CNRS Editions

  • Une oeuvre monde, avec ses langues, sa mythologie, sa géographie, ses villes et ses royaumes peuplés d'Elfes, de Hobbits, de mages et autres créatures imaginaires. Qui, toutes générations confondues, ne connaît pas Bilbo ou Frodo ? Écrivain, poète, critique, philologue, médiéviste, J.R.R. Tolkien est devenu, dès les années 1960, avec Le Seigneur des Anneaux puis récemment, avec les adaptations cinématographiques de Peter Jackson, un phénomène de société.
    Ce dictionnaire est le premier en français à donner une vision globale de cette oeuvre unique en son genre : personnages, sources d'inspiration, lieux, religion, politique, poésie, postérité, jeux vidéo ou de rôles... À côté de l'écrivain, le lecteur fera connaissance avec le Tolkien illustrateur, père de famille, médiéviste érudit. Y sont également interrogés le prétendu conservatisme de Tolkien, son projet de mythologie pour l'Angleterre...
    Un dictionnaire encyclopédique prenant en compte les acquis des recherches les plus récentes et des traductions nouvelles ; découvrant toutes les facettes d'une oeuvre à l'imaginaire débordant, le travail constant d'un créateur-artisan soucieux du moindre détail, et le développement d'un univers en constante expansion.
    Un dictionnaire à la mesure de l'oeuvre de Tolkien.

  • Ne pas devenir un peuple de fourmis, manipulé par le verbe, l'image et l'informatique.
    Oser, résister et s'aventurer ! C'est la philosophie de vie que Jean Malaurie poursuit depuis les années 1950 et son inoubliable combat pour les légendaires Inuit de Thulé, menacés par une scandaleuse base nucléaire au coeur de leur territoire.

    Ne pas devenir un peuple de fourmis, manipulé par le verbe, l'image et l'informatique.

    Oser, résister et s'aventurer ! C'est la philosophie de vie que Jean Malaurie poursuit depuis les années 1950 et son inoubliable combat pour les légendaires Inuit de Thulé, menacés par une scandaleuse base nucléaire au coeur de leur territoire.

    Réfractaire-résistant à l'ordre nazi, Jean Malaurie est un grand scientifique, géomorphologue devenu géophilosophe, et un défenseur résolu de l'alliance des sciences humaines et naturelles.

    Le père fondateur de la collection Terre Humaine réunit ici des réflexions rares et précieuses sur son parcours intellectuel, sur l'écologie humaine ou l'enseignement supérieur. Il nous découvre aussi des pans plus intimes de sa personnalité singulière.

  • Alors que l'histoire de la presse célèbre volontiers ses grands hommes, elle n'a jusqu'ici accordé quasiment aucune place aux femmes journalistes, qu'elles aient été célèbres en leur temps comme Delphine de Girardin, Séverine ou Titaÿna, ou des écrivaines reconnues comme George Sand ou Colette. Pourtant, dès le XVIIIe siècle, des femmes créent et dirigent des feuilles périodiques. Les femmes journalistes du XIXe siècle, qui écrivent un journalisme de chronique directement issu du bel esprit des salons, sont leurs héritières.

    Cet ouvrage raconte la progression des femmes dans les journaux généralistes et la manière dont elles ont réussi à s'infiltrer et parfois à s'imposer dans l'article politique, dans la chronique judiciaire, dans la chronique des sports et dans le grand reportage. Ces femmes ont dû inventer des pratiques, créer des postures et imposer des écritures. Pour faire passer leur prose dans le journal, elles ont pu privilégier la narration, la fiction, l'écriture intime aussi. Subalternes elles-mêmes, elles ont par ailleurs souvent choisi d'enquêter sur les exclus de la société.

    Cet essai montre aussi combien il serait caricatural d'affirmer l'existence d'un modèle unique de la femme journaliste qui s'opposerait à son pendant normatif masculin. Car il existe une infinité de façons d'être femme journaliste.

    Marie-Ève Thérenty nous présente ici un panorama des femmes journalistes, du XIXe siècle et de l'entrée dans l'ère médiatique à 1944. Après l'octroi du droit de vote aux femmes françaises, les contraintes professionnelles et les enjeux ne sont plus tout à fait les mêmes. Néanmoins, dans un univers de presse encore hiérarchisé et discriminant, les femmes journalistes ont continué parfois de mobiliser les dispositifs décrits dans cet ouvrage qui se conclut donc par l'observation de trois cas plus contemporains : Françoise Giroud, Marguerite Duras et Florence Aubenas.

