Hermann

  • « Un livre merveilleux [qui apprend] à regarder. Il n´y a pas un mot de trop. Et avec cette sobriété, on sent toute la passion de l´auteur, tout ce qui compte pour lui. [...] Ce livre me tiendra durable compagnie, et j´y chercherai souvent les raisons de

  • Dans À la Recherche du temps perdu, toutes les rencontres sont possibles, et tout compte, comme dans les rêves. La proximité des objets du monde produit la ressemblance, et le désir est glissement inextinguible. L´à côté, dans la perception proustienne, produit juxtaposition et contamination, et abolit tout cloisonnement à l´intérieur de l´expérience.
    La suite de lectures qui forme ce livre met en évidence les rapports entre théorie et fascination, entre désir et profanation, mais aussi les illuminations qui préparent l´écriture du grand livre, les lieux, figures concrètes de l´espace, et encore l´évolution de l´idée du mal, et la centralité transgressive du sommeil.
    Qui écoute Proust part à la recherche, et s´efforce de transmettre les saisies, les étapes et les surprises de la poursuite.

    Jacqueline Risset a traduit La Divine Comédie de Dante (5e édition 2007) et publié divers livres de poèmes et d´essais, parmi lesquels Puissances du sommeil, Les Instants, Traduction et mémoire poétique.

  • Penser la psychiatrie sans le corps est une démarche d´exclusion épistémologique dont l´actualité témoigne. En s´éloignant des dispositifs thérapeutiques que la psychiatrie avait acquis, un tabou du corps s´est progressivement installé. Le franchir, c´est lever le silence sur l´enfermement, repenser la psychopathologie dans son rapport entre psychanalyse et psychiatrie, repenser le corps comme « objet parleur ». C´est ainsi reprendre la question du tranfert dans la psychose avec la notion d´image du corps, lieu dans lequel se dépose l´histoire d´un sujet avec les autres. En explorant les nombreux travaux d´approche du corps en pédo-psychiatrie, l´ouvrage reprend largement la question du transfert en institution en référence aux pratiques de Tosquelles, Oury, Racamier, Resnik... Ce livre est aussi un défi contre une forme d´angélisme psychanalytique qui réhabilite à ses dépens le partage instauré entre la médecine propriétaire du corps et la psychanalyse de la lettre.
    Pierre Delion refonde une psychiatrie politique renouvelée. Pierre Delion est professeur de pédospychiatrie à la faculté de médecine de Lille 2, chef du service de pédopsychiatrie au CHRU de Lille et psychanalyste.

  • Ce livre est l´histoire d´un cheminement à travers des idiomes qui sont autant de formes, de rythmes, de noms, dans la multiplicité des questions posées pour dire ce qu´est l´impatience des langues. Ce cheminement philosophique va de la patience du concept à l´impatience de son refus. Il est comme l´incessant recommencement du « refus de la patience du concept » dans l´entrelacs de langues aussi prometteuses que menaçantes, puisqu´elles accueillent l´aléatoire du temps tout en demeurant exposées à la ruse exorbitante du concept. Sur le chemin de l´impatience des langues, des questions se pressent. Y a-t-il un temps de la politique ? À quels usages des langues et de leurs entre-traductions est assigné ce temps ? Peut-on penser une justice sans destin et sans téléologie ? Pourquoi et comment l´amour vient-il faire effraction dans ces mouvements ? La mémoire oublieuse et infidèle est-elle une condition du partage et de la promesse ? Et le messianisme, pourquoi en parler aujourd´hui ? Quelles langues, pour quelle éthique ?

  • Cet essai est la première tentative d´expliquer le mouvement lettriste et ses réalisations dans sa relation aux multiples mouvements d´art survenus après la guerre. Le lettrisme promu par la personnalité géniale d´Isidore Isou, son fondateur, s´annonce comme la dernière avant-garde légitime et prometteuse, après l´écroulement du Surréalisme. For t de ses concepts originaux - L´Art imaginaire, l´Art supertemporel, la poésie sonore... le lettrisme aura une fonction d´anticipateur à l´aune de l´exploitation esthétique de mouvements divers (Situationnisme, Happening, Fluxus ...). Lettrisme - le bouleversement des Arts devient une expérience de lecture incontournable pour celui qui veut enrichir ses connaissances dans le domaine de l´Art moderne et contemporain.

