Calmann-Lévy

  • Peu d'idées sont autant galvaudées aujourd'hui que celle de « réalité ». Hommes politiques, chefs d'entreprise, mais aussi économistes et romanciers s'en réclament : seul le réalisme semble recevable, et il suffit à tout justifier. La réalité constitue désormais, dans notre mentalité collective, la valeur étalon. Elle est le nouveau dieu que nous vénérons ; le dernier qui reste en magasin, peut-être.Mona Chollet, épingle l'usage pernicieux de cette notion dans tous les types de discours et démontre pourquoi l'injonction réaliste relève de l'imposture. À une époque où les relations essentielles à notre équilibre, la relation à l'environnement, la relation à l'autre se vivent sur un mode chaotique, il est temps de se poser quelques questions... Un texte mordant et salutaire, qui non seulement déconstruit l'idéologie implicite de certains "réalistes", mais ouvre aussi joyeusement un chemin de traverse : il rappelle les bienfaits de l'imagination et du rêve, non pas pour "fuir la réalité", mais au contraire pour se donner une chance de l'habiter pleinement.

  • Blind date... se dit d´un rendez-vous à l´aveugle entre deux êtres susceptibles de s´aimer, organisé par un autre qui les connaît tous deux et ne sera pas là.
    La philosophie...
    Commence avec l´étonnement (Aristote), se déclare science de l´être, s´espère soin de l´âme, s´étymologise amour de la sagesse, se voudrait éducation spirituelle, se rectifie en logique des propositions, s´attarde dans les manuels scolaires, s´écrit dans toutes les langues mais ne penserait qu´en une seule, s´éteint doucement.
    Le sexe...
    Finit quand il faut s´expliquer, ne se commente qu´en disparaissant, bouleverse toute scénographie qui voudrait en isoler les effets, est là partout, tout le temps, manque partout, tout le temps.
    Le rendez-vous fut pris, dit-on, il y a trois mille ans. Officiellement du moins. Fut sans cesse reporté depuis.

  • Par « imposteurs », Belinda Cannone ne désigne pas les escrocs de la confiance, ceux qui en imposent ou qui usurpent une place. L'auteur décrit un sentiment très commun mais qu'on a toujours grand soin de cacher :  l'intime conviction de ne pas être celle ou celui qu'il faudrait être pour occuper légitimement la place dans laquelle on se trouve, et la crainte d'être démasqué. Si ce trouble met en cause l´identité, il n'engage pourtant pas la question : « Qui suis-je ? », mais à : « Suis-je celle ou celui que je devrais être pour me trouver à cette place ? ». Et toutes nos ambitions, quelle qu'en soit la  nature (professionnelle, amoureuse, existentielle, etc.). peuvent susciter cette inquiétude.   En trente-six allègres chapitres qui vont de la littérature à la psychanalyse en passant par le cinéma, la politique ou nos expériences quotidiennes, cet essai propose récits et réflexions sur l'origine et les manifestations de ce sentiment d'imposture.

  • L'aventure de ce livre a commencé un soir par l'une des rencontres entre écrivains et architectes, organisées par Hélène Bleskine à l'Ecole d'Architecture de La Villette-UP6; mais il vient aussi d'une amitié ancienne, née sous le signe de la musique, bien avant la construction par Christian de Portzamparc de la cité de la Musique à paris. "Il faut faire une architecture pour le son", lui avait dit Philippe lors de leur première renconte. Et c'est bien une sorte de musique que l'on entend ici, avec des fulgurances, des ruptures de rythme, des actes poétiques et la convocation de l'espace, de la lumière, de l'oeil, du rêve, c'est-à-dire du "voir" et de l'"écrire" dans leur perspective ascendante.

