Collection XIX

  • CE fut le siècle favori de l'irrévérence et du scandale que le siècle dernier. Il y avait par toute la société un violent courant de moquerie, un désir inextinguible de rire aux dépens du prochain, de compromettre les gens pour les mieux railler, de provoquer le scandale s'il tardait à naître, de le supposer même s'il venait à ne pas éclater. Par un raffinement bien digne de cette société policée jusqu'à la corruption, blasée jusqu'au dégoût, mais si élégante encore, si noble en son abaissement volontaire, plus un sentiment était digne de vénération, plus un caractère était digne d'hommage ou une personne digne de respect, plus il y avait de plaisir à leur refuser vénération, hommage, respect, plus il y avait d'âcre jouissance à les tourner en ridicule, à les bafouer, à les avilir.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Michel de Cervantes

    Émile Chasles

    « Mon oeuvre est perdue et ma vie a été une longue imprudence, écrivait Cervantes, en 1615, quand il se sentait mourir et jetait sur sa carrière un regard ironique. - Je vais portant sur mes épaules une pierre avec une inscription où se lit l'avortement de mes espérances. »Il savait bien pourtant que son Don Quichotte était un ouvrage immortel. Toute l'Europe lisait déjà ce livre merveilleux qui nous fait rire enfants et plus tard nous fait penser.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • C'est à la demande réitérée et instante du baron Taylor que furent fondés, il y a quelque quarante ans, les dîners mensuels de la Société des gens de lettres ; mais, longtemps restreints à un petit cercle d'habitués, ils n'acquirent une réelle extension qu'à dater de 1890. Dans les premiers mois de cette année-là, sur la réclamation d'un directeur de journal de province, venu tout exprès à Paris pour assister à l'un de ces banquets, avec l'espoir, cruellement déçu, d'y rencontrer une nombreuse élite de littérateurs, Édouard Montagne, alors délégué du Comité, et deux sociétaires, Ernest Benjamin et Félix Jahyer, résolurent de modifier cet état de choses, de rendre ces réunions à la fois plus accessibles et plus brillantes.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Haïcks et Burnous

    Louis de Lyvron

    Louange au Dieu unique !Ce que je vais dire est vrai ; répétez-le, et vos paroles ne seront amoindries par personne.Les forêts du Sahel sont belles et tristes.Elles ressemblent à la jeune veuve qui pense encore au mort, en peignant ses cheveux et qui pleure, une natte tressée, l'autre éparse.Elles se parent pour le Soleil, les forêts de la Mitidja, elles pleurent en pensant aux Hadjoutes, morts sous la balle des Chrétiens.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • MESSIEURS,L'usage de vous adresser en public ce qu'on appelait autrefois un compliment est une épreuve toujours redoutable. Au trouble que je ressens s'ajoute encore l'émotion d'un souvenir qui me domine aujourd'hui. Ma pensée se reporte à dix-neuf années en arrière vers l'une de vos séances solennelles à laquelle j'assistais sur le premier de ces bancs placés en face de moi. Vous receviez ce jour-là l'homme de bien dont j'ai l'honneur de porter le nom.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • A l'intérieur de la forteresse de l'Alhambra, en face du palais royal, à Grenade, se trouve une vaste esplanade ouverte appelée la Place des Citernes (la Plaza de los Algibes), nom qu'elle doit aux réservoirs d'eau établis sous terre, cachés à la vue, et existant en cet endroit depuis l'époque des Mores. Dans un coin de cette esplanade se voit un puits moresque creusé dans le roc à vif, et dont l'eau est aussi froide que la glace et aussi transparente que le cristal. Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Les Pirates de la mer Rouge

