Fayard

  • De février 1903 à Noël 1908, Rainer Maria Rilke correspond avec le jeune Franz Xaver Kappus, et l'encourage dans sa vocation. Les Lettres à un jeune poète se signalent par une qualité toute particulière du ton, une intimité chaleureuse qui n'exclut ni le scrupule ni la rigueur. Une lucidité de philosophe y épouse sans cesse étroitement la sensibililté lyrique. Elles sont devenues l'un des textes les plus célèbres et les plus appréciés du grand poète.

  • âmes et animaux

    Arno Klarsfeld

    • Fayard
    • 27 Janvier 2021

    «  Le 16 mars 2020, mes parents Serge et Beate sont venus se confiner chez moi. L'appartement est vaste, et leur bureau est dans l'immeuble, ce qui leur permettait de travailler sans avoir à traverser Paris. Nous étions trois bipèdes et cinq quadrupèdes  : trois chats et deux chiens.
    Pourquoi décider alors d'écrire  ? Pour partager ses pensées, passer le temps en faisant disparaître l'angoisse de perdre ses parents, en étant peut-être à la fois parricide et matricide si j'avais été contaminé avant le confinement. Mais, surtout, pour faire avancer une cause qui me tient à coeur  : l'amélioration du bien-être animal, qui sera une des causes majeures du xxie  siècle dans le monde occidental, sauf tragédie de grande ampleur. Ainsi, presque chaque jour, j'ai essayé d'écrire une nouvelle impliquant l'homme, l'animal, l'environnement que j'ai connu avec le confinement comme toile de fond. À travers ce journal transparaît donc l'amour pour les parents et pour les animaux. L'un est un commandement de Dieu, l'autre devrait l'être aussi.  »
     
    Dans ce journal ponctué par des événements que nous avons tous connus, des inquiétudes que nous avons tous partagées, Arno Klarsfeld nous livre un récit singulier traversé d'échanges étonnants avec ses parents, de bribes du passé et de réflexions. Il y mêle de subtils portraits de l'âme humaine et de la relation sensible aux animaux au fil d'histoires à la croisée de La  Bruyère et La  Fontaine.
    Un livre insolite, riche en émotion et en humour.
     
    Arno Klarsfeld a été l'avocat des parties civiles lors des procès Touvier et Papon. Il a toujours milité pour la sensibilisation au bien-être animal.

  • « À quoi bon emprunter sans cesse le même vieux sentier ? Vous devez tracer des sentiers vers l'inconnu. Si je ne suis pas moi, qui le sera ? » 
    Henry David Thoreau (1817-1862) quitte à vingt-huit ans sa ville natale pour aller vivre seul dans la forêt, près du lac Walden. Il a pour habitude de marcher au moins quatre heures par jour. Avec cet éloge de la marche, exercice salutaire et libérateur, Thoreau fait l'apologie de l'éveil à soi par la communion avec la nature.

  • Camus, l'art de la révolte

    Abd Al Malik

    • Fayard
    • 2 Novembre 2016

    « Dans une France où une figure internationale, médiatique, cohérente, courageuse, cherchant sans relâche un consensus pertinent et incarnant la grandeur des idéaux intellectuel et humaniste, est totalement absente, voici mon frère, voici notre héros : Albert Camus. » Abd Al Malik a rencontré Albert Camus dans les pages de ses livres. Et cette rencontre a forgé son devenir d'artiste, de musicien, d'écrivain. Entre les premiers textes dans la cité de Strasbourg, les échecs des débuts et les souvenirs d'enfance, il nous montre ici l'importance qu'elle a prise dans son parcours. Le tirant toujours plus haut, toujours plus loin. Abd Al Malik est rappeur, écrivain et réalisateur. Il est notamment l'auteur de La Guerre des banlieues n'aura pas lieu (Cherche Midi, 2010), et de L'Islam au secours de la République (Flammarion, 2013).

