FeniXX réédition numérique (Robert Laffont)

  • Les temps sont durs, les idées sont molles. La guerre des looks remplace l'affrontement des projets de société. Droite et gauche se divisent sur les moyens de réaliser les mérites valeurs. Alors fin des révoltes, des utopies et des systèmes ? Fin des idéologies ? Ou, au contraire, triomphe de la soft-idéologie ? La soft-idéologie, c'est le business et les droits de l'homme, le reaganisme et la génération morale, le socialisme libéral et le libéralisme social, la Bourse et la tolérance, l'individualisme et la charité-rock, Tapie et Coluche, le minitel et le contrat social... Bricolée avec les restes intellectuels des décennies précédentes, la soft-idéologie mêle gestion conservatrice et rêves soixante-huitards, idées confuses et moralisme vague, odes à la modernité et retour aux idéaux du XVIIIe siècle. Elle assure un consensus apathique sur l'essentiel. Elle prône la résignation à la force des choses et exalte les petits bonheurs. C'est la pensée sénile d'une époque fatiguée du vacarme de l'histoire. C'est l'entracte... Pour combien de temps ?

  • J'ai attendu une minute, deux minutes et même trois minutes, mais en faisant des mouillettes... L'oeuf à la coque ! Toujours trop long avant de retrouver la saveur de l'enfance. Hier encore, nous disposions d'une chanson l'Écharpe, interprétée par Fanon, qui nous donnait un temps de cuisson idéal, une attente enchantée... Je passe de la coque à l'âme, mais la mort ! L'attente de la mort ! Pour celle-ci, pas de chansonnette. En tout cas, pas assez longue. Alors, des attentes enchantées, d'autres pas !... Je choisis tout de suite l'enchantement. Et j'opte pour l'oeuf à la coque. Et je dis qu'il ne tient qu'à nous que l'attente de la mort soit, elle aussi, enchantée. Cette attente-là n'est en fait que la vie elle-même, tissée de toutes les attentes. On peut penser l'attente, la désirer, l'aimer. Elle ouvre sur le seuil de tous les inattendus de la vie. Moi je crois qu'il y a carrément de l'âme dans l'attente. Oui, j'en suis sûre, c'est dans l'attente que mijote la vie. Et si on se la mitonnait aux petits oignons ! Et puis, vous le savez bien : On ne perd rien pour attendre. Alors profitons-en. Vite ! Attendons.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • L'homme moderne - parfois sans qu'il s'en doute - est un « animal malade de la peur ». Une civilisation de consommation et de gaspillage, qui a perdu sa finalité, sécrète l'angoisse. Les menaces majeures de notre temps : crise économique, explosion démographique, pénurie alimentaire, guerre atomique - exploitées et « magnifiées » par les mass media - l'entretiennent. Durant toute sa vie, le Dr Préaut, auteur de Combat contre la peur, a eu à s'occuper de l'enfance inadaptée. Il a découvert comment, le plus souvent, la délinquance et les névroses juvéniles s'inscrivent sur un fond d'insécurité et d'angoisse. Comme chez les adultes d'ailleurs, cette angoisse peut dégénérer en peur, terreur ou panique. Or, l'auteur est persuadé que nous pouvons combattre la peur en prenant conscience de ses causes profondes et de ses mécanismes. Dans la première partie de son livre, celui qui fut le directeur de l'une des premières communautés d'enfants, explicite cette thèse à travers ses souvenirs empreints de tendresse et d'humour. Dans la seconde partie, se référant à des notions biologiques et psychologiques, il nous rappelle les liens organiques qui nous rattachent à la nature, à l'histoire, aux cycles de la vie et de la mort. Ainsi, un homme d'expérience, un médecin à la fois humaniste et préoccupé du message chrétien, se penche sur son passé et nous livre ses réflexions sur la meilleure façon de maîtriser la peur - celle de la mort non exclue. Serein, généreux, tonique, Combat contre la peur s'impose au nombre de ces livres de sagesse dont notre époque a besoin. On aimera l'homme qui parle ici ; cette voix tranquille est celle d'un ami.

