Connaissances & Savoirs

  • Cet ouvrage est tout à la fois un exercice de réflexion, un compagnon de voyage, une méditation et un témoignage sur une époque qui m'a fait rêver au changement et plus encore, le refus d'une résignation au monde tel qu'il m'a été fait, une aventure intellectuelle, l'exploration du « même », du « proche » et « du lointain », un départ à la rencontre de soi-même car « je » est un « autre » comme nous le disons et redisons encore avec Arthur Rimbaud. L' « utopie » est un lieu qui ne s'avoue pas. Quand la mémoire s'en retire c'est l'histoire qui s'installe. Villes neuves et nouvelles sont les symptômes des impossibles poliorcétiques. La typicité et la marginalité de certaines expériences poussent à en chercher la singularité dans un retour sur une position, celle d'un objet complexe l'urbain : son utopie mise en perspective à partir de son cadre, un lien social à l'origine d'un projet de renouveau volontaire - son moment - pose la question des représentations d'un ensemble de protagonistes et cerne une demande sociale, interroge sur les affaires des uns et des autres : militant, intellectuel, chercheur, « animateur de l'enfance » sur un terrain initial, « initiatique » où concept et mythe s'entrecroisent dans un mouvement de soi vers l'autre : le « moment » utopique donne à la fois le temps et l'élan d'un premier mouvement et une première parenthèse. Surgit l'habitant lointain d'un univers exposé à l'incertaine et aléatoire présence de l'enquêteur. Il s'agit de trouver quelque raison d'être à « être habitant », réhabiliter une ambulation de proximité. Dans les rêves d'intégration il s'agit de prendre le monde au mot. Le sociologue prudent saura tenir sa langue et échapper au choc des valeurs. La neutralité axiologique n'épouse pas nécessairement les incertitudes partisanes. Il faut raison garder et quitter les certitudes de la reproductibilité. Penser le social ni plein ni vide mais incertain et flou et, considérer les débords. Reposer le problème de la singularité dans la compréhension du social, de l'invention des moyens de l'échange, d'une labilité de l'être, de l'insaisissable haleine à la respiration profonde, en deçà des laxismes et des crispations épistémologiques, retrouver les coeurs des variations, rencontrer dans l'interposition les voix du social, un accès au monde et à une figure de l'humain qui en subvertit les déformations.

  • Sans jeu de mots, cette thèse est une merveilleuse invitation au voyage. Défini par l'auteur comme le «?moyen privilégié d'entrer en contact, en interaction et en dialogue ave l'autre?», «?il constitue un procédé de confrontation du Moi avec un univers inhabituel?». Partir pour mieux se retrouver, faire coïncider ses rêves aves la réalité parce que si ailleurs, tout n'est pas mieux, tout EST différent et le miroir ne nous renvoie plus la même image de notre apparence parce que notre moi profond se confronte avec ce qui se dévoile pendant «?l'errance?». Initiation au voyage, talentueusement servie par référence à des auteurs prodigieux, cette thèse est un passeport incontournable pour découvrir ces ailleurs...

  • L'année 2000 a vu la célébration joyeuse et multicolore du cinquantenaire de l'obtention des indépendances dans la plupart des pays africains ayant appartenu à l'ancienne AOF (Afrique Occidentale Française). Partout sur le continent, la fierté d'être sorti de la colonisation fut célébrée. Cependant, un questionnement a eu lieu sur la gestion de cinquante années d'indépendance africaine. En effet, le son mélodieux des instruments de musique pouvait difficilement cacher la symphonie macabre des cris des prisonniers politiques détenus par des pouvoirs dictatoriaux, qui s'étaient installés sur les décombres de l'empire colonial. De tous les romanciers africains contemporains, Ahmadou Kourouma fut certainement celui qui réussit le mieux à montrer les limites et les crimes du nouveau pouvoir dans un roman jusqu'à présent inégalé : « les soleils des indépendances ». À travers l'étude du phénomène historique tel que narré dans ce roman, et de ce qu'il conviendrait de qualifier de fatalité, le présent ouvrage entend apporter la preuve que les conditions de l'échec relatif des pays africains étaient déjà réunies au moment où fut proclamée l'indépendance : il s'agit d'une classe intellectuelle insuffisamment préparée au pouvoir politique, l'inexpérience des conditions de gestion d'un État moderne et fort, le micro-nationalisme volontairement suscité par l'ancienne puissance coloniale, et les querelles de personnes et de préséances. Fama, prince sans couronne, apparaît ainsi comme le symbole d'une Afrique, dont le sort a été définitivement changé par le fait colonial.