  • Qu´en est-il des oeuvres innombrables qui ont existé et n´existent plus ? Ces oeuvres perdues gardent parfois une pâle présence. Explorer la perte, c´est prendre en considération ce qui subsiste à peine et pourtant a pleinement existé, les débris, les fragments, les ruines, les conceptions englouties, les productions abandonnées, les restes presque oubliés. Pour nous, perdre est un phénomène nourri d´exemples et de cas. C´est à travers des histoires de perte, aussi bien anecdotes historiques que vignettes légendaires, que nous essayons d´avoir prise sur ce qui manque. Et ces historiettes innombrables, toujours dramatiques, souvent répétitives, sont aussi le matériau imaginatif qui permet d´explorer la face sombre de la mémoire. Les épisodes et les exemples se concentrent sur lemoment dramatique de la perte qui a failli avoir lieu, ou qui a malgré tout eu lieu. Ou bien, au contraire, sur les redécouvertes et les retours d´intérêt qui abolissent triomphalement l´oubli précédent. Ces anecdotes mêlent les violences réelles, les destructions mythiques, les altérations multiples du faux et les dégâts profonds dus à l´indifférence. Par elles, l´imagination de la mémoire s´empare du destin obscur qui est à l´horizon des oeuvres.

  • L´oeuvre d´Emmanuel Levinas est depuis quasiment son commencement et jusqu´à ses ultimes écrits caractérisée par la quête d´une phénoménalité défective, échappant à toute représentation. La nouvelle voie dont parle Levinas consistera à déborder les perspectives de la métaphysique humaniste, à prendre le risque de remettre en cause l´enracinement de l´humain dans la profondeur de l´être. Rien de moins donc que l´aspiration à une pensée de l´extériorité irréductible de la séparation et du face-à-face, s´efforçant de trouver une orientation, une sortie de l´être vers un Dire accordé aux commandements inouïs d´autrui.
    Cinquante ans après la publication de Totalité et Infini, il nous a semblé pertinent de proposer des lectures et interprétations croisées de ce très grand livre d´Emmanuel Levinas, qui fut le premier dans le paysage intellectuel de l´époque à élaborer une pensée, voire une théorie de la subjectivité face à l´autre présupposant toujours le surgissement et l´interpellation de la parole qui vient rompre l´économie immanente du Même.

  • L'expérience narrative

    Jean-Pierre Faye

    • Hermann
    • 13 Octobre 2010

    L´expérience narrative est ce qui enveloppe chaque moment, ce qui devient événement. Expérience et récit sont conjugués dans la même fonction histoire. La question a été posée : est-ce que Ernst Ju¨nger, pendant la guerre mondiale, a entendu le récit lui

  • En étendant le concept d´ « oeuvre » du signe à la connaissance,Gilles-Gaston Granger a su redéfinir l´activité philosophique. En effet, selon lui, un « fait épistémologique » n´est pas seulement un « fait de science » ; il concerne non seulement le devenir de la science mais également la vie humaine dans son ensemble. L´enjeu de son travail a donc été avant tout de définir la tâche et les objectifs de la « discipline philosophique », notamment dans son rapport à l´histoire des sciences et au concept de science, car, comme il le démontre, « le scientifiquement connaissable dépend exclusivement des déploiements de la pensée formelle ». Granger a ainsi fait porter sa réflexion sur l´émergence du formel à partir de la théorie aristotélicienne de la science, tout en renouvelant sous le nom de « topique comparative » une méthode dont le spectre, couvrant l´histoire de la géométrie depuis Euclide, s´étend jusqu´à Russell et Carnap. S´appliquant également à la linguistique et aux sciences humaines, sa pensée contraste ainsi avec la démarche exclusivement historique de son prédécesseur au Collège de France, Martial Guéroult.

  • Panorama du roman australien

    Vernay-J

    • Hermann
    • 5 Février 2009

    Du récit à valeur documentaire sous l´époque coloniale jusqu´à la tendance contemporaine de l´illustration graphique, le roman australien a connu un essor spectaculaire en à peine plus d´un siècle et demi. Pourtant, malgré la renommée internationale des auteurs comme Richard Flanagan, Thomas Keneally, Morris West, Patrick White ou Colleen McCullough, la littérature australienne demeure mal connue du public francophone. Ce Panorama du roman australien des origines à nos jours propose une introduction générale à la littérature australienne. Les courants, les auteurs et les oeuvres majeurs sont présentés de manière didactique et chronologique. L´auteur retrace également les métamorphoses du genre romanesque en Australie et propose une analyse originale des six seuils qui jalonnent son évolution. Ce livre constitue ainsi une somme encyclopédique consacrée à la littérature des antipodes.

