FeniXX réédition numérique (Payot)

  • Le monstre médiéval apparait à travers l'oeuvre des peintres et graveurs de la fin du Moyen Âge comme une création très mystérieuse : notre époque, pour tenter d'en retrouver le sens, lui prête des intentions subversives, des origines pathologiques, une inspiration redevable aux hallucinogènes, etc. (toutes grilles qu'on a voulu appliquer à Jérôme Bosch, par exemple). Ces essais d'explication, pour la plupart, n'entrent pas réellement dans l'univers médiéval. Ce livre se propose de cerner le monstre, et la notion de monstre, par une exploration aussi respectueuse que possible des données propres au Moyen Âge : structures de l'univers, paysage de mentalités, pensée mystique et mythique. La tradition gréco-romaine (et son héritage oriental), la tradition des divins docteurs médiévaux s'entre-mêlent pour maintenir et enrichir l'existence des monstres. Le XVe siècle, dans une hantise accrue et aiguë du diabolique, engendre une nouvelle génération monstrueuse qui, cependant, coexiste avec les précédentes et entretient des rapports étroits avec elles. L'auteur chasse le monstre à travers des textes littéraires et para-littéraires (descriptions du monde et récits de voyage en particulier du XIIIe au XVe siècle, en vue de restituer le regard du passé sur ses propres créations, tout en s'accordant la liberté d'user des ressources du XXe siècle pour jeter des ponts entre cette époque et la nôtre. Une iconographie abondante et en grande partie inédite illustre le propos.

  • L'Encyclopédie, la grande, celle de Diderot et d'Alembert, se présente, bien sûr, comme une suite d'articles classés par ordre alphabétique. Mais des thématiques communes tressent entre certains d'entre eux comme un réseau serré, constituant des visions, des discours plus ou moins homogènes. Ainsi des articles concernant le langage qui, si l'on y ajoute les ouvrages auxquels ils renvoient, forment un domaine de savoir stable et relativement autonome. Pour le nommer, Sylvain Auroux emprunte à Locke et Pluche le terme de sémiotique. Le son, l'idée, la chose ; le problème de l'origine du langage ; la phonétique ; la synonymie ; les figures : autant de questions qui, aujourd'hui occultées ou, au contraire, hyper-développées, sont au centre de la définition d'un certain concept de langue, au centre de la sémiotique des encyclopédistes.

empty