La découverte

  • Depuis plus de dix ans, l'usage que les poètes latins de la fin de la République ont fait du mythe de l'âge d'or a piqué la curiosité de l'auteur. Ses recherches l'ont convaincu que derrière ce vieux mythe, se livrait un débat passionné dont les enjeux n'étaient autres que la notion même de liberté et la capacité de l'imagination poétique à engendrer le bonheur. Il lui a paru qu'il pouvait valoir la peine de faire partager à d'autres cette conviction.

  • La " machine univers ", c'est bien sûr l'ordinateur, qui semble enfin réaliser ce vieux rêve de l'humanité : celui d'une machine universelle, capable de tout calculer. Mais aussi bien plus que cela : car l'informatisation de la société fait émerger une nouvelle vision du monde, conçu comme un univers où tout serait calculable. C'est à cette véritable mutation anthropologique, comparable seulement à celle qui accompagna l'apparition de l'écriture, que Pierre Lévy s'intéresse dans ce livre profondément original. A partir d'une vaste enquête sur les nouvelles conditions technique de la création (picturale, musicale et scientifique), l'auteur dessine les lignes de force de la culture qui vient. Il montre que les simulations numériques et la mise en algorithmes des raisonnements scientifiques amènent à considérer les objets physiques, biologiques, et même les sujets humains, comme de simples systèmes de traitement de l'information, en effaçant cette partie essentielle du réel et de la culture qui ne sera jamais réductible par le calcul. MAis il montre aussi que la transformation contemporaine des manières de saisir la réalité, loin d'être une simple conséquence de l'informatisation, plonge de profondes racines dans a culture occidentale : elle apparaît comme le couronnement d'un processus multiséculaire, qui a lentement substitué la domination du calcul à celle du langage. La machine univers est le premier ouvrage d'envergure qui incite à penser l'informatique dans toutes ses dimensions philosophiques et anthropologiques. Écrit dans une langue incisive et limpide, ce livre mène le lecteur des techniques contemporaines les plus sophistiquées à des perspectives entièrement originales sur l'histoire de l'art, des théories scientifiques concernant la vie et l'intelligence aux interrogations dernières sur le sens du devenir humain.

  • Après la dénonciation sans appel du totalitarisme soviétique et la preuve par le goulag en 1976, puis l'écroulement du mur de Berlin en 1989, beaucoup d'intellectuels se sont trouvés désorientés, comme décrochés d'une histoire dont le sens leur échappait. Le nouveau rôle social des médias a accentué ce malaise, en excluant bien souvent les intellectuels des moyens d'expression de leur propre savoir.
    Rendre compte à chaud d'une histoire dont les effets ne sont pas totalement déployés est la gageure que tente ici Olivier Mongin. Il ne propose ni une histoire exhaustive des intellectuels ni une sociologie des clercs, mais un état des mutations de la pensée contemporaine en France, sans négliger les courants esthétiques et littéraires. Ce panorama, nourri d'une abondante bibliographie, est aussi une présentation critique des pensées novatrices qui se font jour face au scepticisme ambiant, et des écoles, des lieux où celle-ci s'élaborent et se diffusent.
    Cet essai est sous-tendu par une thèse : le désenchantement démocratique qui prévaut aujourd'hui reflète l'épuisement de la polarisation entre le singulier et l'universel, qui structurait la communauté intellectuelle française depuis la Déclaration des droits de l'homme. Sans " vision du monde ", l'intellectuel ne peut plus remplir une de ses fonctions, donner du sens à l'histoire. Est-il pour autant condamné à disparaître ? Olivier Mongin refuse cette éventualité : pour lui, la démocratie n'avance et ne se renouvelle qu'avec des idées, donc des débats et des confrontations. Et il faut pour cela des " passeurs " et des éveilleurs " : telle est la mission de la nouvelle figure que l'auteur appelle de ses voeux, celle de l'" intellectuel démocratique ".

  • En confrontant des données relatives au Québec et à la France, les auteurs de cet ouvrage se trouvent placés dans une rare situation d'observation : une même langue pour deux populations dont l'une tire ses origines de l'autre mais qui ont connu des destins forts différents ; des rituels d'origine commune dans un passé lointain mais qui ont évolué de façon singulière de chaque côté de l'Atlantique. Une partie des textes explorent directement ce rapport de filiation ; d'autres contributions élargissent les perspectives et les terrains.

  • Les histoire racontées dans Les Mille et une nuits sont une école de sagesse. Dans la lecture qu'en fait Abdelfattah Kilito, elles sont parcourues par un fil rouge : la question du livre. A qui revient-il de raconter des histoires ? De les coucher par écrit ? De les enfermer dans un livre ? De faire passer celui-ci de main en main et de bouche à oreille ? Qu'est-ce qu'un auteur et qu'est-ce qu'on bon lecteur ?
    De la parole à l'écrit, de l'écrit au livre, et de fil en aiguille, Abdelfattah Kilito nous fait pénétrer dans le livre magique, rendez-vous de la mort et de la vie.

  • Speech acts. Mais pourquoi toujours penser nos communications selon le modèle linéaire de la chaîne ? En suivant ce paradigme communicationnel, Daniel Bougnoux montre l'insistance d'unelogique circulaire:sans son mouvement perpétueld'ouverture et de fermeture, nous ne saurions communiquer. Mais lesboucles étrangesne cessent de déborder nos langages, et c'est ce que l'auteur s'efforce de démontrer.

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