Editions du Rocher

  • « Longtemps j'ai hésité à arpenter avec mes mots, une nouvelle fois, cette terre de Bretagne qui m'est si chère. J'ai publié, dans le passé, deux ouvrages célébrant le pays de Chateaubriand. Me serait-il possible d'ouvrir de nouveaux horizons ? Je me suis alors souvenu du mot de Xavier Grall, ce poète merveilleux :  La Bretagne, multiple dans son unité secrète. La Bretagne n'est pas un sujet qu'on épuise. Elle se découvre, à qui sait l'apprivoiser, et se redécouvre sans fin. Partant de Trégastel, mon fief intime et familial, où j'aime vivre, lire, aimer, j'ai choisi de me balader à ma guise, le long des côtes, au large et au coeur des terres, et je vous invite à la rencontre des paysages, des écrivains, des silhouettes que j'admire. Parcourant les contrées bretonnes et voguant sur les flots, prenant le temps de regarder, de me poser, d'écouter, je suis au plus près de mes émotions, de mes passions, de ma Bretagne au coeur . Qu'il me soit permis, chapitre après chapitre, de vous la faire partager... »
    Journaliste et critique littéraire, Patrick Poivre d'Arvor est une figure incontournable du paysage médiatique et éditorial français. Auteur de romans, d'essais, de biographies, son oeuvre est saluée par des prix littéraires prestigieux.

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    Un écrivain, ça devrait toujours ressembler à un vieux dégueulasse fornicateur, un poète à la marge, un conteur avec un style cru et un art de la rafale certain, un amoureux des femmes, des courses de chevaux et de musique classique, un fêlé génial ayant pour credo : boire, baiser, boxer, sans ménagement.Pour Cédric Meletta, un écrivain devrait toujours ressembler à Charles Bukowski.À travers cette flânerie littéraire, l'auteur donne envie de se plonger dans la vie tumultueuse de ce loser magnifique, de le lire « sans préjugés, sans vergogne. Le lire en se délestant. Se soulager quand ça tangue ou que ça ballonne. Évacuer le tout en pressant fort son index au plus loin dans la gorge. Exit. Vos sarcasmes, vos orgasmes, vos courroux, votre orgueil mal placé et votre pudibonderie ».
    /> Cédric Meletta est l'auteur de Jean Luchaire. L'Enfant perdu des années sombres (Perrin, 2013), Tombeau pour Rubirosa ( Séguier, 2018) et Diaboliques (Robert Laffont, 2019).

  • Résister au règne de l'individualisme, à la domination de l'argent et à la disparition du spirituel, tels sont les grands thèmes d'une pensée antimoderne que les crises de notre temps rendent plus nécessaire que jamais. En puisant chez Charles Péguy, Georges Bernanos, Léon Bloy, Fedor Dostoïevski et bien d'autres, la revue PHILITT cherche à rendre compte de cette crise existentielle qui frappe l'homme depuis l'avènement de la modernité. Dans notre monde technicien et consumériste, ces antimodernes apparaissent comme des guides hétérodoxes capables de raviver chez nos contemporains un souffle que l'on croyait perdu.Analyses exigeantes de grands textes classiques, entretiens avec des spécialistes reconnus (Antoine Compagnon, Pierre Glaudes, Rémi Brague...), études d'écrivains majeurs tombés en disgrâce et ouverture sur des écoles de pensée marginales ont fait de PHILITT le porteur d'un horizon singulier, en rupture avec le modèle philosophique dominant. Pour la première fois, près d'une décennie de ce travail précurseur est rassemblée dans un vaste volume, augmenté d'une préface inédite, qui fait le point sur notre monde et permet d'appréhender celui qui vient.
    Matthieu Giroux, journaliste, est fondateur et directeur de la revue PHILITT. Il est l'auteur de Péguy, un enfant contre le monde moderne (Première Partie, 2018).Youness Bousenna, journaliste, est rédacteur en chef littérature de la revue PHILITT et auteur de Camus, l'éternité est ici (Première Partie, 2019).