  • Un jour d'octobre 1917, les habitants de la Russiese trouvent projetés dans l'utopie, et entrent, par là-même,dans le processus de création de l'Homme nouveau.C'est en effet la refonte du matériau humain,la transformation des citoyens

  •     Franz Kafka est situé au carrefour de plusieurs cultures, de plusieurs histoires, de plusieurs langues : né à Prague, Juif de Bohème, alors partie de l'Empire d'Autriche et où se développe le nationalisme tchèque. il ne s'exprime ni en tchèque, ni en yiddish, mais en allemand. Deux choix sont exclus pour lui : celui de l'assimilation totale (à I'Autriche ? A la culture allemande ? A la Bohème ?) et celui d'un retour au judaisme ancestral qui n'est même plus celui de son père. De cette situation et de ce déchirement naît l'art moderne le plus audacieux et le plus classique, le seul peut-être en qui modernité et rigueur aient su réellement s'allier.
       Travaillant uniquement à partir des écrits de Kafka. Marthe Robert s'est attachée, dans cet essai capital, à préciser la position de Kafka à Prague : ses opinions déclarées, sa façon de vivre, ce qui en transparaît dans les textes, notamment le Journal et la correspondance. Elle procède à I'étude intrinsèque des oeuvres, dont elle possède une connaissance intime. Les thèmes, la structure des récits, la situation linguistique ambiguë de Kafka, son recours à une langue neutre, « sans qualités », dénudée, sont analysés en détail. Le livre de Marthe Robert permet ainsi de mieux comprendre l'altitude de Kafka envers le sionisme, le yiddish, la religion juive et l'antisémitisme.
       Sur une oeuvre clé de notre temps, une étude fondamentale.

  • La crise en Côte d'Ivoire est à la présence française en Afrique ce que la prise de la Bastille fut à l'Ancien Régime : le symbole de la fin, insensiblement d'abord, puis à un rythme qui est allé s'accélérant pour culminer en cette funeste nuit de novembre 2004, quand l'armée française ouvrit le feu sur une foule de "patriotes" à Abidjan, la France a perdu "son" Afrique, celle où, de Dakar à Libreville en passant par Djibouti, N'Djamena, Brazzaville et Antananarivo, elle aimait à penser qu'elle était aimée.À présent la France rapatrie ses ressortissants sous les huées, sinon sous les balles. Ailleurs, elle est déjà partie en catimini, à la fin de la guerre froide, quand l'Afrique a été abandonnée à son sort : effondrement de l'Etat, guerres, sida... L'aide a été amputée, les coopérants ont été retirés. Seule l'armée française est restée enfermée dans ses bases, garde prétorienne de régimes indéfendables. Après avoir été pendant plus de quarante ans le "gendarme de l'Afrique", la France s'est recyclée en "gardien de la paix". De plus en plus souvent, les Etats-Unis et la Chine dament le pion à une "vieille" France gênée aux entournures par le génocide au Rwanda, le scandale Elf, les turpitudes de la "Françafrique"... Il est loin le temps où la "mission civilisatrice" sur le continent noir était une affaire entendue, l'un des rares sujets d'accord entre droite et gauche. À l'heure du divorce, l'ancienne puissance coloniale se triouve dans une situation intenable : qu'elle intervienne, comme en Côte d'Ivoire, et on dénonce son "ingérence". Qu'elle s'abstienne, et on lui reproche son "indifférence".Dans ce livre sans concessions, remarquablement documenté et étayé d'innombrables exemples et témoignages, Stephen Smith et Antoine Glaser pointent les erreurs, les lâchetés et les ambiguïtés qui ont émaillé la politique africaine de la France, et lui on fait perdre ce "pré carré" qu'elle rêvait de façonner à son image.

