Espace Nord

  • En 1978, paraissait un essai qui changeait la perception commune de la littérature : L'Institution de la littérature, devenu depuis un classique de la sociologie littéraire. Son auteur analysait la littérature comme un lieu de pouvoir d'autant plus puissant qu'il ne s'avoue jamais comme tel. En tant qu'institution, la littérature n'obéit à aucune charte, n'est dotée que d'une faible visibilité, mais ses mécanismes et ses effets peuvent se mesurer. Décrivant la littérature des XIXe et XXe siècles en ces termes, Jacques Dubois démontait, pièce par pièce, la littérature dans ses croyances, ses mythes et ses rituels.

    Professeur de l'université de Liège, Jacques Dubois est spécialiste du roman français des XIXe et XXe siècles et se réclame de la critique-fiction. Il est notamment l'auteur de Le Roman policier ou la modernité (Armand Colin, 1996), Pour Albertine. Proust et le sens du social (Seuil, 1997), Les Romanciers du réel (Points Seuil, 2000), Stendhal. Une sociologie romanesque (La Découverte, 2007). Il a édité avec Benoît Denis trois volumes de romans de Simenon dans la bibliothèque de la Pléiade.

  • Établissant passerelles et connexions entre toutes les composantes de la création théâtrale - écriture, jeu d'acteur, scénographie, mise en scène, idéologies, contexte économique et politique - ce livre, publié à l'initiative du Théâtre national de la Communauté française de Belgique, tente d'écrire l'histoire globale d'un art fondamentalement complexe et collectif. Au fil d'une approche chronologique en quatre périodes, de 1830 à nos jours, l'ouvrage de synthèse de Paul Aron montre comment, après avoir subi pendant longtemps l'influence des tournées parisiennes et du théâtre français, le théâtre belge de langue française progressivement s'émancipe et s'affranchit.

    Paul Aron (né à Bruxelles en 1956), est enseignant-chercheur de littérature belge et française. Docteur en philosophie et lettres de l'Université libre de Bruxelles, il est directeur de recherche au Fonds national de la recherche scientifique (FNRS) et professeur de littérature et théorie littéraire à l'Université Libre de Bruxelles. Il s'intéresse à l'histoire de la vie littéraire, principalement des xixe et xxe siècles, aux relations entre les arts et entre la presse et la littérature.

  • «Le critique de quotidien est un reporter envoyé en première ligne de la bataille des lettres. Il reçoit les livres de plein fouet, se plonge dans leur lecture avant les autres, et couche sur le papier ses impressions. [...] Son guide, c'est la recherche de la qualité où qu'elle se trouve et, au-delà, puisqu'il est aux avant-postes, celle de la nouveauté, de ce qui est prometteur d'une voie inexplorée, d'une voix inouïe.» - Jacques De DeckerLe présent volume rassemble une partie significative des chroniques que Jacques De Decker a consacrées aux lettres belges francophones, entre 1971 et 2010. Littérature belge d'au­jourd'hui, un autre regard sur une trentaine d'auteurs parmi lesquels Alain Berenboom, Jacques Crickillon, William Cliff, Jacqueline Harpman, Pierre Mertens, Jean Muno, Amélie Nothomb, Jean-Philippe Toussaint, Jean-Pierre Verheggen ou encore Liliane Wouters.

  • Ce volume rassemble des articles critiques et théoriques de Jean-Marie Piemme publiés de 1984 à aujourd'hui dans diverses revues. Il reprend notamment des textes édités par la revue Alternatives Théâtrales sous le titre « Le souffleur inquiet ».

    Produire et transmettre le meilleur de la pensée, fournir et faire passer les idées les plus exigeantes et les plus aiguës, dans un langage qui, lui, doit demeurer accessible à tous, tel est le paradoxe du « souffleur inquiet », condamné à se faire pédagogue, c'est-à-dire, tout simplement, à se faire entendre.

    Dans son devoir d'inventaire et de redéfinition, cet essai interroge l'identité du théâtre aujourd'hui et souligne ce qui en fait un art du présent.

  • En 1958, Marcel Mariën élabore un programme de renversement du capitalisme à l'échelle internationale. Réalisable dans un délai d'un an. N'importe où, n'importe quand. Seul problème : trouver trois cents hommes prêts à mener à bien cette révolution. Au contraire des manuels à destination des révolutionnaires en herbe, Mariën ne cache pas combien la recette inratable qu'il détaille est vouée à l'échec.

    Son intention se veut avant tout performative : faire exister dans le monde une proposition d'action politique que personne, avant lui, n'avait osé formuler en ces termes. Et peut-être, qui sait, altérer le cours du monde. En introduisant le jeu au sein de la théorie, Mariën répond au constat suivant lequel, à l'âge atomique, " c'est tout le réel, d'un coup, qui sombre dans la fiction ".

    Marcel Mariën (1920-1993) est un surréaliste belge à la carrière protéiforme. Poète, éditeur, plasticien, photographe, cinéaste, il est l'auteur de tracts, de textes théoriques, de recueils de nouvelles (Figures de poupe, 1979 ; Les Fantômes du château de cartes, 1981), ainsi que du film censuré L'Invention du cinéma (1959). Entre humour et irrévérence, son style provocateur et farouchement indépendant en fait une figure essentielle de la littérature belge.

    Né à Anvers en 1920, Marcel Mariën est confronté aux vérités d'un monde qu'il apprend à approcher grâce au surréalisme. Il s'agit, pour lui, de trouver le mot juste, capable non pas d'altérer le monde, mais d'en dégager les vraies potentialités libertaires. Son oeuvre polymorphe est fascinante et mystérieuse : des contes ou des nouvelles (Figures de poupe) ; des scénarios ou des essais politiques (Théorie de la révolution mondiale immédiate) ; des poèmes ou des mémoires (Radeau de la mémoire).

  • Ce livre s'attache à mettre en lumière l'extraordinaire floraison d'oeuvres et d'auteurs de fiction policière belge, durant l'Occupation et dans l'immédiat après-guerre. Par un mélange de résumés narratifs, d'analyses et de rappels historiques, l'auteur nous fait découvrir une des périodes les plus fécondes de la littérature de genre. Cette relecture critique et passionnée d'une centaine d'oeuvres-clés, étonnamment vivantes, renouvelle la vision qu'on peut avoir de cette époque à demi effacée. Elle donne au livre tout entier sa couleur poétique d'exploration d'un monde perdu. On y croise Stanislas André-Steeman, Georges Simenon, Jean Ray, Thomas Owen, Louis-Thomas Jurdant, Max Servais ou encore André-Paul Duchâteau. Le Policier fantôme a paru pour la première fois en 1984.
    La présente édition a été largement revue et augmentée. Un chapitre nouveau, consacré aux tendances actuelles du roman policier contemporain, constitue un miroir qui montre à la fois la spécificité du roman classique des années quarante et la vitalité actuelle du genre.

    Luc Dellisse est romancier, essayiste et poète. Il a publié une vingtaine de livres.

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