  • Félix Mendelssohn

    Olivier-P

    • Hermann
    • 5 Février 2009

    Félix Mendelssohn-Bartholdy (1809-1847) est l´un des compositeurs romantiques les plus célèbres. Membre d´une famille s´étant fait un nom dans le secteur bancaire, le musicien des Romances sans paroles est une véritable icône culturelle en Allemagne. Converti au protestantisme, il devint le symbole d´une assimilation réussie. Pourtant, Mendelssohn- Bartholdy fut considéré par le régime nazi comme un artiste « dégénéré » et fut de fait victime de la brutale répression culturelle. Cet essai présente la personnalité singulière de ce musicien d´exception : pianiste, organiste, directeur de l´Orchestre du Gewandhaus de Leipzig, auteur d´oratorios célèbres comme Elias et Paulus où se croisent les enseignements de l'Ancien et du Nouveau Testaments, Mendelssohn-Bartholdy est un personnage multiple, hanté par plusieurs traditions culturelles que l´on retrouve dans ses oeuvres.

  • Si Hitler et sa politique criminelle avaient triomphé durant la Seconde Guerre mondiale, le public n'aurait jamais plus eu accès aux écrits de Thomas Mann et aux oeuvres de compositeurs aussi célèbres que Félix Mendelssohn, Gustav Mahler, Kurt Weill ou Arnold Schönberg. Le national-socialisme en interdit la publication, l'enregistrement, la radiodiffusion et l'exécution parce qu'ils émanaient d'écrivains et de musiciens juifs ou d'avant-garde. Les quatorze contributions constituant Déracinements racontent - ou évoquent - le sort terrible, parfois tragique, de ces artistes contraints à l'exil en France, aux États-Unis et ailleurs, quand ils ne furent pas déportés et assassinés à Sobibor comme Alfred Tokayer.

    Cette galerie de destins permet de relater une histoire de la musique du vingtième siècle bien différente des idées reçues. On y rencontre notamment des personnalités légendaires comme Artur Schnabel ou Theodor W. Adorno, ainsi que Norbert Glanzberg (l'auteur de la célèbre chanson Padam, Padam ! écrite pour Edith Piaf), Salvador Bacarisse (réfugié à Paris pour échapper à la répression franquiste) ou Aldo Finzi (espoir de la musique italienne encouragé par Toscanini et victime de la violence antisémite du Troisième Reich).

    Avec des contributions de Juan Allende-Blin, Emil Brix, Amaury du Closel, Albrecht Dümling, Alfred Grosser, Werner Grünzweig, Frank Harders-Wuthenow, Christiane Heine, Philippe Olivier, Birger Petersen et Gian Paolo Sanzogno.

  • Différence et identité

    Rueff-M

    • Hermann
    • 3 Juillet 2009

    Les questions des spécialistes de la poésie ne sauraient être étrangères au public le plus large. J´ai voulu mettre face à face ceux qui ont fini par se tourner le dos : les poètes et leurs lecteurs professionnels, chagrins de la désaffection du grand public, le grand public, irrité de la difficulté des propositions de la poésie contemporaine. Je me suis demandé pourquoi l´art moderne avait réussi à imposer ses visions et pas la poésie. En consacrant une étude à Michel Deguy, je me suis donc proposé de procéder comme un critique d´art. Je me suis demandé ce qui faisait la singularité de Michel Deguy. J´ai trouvé que sa poésie et sa poétique rencontraient la question qui a dominé la pensée et l´existence depuis une bonne cinquantaine d´années : celle du rapport de l´identité et de la différence. J´ai compris que la « question » du rapport poésie et philosophie était mal posée.

