Les Éditions du Blé

  • Sondes

    J.R. Leveille

    Peu d'auteurs dans la francophonie canadienne tiennent un discours sur leur propre pratique artistique ainsi que celle des autres.
    J.R. Léveillé l'a entrepris en 1990 avec la publication d'une Anthologie de la poésie franco-manitobaine et l'a poursuivi, au cours des ans, dans divers essais ou conférences, ainsi que par des articles de magazines, livres et revues, regroupés, en 2005, dans Parade ou les autres et Logiques improvisées.

    Sondes rassemble la majeure partie des textes produits de 2005 à 2014 et offre une vitrine sur la modernité culturelle franco-manitobaine. On y trouve des réflexions de l'auteur sur sa propre pratique d'écrivain, une certaine théorisation de l'écriture, un aperçu des conditions sociales, politiques et culturelles qui ont conduit à la modernité, des entrevues et des portraits d'auteurs qui ont fondé le théâtre et la littérature et d'artistes qui en assurent l'évolution.
    Cette version de Sondes est enrichie par des liens qui mènent aux sites internet de la plupart des artistes énoncés dans l'ouvrage.

  • Il n'y a pas eu qu'une Révolution tranquille... Les années 1960 ont bouleversé et transformé la société québécoise de fond en comble. Ces changements dans les domaines politiques, sociaux et administratifs eurent un écho au Manitoba français, alors qu'une longue période de réflexion et de débats vigoureux vint opérer des changements tout aussi profonds dans cette petite société apparemment isolée du Québec, mais soumise aux mêmes pressions démographiques et idéologiques. Le mouvement vers le renouveau du leadership de la communauté franco-manitobaine et surtout la laïcisation de ses institutions y furent particulièrement prononcés. Le présent essai trace l'histoire transformatrice de cette période.

  • On pourra trouver curieux que l'auteur J.R. Léveillé, qui avoue n'avoir que faire de la communauté dans ses oeuvres, ait tout de même consacré une partie du Temps à écrire sur son milieu ainsi que sur ses auteurs et ses artistes dans une anthologie de poésie, dans des textes de conférence et des articles ainsi que dans des numéros spéciaux de diverses revues. Il n'y a pas de contradiction dans cette entreprise : sa perspective heisenbergienne relève d'une liberté sans nom... En effet, J.R. Léveillé a toujours cru que si les productions culturelles peuvent finir par témoigner d'une époque et définir une culture, elles sont avant tout des oeuvres d'exception. Parade, ou les autres par J.R. Léveillé réunit donc beaucoup de singularités : Histoire de la littérature franco-manitobaine. Interviews : Marie-Anna Roy, Roland Mahé. Essais sur Paul Savoie. L'identité franco-manitobaine. Le journal littéraire de Guy Gauthier. Les photographies de Dominique Rey. Écrits sur les arts. Deux siècles de poésie franco-manitobaine. Tombeaux et médaillons : Lionel Dorge, George Swinton, Roger LaFrenière, Charles Leblanc, Jean-Pierre Dubé, Alexandre de Laronde, Louis-Philippe Corbeil, Étienne Gaboury. Modernité du théâtre franco-manitobain.

  • Entrevues, essais, articles, chroniques. Variations sur un thème ? Il y a eu en effet, au fil des années et des écrits, certaines insistances sur « ... les mêmes citations, les mêmes références, allusions, métaphores, métamorphoses ». Pourquoi ? « Eh bien ! j'aime cette couleur. J'adore cette épopée ramassée. Je veux coller et recoller cette image sur la face de la terre. » -- New York Trip. Bien sûr ces écrits n'ont pas tous le même poids allant de l'entrevue à l'article à la simple chronique et l'ensemble, car c'en est un, comprend pour terminer un texte de fiction qui ne l'est peut-être pas. De la disparate apparente de ses Divagations, Mallarmé ne disait-il pas qu'elles « traitent un sujet, de pensée, unique ». Cela suffira à expliquer, je crois, la rigueur que j'attribue à ces improvisations. Il n'est pas insensé, par contre, de rappeler que les plus récentes théories scientifiques indiquent que même les atomes possèdent le libre-arbitre. J.R.L.

  • « Partout des morts, à moitié pourris, couverts de vers rongeurs; avec cela une odeur atroce, épouvantable [...] Pendant deux nuits j'ai couché sur un mort, c'est vous dire le peu de cas que l'on fait, et l'habitude que l'on a de fréquenter la mort; [...] L'on ne mange pas là-dedans, l'on n'a pas faim, l'odeur nous dégoûte et l'on répugne tout, surtout la viande... » Sur le front, 5 juin 1915 - Lucien Kern à sa mère. Lucien, Eugène et Aimé Kern sont établis au Canada depuis à peine huit années lorsque la Première Guerre mondiale éclate. Les trois frères répondent à l'appel de la France, leur pays de naissance, laissant derrière eux leur ferme et leur famille. Dès leur départ, ils écrivent à leur mère et à leur soeur demeurées au Manitoba, partageant avec elles leurs inquiétudes, leur ennui, leur tristesse d'être loin de celles et de ceux qu'ils aiment. Cette correspondance de guerre, choisie et présentée par Claude de Moissac, décrit la Première Guerre mondiale telle qu'elle fut vécue par ces trois soldats manitobains. Ces quelque 90 lettres écrites du front brossent un portrait fidèle de la vie dans les tranchées. Elles décrivent de façon éloquente la violence brutale, l'abrutissement et l'horreur de la vie journalière qu'a connus toute une génération d'hommes perdue dans les champs de bataille de l'Europe.

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