  • Sénèque, philosophe latin né à Cordoue, a vécu entre le Ier siècle avant et le Ier siècle après Jésus-Christ. Il suit des études de réthorique et de philosophie à Rome mais est contraint à l'exil en 41 avant J.-C. À son retour à Rome, il devient le précepteur du jeune Néron et compose une satire excessivement mordante de sa société. Dans ces lettres, il s'adresse à son vieil ami Lucilius. D'origine modeste, Lucilius parvient, à force de mérites, au rang de chevalier, puis de procurateur de Sicile, au moment de sa correspondance avec Sénèque. Quoiqu'amis de longue date, Lucilius est plus jeune que Sénèque, il est donc tout à sa place dans son rôle de disciple. C'est durant les quelques mois précédant son suicide que Sénèque rédige cette correspondance sous la forme d'un recueil d'écrits moraux.

  • Toutes les cultures du monde se sont interrogées sur la question du « sens ». Dans notre société en perte de repères, la science, nous dit Jean-Marie Pelt, permet, en explorant le réel du big bang jusqu´à l´homme, d´apporter des éléments de réponse à cette question.En effet, d´un bout à l´autre de la longue histoire de l´univers, l´évolution conduit des éléments simples à s´associer pour former des entités plus complexes, faisant émerger de nouvelles propriétés C´est ce qu´il appelle le « principe d´associativité ». Par de multiples exemples puisés dans la nature, Jean-Marie Pelt met en lumière le fait que la vie doit davantage à l´alliance qu´à la rivalité.Pierre Rabhi défend avec lui ce principe en « intendant et serviteur de la Terre nourricière », comme il se définit lui-même. Pour lui, il appartient désormais aux hommes de poursuivre ce processus en privilégiant la coopération au détriment de la compétition, source de tensions et de conflits. Jean-Marie Pelt et Pierre Rabhi, amis de longue date, mettent ici en commun, par-delà les désespérances de notre temps, une vision qui se veut optimiste mais qui exige, à leurs yeux, pour aboutir à un monde plus juste et fraternel, une authentique et massive « insurrection des consciences ».  

  • L'Afrique a pendant plusieurs siècles été vue, imaginée, fantasmée par les Européens comme un continent sauvage, ténébreux, matière première des récits d'aventures et d'exploration teintés d'exotisme, qui ne laissaient pourtant entendre qu'une seule voix, celle du colonisateur. Il faut attendre le milieu du xxe siècle pour qu'une littérature écrite par et pour les Africains se révèle. De la négritude à la « migritude », il appartient aux écrivains noirs d'aujourd'hui de penser et de vivre leur identité artistique en pleine lumière. Alain Mabanckou est romancier, poète et essayiste. Ses oeuvres ont été traduites en une quinzaine de langues. Son premier roman, Bleu-Blanc-Rouge (1998), lui a valu le Grand Prix littéraire d'Afrique. En 2006, il obtient le prix Renaudot pour Mémoires de porc-épic. La même année, l'université de Californie (UCLA) le nomme professeur au département de littérature française et d'études francophones. Nommé pour l'année académique 2015-2016, il est le premier écrivain invité à la chaire annuelle de Création artistique du Collège de France.

  • La fabrication du mythe Céline, qui s'est nourrie de toutes les lectures d'allégeance et de célébration, a fait oublier les lectures à rebours. Par un curieux retournement, le scandale aujourd'hui, ce serait d'oser rappeler les enjeux historiques et politiques d'une oeuvre pourtant tellement ancrée dans l'histoire. Cela fut fait dès 1938 par H.-E Kaminski, Juif allemand en exil, qui livre avec ce texte antidote, la première analyse lucide de celui qui "voulait être le plus nazi des collaborateurs".