  • Dante et beckett

    Jean-Pierre Ferrini

    • Hermann
    • 30 Octobre 2019

    Samuel Beckett n'a cessé de lire Dante depuis ses années d'étude à Dublin jusqu'à sa mort, en 1989. Sa lecture n'est pas critique : elle est une source, une énergie qui apparaît, disséminée dans ses livres, avec une régularité exemplaire. Dans le dessin de Botticelli qui illustre le chant IV du Purgatoire, Virgile, appuyé solidement sur sa jambe droite, ébauche le chemin à suivre. Sa main levée pointe le sommet de la montagne du Purgatoire et, au-delà, le Paradis de Béatrice. Dante, dont le corps repose sur le pied gauche, regarde, semble-t-il, Belacqua, le négligent de l'Antipurgatoire, que l'on distingue prostré devant quatre corps nus. Il est assis, les genoux entre les bras, dans cette posture qui retiendra durablement Beckett. Béatrice absente,Virgile qui indique le sens de la montée, Dante encore indécis et Belacqua tout à soi-même - telle est la conjonction qui coordonne la souveraineté de ces deux noms, Dante et Beckett. La lecture de Beckett opère un déplacement de la Divine Comédie. Les coups et les cris que Dante entend derrière la porte de son Enfer ne finissent pas. Ni le Purgatoire ni le Paradis ne peuvent les apaiser. Ô frère, dit Belacqua à Dante, monter là-haut, qu'importe ? Une question qui traverse ce livre, comme les deux pôles d'un méridien, et qui renouvelle notre lecture de Beckett. Bien que de nombreuses études aient déjà traité du rapport entre Dante et Beckett, aucune encore n'a proposé un inventaire exhaustif des emprunts de l'un à l'autre ni abordé dans son ensemble cette seconde grande influence, la première étant celle de James Joyce.

  • Une littérature de possession, d'envoûtement, de hantise. Ceux qui vivent ces histoires se sentent envahis, pillés, captés, affaiblis par quelqu'un, par quelque chose d'autre. Le présent ouvrage explore cette expérience de la possession quand elle croise la littérature, à travers l'oeuvre de trois écrivains : Guy de Maupassant, Antonin Artaud et Maurice Blanchot. L'événement total de la possession exige l'invention, la rigueur, la technique, l'érudition tout ensemble. D'authentiques révélations textuelles peuvent alors se produire. Maupassant, écrivain surnaturaliste, s'avère un implacable analyste de la perception et de l'être extraordinaires. Face à l'ensorcellement généralisé du monde, Artaud se condamne à et dans la littérature. Le désaccord entre les essais et les romans ou récits de Blanchot le rend partiellement à la phénoménologie. Avec l'altération absolue des individus, les accointances entre philosophie et littérature sont significatives leurs limites aussi. En plus de la philosophie, sont privilégiées ici la psychiatrie et la critique réfléchie. Oui, la possession est proprement un enjeu pour la critique littéraire : par les textes, elle désigne un mode de lecture, et l'empathie d'une parole enthousiaste. À chaque fois, les oeuvres sont traversées par d'autres, emportées par la lecture, hantées par la possession.

  • La correspondance d´Ivan Tourguéniev avec Louis Viardot (1844-1881), inédite en France, est placée sous le sceau d'une fraternité authentique. On découvre en Louis Viardot, mari de Pauline Garcia, la diva de son temps, qu´il adore et qu´il laisse adorer par son « frère » russe, l´humaniste comme lui ouvert aux préoccupations d´un XIXe siècle en maturation (les droits de l´Homme, les États-Unis d´Europe), mais aussi à celles de notre XXIe siècle en matière d´amour libre. À partir de ce postulat, s´éclaire l´énigme sur la relation mystérieuse et sentimentale entre un homme apparemment effacé, un érudit polygraphe injustement oublié, et un célèbre écrivain, Russe jusqu'au bout des ongles, qui a transposé son nid à Bougival, à la demande de Louis.

  • Aventurier célèbre du xviiie siècle, Beaumarchais est avant tout le père de Figaro, cette figure familière qui s'invite dans le débat public dès qu'il est question de liberté d'expression ou de lutte contre l'injustice. Récusant le concept de mythe, dont les études de réception sont friandes, cette enquête s'interroge sur la manière dont l'usage systématique de Figaro dans des domaines extra-littéraires détermine l'ensemble du discours critique sur Beaumarchais. Aux origines de la figaromania, un parcours de la subversion à l'institutionnalisation s'opère à la fin du xixe siècle avec l'avènement des républicains. Cette histoire globale de la réception montre ainsi la convergence entre les significations d'une oeuvre appartenant au patrimoine national et les multiples usages et appropriations dont elle fait l'objet, envisagés dans leur diversité à l'échelle européenne.

