L'Herne

  • Auteur au style singulier, misanthrope, vivant une relation d'amour et de haine avec son pays, Thomas Bernhard est un des auteurs les plus importants de la littérature germanique d'après-guerre. La publication de ce Cahier, présentant des textes inédits, offre la possibilité d'explorer son oeuvre, d'éclairer la genèse de son écriture et de prendre la mesure de son importance dans le monde actuel.

  • Il s'agit d'un texte d'intervention, comme il en fut écrit au cours de notre histoire intellectuelle lorsque l'urgence du moment appelait une parole neuve et forte. Le mauvais fonctionnement du jeu démocratique en France, les menaces qui pèsent sur la construction européenne, les incertitudes majeures que traverse la planète ne peuvent laisser le philosophe indifférent et passif. Les postures de protestation qui par le passé firent florès, celle de l'intellectuel engagé, par exemple, ne conviennent plus à la situation actuelle. Car dénoncer, opposer ou prêcher des solutions du haut d'une tribune est devenu largement inaudible et donc inefficace. Il s'agit plutôt, c'est l'objet même de ce texte, de remonter aux conformismes idéologiques qui enlisent la politique pour tenter d'en dé-coïncider. Une tâche qui est à la fois théorique et pratique.

  • L'oeuvre variée de Jean Giono en fait l'une des plus importantes du xxe siècle. Le Cahier de L'Herne permet de réévaluer l'image de ce grand écrivain, encore trop souvent encombrée de clichés, et de célébrer l'oeuvre du très grand poète.
    C'est sur « les grands chemins » de Jean Giono que ce volume convie ses lecteurs en faisant dialoguer les textes et les documents de tous ordres : carnets de travail, brouillons, manuscrits, photographies privées et officielles, peintures, correspondances, dédicaces et textes inédits.

  • Alain, philosophe athée, s'intéressait passionnément aux religions. Il y voyait comme des miroirs, où l'humanité, qui les a produites, se projette et se reconnaît. Mais comment celui qui écrivait qu' « il n'est permis d'adorer que l'homme » put-il tomber - tout en se le reprochant - dans l'antisémitisme que révèle son Journal inédit ? C'est ce que j'ai voulu essayer de comprendre.

  • LES CAHIERS DE L'HERNE ; Bobin

    Collectif

    • L'herne
    • 18 Septembre 2019

    Ce Cahier est l'exploration de ce que Christian Bobin appela dès ses vingt ans Les différentes régions du ciel, et qui n'est autre qu'une sorte de chemin buissonnier contournant les croyances et les incroyances du monde. Les nombreux textes de Christian Bobin réunis dans ce volume démontrent la puissance de son écriture lumineuse qui ne cesse de conquérir un public fervent, et touche comme seule touche l'écriture des poètes.

  • L'oeuvre de Pierre Bergounioux est des plus singulières. Il s'est voulu le témoin de la mutation qui vit, en moins d'un demi-siècle, les campagnes de l'Europe occidentale se vider de leur population. Un témoin non moins attentif qu'impliqué.
    Ce volume, riche de nombreuses contributions de l'auteur touchant le chemin des grandes rencontres littéraires, mais aussi les grands événements de sa vie personnelle, assemble un faisceau de lectures sensibles, probes, d'auteurs contemporains disant la surprise, le sérieux, l'éclat, la portée d'une oeuvre tissée de tant de fils.

  • Notre Dame de Paris

    Joris-Karl Huysmans

    • L'herne
    • 23 Octobre 2019

    Huysmans s'est abondamment documenté sur Notre-Dame de Paris et sur son « quartier ». Les textes qu'il leur a consacrés en témoignent. La cathédrale de Paris, telle que des siècles de destructions et de reconstructions la lui livrent, reflète d'autres évolutions qu'il déplore.

  • L'Europe est en malaise de ne plus savoir que faire, aujourd'hui, du christianisme.
    Or, si nous évitons la question du christianisme, c'est, je crois, que le clivage entre « celui qui croyait au ciel » et « celui qui n'y croyait pas » n'est plus pertinent.
    Aussi aborderai-je le christianisme à titre de ressources. Celles-ci sont, disponibles, à qui les explore et les exploite.