  • Les premières années furent celles des horizons lointains. Rappelez-vous : Raskar Kapac, gazette artistique et inflammable, était partie sillonner les espaces les plus inaccessibles. Entre 2016 et 2017, elle est allée s'exiler sur l'île engloutie de Mû aux côtés de Corto Maltese, elle est revenue d'entre les morts en suivant les pas sanglants de Guillaumet dans les Andes, elle a traqué avec Henry de Monfreid les peuplades perdues du Yémen et de l'Ethiopie...Les deux années qui suivirent - réunies intégralement dans cette seconde Anthologie -, furent pour Raskar celles des marges. Ce fut l'époque où la momie ne fréquenta que les damnés, les caraques et les inadaptés. De Fellini à Kazantzaki, de Blaise Cendrars à Tabarly, de Drieu à Antonin Artaud ; c'est un équipage hétérodoxe qui a composé avec maestria les dix derniers numéros de Raskar Kapac.Olivier de Kersauson, Titouan Lamazou, Patrick Tabarly, Benoît Heimermann, Christiane Rancé, Sylvain Tesson, Julien Hervier, Pierre Adrian, Charles Gonzalès, Stéphane Barsacq, Frédéric Beigbeder, Gabriel Matzneff et tant d'autres plumes ont aidé à la résurrection des grands artistes et des aventuriers, authentiques phares pour notre temps.Dans ce nouveau volume, se succèdent des textes variés, des entretiens exclusifs, des photographies ainsi que de nombreux dessins inédits.Alors en route pour un ultime voyage à bord du Transsibérien ! La momie attise la locomotive et, à sa suite, cahote le fabuleux wagon des artistes et des hors-la-loi !
    Les trois fondateurs, Maxime Dalle, Yves Delafoy et Archibald Ney, sont de jeunes mousquetaires de vingt-cinq ans et plus, unis par des passions singulières : l'amour des livres « brûlants » et des chairs voluptueuses, l'amitié virile, et une sympathie inextinguible pour les causes perdues.

  • La première Anthologie de Raskar Kapac regroupe les dix premiers numéros de cette gazette artistique et inflammable parus entre 2016 et 2018. Vous y découvrirez une tribu élective de dix écrivains et aventuriers intempestifs qui retrouvent vie grâce à la plume acérée de prestigieux collaborateurs (Eric Neuhoff, Gabriel Matzneff, Pierre Arditi, Michka Assayas, Christian Dedet, Olivier Maulin, Alain de Benoist, Romaric Sangars...), à de nombreux textes et photographies inédits (Jean-René Huguenin, Maurice Ronet ou Henry de Monfreid), mais aussi par l'intermédiaire d'entretiens de haute volée (Jean-Paul Kauffmann, Michael Lonsdale, Michel Maffesoli, Guillaume de Tanoüarn, Olivier Renault ou encore Benoît Heimermann).Chaque numéro de Raskar Kapac enclenche une nouvelle éruption, de nouvelles découvertes. La bande que constitue Raskar est animée par le désir ardent de vous conduire vers des continents inexplorés où la création radicale et le risque règnent en maîtres. D'Huguenin à Mishima, ces dix coeurs aventureux sont allés, à leur manière, au bout de leur impérialisme et de leur destin d'artiste. Raskar Kapac, dans cette Anthologie, s'emploie à les ressusciter !
    Les trois fondateurs, Maxime Dalle, Yves Delafoy et Archibald Ney, sont de jeunes mousquetaires de vingt-cinq ans et plus, unis par des passions singulières : l'amour des livres brûlants et des chairs voluptueuses, l'amitié virile, et une sympathie inextinguible pour les causes perdues.

  • Entretiens

    Pons/Wilson

    De l'enfant de la balle à l'acteur et metteur en scène, entre théàtre, cinéma et chanson, Lambert Wilson se livre avec honnêteté et sans complaisance dans ces entretiens avec Hervé Pons. La richesse de ses expériences, mais aussi les doutes et les questionnements qui les accompagnent, donnent toute leur profondeur à la réflexion qu'il développe sur l'art et le métier d'acteur.

