FeniXX réédition numérique (Publisud)

  • "Ici et là" est le premier ouvrage de Michel Butor, illustré par dix collages de l'auteur lui-même. Ces illustrations ont pour motif la mappemonde, qui fit tant rêver Rimbaud, Baudelaire, ainsi que tous les enfants « amoureux de cartes et d'estampes ». "Ici et là" est un livre où la notion même de genre littéraire est en péril : tissu de textes, poèmes, journal, fictions, épopées réécrites, élégies, entrelacs de souvenirs et de choses vues lors de périples au long cours. Autant d'images captées, capturées par la mémoire, ou fixées dans l'instant, au centre de Brooklyn, dans les vestiges de Pétra, ou la médina de Tunis. Le lecteur est intronisé compagnon de route du poète, il le voit réagir à la beauté d'un paysage coréen, autant que s'interroger sur le destin des indiens d'Amérique. Si, parfois, il lui prend l'envie de réécrire la traversée de la Mer Rouge par les Hébreux, le lecteur est invité à communier dans le merveilleux langagier du vieux mythe universel. Soudain, devant l'église d'Auvers-sur-Oise, le poète devient Van Gogh, épouse chaque geste, chaque pensée intime du peintre à l'oreille coupée. Un peu plus loin, le voilà qui médite sur le désert, où il décèle en germe l'éclosion de toute civilisation. Ou sur une aurore boréale en Alaska, qui lui inspire certaines de ses plus belles proses poétiques. Quand Michel Butor fait sa moisson de « paysages choisis », qui sont aussi - bien souvent - des visages, quand il glane des images, c'est presque toujours pour les offrir à quelqu'un, ou en souvenir d'une balade avec un ami, que cet ami s'appelle Georges Perros, Claude Simon ou qu'il soit jeune Bédouin croisé par hasard. Lire "Ici et là", c'est se souvenir que la planète n'est pas uniquement, n'est pas essentiellement un décor de journal télévisé, un immense laboratoire de scoops en tous genres, destinés à flatter la mauvaise curiosité ou à exacerber le sentiment d'impuissance du genre humain. Michel Butor, dernier vates itinérans dans une société rongée par la lèpre médiatique, transfigure le monde, le réenchante, nous le fait voir à travers mille détails, autant que dans une perspective trans-historique, et nous réapprend à l'aimer.

  • "Ici et là" est le premier ouvrage de Michel Butor, illustré par dix collages de l'auteur lui-même. Ces illustrations ont pour motif la mappemonde, qui fit tant rêver Rimbaud, Baudelaire, ainsi que tous les enfants « amoureux de cartes et d'estampes ». "Ici et là" est un livre où la notion même de genre littéraire est en péril : tissu de textes, poèmes, journal, fictions, épopées réécrites, élégies, entrelacs de souvenirs et de choses vues lors de périples au long cours. Autant d'images captées, capturées par la mémoire, ou fixées dans l'instant, au centre de Brooklyn, dans les vestiges de Pétra, ou la médina de Tunis. Le lecteur est intronisé compagnon de route du poète, il le voit réagir à la beauté d'un paysage coréen, autant que s'interroger sur le destin des indiens d'Amérique. Si, parfois, il lui prend l'envie de réécrire la traversée de la Mer Rouge par les Hébreux, le lecteur est invité à communier dans le merveilleux langagier du vieux mythe universel. Soudain, devant l'église d'Auvers-sur-Oise, le poète devient Van Gogh, épouse chaque geste, chaque pensée intime du peintre à l'oreille coupée. Un peu plus loin, le voilà qui médite sur le désert, où il décèle en germe l'éclosion de toute civilisation. Ou sur une aurore boréale en Alaska, qui lui inspire certaines de ses plus belles proses poétiques. Quand Michel Butor fait sa moisson de « paysages choisis », qui sont aussi - bien souvent - des visages, quand il glane des images, c'est presque toujours pour les offrir à quelqu'un, ou en souvenir d'une balade avec un ami, que cet ami s'appelle Georges Perros, Claude Simon ou qu'il soit jeune Bédouin croisé par hasard. Lire "Ici et là", c'est se souvenir que la planète n'est pas uniquement, n'est pas essentiellement un décor de journal télévisé, un immense laboratoire de scoops en tous genres, destinés à flatter la mauvaise curiosité ou à exacerber le sentiment d'impuissance du genre humain. Michel Butor, dernier vates itinérans dans une société rongée par la lèpre médiatique, transfigure le monde, le réenchante, nous le fait voir à travers mille détails, autant que dans une perspective trans-historique, et nous réapprend à l'aimer.

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