  • « La poétique de la Relation chez Édouard Glissant prônant une pensée qui répugne tout enfermement et tout esprit de système, se veut plutôt ouverture et rencontre. Il affirme que la poétique n'est pas un art du rêve et de l'illusion, mais que c'est une manière de se concevoir, de concevoir son rapport à soi-même et à l'autre et de l'exprimer. À rebours, pour l'Antillais « la poétique de la Relation est à jamais conjecturale et ne suppose aucune fixité d'idéologie », mais malheureusement aujourd'hui, ce concept est battu en brèche par un mouvement réfractaire à cette vision du monde. Le changement du paradigme de discours sur les plans esthétique, sémantique et artistique démontre à suffisance que l'humanité vit une situation conflictuelle permanente remettant en cause l'idéologie mondialiste, le village planétaire et le vivre ensemble. Surtout que, de nos jours, le climat est vicié- les particularités ne cessent de s'accentuer entre les nations, les races, les tribus - ces conflits d'influence se manifestent par des maux : repli identitaire ou communautaires, racisme, tribalisme, fondamentalisme, islamisme, protectionnisme, terrorisme, etc.

  • Ben Jonson établit dans le Masque, un genre théâtral et même une genèse de l'opéra dont le masque demeure l'ancêtre aux normes bien spécifiques. D'après J. Jacquot : le terme « mask » ou « masque » au temps des Tudors et des Stuarts n'a pas pour premier sens celui du français « masque », c'est-à-dire « faux visage ». Il signifie d'abord et le plus souvent « mascarade », puis, dans la dernière partie du XVIe siècle, il sert à décrire l'ensemble du divertissement aristocratique correspondant à peu près au ballet de cour en France. Mot espagnol tiré de l'arabe, le vocable « masque » avait pénétré en Angleterre par l'entremise du français au début du XVIe siècle. Anglicisé, il avait pris la forme « mask », mais, vers la fin du siècle, avait retrouvé l'orthographe française qu'adopte Ben Jonson Nous pensons d'abord aux Masques comme un divertissement accompagnant des cérémonies maritales de personnes prestigieuses de la cour ou du Roi (Charles Ier et Jacques Ier) et de la Reine (la Reine Henriette-Marie). Au-delà du masque, Ben Jonson articule dans sa célèbre préface d'"Hymenaei", sa plus substantielle défense du masque, articulant son devoir de « sound to present occasions » et portant « on more remou'd mysteries » (VII, p. 209) . Voici une citation, dont la définition rappelle bien au départ le genre du masque comme mystère entre autre éducatif pour le Monarque personnifié en dieu ou demi-dieu. J.-C. Meagher précise dans sa préface une manière de voir le masque et que « The worst possible way to approach the Jonsonian masque is precisely the way it usually happens. ». Notre lecture du masque va démontrer comment Jonson a fait face aux préférences de ses audiences qui furent trop souvent enclines à préférer « the bodily part » des masques (le spectacle) plutôt que l'immortelle et édifiante « poetic soul ». Nous montrerons comment et par quelles manières Jonson s'inspira des anciens et de certains mythographes pour rehausser le masque à travers leur « poetic soul » mais plus loin encore comment Inigo Jones donna une autre dimension aux masques par l'architecture et le design des éléments dramatiques inspirés par Jonson.

  • Les imaginaires culturels africains, en chaîne d'idées reçues, disparates, souvent imprimés du « génie du lieu » (M. Butor), des prétextes ou des habillages, s'invitent à la tribune émolliente de la géocritique de B. Westphal. Ils apparaissent complémentaires et contradictoires, mettant en scène les corollaires de l'évolution et des palimpsestes, dans une trajectoire diachronique de certains faits historiques. Aussi, les inconstances de l'épique s'expriment-elles en une opération de convection progressiste due aux « mouvements » des sociétés africaines, impactant sur le présent, la mémoire et le contemporain, toujours instables. Puisque l'espace humain s'accorde à la dynamique du temps, et que le spectre d'un discours qui brandit la mort et le figement plane sur les textes oraux, avec un rejet sans cesse de leurs caractères récents et de leurs formes de production, il ressort de l'initiative de l'auteur Akoa Amougui, l'impératif scientifique d'interroger, particulièrement, l'épistémologie de l'habiter et les mécanismes environnementaux qui accompagnent la (re)naissance et la redéfinition de l'épopée en Afrique. Dans un style de radiance encyclopédique, doublé de l'habilité des enchaînements argumentaires et documentaires décisifs, le discours d'escorte éditorial scelle parfaitement le pacte de lecture, avec le plaisir de découvrir sans réserve, la plurivalence des substrats culturels en offrande sur cette livraison inédite.

