structures fondamentales et récurrentes, les modes dorganisation du sens décelables dans tout texte narratif, poétique, argumentatif ou théâtral ?
    Si, dAristote à Fontanier, en passant par Gardes-Tamine et le Groupe , le discours sur la rhétorique a changé, ses fondements ne varient guère. Nicole Fortin nous livre un ouvrage pratique et clair qui nous permet de comprendre les procédés rhétoriques à luvre quand nous parlons ou écrivons, depuis les principes structurants jusquaux principales figures du discours. Sa présentation de la rhétorique permet daccroître la compréhension des genres littéraires à létude dans les programmes scolaires.

  • L'auteur se livre à une série de récits autobiographiques dans lesquels il s'amuse de ses déconvenues et de celles de notre époque.
    L'autodérision, la lucidité et le rythme absolument délicieux de la plume de Luc Bureau donnent vie à un univers de savoureuse absurdité.

  • La littérature fantastique, ce genre évanescent, joue sur les terreurs ancestrales de l'être humain, franchit à loisir la frontière des tabous, principalement ceux qui ont trait à la mort. Comment expliquer alors que l'on y rencontre autant de personnages se moquant de la tragédie inexplicable qui les menace ? Pourquoi rire quand la peur point et quand la mort veille ? Georges Desmeules s'est penché sur la question, en partant du constat que des mécanismes communs à l'humour et au fantastique méritent d'être étudiés sous le signe de leur double allégeance. Une fois la thèse en place - pour laquelle l'auteur a eu recours à des théoriciens québécois, français, américains et britanniques -, il se penche sur le cas spécifique des Aymé, Brossard, Buzzati, Carrier, Cortázar, James, Kafka, Maupassant, Poe, Thériault et Tremblay.

  • L'évolution de la production littéraire québécoise à partir des années 1960 est ici mis en parallèle avec l'ouverture du Québec à la modernité.

  • Des origines à 2000, le roman québécois a enfanté des centaines de personnages parmi lesquels il s'en trouve qui auront marqué l'imaginaire. Les auteurs ont puisé dans un répertoire romanesque riche de plus d'un siècle et demi, cherchant à rendre compte de sa multiplicité et de son aptitude à raconter ce que nous sommes et ce que nous aimerions être.

  • Robert Harvey propose ici la toute première étude portant sur les fondements imaginatifs de l'oeuvre d'Anne Hébert et les principes unificateurs de son langage. Il montre d'abord que la poétique hébertienne s'inscrit en filigrane dans les premiers écrits de l'auteure. Puis il entreprend une lecture approfondie du « tombeau des rois, l'oeuvre maîtresse dont les ramifications s'étendent à l'ensemble de la production d'Anne Hébert. Robert Harvey livre une interprétation éclairante de ce recueil qui se classe parmi les grandes oeuvres de la littérature universelle.

  • Luvre dAnne Hébert et son influence sur le monde littéraire francophone justifient largement la vaste quantité détudes qui lui sont consacrées. Parmi celles-ci, le travail colossal de Daniel Marcheix se démarque à plusieurs égards. Semployant dabord à étudier les divers effets de temporalité mis en jeu au sein de luvre hébertienne, il explore les différentes relations temporelles ainsi que leurs constituantes en illustrant son propos dexemples riches et éloquents, guidant le lecteur dans un parcours éblouissant.
    Motivé par lintuition dune « temporalité poreuse, profonde et dense », qui met en scène des personnages « aux prises avec le rappel incessant dune meurtrissure première, originelle, source daliénation et de déréliction », Daniel Marcheix entre dans cet univers avec un respect et une admiration qui se manifestent de plusieurs façons, sa connaissance intime des textes nétant pas la moindre. Un parcours solide, encadré par des références théoriques pertinentes, lui permet de remonter le fil de la narrativité pour faire la démonstration de ce mal dorigine, de ce passé qui hante les personnages dAnne Hébert, les empêchant dadvenir réellement au présent du récit.

  • À partir d'un corpus de textes parus entre les années 60-90, Simone Grossman montre que le regard est un vecteur de la littérature fantastique québécoise, photographie et peinture devenant des mediums du fantastique. L'insertion de la peinture dans ces récits équivaut à une réflexion sur la création, à travers les avatars du visuel.

  • Prix Victor-Barbeau de l'Académie des lettres du Québec.
    « Substituer limaginaire exaltant au réel morne ou intolérable », lexpérience est connue des lecteurs quand ils cèdent à leur plaisir familier. Or la lecture, avance Roland Bourneuf, nous réconcilie tout autant avec la « vie palpable », accomplissant ce prodige, par laventure dun autre, de rapprocher lêtre de lui-même ou, plus précisément, de ce qui lattend en lui-même.
    À la succession de commentaires sur les auteurs et les livres quil a aimés, de son enfance à aujourdhui, lauteur a préféré un parcours en chassé-croisé, tel livre appelant tel épisode de sa vie, la lecture se présentant comme exercice dintimité : de même quon apprend à lire, avec ou sans théories, on doit apprendre à être soi, on le devient. Ainsi referme-t-on Pierres de touche avec le sentiment davoir eu une bibliothèque comme demeure. Une immense bibliothèque.

