Les Éditions Noir sur Blanc

  • Le discours du Nobel d'Olga Tokarczuk, dont la parole est à la fois lucide et porteuse d'espérance.
    La complexité grandissante du monde, l'interdépendance largement insoupçonnée de tous ses éléments, voilà qui exige, selon Olga Tokarczuk, « de nouvelles façons de raconter le monde ». Et si les deux premières décennies du siècle ont été le triomphe des séries télé, il est certain que la littérature n'a pas dit son dernier mot. Elle est la mieux à même de travailler à partir de fragments, de révéler un spectre plus large de la réalité, pour autant qu'elle se libère du vieux moi-narrateur.
    Le « tendre narrateur », c'est l'invention d'une quatrième personne du sujet, une voix à la fois impersonnelle et douée de tendresse, « la plus modeste forme de l'amour », celle qui permet de porter attention à tout ce qui n'est pas soi - les autres, les animaux, les éléments -, avec la conscience « un peu mélancolique » d'une communauté de destin.
    Suivi d'un texte intitulé Comment les traducteurs sauvent le monde, et d'un inédit sur la période du confinement, La Fenêtre, dans lequel l'auteure expose les craintes et les espoirs que lui inspire l'avenir.
    Prix Nobel de littérature, Olga Tokarczuk a reçu le Man Booker International Prize 2018 pour Les Pérégrins. Traduit en français en 2010 chez Noir sur Blanc, ce roman avait été couronné par le prix Niké (équivalent polonais du Goncourt), un prix que, chose rarissime, l'auteure a une nouvelle fois reçu pour son monumental roman : Les Livres de Jakób.
    Née en Pologne en 1962, Olga Tokarczuk a étudié la psychologie à l'Université de Varsovie. Romancière polonaise la plus traduite à travers le monde, elle est reconnue à la fois par la critique et par le public. Sept de ses livres ont déjà été publiés en France : Dieu, le temps, les hommes et les anges ; Maison de jour, maison de nuit (Robert Laffont, 1998 et 2001) ; Récits ultimes, Les Pérégrins et Sur les ossements des morts (Noir sur Blanc, 2007, 2010, 2012) ; Les Enfants verts (La Contre-allée, 2016) ; et enfin Les Livres de Jakób (Noir sur Blanc, 2018).

  • En 1941, lorsque l'Allemagne se retourna contre l'URSS, des dizaines de milliers de Polonais - hommes, femmes et enfants - furent libérés des camps de prisonniers soviétiques et autorisés à rejoindre l'armée polonaise formée dans le sud du pays. Le peintre et officier de réserve Joseph Czapski fut l'un des survivants de ce périple meurtrier. Le général Anders, commandant en chef de l'armée, assigna à Czapski la tâche d'accueillir les Polonais qui s'engageaient et d'enquêter sur la disparition de milliers d'officiers disparus. Bloqué à tous les échelons par les autorités soviétiques, Czapski ignorait qu'en avril 1940, les officiers avaient été abattus dans la forêt de Katyn. Le récit de Czapski sur les années qui ont suivi sa libération du camp, la formation de l'armée polonaise et son périple en Asie centrale et au Moyen-Orient pour combattre sur le front italien est un témoignage capital sur les souffrances des Polonais en URSS. L'auteur y mêle des portraits de ses compagnons, des réflexions philosophiques ainsi que le récit de ses rencontres avec de grandes figures littéraires, dont Anna Akhmatova.
    Né à Prague en 1896 dans une famille aristocratique polonaise, Joseph Czapski passa son enfance en Biélorussie, puis fit des études de droit à Saint-Pétersbourg et de peinture à l'Académie des Beaux-arts de Cracovie. Czapski fut parmi les rares officiers de l'armée polonaise qui survécurent au massacre de Katyn en 1940. Son livre Souvenirs de Starobielsk retrace ses efforts pour faire connaître la vérité à propos de ce crime.
    Comme peintre, Czapski est connu notamment pour son appartenance au mouvement kapiste, qu'il contribua à fonder avec quelques amis, pendant son séjour à Paris (1924-1933). Après la Seconde Guerre mondiale, il vécut en exil en France, à Maisons-Laffitte, dans la banlieue de Paris. Il participa à la fondation du mensuel culturel polonais Kultura de Jerzy Giedroyc. Il y est mort en 1993.


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  • « Si nous voulons changer le roman, c'est avant tout pour le plaisir. » Sophie Divry Ce livre a pour but de discuter quelques idées reçues qui pèsent sur la conscience de l'écrivain français contemporain qui, il faut l'avouer, a un lourd héritage. Cette réflexion, si elle relève avant tout de la théorie littéraire, n'a au fond d'autre but que de dire que le roman n'est pas mort, et que la littérature vaut le coup. Face aux plaintes répétées des « déclinologues » qui ne prouvent que leur propre perte de foi et laissent le lecteur dans un découragement démobilisateur, Sophie Divry propose des solutions pour refaire du roman un lieu de recherche et d'aventures. Elle partage ses idées pour une littérature plus exigeante, plus vivante et plus tenace, plus nécessaire aux auteurs comme aux lecteurs. Sophie Divry est née en 1979 à Montpellier et vit actuellement à Lyon. Après quatre romans très remarqués - La cote 400 ; Journal d'un recommencement ; La condition pavillonnaire et Quand le Diable sortit de la salle de bain - l'auteur signe son premier essai avec Rouvrir le roman.