  • Né poète, Jean Cocteau ne s'est interdit aucune discipline : ni la littérature, ni le dessin, ni le théâtre, encore moins le cinématographe. Face à un mal de vivre chronique, la création sera sa sauvegarde. Il n'a pas dix ans lorsque son père se suicide. Au sein d'une famille meurtrie où l'on favorise les non-dits, il lui faut trouver des moyens d'expression et d'évasion. Ce seront le rêve, la lecture, les spectacles et l'écriture. Alors que le XXe siècle débute, Jean Cocteau contracte le mal rouge et or : celui de la scène, des passions et des prises de risques. Cette contamination fera de lui l'un des artistes majeurs de son époque. Lorsqu'il est mort, j'avais quatorze ans et ne connaissais aucune de ses publications. Sensible à son originalité et à son élégance, je l'observais en silence pendant qu'il parlait avec son frère Paul, mon grand-père maternel. À quoi aurait ressemblé notre relation si j'avais eu le temps de devenir adulte avant qu'il ne nous quitte ? Le destin a décidé qu'elle s'instaurerait à travers les miroirs, entre les mondes visible et invisible, me dévoilant un être grave qui, par politesse, affichait une apparente légèreté, bien loin du «mondain» décrit par les magazines. Dominique Marny écrit et publie régulièrement des romans, des biographies et des livres d'art. Collaboratrice à la revue littéraire Plume, elle est vice-présidente du Comité Jean Cocteau et veille sur l'oeuvre de son grand-oncle auquel elle a déjà consacré trois ouvrages.

  • 1938 Gardone Riviera en Italie, au bord du lac de Garde Gabriele d'Annunzio, de sa demeure du Vittoriale, rédige ses mémoires. Ayant traversé la Belle Époque, la Grande Guerre et les Années folles, telle une étoile au firmament, et côtoyé les plus grands de ce monde (Marcel Proust, Anna de Noailles, Jean Cocteau, Romaine Brooks, Ida Rubinstein, Claude Debussy...), il ne veut surtout pas mourir sans laisser une trace pour la postérité. Il se confie sans artifice, depuis sa plus tendre enfance, en passant par toutes ses« vies » : poète, romancier, mondain, guerrier et mystique.
    Considéré comme le plus grand écrivain italien de son époque, Gabriele d'Annunzio (1863-1938) est l'une des figures centrales de la Belle Époque, de la Grande Guerre 1914-1918 et des Années Folles. Enfant surdoué, poète sublime, romancier mondialement reconnu, auteur d'oeuvres de théâtre jouées par les plus grands, il multiplie les aventures amoureuses avec les plus belles femmes de son époque, duchesses et comtesses, artistes et comédiennes, fréquente les personnalités les plus illustres de son époque, comme Edmond Rostand, Marcel Proust, Maurice Barrès, Anna de Noailles, André Gide, Anatole France, Pierre Loti, Robert de Montesquiou, Marie de Régnier, Romaine Brooks, Jean Cocteau, Ida Rubinstein, Claude Debussy... 