  • De Diderot à Chateaubriand, on ne relève à première vue aucune continuité tant leurs œuvres sont réputées étrangères. À y regarder de près cependant, des " connivences secrètes " se font jour. Apparaissent alors des échos insoupçonnés mais néanmoins irréfutables, par quoi s'opère insensiblement le passage des Lumières au Romantisme. Pour mieux comprendre ces évolutions souterraines, un troisième écrivain est ici invoqué : Louis Sébastien Mercier qui a saisi tout le génie des deux autres et en qui Baudelaire voyait un incontestable précurseur.

    Il fallait aller lire, en quelque sorte, " dans les coins " pour repérer chez ces trois auteurs des œuvres drapeaux qui sont autant de manifestes. On y trouve des notions clefs qui leur sont communes et qui sont emblématiques de la révolution des formes littéraires : la ligne courbe et l'arabesque, le décousu et le disparate, le composite et les " stromates ", comme la " bigarrure " héritée de Montaigne. À quoi s'ajoutent un goût de la " vitesse " et une prise en compte du visuel qu'on peut qualifier de modernes.

    Pour Sainte-Beuve, ces écrivains n'ont jamais procuré que des brochures, des pages ou des " beaux morceaux " sans donner aucun livre à proprement parler. Il conclut en mauvaise part que leurs œuvres sont irrémédiablement disjointes : c'est précisément par là qu'ils nous intéressent aujourd'hui.

  • Vladimir Nabokov (1899-1977), l'auteur célèbre des romans Lolita et Ada, est un écrivain aux multiples facettes. Imprégné de culture classique, passant d'une langue à l'autre, d'un pays à l'autre, il se démarque de ses contemporains et crée une oeuvre jubilatoire qui joue avec les codes et les conventions littéraires.

    Les habitudes de perception du lecteur sont constamment mises en question : une telle indétermination favorise les jeux d'illusions et les dédoublements caractéristiques de l'esthétique baroque. Le masque et le miroir sont les instruments privilégiés de cette écriture poétique.

    C'est cet univers en perpétuelle métamorphose, où se mêlent mise en abyme du récit, rêves et trompe-l'oeil, qui nous est présenté en détail dans cet ouvrage.

  • Qui est Sony Labou Tansi ? Celui que l'on considère aujourd'hui comme l'un des plus grands auteurs africains d'expression française n'est pas né en un jour.

    Qui est Sony Labou Tansi ? Celui que l'on considère aujourd'hui comme l'un des plus grands auteurs africains d'expression française n'est pas né en un jour. Il lui a fallu s'imaginer, se fabriquer, se faire connaître et reconnaître par un Congo en proie aux convulsions de l'Histoire. Tout s'est décidé pour lui à la fin des années 1960, quand son goût de l'expérience créatrice s'est changé en un besoin, toujours plus impérieux, de construire son propre univers, dense et homogène. L'anonyme Marcel Ntsoni invente la figure flamboyante de Sony Labou Tansi, écrivain explosif qui, en marge de l'ordre littéraire, ne craint rien ni personne, dans son projet hyperbolique de fonder une nouvelle littérature. Entre les coups d'État et les fièvres révolutionnaires, le Congo a beau traverser des tempêtes, l'apprenti grand écrivain ne désarme pas. La société devient paroxystique ? À l'écriture d'aller plus loin encore en lui administrant son paroxysme à elle, jusqu'à faire voler en éclats ses normes et ses institutions.

    Scénarios existentiels et fictions compensatoires aident le jeune Sony à modeler son oeuvre et son identité, mais l'exposent aussi à de multiples contradictions : affirmer publiquement son statut d'écrivain et assouvir sa haine du régime au pouvoir ; s'attaquer à une France taxée de néocolonialisme et tenter d'y diffuser ses écrits ; démolir les figures d'autorité et partir en quête de conseillers, d'intercesseurs et de pères littéraires.

    Pour l'essentiel inédits, les premiers écrits donnent l'image d'une création débondée, véritable geyser de lave, de boue et de sang. Dans l'espace privé des manuscrits, tout peut se dire, des folies les plus intimes aux visions les plus impitoyables. Vivre l'écriture comme le seul absolu, au-delà des tabous, telle est l'expérience hors norme sur laquelle Sony Labou Tansi cherche à édifier la destinée qu'il s'est choisi : devenir écrivain, au sens radical du terme, c'est-à-dire démiurge.