  • De nombreuses études littéraires et sémiolinguistiques ont accordé une importance particulière au rapport entre Victor Hugo et la bible, au regard des racines judéo-chrétiennes de la civilisation occidentale. Et du coup, les autres apports à cette civilisation se sont trouvés comme exclus, pour ne pas dire ravalés au rang de menus faits sans grande amplitude. Dieudonné Mbena innove et démontre que les marques du discours coranique sont transcendantes dans l'oeuvre de Victor Hugo, à travers une vision diachronique et diatopique. Le présent ouvrage propose donc d'interroger l'espace, le temps et le personnage coraniques qui en constituent la structure narrative qui, loin de satisfaire les besoins de la mimésis ou d'exercer une fonction exclusivement ornementale, représentent un opérateur de lisibilité fondamentale de l'oeuvre du grand Exilé de France. La poétisation de ces trois entités signifiantes éclaire, en outre, l'intérêt des auteurs du XIXe siècle pour la religion musulmane, au niveau de la figuration et de la structure profonde.

  • Notre propos est d'étudier le comique de l'hybridation et l'exhibition du comique dans les formes dramatiques et paradramatiques contemporaines. Notre champ d'investigation se propose d'être transversal. Il ne sera ni limité strictement à une époque donnée, ni aux auteurs français ou francophones. Une première partie étudiera le comique en question. Une seconde s'attachera à la poétique du rire. La troisième examinera les principales formes du comique moderne. La quatrième définira le grotesque hybride et le burlesque exhibé. La cinquième examinera les modalités d'application de l'hybridation ainsi que de l'exhibition en montrant comment le théâtre contemporain entraîne le spectateur du Bouffon Hilarant aux salves du Rire. Les traits saillants du devenir du comique dans le théâtre contemporain seront ainsi abordés, dégagés.

  • Le présent ouvrage fait ressortir à la fois les aspects thématiques et esthétiques d'une réflexion construite autour de l'épistèmè des nouveaux horizons de la littérature féminine et féministe en Afrique. Le procès idéologique du genre s'offre en lecture sous les lentilles géo-poétiques des espaces de l'Afrique centrale, du nord et de l'ouest. La réflexion des auteurs se veut dynamique et indicative d'une démarche de questionnement des contours « sociocritiques » du champ littéraire africain dans sa trajectoire androcentrique. En campant leur analyse sur les berges du comparatisme, Marcelline Nnomo Zanga et Pierre Suzanne Eyenga Onana auscultent le paysage de la néo-féminisation poétique au gré du paradigme de l'émergence, de l'esthétique et de l'idéologique. Leurs regards croisent avec audace des problématiques aussi fécondes que l'exil, la migritude, l'identité, l'errance et la nouvelle éthique féministe proposées à l'imagination des lecteurs et à leur intelligence, dans la perspective d'un meilleur vivre au monde au féminin et au masculin.

  • Le présent ouvrage balaie la trajectoire poétique de Jean-Claude Awono, poète camerounais d'exception à l'inspiration plurielle. Il s'agit de confronter divers points de vue, à partir de multiples champs disciplinaires pour aboutir à un regard croisé, concentré sur la poésie francophone. L'objectif de cette avenue se mesure à l'influence des contextes et des référents dans la génération du sens global de l'écriture. Ces divers paradigmes participent à la justification de la modélisation de la poétique endogène, de sa traduction particulière et de son ouverture à un mode de diffusion de la pensée.

  • Le tableau scriptural qu'offre à parcourir l'auteur met en relief les dominantes métaphorique, politique et esthétique de la déréliction chez Patrick Grainville. La factographie se réinvente une adresse de relation au rythme de la mémoire et de l'histoire, une nervure critique du tragique postmoderne, complétée par les catastrophes naturelles et le carnavalesque. L'angle sociocritique lève un pan de voile de l'atomisation des personnages, auscultant les mécanismes des jeux de pouvoir et ceux des déclinaisons narratologiques d'une romance de la déconstruction. Le thème de la déréliction inscrit la problématique identitaire et celle des classes au coeur du procès d'une vision du chaos ou de l'insoutenable choc des représentations du rapport entre le Moi et l'Altérité. L'essai se révèle comme un pensée féconde et indicative d'un ensemble de trajectoires sobres mais riche en effet critique, surtout autour de la critique postcoloniale. Le saut esthétique en toile de fonds, postule, quoi qu'il en soit, un humanisme de la relation, ergotant la catharsis sociale malgré les blessures et les fissures de l'Afrique contemporaine.

