Le Livre de Poche

  • Edition enrichie (Préfaces, notes, biographie et bibliographie)
    En 1903, Rilke répond à Franz Kappus, un jeune homme de vingt ans, élève d'un prytanée militaire, qui lui a envoyé ses premiers essais poétiques. Neuf autres lettres suivront, que Kappus publiera en 1929, trois ans après la mort de Rilke. Leur retentissement n'a fait que s'accroître depuis. Bien plus, en effet, qu'un entretien sur le métier poétique, elles forment une extraordinaire méditation sur la solitude, la création, l'accomplissement intérieur de notre être.
    Cette nouvelle traduction s'accompagne ici d'essais échelonnés entre 1912 et 1919, Sur le poète, Instant vécu et Bruit originaire, ainsi que de poèmes écrits en français, à la fin de sa vie, par l'auteur des Elégies de Duino. Trois visages d'un des plus grands poètes du xxe siècle.
    Présentation et notes de Hans Hartje et Claude Mouchard. 

  • Montaigne

    Stefan Zweig

    En 1941, alors qu'en Europe la guerre et les nationalismes font des ravages, Stefan Zweig, exilé au Brésil, trouve en Montaigne un « ami indispensable », dont les préceptes de tempérance et de modération lui paraissent plus que jamais nécessaires. Selon Zweig, « pour que nous puissions appréhender l'art et la sagesse de vivre de Montaigne [...] il fallait que survienne une situation similaire à celle qu'il avait connue. »
    De son propre aveu, Zweig n'était pas à même d'apprécier pleinement le génie de Montaigne lorsqu'il le découvrit à vingt ans. C'est en les relisant à travers le prisme de l'expérience qu'il mesure véritablement tous les enjeux des Essais. Laissant parler son admiration pour l'auteur, il en dresse une biographie émue et passionnante, dans laquelle il livre, en creux, son propre portrait à la veille de sa mort.Préface d'Olivier Philipponnat.Traduit de l'allemand par Corinna Gepner.

  • On connaît l´intérêt passionné du romancier d´Amok et du Joueur d´échecs pour les zones inexplorées et obscures de l´esprit humain.
    Biographe érudit et passionnant, il évoque ici trois figures historiques qui ont été parmi les premières à s´y aventurer.
    À la fin du xviiie siècle, le magnétiseur Mesmer s´intéresse à l´hypnose.
    Un siècle après, Mary Baker-Eddy, une Américaine, fondatrice d´une secte, prétend guérir par l´extase de la foi.
    Dans le même temps, à Vienne, Freud donne naissance à la psychanalyse. Trois expériences auxquelles l´histoire et la science devaient donner leur juste place, mais qui toutes trois marquèrent leur temps.
    Dans ce livre trop méconnu, témoignage de son inlassable curiosité intellectuelle, le grand écrivain autrichien nous convie à une réßexion fondamentale sur les pouvoirs de l´esprit.

  • Kleist, Hölderlin, Nietzsche : trois destinées fulgurantes et sombres, où les éclairs du génie créateur illuminent des vies brèves, en proie à l´excès, à la démesure, à la folie.
    Comme il l´a fait dans Trois poètes de leur vie, Stefan Zweig rapproche ici ces figures animées par un même mouvement intérieur. Pour ces errants, à peu près ignorés de leur vivant, la pensée ou la création ne sont pas cette sereine construction d´un idéal d´harmonie et de raison dont Goethe donne l´exemple accompli ; elles ne peuvent naître que dans le corps à corps avec un démon intérieur qui fait d´eux les fils de Dionysos, déchiré par ses chiens.
    C´est en romancier, grâce à l´intuition et à la fraternité d´âme, que l´auteur d´Amok et du Joueur d´échecs, fasciné par les dimensions les plus mystérieuses de l´esprit humain, mène ces évocations, dont bien des pages sont d´inoubliables morceaux littéraires.

