Corsaire Editions

  • Le Roman de Renart est un vaste chantier sur lequel plus de vingt auteurs ont travaillé entre 1175 et 1250. C'est une oeuvre mouvante qui célèbre la joie physique et la ruse. Elle s'élabore autour du goupil, dans une constante interaction du langage, de l'imaginaire et de la réalité, dans un va-et-vient permanent entre l'instinct animal et l'intelligence humaine.Jean Dufournet étudie d'abord diverses branches et figures marquantes du roman ; il s'intéresse ensuite à ses continuations, du XIIIe siècle à nos jours : dernières branches, refontes du vieux roman, ouvrages pour la jeunesse et bandes dessinées, qu'elles soient destinées aux enfants ou violemment politiques...

  • Ces mémoires mettent en lumière les qualités d'écrivain du Général, son style, son importante culture littéraire lorsqu'il met clairement en écho certains passages lyriques de son récit avec les grandes oeuvres classiques de Lamartine, Paul Valéry ou encore Chateaubriand.

  • L'oeuvre poétique de Charles Péguy est bien connue du grand public, mais on ignore souvent le poète, gérant la revue Les Cahiers de la Quinzaine. Cette étude présente l'évolution de cette revue fondée en 1900.

  • La présente étude s'attache à montrer la pertinence esthétique et littéraire de «la ruse» dans le Roman de Renart et dans l'oeuvre de François Rabelais. Extraite à partir de ces deux corpus, la ruse est décomposée et délimitée en aspects textuels et paratextuels, que l'auteur analyse et déchiffre sous quatre catégories : la ruse de comportement, la ruse référentielle, la ruse intertextuelle et la ruse verbale.

  • Ce livre voudrait faire part d'un plaisir. Car c'est un bonheur que d'ouvrir L'Adolescence clémentine, de cueillir au hasard tel rondeau tourné d'hier ou telle chanson fredonnée de la veille. Après cinq siècles, L'Adolescence n'a pas fini de chanter et Marot est plus jeune que jamais. Héritière du Moyen Age et annonciatrice des temps modernes, son oeuvre se situe dans l'intervalle qui sépare Charles d'Orléans de Maurice Scève. Elle s'affranchit des contraintes de la Grande Rhétorique pour affirmer sa liberté souveraine. Divisé en sept chapitres, cet itinéraire critique s'ouvre par deux études générales consacrées à l'oralité et au rire, se poursuit par deux études de cas qui traitent du genre de l'héroïde et de la ballade, et s'achève par deux commentaires qui envisagent, au-delà de L'Adolescence, L'Enfer et son imitation par Étienne Dolet, les Psaumes et leur relecture par Calvin dans le sens d'une autobiographie providentielle. En épilogue, un chapitre de synthèse s'attache à définir le «secret» de Clément Marot, secrétaire et poète, partagé entre le service du Prince et le service de Dieu.

  • William Butler Yeats est un poète hermétique, allusif, d'accès souvent difficile. Ses poèmes sont néanmoins d'une grande beauté, qu'une compréhension plus approfondie de leurs significations peut encore rehausser.Le présent ouvrage se propose d'amener le nouveau lecteur à une familiarité éclairée avec cette poésie. Il fournit des clés, il apporte les connaissances contextuelles indispensables. Mythologie celtique, hermétisme rosicrucien, philosophie néoplatonicienne, occultismes divers, histoire d'Irlande, circonstances de la vie du poète, symbolisme et cosmologie propres à W. B. Yeats, sont autant de domaines dont les grandes lignes nous sont succinctement et utilement rappelées.Cette étude s'attache à l'analyse de poèmes choisis dans l'édition de J. M. Dent, en restant au plus près des textes afin de suivre l'évolution de l'oeuvre de Yeats.