  • S'il est un travail vivant - mode d'activité essentiellement humain - c'est d'abord le travail manuel, méprisé par les Anciens, véritable levier qui met le monde en mouvement et pivot spirituel de la communauté réconciliée. Il faudra libérer le travail, pour que naisse une société d'hommes libres, pour qu'autour de la production se cristallise la fraternité. Il appartient aux travailleurs de se réapproprier l'appareil productif, pour que s'élargisse « peu à peu le domaine du travail lucide ». Avec le travail ainsi entendu, l'homme sort de l'imaginaire et se conforme « au vrai rapport des choses ».
    Le travail peut devenir transfiguration. Il peut être une « forme de sainteté ».

  • La lecture de cet essai peut nous fournir au moins une sorte de consolation, à une époque où les passions identitaires et religieuses menacent de plonger une nouvelle fois l'humanité dans le désastre. Russell passe au scalpel de son ironie les préjugés religieux, philosophiques, nationalistes et politiques du passé et du présent.

  • Resté inédit du vivant de Huysmans, le manuscrit de ces Rêveries est tout à fait étonnant. Le mot « Rêveries » dans le titre, que Huysmans a préféré au mot « Propos » dans une première rédaction, paraît à la limite de l'antiphrase lorsqu'on lit le texte de cette diatribe contre l'Église de France, ou plus exactement contre le catholicisme à la française.

  • François Jullien revient ici sur son chemin de pensée dans un entretien avec son lecteur.

    Ou comment il a fait jouer la pensée chinoise comme un opérateur théorique pour ébranler dans leurs fondements les choix faits par la philosophie ; et ouvrir celle-ci à de nouveaux questionnements.

  • Sans renier pour autant son statut d´icône féministe, L'Herne a voulu restituer à Simone de Beauvoir toute sa dimension d´écrivain. Ce Cahier tente d´éclairer les différents genres dans lesquels son talent s´est exercé et souligne un travail d´écriture souvent méconnu.

    La publication d´extraits de romans de jeunesse inédits, la découverte de manuscrits dont l´analyse permet de relire autrement romans, nouvelles et autobiographies, révèlent la constance d`une vocation et le souci obstiné de la solution littéraire adéquate. Refusant les excès du tout biographique, ce Cahier offre néanmoins aux lecteurs des correspondances inédites, qui font le point sur les relations inventives que Simone de Beauvoir noua avec ses amours et ses amis. Des entretiens témoignent du désir qu´elle eut toujours de s´expliquer sur son oeuvre et sur sa vie, et de nombreux articles, publiés dans des revues ou quotidiens américains et français, illustrent ses engagements.

    Ce Cahier rend compte des recherches, notamment anglo-saxonnes, qui ont sorti Simone de Beauvoir de l´ombre sartrienne et lui ont conféré une stature de philosophe à part entière. Nous avons souhaité élargir notre étude aux adaptations cinématographiques et théâtrales que ses romans et ses essais ont suscitées.

    Le rayonnement de Simone de Beauvoir se mesure également à l´abondance des lettres de lecteurs qu´elle reçut et dont nous publions des échantillons, en privilégiant les correspondances d´écrivains. Ce dialogue se poursuit, non sans débats, avec les écrivaines des générations suivantes.

  • Cahier Comte-Sponville

    Collectif

    • L'herne
    • 15 Janvier 2020

    André Comte-Sponville est un philosophe à part entière, sorti des meilleures écoles, qui a construit au cours des années une philosophie ambitieuse et forte (en particulier morale), à travers divers ouvrages dont quelques traités. Il occupe une place particulière par son souci de mettre (ou de remettre) la philosophie au coeur de la Cité et de la vie. Il nous rappelle que la philosophie a d'abord été, sinon un « art de vivre », du moins un « choix de vie ». Qu'elle est aussi, inséparablement, une certaine façon de penser. Que philosopher, c'est à la fois, « penser sa vie » et « vivre sa pensée ».