  • Comment les nouvelliers du Québec s'approprient-ils l'espace réel pour le transformer en espace textuel ? Christiane Lahaie choisit la géocritique littéraire et la recherche-création pour découvrir leurs schèmes inconscients et leurs stratégies délibérées. Le corpus à l'étude est formé d'oeuvres publiées et de quinze inédits écrits à partir d'une contrainte spatiale donnée : un pont, une chambre d'enfance, une clairière, l'Atlantide et un pénitencier. Témoins de l'éclatement des sociétés postmodernes, les nouvelliers délégueraient à leurs personnages une occupation aléatoire et mystérieuse du territoire québécois, fragment du vaste espace nord-américain. Ainsi, démontre l'essayiste, le genre bref favorise l'évocation de lieux imaginaires, peu référentiels et hautement subjectifs. En préface, le spécialiste européen de la géocritique Bertrand Westphal insiste sur l'aspect innovant du travail de Christiane Lahaie, car elle « explore des pistes vierges dans un domaine de recherche en plein essor ».

  • Fruit de leur enseignement sur la présence du mythe dans la littérature, l'essai de Georges Desmeules et Gilles Pellerin s'adresse aux nombreux professeurs qui enseignent la mythologie non pas tant dans la perspective de raconter les aventures de héros prodigieux que pour en dégager le sens que ceux-ci continuent à sécréter, bien que des oeuvres phares comme l'Iliade et l'Odyssée aient été écrites il y a près de trois millénaires. Le recours à la théorie littéraire et le recoupement des personnages dans des séquences empruntées aux deux épopées d'Homère et aux tragédies antiques permet d'expliquer l'incomparable grandeur de ces figures héroïques et notre propre fascination à leur égard.
    Les auteurs enseignent la littérature au collège François-Xavier-Garneau de Québec. Ils ont chacun fait paraître plusieurs essais et études sur la littérature.

  • Qu'ont en commun Les Enfants du sabbat et le mythe du Paradis terrestre? La structure narrative des Fous de Bassan et la Genèse ? Élisabeth d'Aulnières, protagoniste de Kamouraska, et Lilith ? C'est entre autres ce que dévoile Adela Gligor dans Mythes et intertextes bibliques dans l'oeuvre d'Anne Hébert.
    On découvre ici à quel point les Écritures s'inscrivent dans l'oeuvre hébertienne, sous différentes formes : citations textuelles ou transformées, allusions à des épisodes scripturaires ou à des personnages bibliques (Ève, Marie et Satan en tête), reprise de schémas narratifs... Mais, loin de l'hommage, c'est souvent avec ironie qu'Anne Hébert se réapproprie ces symboles sacrés. Par un travail parodique, elle les détourne de leur sens initial, ébranlant au passage les grands mythes judéo-chrétiens. En braquant les projecteurs sur cette distance critique, Adela Gligor révèle une Anne Hébert subversive, qui a habilement dénoncé l'hypocrisie religieuse et l'autorité patriarcale, mais qui a surtout donné une voix aux femmes, les faisant accéder à ce Verbe créateur qui, dans la Bible, était réservé aux hommes.

  • Fruit de leur enseignement sur la présence du mythe dans la littérature, l'essai de Georges Desmeules et Gilles Pellerin s'adresse d'abord aux professeurs de mythologie et de littérature, ainsi qu'à leurs élèves. Les auteurs se penchent ici sur les récits de création du monde, en distinguant trois points de vue : cosmogonie, anthropogonie et théogonie. Ils montrent ensuite comment, à l'échelle individuelle, les récits relatifs à la naissance reproduisent les structures actives à l'échelle mythique. Les mythes sont présentés par le biais des archétypes, c'est-à-dire de la présence réitérée de personnages et de schèmes dramatiques, depuis l'Antiquité jusqu'à maintenant. Quelques oeuvres sont analysées : la Théogonie, la Genèse, Robinson Crusoé, Frankenstein ou le Prométhée moderne, L'étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde, Le Golem, Candide, et La faute de l'abbé Mouret. Ce vaste parcours littéraire est l'écho de la grande marche de la civilisation occidentale.

  • Les métamorphoses du corps engendrent plus que des transformations physiques : elles sont le plus souvent productrices de nouveaux discours, libérant un dire jusque-là tenu captif, ou une créativité qui trouve dans le corps son fond et sa forme. Sans viser l'exhaustivité Philippe St-Germain « à l'écoute de ce qui est produit par la métamorphose corporelle », a recherché dans la littérature québécoise des oeuvres se prêtant bien à des lectures parallèles ou complémentaires afin de proposer un panorama varié des imaginaires du corps. En démontant les jeux sémantiques mis en scène grâce au corps et en mettant en relation des livres autrement séparés par les conventions de genre ou d'époque Kaléidoscorps enrichit d'une strate supplémentaire la littérature québécoise de ce corpus.

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