  • Dès les Salons et dans les Essais sur la peinture, Diderot élève la critique d'art au rang de genre littéraire. Apparue en France au XVIIe siècle, la théorie de l'art remonte à la Renaissance italienne, voire à l'Antiquité. Diderot s'inscrit dans cette tradition ; c'est pourquoi il faut prendre connaissance de la « littérature d'art » à son époque pour apprécier les innovations qu'il apporte et discerner ce qu'il a emprunté. Voici donc les meilleures pages du fonds de culture artistique du XVIIIe siècle, l'intertexte dont Diderot s'est nourri.

  • Bien des cansós, baladas, pastorèlas, dansas, albas, resteront à jamais perdues. Or l'importance reconnue à tel ou tel troubadour dépend beaucoup du nombre de pièces et de mélodies arrivées jusqu'à nous. C'est ainsi que les auteurs ici présentés sont réputés «mineurs», parce qu'un petit nombre de leurs oeuvres a franchi les aléas de la transmission manuscrite. Pourtant la qualité de leurs compositions amène le lecteur à l'admiration et à la reconnaissance. Troubadours «mineurs» des XIIe et XIIIe siècles, chantres du XIVe et poètes des Jeux Floraux toulousains, tous ont illustré une littérature prestigieuse qui nous parle encore aujourd'hui. Les revoici, dans soixante compositions que Pierre Bec arrache à l'oubli. De ces merveilles de poésie occitane, chaque morceau sera savouré deux fois : dans la langue des créateurs et, ensuite, dans l'agile traduction de Pierre Bec.

  • Ces « Écrits » sur les troubadours s'échelonnent sur quelque trente ans de recherche et de réflexion sur la lyrique occitane du Moyen Âge et les lyriques parallèles. Ils groupent divers articles publiés essentiellement dans des revues et excluent, à l'exception de deux cas (les n°s 1 et 9), des contributions que j'ai plus ou moins reprises dans mes différents livres et qui sont de ce fait aisément accessibles. De plus, pour mettre un peu d'ordre dans une production qui pourrait paraître disparate, j'ai classé ces 19 articles indépendemment de leur date de parution en cinq centres d'intérêt, correspondant à des approches assez différenciées, mais toutes bien axées sur un seul et même phénomène socio-culturel, dont les exégèses les plus diverses sont encore loin, me semble-t-il, d'avoir épuisé la passionnante complexité.

  • Le sonnet occitan n'avait jusqu'à présent fait l'objet d'aucune étude d'ensemble, les historiens des littératures française et européenne l'ayant toujours pratiquement ignoré. Et pourtant, le nom même de sonnet, revenu en France par l'italien, est d'origine occitane, les premiers sonnets occitans (écrits par des Italiens) ont précédé de quelque trois siècles l'apparition des premiers sonnets français ; le Provençal Bellaud de la Bellaudière, contemporain de Ronsard a écrit plus de sonnets que Pétrarque, le Gascon Bertrand Larade, un peu plus tard, plus que Camoens, le Provençal Michel Tronc plus que Quevedo, etc. Et le sonnet, avec la Renaissance provençale et occitane des XIXe et XXe siècles, a continué d'inspirer un nombre considérable de poètes : romantiques, parnassiens, symbolistes ou même, aujourd'hui encore, résolument tournés vers une incontestable modernité poétique. Il paraît désormais impossible de ne pas tenir compte, dans une approche globale du sonnet européen, de la contribution des sonnettistes occitans.

  • Des études sur Christine de Pisan (vers 1365- vers 1430) offrant un panorama à la mesure du génie de la poétesse et de la diversité de son oeuvre.

  • René Girard et ses thèses radicales hantent le paysage intellectuel mondial. Cependant, du fait de la position marginale de leur auteur (décentré par rapport à ses propres études de chartiste, par sa position critique post-freudienne et post-lévi-straussienne, par sa position géographique et professionnelle américaine), ces fantômes peinent à prendre corps dans la recherche universitaire littéraire de notre pays. Depuis quelque temps, toutefois, Girard jouit enfin en France d'une certaine reconnaissance, et des penseurs de premier plan n'hésitent plus à dire l'influence qu'il a pu exercer sur eux et sur leurs travaux. Lecteurs anciens et passionnés de son oeuvre, H. Heckmann et N. Lenoir ont décidé de passer outre à l'étrange désintérêt que cet auteur, « médiéviste renégat », manifeste lui-même pour la littérature française du Moyen Âge et ont invité leurs collègues à tester ses hypothèses anthropologiques sur des échantillons variés de la littérature narrative des XIIe et XIIIe siècles. Publiant avec son autorisation l'adaptation scientifique d'un de ses deux articles sur le sujet et nonobstant la difficulté théorique que présente une telle entreprise, ils en proposent ici les premiers résultats.