  • De l'inégalité des vies

    Didier Fassin

    • Fayard
    • 30 Septembre 2020

    «  Il y a, d'un côté, la vie qui s'écoule avec un commencement et une fin, et de l'autre, la vie qui fait la singularité humaine parce qu'elle peut être racontée. On pourrait ainsi parler de vie biologique et de vie biographique. L'espérance de vie mesure l'étendue de la première. L'histoire de vie relate la richesse de la seconde. L'inégalité des vies ne peut être appréhendée que dans la reconnaissance des deux. Elle doit à la fois les distinguer et les connecter. Les distinguer, car le paradoxe des femmes françaises montre qu'une vie longue ne suffit pas à garantir une vie bonne. Les connecter, car l'expérience des hommes afro-américains rappelle qu'une vie dévalorisée finit par produire une vie abîmée. C'est ainsi que se pose également la question des réfugiés et des migrants.  »
    Didier Fassin est anthropologue, sociologue et médecin. Professeur à l'Institute for Advanced Study de Princeton et directeur d'études à l'EHESS, il est titulaire de la chaire annuelle de Santé publique du Collège de France. Ses travaux, conduits sur trois continents, portent sur les enjeux politiques et moraux des sociétés contemporaines.

  • «  Je ne peux pas m'empêcher de penser, mais c'est sans doute encore un préjugé, qu'il est plus facile d'épouser la diversité, le pluriel et le temps quand on est une femme - je veux dire : avec le côté femme de nous-mêmes. Plus facile, de prendre ses distances avec l'Un, la Vérité, la Raison, la Pensée, l'Universel, plus facile de croire moins quand on est une femme. Nous avons été si longtemps privées de philosophie et de politique, depuis la Grèce jusqu'à la génération de ma mère qui, jeune, ne votait pas et n'avait pas de chéquier. C'est cela qui a changé. L'Académie, un monde d'hommes, fait par des hommes pour des hommes, s'ouvre. »
     

  • Par son destin personnel comme par son oeuvre, Ovide, qui a vécu à la bascule du monde païen et du millénaire chrétien, a incarné la complexité de la mentalité latine, fière de ses légendes et sensible à la mythologie, mais aussi énergique et rétive à toute oppression. D'abord amusé par les jeux du monde et de l'amour, voire marchand de recettes érotiques, Ovide revint ensuite aux grandeurs des mythes (Métamorphoses) et des rites (Fastes), avant d'inventer les élégies du spleen et de l'exil (Tristes et Pontiques) et d'y méditer puissamment sur la destinée humaine.
    Tous les auteurs anciens l'ont admiré. Ils aimèrent le raffinement de son écriture, la diversité de son talent et la richesse colorée de son inventivité. Ils furent aussi touchés par la tragédie de sa fin de vie. Ensuite, il ne cessa d'être lu et imité, servant de réservoir inépuisable à l'imagination des poètes et des plasticiens. Il fut l'actuel de toutes les époques, grâce à la beauté, la diversité et la profondeur de son oeuvre.
    Le livre de Xavier Darcos montre l'éternelle modernité de cet artiste inclassable, de cet érudit libre et ironique qui a capté le mystère du vivant et la puissance des passions, tout en s'insurgeant à sa manière contre l'arbitraire des genres, des pouvoirs et des dieux.
    Membre de l'Académie française et de l'Académie des sciences morales et politiques, universitaire et homme public, plusieurs fois ministre et ambassadeur, Xavier Darcos est l'auteur d'essais sur l'école, ainsi que de nombreuses publications consacrées à la poésie française, à l'histoire littéraire et à la latinité. Il est désormais Chancelier de l'Institut de France.
     

  • Montaigne l'avait écrit : « Il faut voyager pour frotter et limer sa cervelle contre celle d'autrui. » À l'heure où le repli sur soi menace, le génie des Frémissements du monde est de convertir cet idéal humaniste en réalité, de magnifier le caractère vital de la rencontre avec l'autre.
    Voici l'odyssée sur trente ans et dans une vingtaine de pays d'Andrew Solomon. Il est aux côtés d'artistes avant-gardistes dans les manifestations entraînant la chute de l'URSS ; il assiste à la renaissance artistique afghane après la chute du régime taliban ; il éprouve l'importance de la samba dans les favelas de Rio de Janeiro en pleine mutation avant les Jeux olympiques... Il dépeint avec finesse toutes ces sociétés à des moments politiques ou sociaux charnières : les progrès comme les menaces, les joies comme les regrets, les peurs comme les espoirs.
    Captivante anthologie de reportages, ce livre montre comment l'histoire est façonnée par les individus, qui sont en retour transformés par les changements. De l'incroyable diversité des expériences relatées émerge un fil conducteur : une humanité commune que Solomon découvre partout où il voyage, une mosaïque plus actuelle que jamais de ce qui unit vraiment les femmes et les hommes. La plume d'un écrivain de talent, voyageur curieux et journaliste à l'écoute du réel, nous entraîne ainsi dans un récit dont on ne peut que sortir grandi d'un supplément d'âme.
     