  • Sommaire
    Recensions
    Entretien lumière : poète des ruesPar Youness Bousenna
    Pamphlet : névrose climatiquePar Alexis Bétemps
    Dossier : la ville, péché moderneLouis Aragaon : Aurélien, l'esprit de ParisPar Paul Ducay
    Villes saturniennes et flâneurs mélancoliquesPar Olivier Maillart
    Italo Calvino : fables urbainesPar Mathurin Gaudin
    Balade : Bichkek, confluent ignoréPar Youness Bousenna
    Augustin Berque « La Japon a massacré son territoire »Par Clément Sans
    Toyota City : ville enfantée par l'ordre marchandPar Clément Sans
    Jacques Tati : l'obsolescence de la villePar Augustin Talbourdel
    Balade : Sèvres, rêve évanouiPar Olivier Maillart
    Le sombre beauf déracinéPar Marion Messina
    René Guénon : la ville ou la destruction de l'espacePar Moncef El Younssi
    Élisabeth Crouzet-Pavan « Au Moyen Âge, le paysage urbain reflète l'évolution politique des villes italiennes »Par Adrien Boniteau
    Balade : Évreux, capitale de la FrancePar Alexis Bétemps
    Paris : de la ville frondeuse à la ville domestiquéePar Adlene Mohammedi
    Jacques Ellul : une théologie de la villePar Adrien Boniteau
    La grillePar Solange Bied-Charreton
    Aux sources de la ville antiquePar Maël Notez
    Balade : Erbil, rêver les yeux ouvertsPar Youness Bousenna
    Jacques Yonnet : la face cachée de ParisPar Matthieu Giroux
    San Francisco, ville sataniquePar Cédric Monget
    Le palais de la Rose, une ancienne résidence beylicale au coeur de ManoubaPar Mohamed Khaled Hizem

  • De Méduse, chacun connaît la chevelure de serpents et le regard pétrifiant. Mais que dissimulent de tels attributs ? A cette question, hellénistes et historiens de l'art ont apporté de remarquables contributions en étudiant les effigies foisonnantes de ce monstre coiffé de reptiles. Or l'image n'épuise pas le contenu du mythe. Dans la littérature aussi la plus célèbre des Gorgones déploie ses tentacules serpentins et restitue l'arrière-plan imaginaire sur lequel les pires angoisses des hommes sont venues se fixer depuis la plus haute antiquité. Arrachée aux profondeurs de la mythologie grecque, la vision dérobée de ce visage que nul ne peut contempler sans mourir se délie dans les textes en paroles éparses. A ceux qui recueillent les éclats de son histoire, la Gorgone Méduse dévoile progressivement quelque chose de son identité terrifiante. Plusieurs ouvrages ont été consacrés aux représentations de la Gorgone Méduse. Ce livre, en revanche, est le premier essai francophone qui embrasse l'ensemble des avatars littéraires de cette figure mythique. Volontiers éclectique, il ne se limite pas à la littérature narrative et poétique, mais propose des rapprochements avec certaines oeuvres picturales, théâtrales et musicales.

  • Ernst Junger à Dominique Venner (9 janvier 1995) : «Nous autres, camarades, nous pouvons montrer nos blessures !» Très jeune héros de la Grande Guerre, nationaliste opposé à Hitler, ami de la France, Ernst Junger (1895-1997) fut le plus grand écrivain allemand de son temps. Mais ce n'est pas rendre service à l'auteur & Orages d'acier que de le ranger dans la catégorie des bien-pensants. Il n'a cessé au contraire de distiller un alcool beaucoup trop fort pour les gosiers fragiles. C'est ce Junger, dangereux pour le confort, que restitue Dominique Venner. Il y replace l'itinéraire de l'écrivain dans sa vérité au coeur des époques successives qu'il a traversées. Belliciste dans sa jeunesse, admirateur d'Hitler à ses débuts, puis opposant irréductible, subsiste en lui le jeune officier héroïque des troupes d'assaut qui chanta La Guerre notre mère, et l'intellectuel phare de la «révolution conservatrice». Mais il fut aussi le guerrier apaisé qui tirait gloire d'avoir donné son nom à un papillon. Dans cette biographie critique, Dominique Venner montre qu'aux pires moments du siècle Junger s'est toujours distingué par sa noblesse. En cela il incarne un modèle. Dans ses écrits, il a tracé les lignes d'un autre destin européen, enraciné dans les origines et affranchi de ce qui l'opprime et le nie. Ecrivain et historien, Dominique Venner dirige la Nouvelle Revue d'Histoire. Il a écrit plus d'une quarantaine d'ouvrages consacrés a de grands moments du XXe siècle, notamment Les Blancs et les Rouges, Histoire de la Collaboration, Le Siècle de 1914. Il est également l'auteur d'un ouvrage de réflexion sur la longue durée : Histoire et Tradition des Européens, 30 000 ans d'identité. Il a aussi publié des méditations sur ses engagements nés de la guerre d'Algérie, Le Coeur rebelle. Son Histoire de l'Armée rouge a été couronnée par l'Académie française.