  • Le 18 août 1563, après une longue agonie, E. de La Boétie reprend miraculeusement des forces. Montaigne l'entend parler. Sa mémoire n''a retenu que cette question étrange : "Mon frère! mon frère! me refusez-vous doncques une place?" Ce livre raconte le "travail" auquel s'est livré Montaigne pour exaucer cette prière. Ce moment-là fut pour lui le moment fondateur qui a donné un sens à sa vie...

  • Regard fasciné sur l'autre, discussion des rapports entre le narrateur et son propre texte, questionnement de la forme littéraire.

  • Ces études invitent à une relecture de l'oeuvre : est-elle déjà lyrique ? Pourquoi commémorer comme à Moscou en 1993 un texte effacé depuis près de cent ans par la partition debussyste ? On se propose ici de porter un regard attentif sur l'impact réel de Maeterlinck : 1893, création de Pelléas ; 1902, création du drame lyrique de Debussy.

  • Définitivement attachée au personnage du chevalier errant, la devise d'armes et d'amours évoque la situation romanesque par excellence. Interroger l'union intime de l'aventure guerrière et de l'amour, c'est remonter au foyer secret du genre majeur de notre littérature. Sans cesse, le monde du roman s'ordonne en des agencements divers. Dans son effort de dépassement de soi, le chevalier est toujours en quête de ce qui advient à l'horizon de l'énigme et de l'imprévu. Il se meut dans l'espace de la merveille, entre le secret et le dire, le sommeil et la veille, la plus intense lumière du jour et la noire mélancolie, la raison et la divagation de l'esprit. Refusant les stéréotypes de la «critique du soupçon», Michel Stanesco attribue au roman arthurien le rôle de vecteur de notre première modernité.

  • Le présent ouvrage propose un parcours de recherches portant sur l'étude du genre encyclopédique médiéval d'une part, des relations entre la littérature médiévale et le monde du savoir, surtout celui des encyclopédies, d'autre part. Cette direction de recherche offre des éclairages particuliers pour la compréhension des mentalités médiévales. Elle permet aussi de mieux cerner le statut de l'écrivain, ainsi que la fonction de la littérature dans la société médiévale. Du point de vue de la critique littéraire proprement dite, l'analyse des procédés d'écriture reposant sur un donné de savoir encyclopédique et savant apporte une contribution supplémentaire à la compréhension que l'on peut avoir de la littérature médiévale et de ses objets.

  • Le Roman de Thèbes est la traduction de la Thébaïde de Stace en langue romane d'où le terme roman reproduit dans le titre. Il est aussi à considérer comme le premier roman, dans le sens qu'on lui connaît aujourd'hui. Après une remise en contexte, divers études tentent de cerner ses apports à l'édifice de la littérature.

  • Agencement de signes linguistiques remaniés et étirés, les Essais sont une manifestation de soi qui témoigne d'une conception du signe particulière. Les mots sont inventés «à plaisir», et pour le plaisir ; langage et signes servant pour se produire à autrui et pour se plaire, au risque de déplaire. Montaigne distribue des signes gratuits, que personne n'attendait ni ne réclamait, et qui seront interprétés avec délectation ou agacement, approbation ou scandale, «à plaisir». Ainsi pour le jeton frappé en 1576 : l'avers expose les marques d'une noblesse récente ; le revers montre l'énigmatique balance d'orfèvre en équilibre toujours menacé, et - annonçant le fameux «que sais-je ?» - la devise de la suspension du jugement. Marie-Luce Demonet avance dans son investigation sémiotique jusqu'à risquer le reproche d'excéder les intentions d'un auteur qui, s'il avouait un penchant pour la «petite subtilité ambitieuse», affirmait pratiquer «l'inscience».