    Journaliste et psychologue, Andrew Solomon est l'auteur notamment du Diable intérieur. Anatomie de la dépression (finaliste du Pulitzer et lauréat de quatorze prix aux États-Unis, tr. française Albin Michel, 2002) et a été récompensé par le National Book Critics Circle Award pour Les Enfants exceptionnels (tr. française Fayard, 2019). Son oeuvre est traduite en vingt-deux langues.
     
    Traduit de l'anglais (États-Unis) par Christine Vivier
     
    « Ce livre magistral regroupe un quart de siècle d'essais faisant vibrer l'âme. » Vanity Fair

  • Tombeau d'Olivier

    Alain Badiou

    • Fayard
    • 22 Janvier 2020

    La vie de mon fils a été interrompue de façon imprévisible et violente. D'une façon en quelque sorte inacceptable. Mais je veux soutenir ici qu'en dépit de ces apparences, sa vie, singulière comme toute vie réellement subjectivée, a existé, pleinement, porteuse d'un sens dont la signification et l'usage avaient valeur universelle. 

  • «  Notre amour historiquement situé de la littérature nous impose paradoxalement, comme premier devoir, de nous arracher à l'historicité de cette même littérature. C'est au nom de la littérature que nous devons nous détacher de celle-ci. Voilà pourquoi il nous faut d'un seul mouvement construire et explorer la bibliothèque mondiale ou totale -  et je dis bien bibliothèque mondiale, et non pas littérature mondiale. On lit la littérature mondiale, mais on lit dans la bibliothèque mondiale, on vit dans la bibliothèque du monde  : deux attitudes radicalement différentes.  »
    Ancien élève de l'École normale supérieure et agrégé de lettres classiques, William Marx est philologue, historien et critique de la littérature. Il a été professeur de littérature comparée à l'université Paris Nanterre. Ses derniers ouvrages parus sont La Haine de la littérature et Un savoir gai (Minuit, 2015 et 2018). Depuis octobre  2019, il est professeur au Collège de France, titulaire de la chaire Littératures comparées.

  • «  Quel que soit l'intérêt qu'on porte à la conjoncture étroitement nationale du mouvement des gilets jaunes, tout comme à l'obstination méprisante du pouvoir en place, nous devons tenir ferme sur la conviction qu'aujourd'hui, tout ce qui importe vraiment est que notre patrie est le monde.
    Ce qui nous ramène aux dénommés "migrants . Il faut agir, bien évidemment, pour ne plus tolérer les noyades et les arrestations et la mise à l'écart pour des raisons de provenance ou de statut.  Mais au-delà, il faut savoir qu'il n'y a de politique contemporaine qu'avec ceux qui, venus chez nous, y représentent l'universel prolétariat nomade.
    En convoquant les textes philosophiques et politiques, mais aussi les poèmes, je voudrais examiner l'état actuel de cette cause et explorer la direction de ce que le poète nomme l'éthique du vivre monde et que je nomme, moi, le nouveau communisme.  »
     
    A.B.
     
    Alain Badiou est philosophe, dramaturge et romancier.