  • Les Cahiers de L'Herne entreprennent de saluer en Pierre Michon l'absolue singularité d'une voix et d'une écriture qui n'en finit pas de surprendre et d'enchanter un lectorat toujours plus vaste depuis l'apparition, en 1984, de son premier ouvrage, Vies minuscules. Les livres de Pierre Michon, denses et tendus dans leur beauté paradoxale, à la fois sauvage et classique, naturelle et travaillée, ont depuis longtemps conquis une place de premier plan auprès des écrivains, des lettrés et dans les milieux de la critique savante. Il est alors naturel de solliciter dans ce volume les plus grands noms de la critique universitaire - Jean-Pierre Richard, Henri Mitterrand ou Philippe Berthier - tout en s'ouvrant à d'autres disciplines de la pensée et de la création : l'Histoire (Patrick Boucheron, François Hartog), histoire de l'art et anthropologie, géographie (Jean-Louis Tissier), la musique et arts plastiques (Henri Cueco), l'art théâtral (Denis Podalydès), sans oublier la question de la traduction (Élizabeth Deshays).
    Ce Cahier est aussi l'occasion de convoquer autour de l'oeuvre de Michon, les textes et témoignages de grands critiques et écrivains comme Pietro Citati, Maurice Nadeau ou Jacques Réda, et d'autres contemporains (Goffette, Bergounioux, Echenoz ou Olivier Rolin) ou auteurs plus jeunes (Marie-Hélène Lafon, Maylis de Kerangal) qui disent ici le pouvoir fécondant de cette écriture éblouissante et rare. S'intéressant aussi à l'atelier littéraire, le présent Cahier donne à lire nombre d'inédits ou textes rares de Michon : premiers écrits mais aussi variantes, passages supprimés, chapitres retranchés, toutes « victimes » de l'exigence de l'auteur qui opte pour le fragment fulgurant et l'inachèvement.
    Ainsi ce Cahier de L'Herne participe-t-il puissamment du rayonnement de l'oeuvre dense, lumineuse et féconde de cet immense écrivain aussi rare et secret qu'exigeant - donnant toute sa véracité à cette remarque que l'entreprise vient de susciter chez Jean-Pierre Richard à propos de notre auteur : « Son silence si têtu, il faudrait alors l'entendre comme une sorte de paradoxale, et réversible, insémination... ».

  • Ce Cahier propose une approche de la pensée d'Onfray, devenue incontournable, à partir de contributions sur les engagements et les thèmes qui structurent son travail depuis maintenant trente ans et tente également d'apporter un nouvel éclairage sur la personnalité du philosophe ; par des textes inédits, des portraits réalisés par Jacques Pasquier, Gérard Fromanger ou Valerio Adami, des témoignages d'amis et de proches, ou encore des correspondances inédites avec Pascal Dusapin et Lucien Jerphagnon.

  • Houellebecq est un contemporain capital. Les sociologues, les historiens, même les économistes en font déjà leur miel. Pourquoi pas les juristes donc? Sans doute les rapports de son oeuvre avec le droit ne sont pas évidents. Mais, tout comme Balzac fut l'écrivain du capitalisme effréné, Houellebecq est celui du capitalisme exténué. Les plaies sociales que stigmatise Houellebecq mettent ainsi nécessairement le droit en question. Pulvérisation des structures affectives, fragmentation des rapports amoureux, désagrégation des corps intermédiaires, invasion de la logique contractuelle, ébullition du désir, fermentation du nombrilisme, prolifération des droits de l'homme, explosion du sadomasochisme, marchandisation du corps, invention du bricolage religieux, corrosion de la laïcité, érosion des valeurs : autant de tendances qui minent le droit aussi profondément que le reste. L'oeuvre de Houellebecq est hantée par deux peurs, deux réalités qui ne laissent pas que d'interroger le juriste : la solitude et la mort. En s'érigeant contre l'une et l'autre, l'auteur cristallise les tensions et partant, justifie l'attention.

  • Si John le Carré est salué par tant d'écrivains comme l'un de leurs pairs, c'est bien parce qu'il ne se laisse pas enfermer dans un cadre univoque. Loin de se cantonner à une architecture binaire dans laquelle tout serait noir ou blanc, il aime explorer les zones d'ombre et la grisaille. L'entre-deux psychologique et métaphorique l'intéresse plus que le manichéisme idéologique.
    Sa production littéraire elle-même est bien plus protéiforme que ne pourrait le laisser croire sa réputation. Il ne se réduit pas à l'étiquette « romancier de la guerre froide » - et la fin de la guerre froide n'a pas sonné le glas de l'écrivain ; bien au contraire, elle lui a permis d'étendre son terrain de jeu thématique et géographique pour mieux se recentrer sur l'humain -, pas plus qu'à celle, plus englobante, de « romancier d'espionnage ». Mais la simple étiquette de « romancier », même, ne suffit pas à décrire son oeuvre foisonnante. John le Carré a publié vingt-quatre romans, certes, mais il a également écrit une pièce de théâtre et des mémoires. Et ce ne sont pas seulement des livres qu'il a signés de sa plume, mais plus d'une centaine de textes courts : contes, nouvelles, préfaces, articles journalistiques, tribunes, billets d'humeur, discours, et même textes autofictionnels bien avant que ce genre n'acquière ses lettres de noblesse. Premier ouvrage en français consacré à John le Carré, le présent volume rassemble nombre de ces textes, inédits en français à ce jour, qui permettent de constater que le Carré a plus d'une corde à son arc.