  • L'éblouissement le plus vif enferme toujours le plus grand secret. Entre le soleil de face et la nuit de la mémoire, Hans, le héros de Jacques Husetowski, poursuit une étrange errance qui, cependant, n'est pas tout à fait sans but. Des hommes mystérieux, en effet, lui ont confié une mission, à vrai dire inquiétante et vague : se rendre dans une ville qui lui est indiquée, avec pour seules consignes d'observer en se tenant à l'écart, et de ne jamais s'attacher. Les ordres lui parviendront peu à peu... Une femme, Marie, une enfant « longue brune », pourtant, éveillent en lui les résonances d'un passé éclaté. Hans prend des notes, se souvient. Ses itinéraires dans la lumière brûlante, la nature desséchée, font lever en lui des images anciennes, images d'amour, de sexe et de sang, obsédées par l'exécution de son père et que cristallise la personnalité énigmatique de son oncle Mitrille. La mission du héros, finalement, le conduira dans la montagne, sur un plateau dévoré par la canicule qu'il franchira de jour, alors qu'on le dit seulement accessible de nuit. Cette épreuve cruelle renvoie peut-être à quelque initiation plus profonde : chez Hans, au cours de cette longue déambulation dans l'espace et le temps dont le texte assemble les méandres, et dont l'écriture romanesque, éclatante et minutieuse, restitue la pesanteur imagée avec une étonnante force d'envoûtement, quelque chose s'est joué qui ouvre sur une renaissance intérieure, sur une liberté neuve...

  • Rien ne destinait Suzanne Leroy à ce métier singulier : directrice d'une agence matrimoniale. Si ce n'est, peut-être, son ascendance orientale (par son père) : la femme arabe passe en effet pour être la meilleure « marieuse » du monde. Elle a commencé il y a vingt ans, à une époque où existaient, en tout et pour tout, dix agences à Paris et une soixantaine en France. À travers le récit de vingt années d'expérience personnelle, Suzanne Leroy décrit un monde insoupçonné, l'explique sans en dissimuler les insuffisances et les tares, invitant le lecteur à devenir tour à tour client, complice de ses surprenantes découvertes, puis confident de sa foi inébranlable en l'utilité de sa fonction. Elle dit ce que sont les femmes et les hommes qui s'adressent à elle, leur psychologie, leurs besoins, leurs exigences et leurs caprices. Sans oublier les farfelus et les êtres au destin pathétique qu'elle a rencontrés parmi les milliers et les milliers qui ont franchi sa porte. Car si les gens heureux n'ont pas d'histoire, ceux qui viennent à l'agence en ont généralement une - qu'ils se sont décidés un jour à raconter à Suzanne Leroy. Ce livre est le récit d'un témoin privilégié de « la Comédie humaine » dans ce qu'elle a de plus secret, de plus intime : la solitude et la quête du bonheur.

  • Quarante ans après Alexis Carrel, Jean Fourastié dit ce qu'il pense de la condition humaine. Dans tous les domaines, depuis 1935, les sciences ont réduit notre ignorance sur l'homme ; il n'en reste pas moins l'inconnu, l'étrange, le mystérieux. Jean Fourastié a rouvert le dossier de l'homme. Biologie, informatique, crises morales et philosophiques, il ne néglige aucune des nouvelles données pour décrire la condition de l'homme aujourd'hui. Il peut ainsi proposer une réflexion neuve sur les moyens dont l'homme dispose pour percevoir et orienter son destin individuel et collectif. Il montre comment il faut, loin des préjugés idéologiques, développer partout l'esprit expérimental. Comment il est nécessaire aussi de tenir compte du « surréel ». Cette réflexion de Jean Fourastié est ainsi une réponse à notre interrogation sur l'avenir de l'homme.

  • Le capitalisme occidental se trouve confronté aujourd'hui à deux exigences nouvelles et capitales : la compétition pacifique entre l'Est et l'Ouest, le développement du monde sous-développé. Devant cette double exigence - ou ce double défi - le capitalisme saura-t-il se dépasser lui-même ? Acceptera-t-il à temps les impératifs de la croissance harmonieuse et de la générosité créatrice ? Mais, d'abord, qu'est-ce que le capitalisme ? Comment s'est-il formé ? Comment fonctionne-t-il ? Quels sont ses mécanismes et sa logique interne ? Quel est son avenir ? À ces questions qui hantent les esprits de nos contemporains, ce livre - ni plaidoyer, ni réquisitoire - apporte une réponse dénuée de tout préjugé.