  • Cet ouvrage contient le dossier administratif de Maupassant à l'asile de Passy. L'intégralité des pièces est donnée en fac-similé, avec leur transcription quasi diplomatique avec une présentation et une étude sur la fin de la vie de Maupassant.

  • D'où vient-il que les premiers à inventer les noms et à en faire un élément constitutif de l'être humain, les Noirs africains, en sont arrivés à arborer des noms et prénoms associant deux ou trois composantes dissensuelles, contradictoires, dépersonnalisantes ? Kwedi Laeticia Mort - Joie Misse Esther Terre - Étoile Minyono Irène Pleurs - Paix Ze Rachèl Panthère et Brébis Foning Rebécca Roi de la concession et flatterie D'où vient-il que les Africains tournent le dos à la création nominale pour se satisfaire de copier des noms qui les inscrivent dans les termes de référence d'autres cultures ? Ce livre expose le mécanisme de structuration, de taxonomie et d'impartition des significations et des fonctions au nom, tout en s'interrogeant sur les enjeux ethnocidaires d'un certain système onomastique à velléité amplective. Lors même que notre réflexion y verrait une stratégie de domination, elle se limite ici à en émettre l'hypothèse.

  • En tant que système, la littérature mondiale établit des connexions mouvantes entre différentes zones géographiques, culturelles et linguistiques. C'est pourquoi les notions de centre et de périphérie se voient constamment renouvelées et demeurent d'une grande fécondité pour la critique littéraire aujourd'hui. Le présent ouvrage s'intéresse précisément à quelques actualisations remarquables du binôme centre-périphérie dans la littérature contemporaine. Il envisage les dynamiques, les dispositifs et les problématiques propres à diverses littératures non occidentales, qu'elles soient européennes (Bulgarie, Slovénie) ou extra-européennes (océan Indien, Caraïbes, monde arabe). Il interroge sur cette base la pensée du relatif et de l'universel, qui sous-tend toute littérature, et le devenir d'une telle pensée à l'ère de la globalisation.

  • La proximité du Maroc avec l'Europe du Sud-Ouest a fortement marqué l'histoire de la région. Pour le Maroc, la période entre 1492 et l'après-1912 se démarque par des intersections de l'histoire et des cultures de plusieurs protagonistes sur deux continents. Les Andalous musulmans perdent Grenade en 1492 et le Maroc perd son indépendance en 1912. Cette recherche propose d'étudier et d'analyser comment les écrivains d'expression française présentent et intègrent les moments les plus importants de cette période dans le texte littéraire. L'objectif est de voir comment la littérature au présent, à l'instant, aide ou pas à comprendre le Maroc d'hier et d'aujourd'hui.

  • À l'intérieur d'un tissu romanesque dont la forme hétérogène est parsemée d'éléments historiques, Toni Morisson met en place un discours, lieu de tensions entre des forces antagonistes et de projection d'images obsédantes. Dans un style qui se veut décousu, à l'image d'un récit oral dont le narrateur perd le fil de temps à autre, elle charge ses personnages, dans un temps où le passé envahit le présent, d'exprimer la frustration du silence et l'impuissance à tout dire des « laissés pour compte ». Cette étude commence par la recherche d'un « mythe personnel », essentiellement signifiant, qui serait à la base de la création de Toni Morisson. En prenant appui sur les oeuvres "The Bluest Eye", "Sula", "Song of Solomon", "Tar-Baby", "Beloved", "Jazz", "Love" et en adoptant la mythocritique plutôt que la mythanalyse comme démarche scientifique, Tra-Lou Tesan propose de porter un regard différent et de considérer avec une attention plus soutenue le discours mythique qui fait la spécificité de cette écrivaine contemporaine. Une nouvelle manière d'aborder la question de la représentation du mythe dans l'écriture de Toni Morrison.