  • François Jullien est tout à la fois philosophe, helléniste et sinologue. Trois compétences qui ne témoignent pas seulement d'une intense curiosité et d'une vaste culture, mais plus essentiellement de l'originalité d'une démarche intellectuelle.
    La Chine est pour lui l'occasion d'un détour, l'occasion de se défaire des points de vue unilatéraux, d'opérer un décentrement. C'est le prix à payer pour se rendre disponible, pour donner toute sa mesure à la « croissance du divers », selon l'expression de Victor Segalen. Il faut faire l'épreuve du dépaysement de la pensée, créer du dissensus et donc faire dissidence. Cela conduit François Jullien à interroger nos propres catégories de pensée, celles qui nous viennent de l'Antiquité, principalement des Grecs, celles qui fondent notre tradition philosophique, qui nourrissent notre métaphysique. Il veut sonder, à la manière de Hegel préfaçant la Phénoménologie de l'esprit, ce qui bien qu'entrevu et parfois « bien connu » n'a pas été reconnu, ou poursuivi dans notre tradition venue de l'Antiquité. Il a donc voulu déclore d'autres voies, ranimer des possibles de la pensée, cultivés ailleurs et laissés chez nous en friche, ou tombés en déshérence. Cette relance de la philosophie exigeant un dehors, la Chine lui sert de point d'appui pour faire levier.
    Le Cahier de l'Herne qui lui est consacré cherche à rendre compte de toutes les facettes de cette pensée et de son influence aussi bien en France qu'à l'étranger (rappelons qu'il est le philosophe français actuellement le plus traduit dans le monde).

  • Cahier Camus

    Collectif

    • L'herne
    • 1 Septembre 2013

    Ce Cahier offre au lecteur un parcours très éclectique autour d'Albert Camus : les six sections visent à proposer des éclairages originaux sur sa vie, sur ses oeuvres - roman et théâtre -, sur sa pensée et sur ses engagements. Aucune recherche d´exhaustivité dans notre démarche : d´amples synthèses voisinent avec des « petits faits » ; des témoignages directs avec des études très « pointues » ; des textes de Camus avec des textes sur Camus. Nous avons voulu varier le plus possible les points de vue, pour que chaque lecteur circule dans le Cahier en gardant sa liberté d´interprétation. Nous voulons le rendre proche, frayer des voies vers l´homme, vers l´artiste, vers le penseur engagé, vers le journaliste - de manière que le lecteur du Cahier ait envie de lire ou relire telle ou telle des oeuvres de Camus. Nous avons pensé notre tâche comme celle de passeurs.

  • Simone Weil

    Collectif

    • L'herne
    • 22 Janvier 2014

    Simone Weil, c'est d'abord un ton qui ne ment pas, qu'on ne peut guère comparer, en authenticité et en élévation, qu'aux derniers livres de l'Éthique de Spinoza.
    Témoin d'une époque détestable, elle a voulu la penser. Il se pourrait bien, pour cette raison, que le siècle qui s'engage soit weilien. Non pas deleuzien, mais weilien. Car elle a pressenti l'imminence de la catastrophe et surtout les conséquences catastrophiques de la catastrophe. À cet égard, elle joue le rôle irremplaçable de ceux qui annoncent le destin apocalyptique de l'humanité, pour tenter d'inverser le cours du temps. Ce Cahier sera placé sous le signe du passage. Passage aussi bien d'Athènes à Jérusalem, la rencontre des philosophes et des prophètes, que de l'Occident vers l'Orient (la lecture des textes sacrés d'Égypte, d'Inde et de Chine et la rencontre météorique avec René Daumal), que l'articulation, chez elle "évidente", de la théorie et de la pratique, de la sagesse et de la science (« la géométrie grecque est une prophétie » - dira-t-elle), de l'université et de l'usine... Une praxis qu'elle s'attachera, en bonne platonicienne, à exhausser.
    Elle a fait sienne la règle implacable de G.-K. Chesterton : toute pensée qui ne devient parole est une mauvaise pensée, toute parole qui ne devient acte est une mauvaise parole, tout acte qui ne devient fruit est une mauvaise action. Il s'agit assurément de l'une des plus grandes pensées de notre tradition philosophique.