  • Diderot, qui n'a cessé de s'interroger sur la nature des événements et sur les limites du langage, a fini par produire une philosophie des singularités dans laquelle la question du moi occupe une place importante. Cette aventure intellectuelle et artistique constitue l'objet du présent essai. Trois questions l'organisent : Comment dire les singularités ? Qu'est-ce que le moi selon Diderot ? Quel rôle jouent les fictions et la création littéraire dans cette exploration du monde humain ? On découvre ainsi un penseur attentif à la variété des expériences et soucieux de ne pas trahir le réel. Paradoxalement, cette exigence le conduit à inventer des fictions d'un type particulier, comme Jacques le fataliste, Le Neveu de Rameau ou Le Rêve de D'Alembert. C'est précisément pour définir cette catégorie d'oeuvres que Franck Salaün a forgé le concept de fiction pensante.
    Nouvelle édition revue et augmentée.

  • Analyse les dimensions linguistique, philosophique et métaphysique de la poétique d'Yves Bonnefoy et la place de son oeuvre dans l'histoire de la poésie.

  • L'empire du langage

    Laurent Dubreuil

    • Hermann
    • 18 Septembre 2008

    Voici qui se proclame et se publie : la colonie ! Des tribuns et des chercheurs l´affirment, la France est malade de ses colonies. Cette rumeur contraste avec l´assourdissement qui succéda aux grandes luttes de décolonisation.Mais suffit-il de parler des colonies pour en défaire la douleur ? nullement.Car l´oppression avait bien son expression, consacrée, évidente, entêtante.Elle pourrait perdurer jusque dans les textes des belles âmes d´aujourd´hui. Foin de l´imaginaire, de la mémoire, de la culture.Nous devons d´urgence revenir sur les conditions de notre propre discours. Retracer les phénomènes de censure qui persistent.
    Déjouer l´interdit qu´y lova l´exercice langagier des pouvoirs. Ne laissons pas la parole readymade nous tenir lieu de pensée. Et ne craignons plus de parler petit-nègre. Cet ouvrage est l´un des premiers à utiliser ensemble les acquis des postcolonial studies d´outre-Atlantique, de la tradition historiographique française et de la francophonie. En allant d´Haïti au Québec, de la Renaissance aux « émeutes des banlieues », de la critique littéraire à l´histoire sociale, l´enquête construit la signification d´une expérience forcément contradictoire. Par l´exemple (post)colonial, la visée, alors, est d´interroger les différentes manières qu´a le langage de transmettre - ou démettre - l´ordre social et politique.

  • Fille d'Anne de Bretagne et du roi Louis XII, Renée de France est, un peu comme sa cousine Marguerite de Navarre, l'une de ces princesses mal aimées dont les cours royales offrent, de nos jours encore, de fréquents exemples. Marquée par les idées humanistes qui se répandent en France au début du seizième siècle, Renée protège les Réformés. Tristement mariée au duc de Ferrare - allié du roi de France - et exilée en Italie pendant trente années, elle y accueille Clément Marot et Calvin. Accusée d'hérésie, elle comparaît devant le tribunal de l'Inquisition. Soutenant les grandes figures du protestantisme français, comme l'amiral de Coligny, Renée de France est contrainte de marier sa fille Anne au duc François de Guise, chef des armées catholiques. Elle mourra trois ans seulement après le drame de la Saint-Barthélemy, qui semble ruiner à jamais les espoirs de la Réforme et les siens. Nourrie de l'esprit des Béatitudes, Renée de France a poursuivi sans trêve, au milieu des ravages de la guerre civile, sa quête de la simplicité biblique : elle a cru retrouver - parmi les Réformés - le printemps du lac de Tibériade et, dans la communion des cantiques chantés d'une seule voix, la lumière de la Grâce, en tête-à-tête avec Dieu. Les bouleversements de son siècle n'ont pas eu raison des convictions de cette princesse courageuse et originale, généreuse, désintéressée, dont les éclairs d'intuition pouvaient en remontrer aux arguties de bien des théologiens.

  • Fille d'Anne de Bretagne et du roi Louis XII, Renée de France est, un peu comme sa cousine Marguerite de Navarre, l'une de ces princesses mal aimées dont les cours royales offrent, de nos jours encore, de fréquents exemples. Marquée par les idées humanistes qui se répandent en France au début du seizième siècle, Renée protège les Réformés. Tristement mariée au duc de Ferrare - allié du roi de France - et exilée en Italie pendant trente années, elle y accueille Clément Marot et Calvin. Accusée d'hérésie, elle comparaît devant le tribunal de l'Inquisition. Soutenant les grandes figures du protestantisme français, comme l'amiral de Coligny, Renée de France est contrainte de marier sa fille Anne au duc François de Guise, chef des armées catholiques. Elle mourra trois ans seulement après le drame de la Saint-Barthélemy, qui semble ruiner à jamais les espoirs de la Réforme et les siens. Nourrie de l'esprit des Béatitudes, Renée de France a poursuivi sans trêve, au milieu des ravages de la guerre civile, sa quête de la simplicité biblique : elle a cru retrouver - parmi les Réformés - le printemps du lac de Tibériade et, dans la communion des cantiques chantés d'une seule voix, la lumière de la Grâce, en tête-à-tête avec Dieu. Les bouleversements de son siècle n'ont pas eu raison des convictions de cette princesse courageuse et originale, généreuse, désintéressée, dont les éclairs d'intuition pouvaient en remontrer aux arguties de bien des théologiens.