  • « C'est le 14 septembre 1964 au soir. Depuis le début de l'été, l'écrivain est sur un lit d'hôpital, à Pervograskaya, situé dans l'avenue Lénine. Il a emporté ses plus précieux manuscrits qu'il conserve auprès de lui et qu'il ne lâche pas, y compris le texte de Tout passe qu'il remettra en secret à Ekaterina Zabolotskaya, son dernier amour, la femme dont il s'est épris à la fin de sa vie. Il n'en dira rien, ni à sa femme ni à sa fille. Il sait déjà que le KGB rôde autour de ces textes. » « Vassili Grossman s'éteindra, à quelques heures près, le jour anniversaire de l'entrée des SS à Berditchev. »

  • Cofondateur du mouvement de la négritude avec Aimé Césaire et Léopold Sédar Senghor dans les années 1940, Léon-Gontran Damas (1912-1978) est une figure guyanaise charnière, encore méconnue. Poète, homme politique, professeur d'université en Amérique, son

  • « Nous n'avons jamais écrit une ligne l'un sans l'autre ». Jérôme et Jean Tharaud, qui vivent ensemble et cosignent de très nombreux articles et une cinquantaine de livres, offrent une illustration sans équivalent d'une singulière symbiose : la fusion entre deux esprits, deux styles en un seul. Venus à la fin des années 1890 de leur Limousin natal à Paris, liés à Péguy qu'ils suivent au temps de l'affaire Dreyfus et des Cahiers de la Quinzaine, ils se placent vite sous le patronage de Barrès, dont ils deviennent les secrétaires. Le prix Goncourt obtenu en 1906 leur ouvre les portes de la célébrité.
    Dès lors, ces journalistes et romanciers à l'écriture classique connaissent un immense succès. Leurs tirages dépassent parfois les 200 000 exemplaires, l'Académie française les accueille en 1938 et 1946. Colonialistes et grands voyageurs, ils se font les chantres de la plus grande France. Mais leur antisémitisme obsessionnel constituera une tache indélébile sur leur carrière d'écrivains, même s'ils ne furent jamais acquis à la Collaboration.
    Les Tharaud forment un singulier pluriel. Leur vie est retracée ici grâce à de multiples sources publiques et privées. Leurs oeuvres et les polémiques qu'elles ont suscitées éclairent de façon originale les milieux de la presse et de l'édition durant la première moitié du XXe siècle.

  • .Michel Houellebecq en Patagonie ? Plus qu´à un voyage, c´est à une fugue insolite au bout du monde avec l´auteur des Particules élémentaires et de La Carte et le Territoire que nous convie son traducteur et ami brésilien.
    Face aux paysages grandioses de la Patagonie et aux glaciers bleus de la Terre de Feu, ou errant dans les rues venteuses d´Ushuaïa, que pouvait éprouver et dire l´écrivain qui a le mieux stigmatisé le tourisme, touriste lui-même pris sur le vif par Juremir Machado da Silva ?
    Entre des vérités graves sur la littérature, son travail d´écrivain ou sa foi dans la science, le lecteur découvrira ses considérations pleines d´humour sur les mérites comparés des loups-marins et des pingouins. Mais aussi, au milieu de silences évocateurs, quelques confidences inédites. En filigrane, c´est un Houellebecq intime et inattendu qui se révèle ici.

  • Source de tensions et de conflits, l'incommunication se définit comme l'absence de communication entre deux personnes. Au contraire d'une conception naïve selon laquelle la croissance continue des canaux devrait suffire à dissiper les malentendus, l'incommunication apparaît au coeur de la condition humaine pour être l'horizon de toute communication. Repérée aussi bien dans la vie sociale que dans l'intimité psychique, elle reste encore peu théorisée. Convoquant, outre les sciences de la communication, la linguistique, la sociologie et la psychanalyse, cet Essentiel vise à combler cette lacune.