  • Depuis la parution de son premier recueil de nouvelles, By the North Gate (1963), Joyce Carol Oates s'est imposée dans le paysage littéraire américain comme l'un des écrivains les plus prolifiques. À la fois classique (solidement ancrée dans le paysage littéraire américain depuis plusieurs décennies et régulièrement citée parmi les finalistes du prix Nobel de littérature, par exemple) et iconoclaste (sa présence volubile sur twitter, sa plume acerbe, ses connaissances pointues sur la boxe en font quelqu'un d'indéniablement à part), elle reste à ce jour fascinante. Ce volume des Cahiers de l'Herne constitue la première monographie française sur cette figure de la littérature américaine contemporaine devenue incontournable.
    Cet ouvrage, première étude critique de l'oeuvre de Oates en France, est donc nécessaire. Pour rendre hommage à son ambition balzacienne de faire entrer toute l'Amérique dans son oeuvre, pour rendre compte des chemins déjà tracés dans cette oeuvre labyrinthique par les spécialistes, et pour essayer de lever une part du mystère dont Joyce Carol Oates semble étonnamment toujours auréolée. Le Cahier est constitué d'un faisceau de regards français, britanniques et américains sur l'écrivain : regards universitaires sur son oeuvre protéiforme et ses ramifications à la scène ou à l'écran, regards plus intimes de son biographe, ses collègues, amis, anciens étudiants, regards croisés d'auteurs et de traducteurs, regards de chercheurs découvrant les coulisses de son travail et partageant avec nous ses manuscrits et pages de brouillon annotées.
    Des textes inédits de Oates, des extraits de correspondance avec sa grand-mère ou avec son collègue et ami Russell Banks, ainsi que des photos de l'écrivain entourée de sa famille et ses amis complètent ces portraits et permettront au lectorat français d'embrasser du regard l'impitoyable diagnostic porté par l'auteur sur l'homo americanus ainsi que l'incroyable générosité, drôlerie, et inventivité de cet écrivain inclassable.

  • Aucune réflexion d'ampleur n'a encore été menée en France autour de l'oeuvre d'Orhan Pamuk. C'est pourtant l'une des voix les plus singulières de Turquie, qui n'hésite pas à s'exprimer sur la situation politique de son pays, plus que jamais sous les feux de l'actualité.
    Pour autant, nous n'avons pas souhaité présenter Pamuk sous l'angle privilégié de l'engagement. Ses positions courageuses sont connues et reconnues. L'oeuvre si particulière de Pamuk, si ancrée dans son Istanbul natal, résonne de multiples échos. C'est pourquoi les textes qui composent ce Cahier émanent de cultures et d'horizons divers : écrivains, critiques littéraires, historiens de l'art, traducteurs, architectes, sociologues, philosophes, géographes... Écrivain hors norme, Orhan Pamuk est aussi exceptionnel par l'éventail de son audience.
    Un des buts de ce volume est d'établir la « cartographie sentimentale » de la réception du romancier, en fonction de l'attente très variée de ses lecteurs à travers le monde. On retrouve ainsi parmi les contributeurs, les grandes plumes de la presse et de la littérature mondiale tel Pietro Citati, Claudio Magris, John Updike ou Thomas Steinfeld, aux côtés desquels figurent des collaborateurs d'horizons géographiques moins représentés dans la critique comme le Japon (Ryô Miyashita), la Norvège (Bernt Brendemoen) ou la Grèce mais qui témoigne du rayonnement incontestable de l'oeuvre de Pamuk.
    Ce Cahier unique parce qu'il est sans équivalent en France et parce que sa composition diffère des hommages réalisés à l'étranger est en outre enrichi par des écrits de jeunesse et par des pages inédites d'Orhan Pamuk. Il révèle enfin en France l'oeuvre graphique de l'écrivain qui enrichit cette édition de nombreux dessins et croquis, publiés eux aussi pour la première fois.

  • Paris je t'aime

    Colette

    • L'herne
    • 5 Novembre 2014

    Cesse-t-on jamais d'être de son village ? En « vingt arrondissements et deux rives de fleuve », Colette a cherché à retrouver à Paris sa province perdue. Jusqu'à découvrir le Palais-Royal. D'abord entre 1926 et 1930, dans son « tunnel », un sombre entresol aux fenêtres en demi-lune ; puis, de 1938 à sa mort en 1954, dans la « seigneurie retrouvée », un premier étage dont les hautes baies donnent directement sur le jardin. « Ma Province de Paris » écrit Colette à propos de cette enclave de verdure en plein coeur de la capitale.
    Un village en somme avec ses autochtones, ses habitants anonymes ou illustres (Cocteau, Bérard, Bove etc.), ses lieux de rencontres, ses boutiques et ses restaurants (le Grand Véfour).

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