  • Vous que les mots « CD-ROM », « télévision numérique » et « réalité virtuelle » intimident ; qui êtes sceptique sur les « autoroutes de l'information » mais curieux de l'avenir et soucieux de ne pas perdre tout langage commun avec vos enfants, ce grand document est pour vous.
    Vous qui vous demandez comment votre métier va évoluer ou vous interrogez sur les conséquences de la formidable convergence entre télécommunications, informatique et électronique à l'échelle planétaire, cette enquête de terrain est pour vous.
    Vous qui croyez n'être pas concerné par ces bouleversements, détrompez-vous : un jour, sous une forme ou sous une autre, ils vous rattraperont, car la révolution de l'information promet d'être au XXIe siècle ce que la révolution industrielle fut au XIXe.
    A travers des aventures, des anecdotes, des personnages hauts en couleur, cette épopée du multimédia vous propulse au coeur d'un gigantesque western techno-économique qui est en train de changer aussi concrètement notre vie et nos valeurs que le firent en leur temps l'imprimerie, l'électricité ou le téléphone.
    Journaliste au service économique de Libération (1984-1988), correspondante permanente aux Etats-Unis pour Libération et L'Express (1988), puis pour Le Nouvel Observateur (1989), grand reporter au Nouvel Observateur depuis 1990, Dominique Nora est l'auteur de deux best-sellers : Les Possédés de Wall Street (Prix du meilleur livre financier 1988) et L'Etreinte du samouraï (Prix Costa de Beauregard 1991).
    A propos de l'Etreinte du samouraï :
    « Dominique Nora fait vibrer l'économie comme un roman. » (Le Monde) « L'enquête implacable d'une journaliste mâtinée d'ethnologue. » (Le Nouvel Economiste) « Un livre brillant, bourré d'informations, écrit avec maestria. » (Le Journal du dimanche) « Le livre de Dominique Nora va beaucoup plus loin dans l'investigation et dans la réflexion. Jamais cette vaste entreprise de conquête programmée n'avait été décrite aussi complètement, ni de façon aussi précise et aussi vivante. » (L'Expansion)

  • Ghetto ? Oui, il faut oser le mot, ce terme qui fait si peur à la République. Parce que, année après année, dans les banlieues des grandes villes françaises, se sont constitués des territoires à part, avec leurs propres lois, leurs langages, leurs hiétarchies, leurs frontières.
    Ce livre est une plongée dans les eaux profondes du ghetto français, dans le noyau dur de la crise urbaine. Avec les émeutiers qui jettent des pierres. Dans les patrouilles de police, suréquipées et surexposées. Dans les tribunaux où la loi républicaine tente de s'imposer face à celle du silence. Avec les maires, au front, vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Au milieu des enterrements, dans les larmes des affrontements entre "bandes". Des territoires qui concentrent, absorbent, produisent, comme aucun autre espace, les tensions de la société française : chômage, insécurité, enclavement, immigration et pauvreté. Des territoires où l'Etat a concentré des moyens policiers et judiciaires exceptionnels pour en reprendre le contrôle. Sans succès. Résultat de quatre années d'enquête, ce livre est un cri d'alarme. Car dissimuler la réalité du gouffre serait pire encore.

  • En partant des questions que se posent les parents inquiets et mal informés, ce livre propose une visite guidée du collège à la fin des années 80.

  • Oui, nous sommes tous des romantiques allemands ! Dans cet essai superbement écrit, Jacques Darras montre que l'on sous-estime la révolution romantique qui a eu lieu à Iéna au milieu du dix-huitième siècle. Cette révolution est l'héritière de la pensée de Dante, c'est-à-dire de la lutte qui a opposé Rome et Luther mais aussi le pouvoir religieux et le pouvoir politique depuis le quatrocentto italien. De cette tension entre religieux et politique, et par- delà la Révolution française, va naître le romantisme allemand, qui conditionne encore largement notre sensibilité, notre rapport à la langue, à la passion, à l'erreur, à la folie et à la raison. Le poète Walt Whitmann, américain, auteur des célèbres Leaves of Grass, en est l'un des témoins de choix.

    Né en décembre 1939, ancien élève de l'ENS, Jacques Darras a fondé en 1978 la revue In'hui, où il a principalement publié des poètes français (Jacques Roubaud, Jacques Deguy, etc.) et américains (Ezra Pound, William Carlos Wiliam, Charles Olson, etc.). Poète lui-même, traducteur, il a publié plusieurs essais, dont Le génie du Nord (Grasset, 1988) et co-dirige actuellement le mensuel de poésie Aujourd'hui Poème.

    Ce livre sort en même temps que la traduction complète des oeuvres de Whitmann chez Gallimard (Collection Poésie, dans la traduction de Jacques Darras).