  • L'Éternel Féminin se meurt. Dans le monde de demain, les femmes différeront bien plus les unes des autres qu'elles ne différeront dans leur ensemble, des hommes. Comment les découvertes de la biologie, de la génétique vont-elles retentir sur l'image de la femme, sur la maternité, sur la vie sexuelle ? La science propose, les sociétés disposent. Dans quelle mesure nos sociétés accepteront-elles les mutations des rôles féminins que la science va permettre ? Les femmes découvrent avec enthousiasme le travail. comme une manière d'appartenir au monde et d'agir sur lui : que réserve à ces bataillons de futures travailleuses, de plus en plus qualifiées, la société de loisir qui se prépare ? Assisterons-nous à un tragique rendez-vous manqué des femmes avec le travail ? À l'heure de la « cover-girl » et de la télévision, que devient la femme comme consommatrice et créatrice de culture ? À quelles conditions pourra-t-elle à son tour créer un humour, un érotisme, une pensée philosophique ? Évitant les simplifications abusives du prophétisme ou de la science-fiction, Évelyne Sullerot pose des questions lourdes d'implications idéologiques auxquelles toute femme, tout homme aussi bien, devrait s'exercer à répondre.

  • La psychologie est à reconstruire à partir de l'informatique, voilà la conviction que je me suis formée depuis 1945, et que je précise aujourd'hui. La psychologie, désormais, c'est l'informatique cérébrale. Ce livre, qui conteste donc l'enseignement classique, ne propose pas seulement une nouvelle science, il propose aussi une nouvelle manière d'exposer la science. J'ai dénoncé ailleurs les insuffisances et les ravages de l'usage général, qui présente les résultats de la science et non les démarches qui ont permis d'envisager ces résultats : ici, je n'expose pas "après coup" les trouvailles de ma recherche, j'exprime au jour le jour les démarches malhabiles de la découverte. Je présente au public un livre dont l'écriture s'étend sur environ trente années de ma vie. J'invite le lecteur à tenter avec moi l'aventure et à trouver sa vérité comme j'ai trouvé la mienne. Jean Fourastié

  • L'hospice de la Miséricorde, dans un quartier excentrique de Paris. Des vieillards, des femmes et des hommes, y coulent des jours mornes dans l'attente résignée de l'inévitable. Ce fut dans cet établissement « hospitalier » que, un matin de juin, Mme Aubernet-Cassis, suivie de sa cuisinière, fit son entrée. Elle arrivait là comme à l'hôtel, sa domestique portant sa valise. L'étonnement fut vif, chez les pensionnaires. Plus vif encore quand on s'aperçut que Léonie Grognard, qui portait bien son nom, faisait peser sur sa délicate maîtresse une autorité terrorisante. C'est que personne ne pouvait imaginer le passé de ces deux femmes, tout ce qui les unissait depuis l'enfance ni les formes étranges que peut prendre l'amour dans des coeurs simples. Jusqu'à la mort. Tu es servie, Madame aurait pu se dérouler sur le mode dramatique, sinon tragique. Or, rien n'est plus vif, plus alerte, plus drôle même, que cette histoire. C'est qu'il y a dans ces pages une qualité d'humour très rare. Et, sur tout ce petit monde, un regard : celui de Catherine Gault.

  • Le monde est à la recherche d'une forme nouvelle. Forme de vie, donc forme à la fois spirituelle et matérielle. Une civilisation se meurt parce qu'elle a tué l'humain en elle. Inversement l'homme se désagrège parce qu'un support social digne de ce nom lui manque. Que l'on dénonce d'abord une carence spirituelle ou une carence économique, on s'accorde sur le fait : le monde est devenu inhumain. Et spiritualistes et matérialistes sont d'accord, de même, pour affirmer qu'un monde humain sera celui où non seulement rien de ce qui est humain ne sera étranger à l'homme, encore moins ne se manifestera contre lui, mais bien aussi où tout ce qui est humain sera familier à l'homme et le servira. C'est de tels soucis que s'inspire la collection. Elle souhaite, par une large confrontation des points de vue, contribuer à la recherche commune d'un ordre de vie cohérent.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Confrontant les styles et les carrières des artistes les plus marquants de ces trente dernières années en une vaste rétrospective, ce livre s'efforce de préciser par quoi Luis Miguel Dominguin ou Antonio Ordonez s'unit à Curro Romero et à El Cordobès dans la commune admiration des amateurs. Comment le geste du torero, dans ses moments inspirés, se transforme-t-il en une geste ? Avec l'auteur vous dépasserez le spectacle de la corrida pour en épouser la passion. Chaque torero vous découvrira sa science et le secret de son art. Vous connaîtrez l'essentiel de ses espoirs et de ses souffrances, la fièvre des triomphes et aussi le sang des blessures. Vous aimerez cette beauté tauromachique si précaire et si menacée, parce qu'elle est création authentique, où l'homme directement s'expose face à une bête sauvage mais qui va mourir. Sûr de vos connaissances et de la précision de votre analyse, vous n'aurez de cesse d'épuiser le changeant mirage du torero dans ses incarnations aussi diverses que possible. Au terme de cette reconstitution, c'est en vous que se déroule ce film inouï où l'homme et la bête s'affrontent, et dont vous êtes désormais à même de poursuivre pour votre propre compte la fantastique projection.