  • A la tête d'un Groupe opérationnel du GIGN, Roland Môntins a participé à l'assaut victorieux contre les terroristes de l'Airbus d'Air France à Marignane en décembre 1994. Il a également encadré plus de 200 opérations, toutes couronnées de succès : il a protégé des hommes politiques de premier plan, mené des actions à haut risque, libéré de nombreux otages, désarmé à mains nues plusieurs forcenés. Le public connaît les exploits de ces héros, mais il ignore que les cagoules, les casques et les armes dissimulent des hommes de chair et de sang. Les passions, les désirs, la soif de vaincre, mais aussi la peur et l'angoisse les habitent. Sauver des vies les exalte, mais parfois, l'adversaire est d'une incroyable dangerosité. Pour la première fois, sous forme de récit inspiré d'événements réels, un gradé du GIGN raconte de l'intérieur l'existence mouvementée de ces gendarmes confrontés à tout moment à la violence et à la mort.

  • Marcel Pagnol a signé quelques-unes des plus belles pages de la littérature française. Écrivain, dramaturge, mémorialiste, essayiste, romancier, cinéaste, sa brillante carrière force l'admiration. Son oeuvre nous amuse et nous émeut, mais se dévoile-t-elle à nous dans toutes ses subtilités ? Karin Hann éclaire différemment l'ensemble de cette création artistique, qu'il s'agisse des pièces de théâtre, des livres ou des films. Elle révèle ce que cache le rire, les relations qui lient les oeuvres entre elles et les grands thèmes chers à l'écrivain. Comment Pagnol voyait-il l'amour ? Quelle était sa vision des femmes ? Sa Provence existe-t-elle vraiment ? Quelle image a-t-il de son enfance ? Pourquoi est-il universel ? Le langage de Pagnol se distingue par sa sobriété. Et s'il peut paraître spontané, son style est pourtant très travaillé : sa plume imagée est inimitable. Dans une approche thématique et accessible, étayée de nombreux exemples, l'auteur propose un autre regard sur cette oeuvre singulière et inclassable qui défie le temps. Un livre original qui place l'univers de Marcel Pagnol sous une loupe. Une enquête qui se lit comme un roman ! Karin Hann, doctorante en lettres, a mené sept années de recherches sur Marcel Pagnol. Elle est membre du jury du prix Marcel Pagnol et du Grand Prix du roman historique. Elle est elle-même l'auteur de romans historiques : Althéa ou la Colère d'un roi (Robert Laffont, 2010), Les Lys pourpres (2012) et Les Venins de la Cour (2013), aux Editions du Rocher.

  • Où finit le mensonge ? Où commence la vérité ? Ce sont les deux figures d'une même monnaie." Auteur de soixante-dix livres traduits en vingt-cinq langues, Gérard de Cortanze a obtenu le prix Renaudot 2002 pour son roman Assam. Mon grand-père, qui avait lu Alphonse Daudet, affirmait qu'il ne mentait mais se trompait, parce qu'il était un «homme du midi». En somme qu'il ne disait pas toujours la vérité mais qu'il croyait souvent la dire. Que son mensonge à lui, ce n'était pas du mensonge, mais une espèce de mirage, de fée électricité, de brouillard. Un arrangement avec la vérité. Personnage de Pagnol, mon grand-père me faisait penser à maître Panisse, l'un des personnages de la fameuse trilogie Marins, Fanny, César. Alors qu'on le croit à l'article de la mort, le prêtre au chevet du mourant lui demande à voix basse s'il lui est arrivé de mentir. Et celui-ci de répondre : «Tout le temps !» Auteur de soixante-dix livres traduits en vingt langues, dont Assam (Prix Renaudot 2002), Gérard de Cortanze est membre de l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique. Il dirige la collection Folio biographies chez Gallimard.".