  • Subtil analyste de l'ambiguïté des sentiments humains, excellant à multiplier les points de vue sur les êtres et à susciter la perplexité du lecteur, Henry James figure, à côté de Woolf, Proust, Joyce, Musil, dans le panthéon des très grands écrivains qui ont renouvelé le roman moderne. Ses livres les plus célèbres : Portrait de femme, Le Tour d'écrou, L'Image dans le tapis, Les Bostoniennes ; composent d'inoubliables variations sur le thème de l'insondable mystère qu'est la vie de chacun. « On ne peut dire le tout de rien », écrivait-il volontiers.
    Mais cet Américain qui avait adopté l'Angleterre comme patrie, cet inconditionnel de la démocratie du Nouveau Monde qui ne se sentait bien que dans l'Ancien, est aussi un témoin particulièrement lucide de l'époque qui finit et de celle qui commence. Avant les autres, il a vu que le mouvement de l'égalisation dans les sociétés modernes, irréversible et d'ailleurs souhaitable, préparait un monde qui verrait la confusion des rôles, le règne tout-puissant de la richesse, la religion triviale de la normalité ; il a pressenti que les sociétés de demain seraient inamicales à l'art, élitiste et hiérarchique par essence.
    C'est cette face jusqu'à présent cachée de l'oeuvre de James qu'explore ici Mona Ozouf, que sa connaissance de l'histoire de l'idée démocratique rend singulièrement apte à entendre, dans ces textes célèbres, un écho nouveau. La muse démocratique a-t-elle devant elle de beaux jours ? Le spectacle d'une humanité grégaire la rebute, le déclin de la vie privée la fait trembler ; les relations entre hommes et femmes la désespèrent. Pour éclairer son inspiration désenchantée, il y a, heureusement, la littérature.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • « Qui gardera les enfants ? Cette question s'adresse à toute la société. Aujourd'hui, l'écrasante majorité des mères qui travaillent ont beaucoup de peine à concilier leurs tâches professionnelles avec leurs responsabilités maternelles. La plupart n'osent pas se plaindre. Elles ont peur qu'on les oblige à choisir : "Si vous n'y arrivez pas, rentrez chez vous !" Leur silence arrange bien les pouvoirs en place. Je suis de celles qui ont refusé de "choisir". Mon refus inspire tout ce livre. Il relie mon expérience personnelle à l"histoire collective de plusieurs générations. » Spécialiste de l"histoire des femmes, Yvonne Knibiehler s"est toujours engagée de manière subtile et particulière dans toutes les grandes causes du xxe siècle : le travail des femmes, les différences entre les sexes, la maternité, le féminisme, l"éducation, la citoyenneté, la décolonisation... Souvent à contre-courant de la pensée dominante, elle a montré en plein combat féministe que la maternité demeurait un enjeu central de l"identité féminine. Aujourd"hui, alors que de plus en plus de femmes sont incitées à rentrer dans leur foyer, elle dénonce la fatigue des mères.

  • Le journal Le Monde de l'intérieur, comme si vous y étiez. Une initiation à tous les rituels du quotidien : la conférence de rédaction, le choix de la fameuse première colonne...

  • Retrace à travers 229 photographies le monde qui fut celui de Anne Frank et de sa famille.

  • Récit autobiographique. Pendant 27 ans, Mauro Carra va porter sur la Légion et sur les évènements historiques auxquels il participe un regard lucide et sensible.

  • Montre que l'histoire du PS, depuis les années soixante-dix, explique sa fragilité actuelle et analyse les raisons de sa décadence.

  • A la frontière entre la vie privée et la sphère publique, les nouvelles techniques de procréation artificielle soulèvent des questions inédites auxquelles notre arsenal juridique ne permet pas de répondre clairement. Cet essai décrit les options de nos grands partenaires européens, et plaide pour la revitalisation de notre conscience politique.

  • A 45 ans, B. Houot, polytechnicien ingénieur chez Hewlett-Packard, a décidé en 1988 de prendre une année sabbatique pour enseigner les mathématiques dans un établissement secondaire. Il nous fait part de ses réflexions.

  • En instaurant une nouvelle logique de partage du pouvoir et des responsabilités dans l'entreprise, le projet de société de participation des salariés (SPS) défendu dans cet ouvrage fait de l'actionnariat des salariés un outil puissant de management.

  • Un catalogue des escroqueries et des montages financiers douteux dont les victimes sont des salariés rachetant leur entreprise, des locataires accédant à la propriété...

  • Economie effondrée, vie politique enlisée, société déboussolée, nations plus que jamais divisées. L'auteur s'efforce, une fois mesurée l'ampleur de la décomposition, de repérer les atouts qui surnagent.

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