  • Au XIIe siècle, avec son Roman de Brut, Robert Wace invente à la fois la littérature française, l'histoire et le monde arthurien. Entre Angleterre et Normandie, il tisse l'unité du royaume d'Henri II Plantagenêt et d'Aliénor d'Aquitaine. Entre mémoire et histoire, il rattache son roi à l'univers d'Arthur, à la conquête de l'«Île de Bretagne» par César et sa défense par Cassivellaunos. Poète, il sait donner à la légende l'épaisseur du mythe, faire intervenir Merlin et les chevaliers de la Table Ronde, offrir du songe en même temps que de l'histoire. Les communications ici rassemblées croisent leurs approches pour offrir une vision féconde et stimulante de cette oeuvre fondatrice.

  • Dès qu'éclatent les guerres de Religion, au printemps 1562, Ronsard met sa plume au service de la cause catholique et royale. «D'une plume de fer sur un papier d'acier», il compose quatre longues pièces d'alexandrins qui déplorent les misères de la France, battent le rappel des bonnes volontés et stigmatisent les protestants.Cette étude suit une progression chronologique et thématique, depuis les causes de l'engagement de Ronsard jusqu'à la «querelle des Muses», sous-jacente au dialogue polémique avec les libelles protestants. Elle replace les Discours dans leur cadre théologique et historique, mais surtout dans le débat esthétique d'une Renaissance en crise.Un chapitre particulier est consacré au genre rhétorique de la «remontrance» et aux inflexions nouvelles que Ronsard lui confère.

  • 31 chercheurs d'Amérique latine et d'Europe s'interrogent sur la dimension linguistique et créative du double sens dans la littérature, ainsi que sur les échanges culturels et artistiques entre l'Espagne et l'Amérique latine qu'il présuppose, qui en découlent, ou à l'origine desquels il peut être considéré.

  • Patrick Andrivet s'est livré à une analyse rigoureuse du regard historico-politique de Bossuet sur Rome dans deux chapitres du Discours sur l'histoire universelle. Si Bossuet admire sans réserve «les belles institutions de cette fameuse république» qui ont conduit la petite cité latine jusqu'à l'empire «le plus étendu qui fût jamais», il condamne «l'amour de la liberté» qui, dès l'origine, crée l'instabilité et voue Rome, à travers mille accidents, à la destruction. Cette contradiction a longtemps été ignorée, et les commentateurs ont fait la part belle à l'éloge, sans retenir le blâme d'un Bossuet pour qui «les hommes naissent tous sujets».

  • Dernier des classiques ? Premier des romantiques ? André Chénier (1762-1794) fut avant tout un jeune homme pleinement inséré dans son époque, fou de poésie, tête chaude et coeur bouillant, surtout préoccupé de chanter, de mettre sa Muse à l'essai, dans les différentes voies que l'esthétique ambiante offrait à son talent. Les études ici rassemblées visent à restituer l'idée qu'il se faisait de lui-même et de son art, loin des poétiques réglementées. Victor Hugo distinguera les quatre vents de l'esprit : le satirique, le dramatique, le lyrique et l'épique. Au temps de Louis XVI, alors que le sensualisme régente les arts, il faudrait parler de souffles de l'âme. Plutôt que de genres il s'agit chez André Chénier de registres ou de styles, au sens musical du terme ; le lecteur traversera successivement le didactique, le pastoral, l'épique et le satirique. Avec l'« état présent » et l'étude de la réception du poète en son devenir, l'ensemble forme une série d'approches propres à définir la physionomie d'une oeuvre, selon un terme cher à son auteur qui disait : « Les ouvrages ont une physionomie : ils font connaître non seulement les humeurs et le caractère, mais même la figure ».

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