  • Cette production scientifique est une contribution originale sur l'Afrique. Les auteurs s'intéressent aux discours actuels, sensibles et suivis à l'échelle mondiale par un public diversifié, de plus en plus critique à l'endroit des clichés et des stéréotypes, des mensonges et des discours abusifs, comme celui de l'ancien président français Nicolas Sarkozy à Dakar en 2008 ou, plus récemment, celui de l'actuel président américain, Donald Trump, qualifiant Haïti ainsi que certains pays africains et d'Amérique latine, dont les ressortissants cherchent à entrer aux États-Unis, de « pays de merde ». Les textes proposés donnent l'occasion au lecteur de se balader dans la pensée des oeuvres artistiques et les discours médiatiques qui se propagent de plus en plus dans l'espace cybernétique, afin de confronter les images qu'ils donnent de l'Afrique. Les variances perceptives complémentaires, dichotomiques ou différentes de l'Afrique dans les oeuvres de fiction et les médias contemporains ne permettent pas de parler d'une Afrique, mais des Afriques, rêvées, inventées, fantasmées.

  • Les communications réunies dans ce premier tome, d'une large touche d'approches, à la hauteur stylistique ajustée aux passerelles du choc des idées, abordent les problématiques de l'imaginaire, les réalités socioculturelles et les idées reçues qui traversent les tribunes et les consciences au sujet de l'Afrique. L'occasion est donnée de découvrir les modalités de scénarisations littéraires des altérités africaines ainsi que les discours médiatiques qui les sous-tendent. Il s'agit de confronter les images qu'ils donnent de l'Afrique aux images réelles. Les variances perceptives complémentaires, dichotomiques ou différentes de l'Afrique dans les oeuvres de fiction et les médias contemporains ne permettent pas de parler d'une Afrique, mais des Afriques, rêvées, inventées, fantasmées. La mondialisation et la globalisation prennent donc tout leur sens dans les articles qui composent ces textes. Dans les littératures scrutées, l'Afrique (ou de l'un de ses pays) est donnée à voir comme un espace problématique, de débat et de confrontation des opinions, des idées, des imaginaires et des idéologies.

  • Cet ouvrage s'abreuve à la source des représentations et des usages de l'ethos présidentiel, en correspondance avec ce que Arnaud Mercier décline en angles de « situations historiques, des habitudes culturelles et professionnelles, de la nature des rapports de force entre acteurs ». Peut-on véritablement parler de silence dans le mode communicationnel d'un chef d'État ? Dans quelle mesure le silence, comme posture et signature de pouvoir, participe-t-il d'une stratégie de mise en scène de la communication présidentielle, et quelle est la part des médias dans un tel environnement ? La curiosité dialectique qui porte en offrande la symbolique plurielle de cet ordre de référence de la communication politique du président Paul Biya innerve mémoire et trajectoire républicaines de la Nation camerounaise. L'échelle diachronique, rectiligne ou circulaire des données qui fondent cette analyse, depuis l'accession à la magistrature suprême du président Paul Biya, en passant par sa réélection du 7 octobre 2018, fait marquant de l'histoire des idées politiques d'Afrique, partage des affinités avec les paradigmes : pouvoir, éthique, démocratie, liberté ou organisation des schémas de l'image voulue par la figure de préséance gouvernante de l'État. La réception en mode de l'image perçue confère la dimension de l'audace scientifique à cette analyse sanctuaire d'un nouvel ordre d'épaisseur sémiotique de l'identité du pouvoir. La trajectoire, le style et la thématique légitiment l'enjeu de communication qui caractérise cette réflexion. L'abondante documentation que cheville la justesse des repères interdisciplinaires et interculturels en fait substantiellement une tribune éclairante.

  • « Quant aux poèmes plus anciens, exception faite du manuel Leçons d'espagnol des années 1900 où l'on trouve huit poèmes antérieurs au XIXe siècle, les autres manuels n'abordent pas plus de trois poèmes de cette période, tandis que les manuels La pratique de l'espagnol de 1972, ¡ Claro que sí ! de 1989, ¡ Así somos ! et Escalas de 2014 n'en incluent aucun. » Quelle a été et quelle est la place de la poésie dans l'enseignement des langues et plus précisément, quelle est la place de la poésie espagnole et latino-américaine dans les manuels scolaires d'espagnol ? C'est à travers l'étude de ces derniers de 1900 à nos jours que Paola Ansaloni tente de répondre à cette question et à celle plus actuelle du « remplacement » de la poésie par ses formes nouvelles que sont la chanson et le slam.

