Desjonquères Editions

  • Les conquêtes d'Alexandre répandirent le grec jusqu'aux confins de l'Ancien Monde. Outre les Hellènes, des Égyptiens, des Syriens, des Hébreux, des Romains même allaient commercer, composer, chanter, philosopher et dogmatiser dans la langue nouvelle. Cette carrière universelle qui s'ouvrait à la culture née jadis en Hellade inaugura un nouvel âge, cette époque dite « hellénistique » qui allait assister au si au bouleversement de l'ordre politique du monde : les cités-États de l'âge classique s'effacèrent devant les grandes monarchies des successeur d'Alexandre, lesquelles à leur tour durent se fondre dans la domination romaine.
    C'est l'histoire de cette révolution culturelle que retrace le présent ouvrage, suite de l'Histoire de la littérature grecque d'Homère à Aristote publiée dans la même collection. Il évoque notamment toutes les formes nouvelles de culture qui, surgissant au cours de cet âge nouveau, en font le père de la modernité : la chronique se transforme avec Polybe en histoire universelle, elle-même charpentée par la première philosophie de l'histoire, d'inspiration stoïcienne ; Plutarque invente la réflexion historique, cependant que les lettres voient naître le roman, la poésie bucolique, la comédie de moeurs, la vogue de la satire et de la parodie. La science, avec Archimède et Ptolémée, accomplit des progrès décisifs tandis que la philosophie procède à de vastes synthèses prétendant rendre compte de l'ordre du cosmos.
    Enfin l'époque hellénistique accueille avec ferveur les cultes orientaux, qui viennent s'unir aux traditions locales pour créer des formes syncrétiques de religiosité nouvelle. La principale de ces religions est le christianisme, qui use du grec pour propager son message dans tout le bassin méditerranéen. La façon dont il se mêle à l'héritage culturel hellénique, notamment à sa philosophie néoplatonicienne, est déterminante pour toute la civilisation ultérieure.
    Cette vaste aventure de l'esprit est dépeinte dans un récit qui, alliant la richesse à la clarté, révèle les racines de l'Occident moderne.

  • Avec les Éléments de littérature de Marmontel, le XVIIIe siècle livre la somme de ses réflexions en matière desthétique littéraire. Louvrage se présente à la façon dun dictionnaire : 192 entrées thématiques examinent les catégories essentielles de lanalyse littéraire, depuis « abondance » jusquà « vraisemblance », en passant par « comédie », « fable », « imagination », « opéra » ou « traduction ».
    Par leur forme alphabétique, qui exclut toute notion de hiérarchie, les Éléments de littérature récusent les normes à respecter et les modèles à imiter : les canons hérités du Grand Siècle cèdent le pas à une littérature née de linvention et cultivant la variation. Luvre sefforce de refléter les belles-lettres dans leur diversité historique et géographique.
    Ce temps, qui savait dire des choses profondes sans lourdeur, maîtrisait aussi lart denseigner en divertissant. Marmontel illustre son propos danecdotes et de traits desprit tirés de la tradition des lettres depuis lAntiquité, qui font de son uvre un trésor du genre.

    Les Éléments de littérature font ici et pour la première fois lobjet dune édition critique.

  • Un château-fort imprenable surgit au détour d'un chemin et des pages jaunies d'un volume oublié. Une belle héroïne évanescente est enlevée par des brigands mystérieux. Des figures spectrales hantent l'intrigue et l'imagination. Il est minuit. Des portes grincent. Des hiboux hululent. Le pire paraît certain. L'abîme s'ouvre sous vos pas. Vous êtes dans un roman gothique. Dévorées par des lecteurs divers, de Balzac comme de Breton, ces oeuvres constituent une étape essentielle de notre modernité littéraire et sont aux sources du surréalisme, tout autant que de la fiction policière.Le présent ouvrage redonne vie et actualité à des livres oubliés, d'un genre à la fois célèbre et méconnu. Il fait le point, pour la première fois, sur le roman noir en France, des écrits sombres inauguraux des Lumières finissantes, aux récits hallucinés de Bataille.Place sous la responsabilité de Catriona Seth (Nancy Université et Indiana University Bloomington), auteur de nombreux travaux sur la littérature et l'histoire des idées du XVIIIe siècle, ce volume comprend des chapitres de spécialistes confirmés, ainsi que de jeunes chercheurs.

  • Variante moderne du mythe de Prométhée, reconnaissable à sa quête de savoirs et de pouvoirs interdits, le mythe de Faust apparaît comme le plus propre à décrire les enjeux de la modernité.Authentique savant ou farceur diabolique ? Dès lors que la littérature s'empare du personnage, il n'est plus nécessaire de choisir entre les deux aspects. Faust est une figure ambiguë: c'est que partout où la volonté de savoir rencontre le désir, partout où sont en jeu les limites de la condition humaine, le comique et le tragique se frôlent jusqu'à parfois se confondre.La variété des approches ici réunies - littéraire, musicale, philosophique, psychanalytique - dévoile les enjeux demeurés fondamentaux de la Renaissance à nos jours, et met en lumière la présence, dans notre imaginaire, de cette figure obsédante.Textes réunis et présentés par Jean-Yves Masson, écrivain, traducteur, professeur de Littérature Comparée à l'Université Paris X Nanterre.

