Globe

  • Fille, femme, autre

    Bernardine Evaristo

    Amma, Dominique, Yazz, Shirley, Carole, Bummi, LaTisha, Megan devenue Morgan, Hattie, Penelope, Winsome, Grace.
    Il y a dans ce livre plus de femmes noires que Bernardine Evaristo n'en a vu à la télévision durant toute son enfance. La plus jeune a dix-neuf ans, la plus âgée, quatre-vingt-treize.
    Douze femmes puissantes, apôtres du féminisme et de la liberté, chacune à sa manière, d'un bout du siècle à l'autre, cherche un avenir, une maison, l'amour, un père perdu, une mère absente, une identité, un genre - il, elle, iel - une existence et, au passage le bonheur.
    Foisonnant, symphonique, écrit dans un style aussi libre et entraînant que le sont ses héroïnes, le roman de Bernardine Evaristo poursuit son titre : Fille, femme, autre...
    Douze récits s'entremêlent, se répondent, riment et raisonnent. Douze vies s'épaulent et s'opposent. Chacune des douze est en quête et en conquête, de place, de classe, de traces, d'elle-même, des autres, de cet autrui en elle qui a déjà traversé maintes frontières, et a le front de vouloir encore exploser celles qui restent.

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    Delicious foods

    James Hannaham

    Aucune enquête, aucun chiffre, aucun reportage ne saura nous faire prendre en haine l'esclavage contemporain comme l'image des bras maculés de sang d'Eddie, 17 ans, conduisant sa Subaru dans la scène d'ouverture, hallucinée, de ce roman.
    Il vient de s'évader de la ferme Delicious Foods, exploitation géante - et pas seulement agricole -, au coeur de la Louisiane où Darlene, sa mère, a été recrutée 6 ans plus tôt, comme d'autres toxicomanes. Productrice de fruits et légumes, Delicious Foods maltraite ses ouvriers et les maintient prisonniers grâce à la triple contrainte de la terreur physique, d'un endettement perpétuel à l'entreprise et d'une addiction à la drogue qui leur est continuellement fournie.
    Abandonné à son sort, le tout jeune Eddie fera tout pour retrouver la trace de sa mère, la rejoindre et l'aider à se libérer de ce piège.
    Dans ce prodigieux roman qui a valu à James Hannaham tous les honneurs Outre-Atlantique (Pen/Faulkner Prize), trois voix se succèdent pour raconter la spirale infernale : une mère prisonnière, un fils révolté et puis... la drogue, pour une fois présentée sous son jour le plus troublant : elle est un bateleur, un séducteur, un amant jaloux.

  • Coupable

    Reginald Dwayne Betts

    Deux millions deux cents mille prisonniers aux États-Unis. Cinquante mille enfants derrière les barreaux traduits en justice devant des tribunaux pour adultes. Trente-deux mille mineurs incarcérés chaque année dans des prisons adultes. Ce sont seulement des chiffres, ni des noms ni des visages. Pourtant, de temps en temps, un héros s'extrait du monde froid des statistiques pour montrer sa tête et crier haut et fort son patronyme : c'est l'exploit qu'a réalisé Reginald Dwayne Betts. Condamné à l'âge de seize ans à en passer huit dans les quartiers de haute sécurité pour un crime dont il était coupable. Trente minutes ont suffi pour anéantir l'avenir de cet adolescent, pauvre mais brillant et scolarisé. Le besoin de témoigner de sa propre histoire et de dire l'impact de la prison et du regret lui inspire des ghazals - ces poèmes arabes tout à la fois chants d'amour et cris de désespoir - où le mot prison est maintes fois répété mais aussi les silences et le vide persistant entre les hommes et les chiffres et les lois. Nombreux sont les poètes sauvés par leur vocation. Reginald Dwayne Betts a lui été sauvé du rouleau compresseur des statistiques qui broie en masse des milliers de mineurs - principalement noirs - dans un système carcéral industrialisé.

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