  • Toute l'idée du bonheur tient chez Baudelaire en quatre mots : luxe, calme et volupté. Cependant, à la fin du siècle dernier, apparaît et s'affirme chez les raffinés et les blasés une sensibilité nouvelle. Les racines en sont lointaines, dans le luxe des grandes Cours d'Europe comme dans les rêveries des artistes, à partir de 1880, après la publication des Névroses de Rollinat et d'À rebours de Huysmans, des poètes se groupent, autour de Verlaine, parés du titre de décadents. Cette sensibilité diffuse se caractérise par une désorganisation délibérée, une inversion de l'ordre établi par laquelle le détail s'affirme au détriment de l'ensemble. De là cette débauche d'artifices qu'évoquent les demeures fictives d'un Des Esseintes ou celles, réelles, d'un Robert de Montesquiou. Libérée de toute solidarité avec les fins accessoires telles que l'utile, le vrai, l'honnête, et posée seule dans son indépendance et sa dignité souveraine, la littérature fin de siècle a su donner à l'analogie de l'individu et de la demeure une tonalité spécifique. Elle a, sur ce thème, multiplié, avec virtuosité, les variations pour culminer dans ce que l'on pourrait nommer l'assomption d'une poétique du décoratif. Cette brillante étude présente les diverses composantes artistiques et littéraires de l'écriture artiste des Goncourt au rêve sublime de Mallarmé de ce qui allait aboutir aux chatoiements futiles et séduisants de l'art nouveau. Elle décrit également avec bonheur le désordre, la richesse, l'ennui et parfois la folie de demeures célébres d'écrivains ou d'artistes. L'ouvrage est accompagné de tables et d'index rigoureusement établis.

  • On a voulu, en cet essai, s´interroger sur les passages reliant poésie, fable et philosophie dans le devenir singulier de l´oeuvre de La Fontaine. Sous les images amusantes et gaies du « Fablier » diffusées par toute une tradition, surgissent alors des paysages plus sombres et plus secrets, l´appropriation de la fable ayant lieu ici sur fond de crises diffuses affectant le statut même de l´imagination poétique et les pouvoirs de la parole.
    Entre Clymène, comédie insolite des débuts, qui offre le spectacle de l´ennui des Muses pressentant l´usure, voire la mort d´une certaine poésie lyrique, et, à l´autre bout du labyrinthe, les fables du plaisir pur et de l´évidence reconquise, que purent apporter certaines formes de pensée à l´activité poétique de La Fontaine, en cette longue lutte avec l´ennui qui menace désormais le lyrisme ? Il apparaît alors qu´en cette trajectoire complexe des variations philosophiques d´une grande subtilité ont pu aider La Fontaine à inventer certaines réponses fabuleusement vivaces, donnant à l´antique genre de l´apologue un potentiel heuristique, éthique et esthétique sans précédent.
    À l´occasion d´une nouvelle édition enrichie du présent ouvrage, on s´est attaché à réexaminer de ce point de vue la vitalité déconcertante des petites expériences de pensée proposées par la Fable dans le « Jardin imparfait » de Jean de La Fontaine. Expériences qui nous situent aux antipodes des leçons de morale plus ou moins conformistes que l´on a cru si souvent y trouver ; exercices de lecture qui peuvent constituer autant d´antidotes puissants à ce prêt-à-penser en matière de morale que Nietzsche nommait la « moraline ».

    JEAN -CHARLES DARMON est professeur à l´Université de Versailles et directeur du Centre de Recherches sur les Relations entre Littérature, Philosophie et Morale de l´École normale supérieure de Paris. Il est notamment l´auteur de Philosophie épicurienne et littérature du XVIIe siècle en France, du Songe libertin et de Philosophies du divertissement. Le « Jardin imparfait » des Modernes.

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