  • Edition enrichie (préface, notes, dossier, biographie et bibliographie)
    Agrippine, veuve de Germanicus, veut se venger de l'empereur Tibère et de Séjanus, son favori, qu'elle tient pour responsables de la mort de son époux. Séjanus, qui désire secrètement Agrippine, décide de s'allier à elle pour renverser l'empereur. Tibère, qui jalouse la popularité d'Agrippine et craint pour son trône, veut se débarrasser d'elle... S'engage alors un jeu de dupes étourdissant, fait de mensonges et de dissimulation, où règne la violence.Unique tragédie de Cyrano de Bergerac, taxée d'impiété à sa sortie, oubliée puis redécouverte sur le tard, La Mort d'Agrippine décrit un monde en perdition, d'une noirceur inouïe. Dans une langue ciselée et redoutable, l'auteur déploie tout son talent de dramaturge et nous livre un chef d'oeuvre sulfureux où rayonne, en creux, la pensée des libertins érudits.Édition de Françoise Gomez.

  • Quelle est l´origine de la curieuse expression : prendre son pied ?
    Pourquoi dit-on, lorsqu´on ne se sent pas bien, qu´on n´est pas dans son assiette, ou au contraire qu´on reprend du poil de la bête, si l´on va mieux ? Pourquoi passer l´arme à gauche veut-il dire « mourir » et mettre à gauche « faire des économies » ?
    Ce livre a pour objet de répondre à toutes ces questions.
    Ce n´est pas un dictionnaire mais un récit écrit à la première personne par un écrivain fouineur, sensible à l´originalité du langage.
    Un récit alerte, souvent drôle, qui mêle l´érudition au calembour, mené à la manière d´une enquête policière et qui aiguillonne à vif la curiosité du lecteur.
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  • Collection Classiques dirigée par Michel Zink et Michel Jarrety. Édition de Frank Laurent.Le 15 décembre 1840, lors du transfert des cendres de Napoléon aux Invalides, Hugo se trouve parmi la foule ; le 22 février 1848, quand commence ce qui sera une révolution, il quitte la Chambre des pairs pour assister aux affrontements de la place de la Concorde. Mais ce dont Hugo est témoin, c'est aussi l'agonie de Balzac dont il serre une dernière fois la main inerte, et de nombreux événements de toute nature, dont, hélas, les plus tragiques : la folie de sa fille Adèle et la disparition de ses deux fils, Charles et François-Victor. C'est en 1887, deux ans après sa mort, que son ami Paul Meurice puise dans ses papiers et carnets la matière d'un premier volume de Choses vues qui plus tard s'accroîtra. Des Mémoires ? sans doute non. Une sorte de Journal, plutôt, mais qui accueille à la fois des pages écrites a posteriori et de simples notes très diverses : un ensemble de fragments à la fois historiques et intimes, où l'écrivain, souvent placé comme en retrait, nous propose, si l'on veut, sa chronique d'un demi-siècle.

  • « Poètes de leur vie », Casanova, Stendhal et Tolstoï le furent en recréant littérairement leur existence, en se prenant eux-mêmes comme matériau de leur oeuvre.
    Mais alors que le premier se raconte naïvement, de façon anecdotique, pour le plus grand plaisir du lecteur, l'« égotiste » Stendhal a une tout autre visée : c'est en psychologue lucide et perspicace qu'il observe et démonte en lui les mécanismes de l'amour, du bonheur ou de l'échec. Tolstoï, enfin, fait de l'autobiographie une véritable quête spirituelle, éthique et religieuse.
    Ces trois tentatives, qui reflètent autant de tempéraments, de ressaisir le temps et le destin sont revécues de l'intérieur par le grand écrivain autrichien, psychologue et moraliste profond, de Vingt-quatre heures de la vie d'une femme et de La Confusion des sentiments. 

  • Si la physique classique a largement contribué à modeler nos conceptions et nos représentations de la réalité, la théorie de la relativité et la théorie quantique introduisent aujourd'hui des bouleversements décisifs qui sont en train de transformer jusqu'à notre mode de pensée. Avec L'idée du déterminisme, Alexandre Kojève propose la première analyse fouillée de ces mutations mentales que nous vivons chaque jour. Un travail philosophique sans équivalent qui, non seulement livre une subtile étude comparée des grands systèmes scientifiques, mais encore fournit les éléments d'une réflexion stimulante sur les remaniements de quelques-unes des notions clefs de la science contemporaine. Un texte majeur de l'un des grands philosophes français de ce siècle.