    Karl May

    « Est-il possible, sidi, que tu veuilles rester toute ta vie un giaour, un infidèle, plus méprisable qu'un chien, plus répugnant qu'un rat, lequel ne se nourrit que de pourriture ! - Oui. - Effendi, je hais les incroyants, je me réjouis de penser qu'après leur mort ils iront dans la djehenna, où loge le diable ; mais toi, sidi, je voudrais te sauver de l'éternelle damnation qui t'attend. Tu es si bon, si différent des autres sidis que j'ai servis !Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Constituée de vingt-sept « méditations de gastronomie transcendante », La Physiologie du goût (1825) de Jean Anthelme Brillat-Savarin est une étude scientifique et drolatique de la gastronomie. Défini comme le « sens qui nous met en relation avec les corps sapides » (saveurs) « solubles ou en voie de dissolution », le goût y fait d'abord l'objet d'une « histoire morale » s'attachant à montrer le perfectionnement d'un organe qui n'était au départ qu'un instinct. Anecdotes, typologie des gourmands, recettes, étude sociale, politique, conjugale ou médicale, l'oeuvre est un amusant manifeste pour les volailles, les « jus », les truffes et le chocolat, et surtout pour la « gourmandise sociale » que des lexicographes mal avisés ont confondu à tort avec la gloutonnerie et la voracité. Brillat-Savarin excellait lui-même dans l'omelette au thon et le filet de boeuf aux truites.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • La pensée qui dirige notre curiosité, lorsqu'une pièce de théâtre est soumise à notre étude, est-elle le désir de trouver une représentation de moeurs qui nous sont inconnues ou l'expression d'un art dramatique indépendant ? Telle est la question que je me suis posée dans le moment même où je cherche à présenter au public des lettrés français une exquisse de notre théâtre et de nos moeurs dramatiques.Les comparaisons sont des habitudes de l'esprit ; mais ce sont de mauvaises habitudes, et je ne m'en suis jamais mieux rendu compte qu'en étudiant ce sujet.

  • Maintenant rien ne me retient plus ; ma résolution est prise ; je vais à Terre-Libre !Pourquoi ? - Mes bons amis disent : parce que je suis un romanesque, un exalté. Je suppose même qu'ils disent, plus brièvement et plus simplement quand je ne suis pas là : « Parce que c'est un fou. »N'auraient-ils pas raison ?Si penser sur tous les points autrement que tout le monde s'appelle être fou, je suis un fou. Car sur tous les points, au moins sur les points les plus importants, je pense autrement que mes amis et camarades, qui, comme je suis riche, sont nombreux.

  • Il ne faut pas croire que Madame Truphot soit, en raccourci bourgeois, le type désormais historique de la princesse Mathilde.Médéric Boutorgne sortait du café Napolitain où il aimait à fréquenter. De cinq à sept, c'était le confluent de toutes les salles de rédaction et l'endroit de la planète où l'on se giflait le plus. Même un gérant inspiré avait eu, un moment, l'idée d'y installer un appareil ambulatoire destiné à distribuer les calottes.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Le Roi des requins

    Karl May

    Un beau soleil dans un ciel d'un bleu incomparable ne parvenait pas à dissiper les nuages des fronts soucieux de mes compagnons, les braves marins du Poséidon, assis autour du petit feu où cuisait notre repas matinal.Devant nous s'étendait une plage basse et plate, entourée d'une triple ceinture de récifs de coraux ; au delà brillait la haute mer dans une éblouissante splendeur ; entre les roches de corail et le rivage l'onde dormait comme si jamais tempête n'avait soulevé ses flots paisibles.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • MESSIEURS, MESDAMES,Cette année, je me propose de traiter de la femme, de sa condition subalterne en humanité, de la nécessité de son affranchissement et de la reconnaissance de son droit. Ce soir, j'attirerai particulièrement votre attention sur les origines de cette situation inférieure et les raisons qu'on a pu faire valoir pour la maintenir ; et je me ferai un devoir de répondre à toutes les objections susceptibles d'être produites.Le premier argument qui se présente est celui-ci : Pourquoi l'infériorité des femmes s'est-elle maintenue dans les lois et les usages depuis le commencement du monde et la formation des sociétés ?

