Editions Philippe Picquier

  • « Sôseki m'a appris toutes sortes de choses. Et pas seulement l'art d'écrire des haïkus, mais aussi à découvrir de mes propres yeux les beautés de la nature, ou encore à distinguer ce qui est vrai de ce qui est faux chez un être humain, à aimer ce qui est vrai et haïr ce qui est faux. »Terada Torahiko fait dialoguer la poésie occidentale et le haïku japonais, en évaluant ce que ce poème bref a d'unique : un allègement du réel, une liberté de l'esprit, une union organique avec la nature. Puis il fait revivre pour nous la figure de celui qu'il appelle « le maître » et qu'il a côtoyé pendant nombre d'années en de « joyeuses réunions », un portrait spontané, vivant, plein d'humour, de l'écrivain et du poète Sôseki « vêtu d'un surtout noir, assis bien droit et très digne sur ses jambes repliées ».

  • C'est un texte qui exprime, pour le public occidental, cette esthétique du clair-obscur et du presque rien, du subtil et de l'ambigu, opposée au tout blanc ou noir, au facial écrasé de lumière rationaliste de l'Occident. La traduction des années 1970 toute au louable projet de légitimer le goût de l'esthétique japonaise, avait un peu laissé dans l'ombre sa face scintillante et ironique. Tout comme il n'y a pas d'ombre sans lumière, il n'y a pas de vérité sérieuse sans humour. Et vous pouvez faire confiance à Tanizaki quand il s'agit de marcher sur le fil de la vulgarité sans tomber dedans, comme de scruter l'ombre sans se cogner la tête. Les idées défendues dans cet essai rejoignent des préoccupations contemporaines de recherche d'une vie plus frugale et parcimonieuse en énergie.

  • Fenêtres sur le Japon Nouv.

    Le Japon est la planète habitée la plus proche de la Terre : pas facile, de prime abord, d'en saisir les codes, d'explorer ses facettes cachées, d'identifier ses tabous et ses obsessions. Des réalisateurs et écrivains nous ouvrent pourtant la voie pour comprendre ce monde si proche et si lointain, pour peu que nous soyons attentifs à ce qu'ils disent entre les lignes ou en pleine lumière. Il est question ici d'un archipel de livres et de films reliés par des passerelles qui permettent de circuler d'un point à l'autre, des premiers pas du roman moderne à l'Age d'or du cinéma. Au terme d'une déambulation en compagnie de Natsume Sôseki, Junichirô Tanizaki ou Ryû Murakami, d'Akira Kurosawa, Mikio Naruse ou Hirokazu Kore-eda, se dessine un portrait du Japon d'hier et d'aujourd'hui.Chaque chapitre est une fenêtre ouverte sur un aspect de la société nipponne, par laquelle je jette un regard d'écrivain."

    Né en 1963, à Limoges, Eric Faye est l'auteur de romans, récits de voyages, récits et nouvelles. En 2010, il reçoit Le Grand Prix du roman de l'Académie française pour Nagasaki, traduit dans une vingtaine de langues. En 2012, il est lauréat de la Villa Kujoyama à Kyôto, une expérience transcrite dans un journal, Malgré Fukushima.

  • "Chroniques des Printemps et Automnes", c'est ainsi que l'on nomme cette compilation de récits historiques qui eurent lieu entre 722 et 481 avant J.C. en Chine.
    Considérés comme un véritable livre d'histoire écrit par de multiples scribes, elles auraient été corrigées par Confucius lui-même et racontent les principaux évènements qui eurent lieu dans cette époque : guerres, évènements politiques et diplomatiques ainsi que naturels.
    Elle fut une période d'effervescence et la source spirituelle de la Chine ; elle produisit Confucius, Lao-Tseu et de nombreux penseurs à un moment clé de son histoire et le sens qu'elle eut pour la Chine fut le même que celui de la Grèce à l'égard de l'Occident. Mais cette époque fut pleine de violence, de rapacité et de désordre chaotique.

    Né en 1964, Li Jingze est un éditeur et un critique littéraire très influent en Chine, également vice-président de l'Association des écrivains chinois et auteur de nombreux volumes d'essais et de chroniques littéraire.
    Déjà publié aux éditions Picquier : Relations Secrètes, 2017

  • La question fondamentale du rôle de l'écrivain, et du pouvoir de la fiction, est au coeur de cet essai, qui s'interroge sur la capacité de la littérature à rendre compte du réel qui nous entoure. Yan Lianke retrace l'évolution d'un système de causalité absolue, à ce qu'il appelle le « mythoréalisme », la seule forme littéraire qui aille « à la recherche de ces noyaux atomiques enfouis qui font exploser la vie et la réalité » pour en découvrir les causes cachées et invisibles.

    Si le mythoréalisme a toujours existé (la Bible, l'Iliade, l'Odyssée en sont de parfaites illustrations), il est aussi l'avenir nécessaire de la littérature chinoise, car il a la faculté de nous faire toucher du doigt la raison profonde « des éléments les plus chaotiques et incompréhensibles du passé et du présent ».

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