  • «  Bloomsbury m'enchante, il est la vie même.  »  Dans un récit inédit, vivant et abondamment illustré, Carole d'Yvoire raconte les premières années et la rencontre de deux êtres fascinants  : Virginia Stephen et Leonard Woolf, dont l'union sera symbolisée en 1917 par la naissance de la maison d'édition Hogarth Press.Sont ainsi célébrés dans ce texte émouvant une période activité artistique foisonnante et ceux qui, face au tragique, choisissent l'affirmation de la vie, d'une «  vie intense et triomphante  ».  Inclus  : des extraits de lettres, une nouvelle de Virginia Woolf et une nouvelle inédite de Leonard Woolf.

  • « Je considère le poète comme le meilleur de tous les critiques », dit Baudelaire dans l´étude qu´il consacre à Wagner, et lui-même, près de vingt ans durant, a écrit de nombreux articles ou préfaces. Ces textes ne dégagent sans doute pas l´unité d´une doctrine, et leur auteur ne s´interdit pas la contradiction mais, dès sa jeunesse, se sont formées quelques idées-forces auxquelles il sera fidèle. Car il s´engage tout entier : comme tout grand écrivain, c´est un peu lui-même qu´il lit chez les autres, et l´on ne s´étonne pas d´une partialité où s´affirment tour à tour l´admiration qu´il porte à Poe, les réserves que Hugo lui inspire, ou la sympathie attentive dont témoigne sa lecture de Madame Bovary.
    Après sa mort, lq plupart de ses écrits sur la littérature ont été rassemblés dans L´Art romantique, mais ils s´y trouvent mêlés à des textes sur l´art. Le présent volume, au contraire, les regroupe selon leur ordre d´écriture. Ce qui se dessine ainsi, c´est un parcours chronologique où se révèlent une pensée en mouvement et une morale autant qu´une esthétique - un parcours où, de manière magistrale, s´inaugure la critique des créateurs, celle qui se poursuivra de Mallarmé à Valéry, et de Breton à Yves Bonnefoy.

    Edition de Jean-Luc Steinmetz. 

  • Née une vingtaine d´années avant la Révolution, disparue peu après la chute de l´Empire, liée par son père, Necker, et son mari, ambassadeur de Suède en France, à toute l´Europe éclairée, Germaine de Staël a, comme Chateaubriand, vécu le passage d´un monde à un autre. Or ce passage, c´est aussi celui des Belles-Lettres - l´éloquence, la philosophie, l´histoire et la poésie entendue au sens le plus large - à ce que nous appelons de manière plus restreinte la littérature et où le roman prend une place capitale.
    Si, en 1800, son livre majeur s´intitule De la littérature dans ses rapports avec les institutions sociales, c´est qu´elle entend ne pas séparer cette littérature de l´Histoire et de la politique, ni de la perfectibilité humaine et des réalités de chaque nation : nouvelle manière de considérer la littérature que cette anthologie, qui accueille également des extraits d´autres livres, permet de découvrir ou de mieux comprendre. « Cette femme apprend à penser à ceux qui ne s´en aviseraient pas ou qui l´auraient oublié », disait Napoléon, son farouche ennemi : cette théorie de la littérature qu´elle invente et qui demeure la nôtre ne cesse pas d´en donner la preuve.

    Édition d´Éric Bordas

  • Ce volume rassemble des textes écrits par Bernard-Henri Lévy entre 2011 et 2016, et qui témoignent d'une philosophie en acte. Articles, conférences, discours, préfaces, tribunes : toutes ces formes sont mobilisées pour questionner et analyser les turbulences du monde d'aujourd'hui. On retrouve, à travers neuf grands thèmes, les engagements et les personnalités qui sont chers à l'auteur : la philosophie et les maîtres disparus, la politique et les bouleversements internationaux (l'Ukraine, la Syrie, Daech), la religion et « l'esprit du judaïsme », l'art et la littérature. Au fil des pages se dessine en creux le portrait d'un philosophe-artiste engagé, qui réfléchit moins sur son identité que sur celle de son époque et sur les crises qu'elle doit affronter.

  • C'est à un voyage que le lecteur est convié. A travers siècles et civilisations. De la Chine à l'Iran, du Japon aux Indes, mais aussi dans la littérature française, Étiemble promène son regard d'encyclopédiste et traque les grandes figures de l'érotisme. Il réhabilite les subtiles pratiques orientales et condamne sans appel les perversions de l'Occident où, trop souvent, la violence l'emporte sur la délicatesse et le cynisme supplante le sentiment. Une manière de redécouvrir l'art d'aimer.

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