  • ABANDON.Il y a des femmes dont la vertu éclate surtout dans la disgrâce et dans l'abandon. Gardiennes héroïques de l'honneur de la maison, leur sollicitude pour le père survit à l'estime qu'elles ne peuvent plus avoir pour l'époux. Couvrant d'un stoïque silence les fautes de celui-ci, elles se refusent jusqu'à la douceur de pleurer devant leurs enfants, pour conserver intact dans leur coeur le souvenir de l'ingrat qui les délaisse.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • La question du génie a tenté bien des psychologues, et jamais sujet ne fut servi par plus de fantaisie. On a classé le génie parmi les formes morbides de l'esprit humain. Mais cette profanation, - si tant est qu'on doive s'exprimer ainsi, - n'est pas le fruit des méditations modernes. L'idée de rapprocher le génie de la folie est vieille comme le monde, et les psychiatres contemporains n'ont fait que la prendre dans l'opinion courante où elle flottait depuis l'antiquité. Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Des buissons lumineux fusaient comme des gerbes ; Mille insectes, tels des prismes, vibraient dans l'air ; Le vent jouait avec l'ombre des lilas clairs, Sur le tissu des eaux et les nappes de l'herbe. Un lion se couchait sous des branches en fleurs ; Le daim flexible errait là-bas, près des panthères ; Et les paons déployaient des faisceaux de lueurs Parmi les phlox en feu et les lys de lumière. Dieu seul régnait sur terre et seul régnait aux cieux.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • La Révolution de février avait eu son dénoûment le 24 ; le 25, plusieurs feuilles nées en un jour saluaient l'ère nouvelle.Les deux premières furent la République, dirigée par M. Bareste, la seconde la République française, par MM. Frédéric Bastiat, G. de Molinari et Hip. Castille. M. Olinde Rodrigues essaya un rapprochement entre les deux feuilles. Mais, déjà, de toutes les imprimeries de Paris, surgissaient une multitude de journaux de toutes nuances, écrits dans tous les patois auxquels peut prêter l'élasticité de l'idiome parisien.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Encor Napoléon ! Encor sa grande image !
    s'écriait en 1831 Auguste Barbier dans ses Iambes, alors qu'il était obsédé par ses hallucinations républicaines. Que dirait-il donc de nos jours ? - s'adressant à l'Empereur il pourrait, mais peut-être dans un tout autre sentiment, lui répéter ces vers de la même strophe :
    Maintenant tu renais de ta chute profonde :
    Pareil à l'aigle radieux,
    Tu reprends ton essor pour dominer le monde,
    Ton image remonte aux cieux !
    Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Comme le soleil brillait joyeusement après la pluie, sur les grands arbres qui abritaient le vieux château Daly et sur la pelouse verte qui descendait jusqu'à la route, au bord du lac Carrib ! Le vaste horizon était bordé par les têtes sombres des montagnes, qui se reflétaient sur les eaux bleues du lac. Les habitants du château erraient avec délices dans les allées détrempées du jardin, sans s'inquiéter que le déjeuner fût servi, car l'inexactitude ajoutait pour eux un certain, charme au plaisir de se passer une si douce fantaisie que de courir sans chapeau jusqu'au bord du lac.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Origine des journaux Époque do leur établissement. - L'English Mercurie. - Naissance d'une opinion publique. - Les nouvelles la main. - Nathaniel Butter. - Le premier journal anglais. - La Gazette de France et les Newes. - Les correspondances politiques. - Les journaux et le théâtre.« Mon enfant, tu as fait fortune, dit un personnage de comédie, il est temps d'avoir des ancêtres. » Depuis que les journaux sont devenus une puissance, on leur a créé toute une généalogie.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Mon cher enfant, j'espère que tu es bien sage et que tu penses à moi ; que tu es bien obéissant pour ce bon Alyon ; que dans les rues tu ne le quittes pas une minute, que tu prends bien garde aux voitures, que tu ne manges pas trop, que tu fais tes prières soir et matin et que tu n'es ni bruyant ni importun. Je te recommande aussi de ne pas oublier de mettre sur ton estomac la pièce de flanelle.Écris-moi, je t'en prie, un petit billet de quatre lignes, mais promptement, que je le reçoive avant ton retour.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • « Aujourd'hui, leur littérature est presque nulle », écrit Hippolyte Taine, dans un chapitre de la Philosophie de l'art consacré aux Belges, et plus loin : « Ils ne peuvent citer de ces esprits créateurs qui ouvrent sur le monde de grandes vues originales, ou enchâssent leurs conceptions dans de belles formes capables d'un ascendant universel. »L'essai sur l'art dans les Pays-Bas date de 1868 ; un tel jugement était alors très juste.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • DIALOGUEA Monseigneur Jean-François-Paul de GONDY ARCHEVÊQUE DE CORINTHE ET COADJUTEUR EN L'ARCHEVÊCHÉ DE PARIS, DEPUIS CARDINAL DE RETSVous vous plaignez, Monseigneur, de n'avoir pas été de la conversation que nous eûmes ces jours passés, Monsieur. Ménage. Monsieur Sarasin et moi, sur la lecture de nos vieux romans, et vous témoignez du regret qu'on y ait dit, sans vous, des choses qu'il n'étoit pas vraisemblable que dût produire un si misérable sujet.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Naissance de Jeffrey. - Sa famille. - Son éducation. - Situation morale et littéraire de l'Écosse au commencement du dix-neuvième siècle. - Luttes de la jeunesse. - Mariage. - Société et moeurs d'Édimbourg.Francis Jeffrey, l'homme qui, depuis les premières années du présent siècle, a donné au sens critique en Europe et à travers le monde civilisé l'impression la plus vive, le premier directeur de la Revue d'Édimbourg, est né dans cette métropole de l'Écosse, le 23 octobre 1773.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

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