  • «Pourquoi tel mot, telle expression, telle phrase sont-ils demeurés inscrits dans les replis de ma mémoire, plutôt que d'autres, totalement oubliés ? À cause peut-être de ceux qui les ont prononcés ou écrits, ou tout simplement en raison du lieu, du moment, des circonstances. Quoi qu'il en soit, le fait est que ces mots, ces expressions, ces phrases sont là, pieusement conservés dans le silence ï; momentané de mes archives mentales.» Une longue carrière au service de la culture racontée au travers d'anecdotes, cristallisées autour d'un mot ou jeu de mots. René Novella est l'auteur d'une trentaine d'ouvrages consacrés aux grandes époques de la Principauté de Monaco. Parallèlement à une brillante carrière diplomatique, cet ancien ambassadeur du Prince Souverain en Italie est aussi l'un des adaptateurs en français de l'oeuvre de Curzio Malaparte. Secrétaire d'État du Prince Ramier III, membre du Conseil international de la langue française, il a présidé différentes commissions au sein de l'Unesco. En charge des Affaires culturelles, il a enfin été appelé à la direction de l'Éducation nationale monégasque.

  • Préface de Olivier Schmitt Postface de Richard Peduzzi Chéreau : un garçon qui, encore adolescent, se passionne pour le théâtre, et déjà impose une manière, sa manière de le comprendre, de le construire, de le voir. Théâtre, opéra, cinéma, il va partout, et partout où il va, il règne. Rien de ce que fait Chéreau ne passe inaperçu, depuis les temps des groupes universitaires, jusqu'à aujourd'hui, en passant par une expérience de théâtre populaire à Sartrouville juste avant de monter trois spectacles en deux ans au Piccolo Teatro de Milan. Puis de revenir en France comme codirecteur, avec Roger Planchon et Robert Gilbert, du TNP de Villeurbanne qui vient tout juste de naître, tout en bouleversant Bayreuth, royaume de Wagner, avec sa vision du Ring, tout en imposant au cinéma sa vision des hommes et de leurs passions. Puis de rassembler aux Amandiers de Nanterre tous les «éléments» humains et artistiques d'une vraie «maison du théâtre». Puis de continuer ailleurs, en France comme en Europe et dans le monde, sur les scènes dramatiques et lyriques comme sur les écrans, à déchirer les habitudes... Chéreau : le trajet, tel qu'il a été reçu, avec les peines et les honneurs, d'un artiste exceptionnel.

  • Le 6 février 1945, Robert Brasillach, journaliste et écrivain de renom, était fusillé pour intelligence avec l'ennemi. Philippe Bilger ne revient pas sur sa culpabilité mais retrace le parcours intellectuel de ce personnage sulfureux. Il met en lumière les ressorts intimes de l'écrivain collaborateur, les raisons tantôt explicites, tantôt obscures de ses dérives. Surtout, il pointe la justice expéditive qui a présidé au procès de cet intellectuel qu'il rejuge en sa qualité d'avocat général. Car on peut accabler Brasillach autant qu'on veut, rien ne parviendra à justifier cette froide résolution mise en oeuvre par une cour d'exception. Ambiguïté de la magistrature, lacunes de l'accusation, limites de la défense, dignité de l'accusé à l'audience, responsabilité de l'intellectuel en temps de guerre, antisémitisme et fureurs de l'Histoire, peine de mort programmée, grâce refusée : sans réhabiliter Brasillach, Philippe Bilger se fraye un chemin dans le maquis de cette destinée tragique et s'interroge : comment condamnerait-on Brasillach aujourd'hui ?