  • « Derrière moi, une querelle s'éternise, un bébé hurle, le wagon tressaute, ses roues grondent, les trains qui nous croisent vrombissent, mais, pour moi, le bruit s'est tu. »
    Mikhaïl Chichkine, qui s'était donné pour mission d'adapter le modernisme « à la Joyce » aux lettres russes, se révèle ici au lecteur dans une simplicité et une intimité nouvelles. Qu'il évoque les relations entre la Suisse et la Russie, l'importance du mot ou le destin de l'écrivain, ses textes sont émaillés de détails biographiques qui leur confèrent la saveur toute personnelle du souvenir. Le texte sur Robert Walser, auquel il voue une grande admiration, est un chef-d'oeuvre : c'est, selon Paul Nizon, l'hommage éblouissant d'un écrivain à un autre écrivain.
    /> Une enfance soviétique, une jeunesse rebelle, la haine de la violence ordinaire, l'appel de la littérature, l'exil, qui lui fit craindre de perdre sa langue maternelle, puis le rapprocha de « sa » langue d'écrivain et de la littérature russe : on trouve, dans ce recueil, le « code » de tous les livres de Mikhaïl Chichkine, ses sources d'inspiration autant que ses obsessions.
    Né en Russie en 1961, Mikhaïl Chichkine a suivi des études d'anglais et d'allemand à l'École normale supérieure de Moscou. Il s'installe en Suisse en 1995. En 2000, il obtient le Booker Prize russe pour son roman La Prise d'Izmaïl (Fayard, 2003), qui le place d'emblée au premier rang des auteurs russes contemporains. Il a aussi publié Dans les pas de Byron et Tolstoï (Noir sur Blanc, 2005), prix du Meilleur Livre étranger (catégorie essais) ; La Suisse russe (Fayard, 2007), et Le Cheveu de Vénus (Fayard, 2007), qui a reçu les prix Bolchaïa Kniga et National Best-Seller 2006. Son roman Deux heures moins dix (Noir sur Blanc, 2012) est un best-seller en Russie et a été récompensé par le prix Bolchaïa Kniga 2011.

  • Dans cette brève histoire de la Pologne, le lecteur trouvera les faits essentiels qui se sont produits de la naissance de la nation jusqu´à nos jours. Michal Tymowski présente, sous la forme de dix-sept chapitres, les moments forts de la vie politique, économique, sociale et culturelle du pays avec en arrière-plan le cadre plus large de l´histoire de l´Europe.


    Ouvrage de référence, Une histoire de la Pologne est enrichie dans cette nouvelle édition d´une riche iconographie et d´un chapitre inédit sur l´après-1989.

  • « Dans une petite salle, bondée de camarades, chacun de nous parlait de ce dont il se souvenait le mieux. Je pensais alors avec émotion à Proust, qui serait bien étonné et touché peut-être de savoir que vingt ans après sa mort, des prisonniers polonais écoutaient avec un intérêt intense l´histoire de la duchesse de Guermantes, la mort de Bergotte et tout ce dont je pouvais me souvenir de ce monde de découvertes psychologiques précieuses et de beauté littéraire. » La Recherche du temps perdu ou comment survivre, sortir de la déchéance,  grâce au souvenir d'une lecture.

  • Journal de la Kolyma est une road story. Jacek Hugo-Bader y raconte son voyage au long de la Route de la Kolyma, qui relie Magadan à Iakoutsk en 2025 kilomètres. Un voyage pavé de rencontres, d´expériences et d´émotions.
    En référence aux Récits de la Kolyma de Varlam Chalamov et à L´Archipel du goulag de Soljenitsyne, Hugo-Bader évoque le terrible passé de la région. La Kolyma, au climat extrêmement rude et riche de nombreuses mines d´or, d´argent et d´uranium, a été le lieu d´exil d´une multitude de prisonniers soviétiques. Mais ce n´est pas ce passé que le reporter polonais veut mettre en avant : ce sont les gens qui, aujourd´hui, vivent dans ces régions reculées. Il fait ainsi le portrait de Dima le tchékiste, gras et bruyant ; de Natacha, 79 ans, fille de Iejov, le chef de la police secrète sous Staline, responsable de millions de morts ; du chien Bobik ; de l´oligarque Alexander ; et, au début de l´ouvrage, de la chamane iakoute Dora, comme pour placer son récit et son voyage sous la protection des esprits...
    Sous la plume d´Hugo-Bader, les conversations avec les habitants et les voyageurs de passage prennent vie, les situations cocasses ou inquiétantes se dessinent nettement. Le journaliste se met lui-même en scène dans son texte, devenant le guide explicite du lecteur le long de la Route de la Kolyma.
    Un reportage littéraire au coeur de la Kolyma, un territoire situé à l´extrême est de la Russie, tristement célèbre pour ses camps de prisonniers soviétiques. Dans la lignée de Kapu´sci´nski et de la tradition polonaise du reportage littéraire, Jacek Hugo-Bader plonge au coeur de cette région reculée, en donnant la parole à ses habitants.

    Avant de devenir journaliste du grand quotidien Gazeta Wyborcza, Jacek Hugo-Bader a travaillé dans l´épicerie, le fret ferroviaire, la filière porcine, le conseil matrimonial et la distribution. Durant toutes ces années, il fut membre de l´opposition anticommuniste en Pologne. Spécialiste de l´ex-URSS, il a également fait des reportages à bicyclette en Chine, en Mongolie et au Tibet. Jacek Hugo-Bader est né en 1957.

  • Ce livre a reçu le Prix du meilleur livre étranger 2005 (essai) Nombreux au fil des siècles furent les écrivains qui trouvèrent asile et inspiration en Suisse. A cinquante ans d'écart, Byron et Tolstoï gravirent au départ du lac Léman plusieurs chemins

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