  • Cette vaste étude sur Don Juan n'a cessé depuis sa parution en Italie de susciter le plus vif intérêt de la part de tous ceux qu'intéressent l'histoire littéraire, musicale ou théâtrale. Giovanni Macchia propose en effet, dans cet ouvrage, une interprétation dynamique du personnage de Don Juan à travers les multiples oeuvres qu'il a inspirées, et souligne certains aspects de son extraordinaire destin.« J'ai voulu, explique Macchia, suivre le destin paradoxal d'un mythe typiquement baroque qui continue à vivre pendant plus de trois siècles » ; « au cours de cette histoire éternelle où s'affrontent le ciel et la terre, la statue du Commandeur victorieux a mille fois volé en éclats alors que le satanique, le haïssable Don Juan est toujours vivant, dans son immortelle jeunesse ». Ce volume s'enrichit dans sa seconde partie de textes rares ou inédits.

  • La question de la cruauté est un des principaux thèmes de l'oeuvre d'Antonin Artaud qui, par sa révolte et sa fulgurance, a profondément marqué la pensée contemporaine. Et l'époque moderne, qui a poussé l'horreur jusqu'au point où elle s'est confondue avec la banalité du quotidien, prouve qu'il s'agit d'une question historique, voire essentielle pour l'homme.Ce livre envisage la notion de cruauté dans sa dimension philosophique, esthétique et existentielle. Son ambition est de proposer une réflexion d'ensemble sur les divers Théâtres de la Cruauté - de la tragédie au roman, du cinéma aux arts plastiques.Les textes réunis dans cet ouvrage constituent une présentation historique et une synthèse uniques, élaborées par les principaux spécialistes de chaque époque, de chaque genre, et qui, tous, témoignent que la pensée d'Artaud est désormais une référence majeure.

  • A partir du XVIe siècle, le théâtre religieux sert de moyen privilégié à la diffusion de la Parole dans le Saint-Empire, la Réforme luthérienne avait fait de ce théâtre l'instrument de l'édification d'une société nouvelle; la Contre-Réforme a pour objectif d'en faire « l'école du monde catholique » grâce à la grandiose entreprise dramatique orchestrée par les jésuites après le Concile de Trente. La pratique théâtrale, dans son origine comme dans ses fins, est d'ordre anthropologique. La valeur médiatrice éminente du sensible et de l'image sert de fondement à une activité qui frappe par sa cohésion, son extension géographique, son intensité, sa durée, sa conception active du salut dans le monde social. L'alliance de l'église et des pouvoirs politiques a permis aux jésuites d'exercer, dans la partie de l'Empire fidèle à Rome, un véritable monopole. Jean-Marie Valentin reconstitue l'histoire de ces scènes, mettant en évidence les procédés formels et les leçons spirituelles qui les unissent par delà la diversité des formes et des espaces. Contribution essentielle à l'histoire du théâtre européen, à l'histoire culturelle de l'empire des Habsbourg et à la reconstruction de la mémoire collective du vieux continent, ce livre jette un éclairage décisif sur le passage de l'humanisme au baroque triomphant où s'impose l'opéra.

  • On ne sait d'où viennent ces êtres mythologiques qui tombent amoureux des humains ; invisibles les sylphes flottent entre réalité et imaginaire dans les récits merveilleux qui se multiplient au XVIIIe siècle.
    Voluptueux, insaisissable, le sylphe, ou son double féminin la sylphide, apparaît bien souvent comme une machine de séduction dont le secret se trouve dans les rêveries amoureuses des hommes et femmes livrés à eux-mêmes. Le siècle des Lumières exprime à travers leurs figures charmantes ses doutes sur l'unité du physique et du moral, du sensible et de l'imaginaire.
    Cette anthologie de onze auteurs permet de suivre un siècle et demi d'évolution des moeurs et des valeurs amoureuses, de la France de Louis XIV à celle de Louis-Philippe.

  • La préoccupation des nourritures du corps traverse l'oeuvre de Voltaire, qui devait mériter le surnom d'« aubergiste de l'Europe ».
    La présente enquête, menée à partir de la correspondance de l'auteur comme de ses écrits d'histoire et de fiction, s'attache à reconstituer le mode de vie régnant aux Délices et au château de Ferney, les modes d'approvisionnement, le choix des mets, la préparation des plats, pour restituer enfin à nos yeux une table de riche au XVIIIe siècle.
    Mais la table est avant tout un lieu de convivialité. Ces plaisirs du corps ne seraient rien sans ceux de l'esprit qu'ils ont pour fin de susciter et de rehausser. Les soupers philosophiques où Voltaire régale ses invités de bons mots sont des festins de paroles. L'esprit encyclopédique de l'hôte de Ferney y développe maintes considérations sur les rapports entre nourriture et économie, nourriture et sacré, exhortant les philosophes à célébrer des agapes et à « dresser un autel à la raison dans leur salle à manger ».

  • Le Petit Chaperon rouge, La Barbe bleue, La Chatte blanche, La Belle et la Bête : autant de titres gravés dans nos mémoires. Par un coup d'audace, des hommes et des femmes de lettres s'emparèrent, en plein âge classique, de ces contes transmis de bouche à oreille pour les transformer en oeuvres d'art. On leur reproche parfois d'être désuets, misogynes, moralisateurs ; on ne voit plus à quel point ils ont été novateurs, féministes, libertaires, nostalgiques d'une enfance avide de mirifique. Voici cet éventail de contes pour la première fois exploré dans toute sa diversité. On voit Perrault et ses amies exploiter le fantastique pour dénoncer l'oppression des femmes, Galland réunir les aventures merveilleuses et licencieuses des Mille et une nuits, ses confrères orientalistes accumuler les trouvailles, pédagogues et philosophes inventer des récits prodigieux. Tous créent un genre nouveau tissant des liens subtils avec le récit libertin, le roman gothique et le conte moral. On découvre alors toute la force poétique de ces " compositions enchantées " qui conduisent à la pensée par le rêve, à l'émotion par l'artifice, au fantastique par le merveilleux.

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