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      Quand dire, c'est vraiment faire : comment fait-on des choses avec des mots, comment fait-on vraiment des choses rien qu'avec des mots ? Cet ouvrage produit un court-circuit entre l'une des inventions contemporaines les plus « révolutionnaires » en matière de langage à en croire Austin : le performatif, et la toute-puissance du logos grec.
      Le premier épisode isole une généalogie païenne du performatif. Quand Ulysse dit à Nausicaa : « Je te prends les genoux » parce qu'il a trop peur de lui prendre les genoux, à quelles conditions est-ce là « un discours qui gagne » ? Le second temps part de la sophistique. Dans l'Éloge d'Hélène, Gorgias théorise le pouvoir du logos qui « avec le plus petit et le plus inapparent des corps performe les actes les plus divins ». Quel est alors le statut de ce que la philosophie appelle rhétorique ? Le troisième moment est contemporain. Desmond Tutu, qui préside la Commission Vérité et Réconciliation en Afrique du Sud, inventée pour éviter un bain de sang prévisible post-apartheid, dit : « On croit d'ordinaire que le langage dit les choses. La Commission n'est pas de cet avis. Le langage, discours et rhétorique, fait les choses. Il construit la réalité. » Qu'apprenons-nous ainsi sur la performance-performativité de la parole en politique ?
      Que reste-t-il donc aujourd'hui, à l'ère des fake news, des deux fétiches dont Austin se joue : le fétiche vrai/faux  et le fétiche valeur/fait ? A travers ces trois mises en scène - poétique, rhétorique et politique - de la performance langagière, Barbara Cassin, dans la suite de ses travaux sur l'évaluation, la psychanalyse ou la traduction, poursuit son exploration de ce que peuvent les mots.
     
    Barbara Cassin, directrice de recherche au CNRS, est philologue et philosophe, spécialiste de philosophie grecque. Elle a été élue en mai 2018 à l'Académie française.

  • Philosophie de l'ameublement Nouv.

    Edgar Allan Poe s'amuse à construire une véritable science de l'ameublement.
    La quête de la chambre idéale est celle d'une vraie «  chambre à soi », où le tapis est «  l'âme de l'appartement  », où le canapé est une pièce maîtresse, où la simplicité et le « luxe discret » permettraient non pas la mise en scène de soi, mais bien l'épanouissement de l'esprit et la simplicité de l'être. La recherche d'une «  douce intimité » qui résonne formidablement dans nos vies contemporaines.

  • La France a longtemps passé pour le pays des femmes. Elle a pourtant la réputation d'être aussi celui d'un féminisme timoré qui a tardé plus qu'ailleurs à asseoir ses conquêtes. D'où vient cette timidité? Et pourquoi le discours du féminisme extrémiste trouve-t-il en France si peu d'écho?

    C'est ce paradoxe qu'explore le livre de Mona Ozouf, en cherchant à écouter et à faire entendre " les mots des femmes ", ceux qu'elles ont choisis elles-mêmes pour décrire la féminité. Ainsi se succèdent les figures et les voix de Madame du Deffand, Madame de Charrière, Madame Roland, Madame de Staël, Madame de Rémusat, George Sand, Hubertine Auclert, Colette, Simone Weil, Simone de Beauvoir.

    La traversée de cette galerie fait découvrir la diversité inventive des cheminements féminins. Elle met en valeur une singularité française dont l'essai qui clôt cet ouvrage restitue l'histoire et les contours.

    Mona Ozouf, directeur de recherche au C.N.R.S., a consacré l'essentiel de son oeuvre à la Révolution française, à l'histoire de l'Ecole et à l'idée républicaine. Elle est l'auteur notamment de La Fête révolutionnaire (1976), de L'Ecole de la France (1984) et, avec Jacques Ozouf, de La République des instituteurs (1992).

  • « La liberté individuelle, je le répète, voilà la véritable liberté moderne. La liberté politique en est la garantie ; la liberté politique est par conséquent indispensable. Mais demander aux peuples de nos jours de sacrifier comme ceux d´autrefois la totalité de leur liberté individuelle à la liberté politique, c´est le plus sûr moyen de les détacher de l´une et quand on y serait parvenu, on ne tarderait pas à leur ravir l´autre. » En 1819, Benjamin Constant donne au cercle de l'Athénée une conférence mémorable, « De la liberté des Anciens comparée à celle des Modernes ». Pour les Anciens, en Grèce comme à Rome, la liberté consistait à participer à la vie de la cité, avec une forme « d´assujettissement complet de l´individu à l´autorité de l´ensemble ». Avec la Révolution et un certain nombre d´évolution (commerce, esclavage, etc.), la liberté est devenue, pour les Modernes, synonyme de liberté individuelle. Mais cela veut-il dire que la liberté politique est obsolète ?