  • Avec Baraliptons (Le Rocher, 2007), Philippe Barthelet nous a donné un monument, la première pierre de son " roman de la langue ". L'Académie française ne s'y est pas trompée, qui décerna à ce livre son prix de l'essai. Pour notre bonheur, voici aujourd'hui L'Olifant. L'intelligence, la finesse, l'érudition sont au rendez-vous. Et toujours ces tours de magie du langage dont Philippe Barthelet a le secret. Pourquoi est-il préférable de dire putain ou même pute plutôt que prostituée ?. Comment fonctionnaient les lapalissades - " L'avenir est devant nous ! " - d'un certain général ? Ce qui fait que les Dupont(d) de Tintin sont, en somme, nés sous le même signe astral que Jésus-Christ. Et qu'entendre exactement dans les paroles de l'hymne national du Vanuatu : " Youmi, youmi, youmi ; I glat blong talem se ". Jouez hautbois, résonnez musettes : Philippe Barthelet, l'enchanteur grammairien, est de retour !

  • À Caïn, chacun associe le premier meurtre commis au seuil de la Bible et la condamnation à l'errance qui vient châtier ce geste fratricide. Mais on ignore souvent que le criminel est aussi le fondateur de la civilisation, le père de la ville, des arts et des techniques. Sobre, elliptique et ambigu, le chapitre IV de la Genèse est inducteur d'interrogations et de rêveries : pourquoi Dieu agrée-t-il le sacrifice offert par Abel alors qu'il rejette celui de Caïn ? Pour quelle (s) raison (s) l'aîné des deux frères tue-t-il son cadet ? Quelle est la nature du signe que la divinité appose sur Caïn ? Pourquoi la civilisation procède-t-elle d'un fratricide ? Du Moyen Âge à nos jours, les réécritures littéraires s'emparent donc de manière fructueuse des questions existentielles que pose le mythe de Caïn : la préférence arbitraire, l'envie, la nécessité de différenciation, la culpabilité innocente, le lien entre mort et civilisation. Méditant sur la part nocturne mais féconde du moi, la littérature dissèque les rivalités, sonde les responsabilités, en appelle à la responsabilisation comme gage d'une véritable fraternité et d'une création authentique. Agrégée de lettres modernes, Véronique Léonard-Roques est maître de conférences en littérature comparée à l'université Clermont-Ferrand IL Elle consacre ses recherches aux mythes et à leurs réécritures.

  • Moi : C'est si important que ça, le roman, sur la Terre ? Je : C'est l'amour du prochain. Le livre et le vivre sont inséparables en Occident, une fratrie quasi jumelle. À eux deux, ils détiennent la clé d'une existence accomplie sous la bonne étoile. Moi : Au fait, pourquoi t'adresser à moi pour ce dialogue ? Je : Soit il y a identité entre nous, soit tu es un diabolique imitateur. Dans les deux cas tu fais l'affaire. Moi : Et si c'était toi, le diabolique imitateur ?... Passons. Il m'intrigue, ton Petit Poucet. Je : Les miettes balisent un chemin de vérité, comme les livres. Je suis dans la peau d'un Petit Poucet voyageur qui ramasse un trésor de miettes inspirées pour les partager avec ses semblables. En relisant ici vingt années passées à dévoiler les ouvrages d'autres écrivains, Yann Queffélec ouvre une musette de Petit Poucet et distribue ce qui y est soigneusement gardé. Un régal. À partir d'un entretien entre l'auteur et son double sur l'écriture et la vocation du romancier, parcourant vingt années de lectures et de chroniques au fil des nouveautés littéraires, Yann Queffélec, Petit Poucet voyageur, nous fait partager ses découvertes. Au cours de la traversée, le lecteur connaîtra la paix des havres offerts par la grande mer, il sera emporté par des mirages, affrontera la tempête, sa houle et ses dangers, se croira parfois en perdition. Mais la lecture et la vie ne sauraient être définitivement séparées, et c'est vers le grand large que les pages égrenées emporteront chacun, devenu à son tour ce Petit Poucet qui jette le pain, le ramasse sur son chemin et le partage à ses frères. Un régal !

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