  • Les affaires criminelles occupent une grande place dans la presse, monopolisent parfois les gros titres des quotidiens. Pourtant leur aspect judiciaire, avec ses procédures compliquées, ses longueurs, son langage parfois ésotérique, demeure déroutant pour le simple lecteur de faits divers. Comme il est déroutant pour le protagoniste - plaignant, accusé, témoin - que chacun d'entre nous peut devenir un jour ou l'autre, volontairement ou involontairement. Les deux auteurs, l'un avocat d'assises, l'autre chroniqueur judiciaire, ont eu l'idée de nous introduire et de nous guider dans le dédale de ces procédures. S'exprimant en langage clair, exposant des faits concrets, illustrant leurs propos de souvenirs personnels et d'anecdotes vivantes, ils nous font parcourir le chemin qui mène du crime au châtiment, mènent l'enquête au départ avec les policiers, suivent le dossier chez le juge d'instruction, assistent aux délibérations de la Cour d'assises, accompagnent le condamné derrière les murs de sa prison. Ce cheminement complexe d'une procédure pénale, prescrit par des textes rébarbatifs, est pourtant un sujet passionnant, qui soulève des problèmes délicats, fait naître des controverses brûlantes, met en jeu la notion même de justice. Cette justice sur laquelle les auteurs, allant au-delà de la description et de l'anecdote, amènent finalement les lecteurs à s'interroger.

  • Combien sont-ils aujourd'hui, à pouvoir témoigner directement sur Proust, pour l'avoir bien connu vivant ? Une demi-douzaine peut-être. Et c'est bien le seul reproche que mérite Louis Gautier-Vignal avec ce livre : d'avoir attendu si longtemps pour l'écrire. Mais il n'est jamais trop tard pour parler de Marcel Proust quand on a été l'un de ses familiers et que l'on sait de quoi l'on parle, précisément. Car Louis Gautier-Vignal fut dans l'intimité de l'auteur de « Swann », de 1913 jusqu'à l'heure fatale de 1922, c'est-à-dire dans le même temps que Céleste Albaret était au service de Proust elle aussi. Et ce « Proust connu et inconnu », tardif comme le « Monsieur Proust » de la gouvernante, apporte à celui-ci maintes confirmations et vient le compléter admirablement, non seulement par de précieuses informations (le fameux « asthme » du grand écrivain y est expliqué de façon très précise et toute nouvelle), mais par un éclairage de l'oeuvre à la lumière d'une connaissance vécue et vraie de l'homme, des sources et de l'époque. Autant dire que l'on imagine assez que, tout comme le livre de Céleste, l'ouvrage de Louis Gautier-Vignal fera grincer quelques dents, dans la mesure où il semble de bon ton, aujourd'hui, de trancher d'autant mieux, pour ce qui touche à la connaissance de Marcel Proust et de son oeuvre, que l'on tire son autorité de sa petite invention personnelle ou de fausses idées reçues.

  • Chapeau melon et route des Indes : c'était l'Angleterre d'hier. Beatles et retour en Europe : c'est celle d'aujourd'hui. Entre ces deux images, Messieurs les Anglais, comme on les appelle depuis Fontenoy, ont supporté le poids et l'agonie d'un monde. Leur reflux vers le continent referme un cycle historique et en ouvre un autre, « après quatre cents ans de course étincelante et orgueilleuse au grand large ». René Dabernat, l'un des journalistes les plus lus de France, montre avec une documentation hors pair comment ce « personnage shakespearien qu'est l'Angleterre » annonce ou reflète un changement d'ère. On voit les peuples de couleur se libérer, disloquer l'empire britannique, qui fut le plus vaste de tous les temps, bouleverser les stratégies ; la fière Britannia, humiliée par les superpuissances, tenter de retrouver un rôle grâce au pétrole de la mer du Nord, aux industries de pointe, à la City et au Marché commun qu'un référendum, le premier du royaume, a approuvé. On voit le capitalisme triompher puis vaciller ; les syndicats conquérir une place égale à celle des ducs et des banquiers là où existait un enfer ouvrier sur lequel Marx, enterré à Londres, greffa le Manifeste communiste de 1848 ; l'Etat-Providence grandir au point d'inquiéter ses propres architectes. On voit les jeunes et les femmes sortir du carcan victorien sans que disparaissent les rites sacrés d'un peuple si singulier que Victor Hugo le comparait aux Chinois. Parce que l'Angleterre, temple de la démocratie, sauva la liberté en 1940, sous Churchill, et préféra pendant des siècles, fût-ce in extremis, la réforme à la révolution, nulle part la redistribution du pouvoir national, européen et mondial ne revêt autant d'intensité. Il fallait un grand journaliste pour nous faire saisir l'ampleur d'un tel enjeu : René Dabernat.