  • Que signifie bien vieillir en Afrique pour les personnes âgées vulnérables ? Quelle est notre responsabilité pour ces personnes fragiles quand la globalisation de l'économie mondiale, les flux migratoires vers les métropoles occidentales, le contrôle des matières premières par des puissances industrielles et la fermeture des frontières des nantis aux plus démunis tendent à mettre de côté la question de la vieillesse ? Quel type d'utopie aidera les Africains à promouvoir une vraie éthique de la compassion ? En effet, la question de la vieillesse en Afrique est avant tout une question existentielle et éthique, raison pour laquelle la solution ne passera pas par la pitié, la vénération, les soins médicaux, mais par la prise en compte de la justice. Celle-ci remet à l'ordre du jour la responsabilité, la sollicitude, la compassion et le problème du pacte intergénérationnel. En somme, à travers la vieillesse, il s'agit d'interroger les traditions africaines sur le vivre-ensemble, surtout dans la fragilité. Passant outre les divers dénis autour du problème de la vieillesse en Afrique, cet ouvrage pose - au regard des traditions africaines, en fonction de l'aventure coloniale, de la structuration des États postcoloniaux et de la présence d'ONG - cette question brûlante : qu'en est-il du devoir de prendre soin des sujets et des communautés dans notre postmodernité ? Et que veut-dire prendre soin en Afrique ? Embrassant les considérations anthropologiques et éthiques, l'auteur démontre comment la vulnérabilité des personnes âgées indique celle plus profonde des États, économies, et sociétés africaines.

  • Pourquoi certaines oeuvres d'art traversent-elles les siècles ? Pourquoi leur écho perdure-t-il, de génération en génération, par-delà les limites d'une appartenance à un moment historique donné ? Quel est le secret de ces oeuvres qui telle l'"Iliade" nous imposent leur immuable présence ? Pour le découvrir, il faut passer outre les obstacles linguistiques, formels et culturels pour partir à la recherche de ce qui constitue la modernité et fonde l'intemporelle proximité de ces créations : la part de l'humain. Tel est le voyage auquel convie cette lecture de l'"Iliade" qui tente de pénétrer l'intimité même du poème, traversant des paysages étranges où se croisent âmes errantes et héros déchus pour y reconnaître en définitive la familière et troublante image de notre propre intériorité.

  • Depuis la Renaissance et l'avènement du « Voyage d'Italie », il est peu de pays qui aient fait écrire comme l'Italie, devenue au fil des siècles une bibliothèque tout autant qu'un vaste musée, un pays-livre avant d'être un pays libre. La rencontre des Européens avec la péninsule a généré toute une série d'images culturelles, associées aux quatre cités du « Grand Tour », Venise, Florence, Rome et Naples, mais aussi aux marges et frontières d'un pays étiré entre les Alpes et les îles du "Mezzogiorno". Mosaïque ou palimpseste, l'Italie semble vouée à une perception archipélique dans l'imaginaire européen (et peut-être même italien). Terre du Sud, l'Italie possède à coup sûr un génie fascinant et complexe dont l'une des forces est d'opérer une synthèse entre les philosophies les plus éloignées et de participer ainsi à la construction d'un homme nouveau dans la tourmente du début du vingtième siècle. Par-delà les variations génériques (littérature de voyage, littérature romanesque), cet ouvrage se propose d'étudier les enjeux des représentations littéraires des espaces italiens dans les littératures française, britannique et américaine du premier vingtième siècle.

  • Le recueil de textes que nous avons le plaisir d'offrir à Maxime Pierre Meto'o Etoua pour son départ en retraite mérité présente tout un éventail de recherches actuelles portant essentiellement sur le comparatisme. Il est un ensemble de contributions dont les auteurs sont soit ses collègues, soit ses anciens étudiants devenus ses collègues, soit des admirateurs ou bien des chercheurs en littérature, en langue française, en cinéma ou autre tout court. Elles s'articulent autour d'une thématique : le comparatisme. Ce comparatisme comprend trois disciplines : la littérature, la grammaire et le cinéma. Deux langues développent le thème central : le français et l'allemand. Les contributions viennent de trois continents : l'Amérique, l'Europe et l'Afrique. L'intérêt de cet ouvrage collectif est pluriel : on y trouvera une très grande diversité d'approches, ce qui n'entame en rien une commune et rigoureuse attention aux don-nées comparatistes, les recherches présentées sont des travaux en cours. Ces recherches donnent ainsi une idée précise de ce que peut être une recherche en littérature, en grammaire et en cinéma aujourd'hui sous le prisme du comparatisme.

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