    Au contraire, pour Constant, le danger encouru par les sociétés modernes est que l´individu soit trop absorbé par ses intérêts propres et renonce au partage du pouvoir publique. Il prône donc un système représentatif dans lequel les individus dépassent leurs intérêts particuliers en jugeant leurs mandataires... Et appelle à la responsabilité de chacun et à la participation du plus grand nombre... Un classique d´une perpétuelle actualité politique et philosophique. Édition établie par Louis Lourme.

  • Cette fin de siècle a vu un véritable bouleversement dans notre façon de concevoir le monde. Après avoir dominé la pensée occidentale pendant trois cents ans, la vision newtonienne d'un univers fragmenté, mécaniste et déterministe a fait place à celle d'un monde exubérant de créativité. Le Réel n'est plus déterminé seulement par des lois naturelles appliquées à des conditions initiales particulières, mais aussi moulé et façonné par une suite d'événements contingents et historiques qui peuvent bouleverser la réalité à son niveau le plus profond. Celui du bolide rocailleux venu percuter la Terre il y a quelque 65 millions d'années et responsable de la mort des dinosaures en est un exemple. Les lois physiques ont perdu leur rigidité. Avec l'avènement de la mécanique quantique, le hasard est entré en force dans le monde subatomique. Le monde macroscopique n'a pas été épargné. Avec la théorie du chaos, le hasard et le non-déterminisme ont envahi non seulement la vie de tous les jours, mais aussi le domaine des planètes, des étoiles et des galaxies. Débarrassée de son carcan la Nature peut enfin innover et créer. J'ai voulu retracer ici, dans un langage simple et au travers d'exemples tirés de l'astrophysique, de la physique, de la biologie et des mathématiques, le développement des idées qui ont mené à cette nouvelle vision du monde. L'ouvrage s'adresse à l' " honnête homme ", non pourvu de bagage technique, mais curieux des extraordinaires avancées de la science au cours du XXe siècle, ainsi que de leurs implications philosophiques et théologiques: pourquoi Beauté et Vérité vont-ils souvent de pair? Comment la Nature se sert-elle de subtils principes de symétrie pour imposer une profonde unité et harmonie au monde physique? Pourquoi l'homme est-il doué d'une " déraisonnable efficacité " à comprendre l'univers? Se peut-il que ce soit pour lui donner un sens? Trinh Xuan Thuan est originaire de Hanoï, Vietnam. Après avoir fréquenté le lycée français de Saigon, il fait ses études à Caltech et à Princeton, aux Etats-Unis. Professeur d'astronomie à l'université de Virginie, il est l'auteur de La Mélodie secrète, qui a rencontré la faveur d'un large public.

  • Les saints sont partout : dans les noms de village, les
    stations de métro, les calendriers, les proverbes et même
    les noms de fromage. Était-il raisonnable d'en laisser
    l'étude à la seule austérité des théologiens ?
    Voici la première « Vie des saints » entièrement
    profane. Ce livre nous emmène, en cinquante portraits et
    deux mille ans d'histoire, dans un voyage extraordinaire
    à travers les peuples et les époques, depuis les déserts
    d'Égypte où saint Antoine inventa le monarchisme,
    jusqu'aux délires mystiques de Padre Pio. Il nous fait
    croiser des inconnus célèbres, des gloires dont nous
    ignorons tout, des dragons terrifiants et des jeunes
    vierges plus redoutables encore.
    Au passage, La Planète des saints aborde les grandes
    questions qui travaillent la religion : à quoi sert un
    martyr ? Qu'est-ce qu'une hérésie ? Qu'est-ce qu'un
    miracle ? Comment, de siècle en siècle, et au prix de
    guerres incroyables, s'est forgé le dogme catholique ?
    Un ouvrage érudit, instructif et diablement drôle.