  • Plus de petit chez-soi. Paris, la Sorbonne, l'Odéon, les champs de conscience, les sexes : plus de propriétés privées avec des défenses d'entrer, des priorités, des exclusivités. Tout à tout le monde, sans culpabilité. Mai 68 et ses parcours inattendus. La marche interminable, sans but arrêté, en quête de tout et de rien : d'autre chose. Au coeur de ces jours et de ces nuits, Erik, Olivier, Françoise, la collégienne, soudain emportés au-delà de leurs conflits, se libèrent de tout et d'eux-mêmes pour un plus grand amour.

  • Au lendemain de la grande contestation de mai 1968 et du raz de marée gaulliste, voici la gauche française devant une table rase. Reconstruire ? Mais sur quel modèle ? Ni le maoïsme, ni le castrisme, ni le communisme libéral, pas plus que le réformisme et le dirigisme, n'emportent une adhésion enthousiaste. Alors, quelle synthèse novatrice est aujourd'hui possible ? La gauche nouvelle ne reposerait-elle pas d'abord sur une réhabilitation de l'utopie créatrice ? Au delà d'une capacité technique absolument nécessaire, dans une société gouvernée de plus en plus par l'esprit, le réalisme le plus strict et la crédibilité politique ne consistent-ils pas à prendre en charge le rêve renaissant de la Cité Idéale ?

  • Un seul mot. Il suffit d'un seul mot pour jeter le trouble dans l'esprit d'un homme sensible, comme est Pierre Bertheau. Un petit mot de trois lettres, lancé sens doute par hasard par un collègue, rapporté innocemment par une collaboratrice de l'agence de publicité où il travaille. Pas de quoi fouetter un chat. Mais il se trouve que Pierre Bertheau prend ses vacances d'hiver le jour même de cette révélation. Célibataire du genre intellectuel et porté à l'introspection, il emporte le mot avec lui, le tourne et le retourne, s'en agace comme d'une dent malade. Désoeuvré, il rend visite à des amies, à des relations, à des membres de sa famille, menant une sorte d'enquête pour voir comment les autres réagiraient dans la même situation, pour savoir si le mot, vraiment, peut lui être appliqué. Mais comment trouver le fin mot d'une histoire qui, peut-être, n'a jamais existé ?... Demain, Il reprend son travail à l'agence. Petites causes, grands effets. Petit mot, grand sujet - sujet universel - quand il est traité avec humour, ironie, intelligence et tendresse par un écrivain aujourd'hui maître de sa manière et de son style.

  • A vingt ans, seule à Paris, elle vendait des journaux dans la rue pour vivre. A vingt-quatre, ayant monté sa propre entreprise avec toutes ses économies - 109 000 anciens francs ! - elle était le plus jeune P.D.G. de France. Aujourd'hui, Chevalier de l'Ordre national du Mérite, Claude Bourg est à la tête d'une affaire de travail intérimaire qui traite avec la Chine, l'Amérique, la Russie, les pays arabes... Rien ne la prédestinait à cette carrière : orpheline, à neuf ans, d'un résistant mort en sauvant les hommes de son maquis, cette petite fille de l'Est, née dans une famille modeste, dut à l'héroïsme de son père d'être élevée dans les Maisons d'Education de la Légion d'honneur. « Une éducation rigoureuse, reconnaît-elle, mais à laquelle je dois la plupart des qualités qui ont permis ma réussite. » Son histoire, cependant, n'est pas seulement celle d'une affaire ; elle est surtout celle d'une femme, mariée, mère de trois enfants, confrontée au problème majeur de la condition féminine contemporaine : concilier ses responsabilités professionnelles et ses aspirations familiales. Captivant comme un roman, le récit de sa vie s'apparente, en un sens, aux meilleurs ouvrages de ce genre : comme eux, il constitue un remarquable témoignage sur notre temps. Et la spontanéité avec laquelle son auteur en conte les péripéties, lui confère une rare saveur d'authenticité. La saveur même de la vie.

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