  • François Recanati offre un panorama de la philosophie analytique et, plus spécifiquement, du sous-domaine qui en a longtemps constitué le coeur  : la philosophie du langage, dans l'évolution de laquelle il discerne trois grandes phases. La première phase a donné naissance à la sémantique formelle et la seconde à la pragmatique, deux disciplines qui ont profondément renouvelé la linguistique. La troisième phase, correspondant à la période actuelle, voit la philosophie du langage fusionner avec la philosophie de l'esprit au sein d'une théorie générale des représentations qui renoue avec le projet peircien d'une théorie générale des signes.
    François Recanati a été directeur de recherche au CNRS, directeur d'études à l'EHESS et directeur d'un laboratoire interdisciplinaire hébergé par l'École normale supérieure. Membre de l'American Academy of Arts and Sciences et de l'Academia Europaea, il a enseigné dans de nombreuses universités étrangères (dont Berkeley, Genève, Harvard et St Andrews). Depuis avril  2019, il est professeur au Collège de France, titulaire de la chaire Philosophie du langage et de l'esprit.

  • Aux quatre coins du globe, la suprématie chinoise comme on ne vous ne l'a jamais racontéeL'achat du célèbre Waldorf Astoria à New York ; une téléréalité culinaire à Colmar ; la pêche sur les côtes ghanéennes ; l'utilisation de WeChat lors des élections australiennes ; la diplomatie des raviolis sur le rocher du Pacifique ; l'impact global du pharaonique projet des Nouvelles routes de la soie...
    Qu'il s'agisse de mettre la main sur de nouvelles sources d'énergie, de diffuser son « softpower » culturel ou d'afficher ses ambitions géopolitiques et militaires, la Chine est partout à la manoeuvre. Non seulement elle s'est bel et bien réveillée, mais elle affiche l'ambition de redevenir l'empire du Milieu flamboyant qu'elle a été : celui qui donne l'heure au reste de la planète.
    Cette métamorphose et les conséquences de l'expansion chinoise dans notre vie quotidienne, Éric Chol et Gilles Fontaine en rendent compte grâce à un récit original et efficace : à partir d'un ou plusieurs lieux dans chaque fuseau horaire, ils tissent un ensemble de scènes vivantes, de Hollywood à la Polynésie, de la pampa argentine au Groenland. Leur démarche inédite offre un panorama de l'omniprésence chinoise ; elle révèle une image instantanée du monde quand sonne midi à Pékin.
     
    Éric Chol est directeur de la rédaction de L'Express. Il a été correspondant à Hong Kong de 1996 à 1999 et a fait depuis de nombreux reportages en Chine. Il est notamment l'auteur, avec Pierre de Panafieu, de Cas d'écoles (Fayard, 2018).
    Gilles Fontaine est rédacteur en chef à Challenges. Il a réalisé de multiples reportages en Chine depuis une quinzaine d'années. Il a publié récemment Dans le cyberespace on ne vous entend pas crier (JC Lattès, 2018).

  • Le 11 mai 2013, l'écrivain George Saunders était invité à prononcer le discours de remise des diplômes de l'université de Syracuse, dans l'État de New York.
    Soyez gentils reprend, sous une forme légèrement remaniée, l'intégralité de ce discours.
    Avec humour, verve et sensibilité, George Saunders livre une méditation touchante et profonde sur la gentillesse, invitant chacun d'entre nous à ne jamais se
    lasser d'errer sur la voie de la bonté.
     
    Écrivain américain de renom, George Saunders est l'auteur de neuf ouvrages, dont plusieurs recueils de nouvelles.
    Lincoln au Bardo (Fayard, 2019), son premier roman, unanimement salué
    par la critique, a été couronné en 2017 par le prestigieux Man Booker Prize.
    Membre de l'Académie américaine des Arts et des Sciences, il enseigne la littérature à l'université de Syracuse.
     
    Traduit de l'anglais (États-Unis) par Pierre Demarty
     

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