  • La vie et l'oeuvre de Georges-Arthur Goldschmidt sont un aller et retour permanent entre l'Allemagne où il naît en 1928 et la France où, devenu français, il s'est installé depuis la guerre. Mais aussi entre l'histoire et la langue de ces deux pays longtemps ennemis. Il écrit le plus souvent en français et traduit de l'allemand. Son oeuvre se partage entre des fictions ou récits, pour certains d'inspiration autobiographique, des essais littéraires, et des traductions devenues fameuses de Nietzsche ou de Peter Handke. Homme de revues, se jouant des frontières des disciplines, il a publié de nombreux articles dans La Quinzaine littéraire, Allemagnes d'aujourd'hui, L'écrit du temps, Europe, Critique, Romantisme, Che vuoi ?. C'est à la découverte de cette activité critique, nourrie par une exceptionnelle acuité et un revigorant nonconformisme intellectuel qu'invite cet ouvrage. Qu'il s'agisse de la langue d'Heidegger, imprégnée de l'idéologie nazie ou de l'oeuvre de Heine, des rapports auteurtraducteur, des difficultés de traduire Freud en français, de l'expression de l'espace dans la littérature, le même esprit libre et la même fraîcheur d'approche se montrent à l'oeuvre.

  • La bande dessinée est une représentation du monde qui donne à voir notre monde de représentation. C'est un art reconnu par le public et les mondes de la culture. C'est aussi un plaisir né du jeu entre la vision de l'auteur et celle du lecteur. C'est, enfin, un média méconnu : un dispositif sensible créateur de sens et de lien social. Dans cette optique, les textes réunis dans cet Essentiel montrent comment la BD rend compte des interactions politiques et économiques quotidiennes et la façon dont elle prend place dans nos imaginaires. Une invitation à plonger avec délice dans la chair du monde, au rythme des illustrations de Stéphane Heuet.

  • Réalisme, futurisme, surréalisme, existentialisme, structuralisme, postmodernisme... Depuis le romantisme, il est devenu habituel de penser l'histoire littéraire, artistique et intellectuelle comme une succession d'Ismes.
    Il faut mettre en cause cette fausse évidence, que l'enseignement scolaire et les usages savants perpétuent. Elle suggère l'image de « mouvements » unitaires et cohérents, alors que chaque label désigne des pratiques et des représentations très diverses. Elle fait sembler naturel le passage d'un Isme à l'autre, en occultant les questions que posent ces virages collectifs.
    Pourquoi le succès et le déclin ? Pourquoi le scandale et les luttes passionnées, culturelles et politiques, nationales et internationales ? Comment expliquer le rôle capital que Paris a joué dans ces métamorphoses ? Qu'en est-il aujourd'hui ?
    En dévoilant les transformations et les batailles dont notre regard est le fruit, ce livre éclaire le problème du changement dans l'histoire culturelle. Il montre, notamment, comment la continuité avec le passé et les ruptures, sociales et mentales, se combinaient, étroitement enchevêtrées, dans les « révolutions symboliques » qui se sont succédé depuis le milieu du XIXe siècle.

  • De la révolution haïtienne à la révolution sud-africaine, d'une révolution contrariée à une révolution réussie, de 1791 à 1994, l'histoire de la textualité en Afrique est celle d'une longue oppression. Une histoire inséparable de la traduction, au centre de la conversation qui s'établit, tant bien que mal, entre l'Europe et l'Afrique. La traduction pose ce que Paul Ricoeur appelle « un problème éthique ». L'Afrique du Sud, pays aux multiples traducteurs, est aussi celui qui a développé le plus les formes de séparation fondée sur des critères ethniques. La question des textes est nouée à la question des terres, la question des langues à celle de l'exclusion des peuples. Quand la traduction présuppose et affirme une commune humanité langagière, l'apartheid la nie. D'où l'urgence de reconsidérer l'immense aire (multi)linguistique africaine, sable de Babel, textualité proliférante, de la rumeur à la chanson et au roman.

  • « Cest une épopée qui sera à la Résistance française ce que LEspoir fut à la guerre dEspagne » : cest en ces termes quAndré Malraux décrivait en 1972, dans un entretien avec Chagall, son grand roman sur la Résistance, longtemps attendu, jamais achevé. Simple fanfaronnade dun écrivain qui avait abandonné le genre romanesque après la publication des Noyers de lAltenburg en 1943 ?Ce fameux roman, Malraux en a pourtant bien entrepris la rédaction. Restent aujourdhui quelques scènes, fragments composites et esquisses de personnages, intitulés : « Non ». Une édition vient den être faite dans les « Cahiers de la NRF » (Gallimard, 2013).En sappuyant sur un travail historique important, et sur une analyse détaillée des fragments ou des documents de travail de Malraux, jusqualors inédits, Jean-Louis Jeannelle, dans un style élégant et limpide, reconstitue la genèse de ce roman inachevé, puis sinterroge sur les différentes raisons de son inaboutissement. Limage traditionnelle dun écrivain écartelé entre sa fonction de chantre des grands-messes gaulliennes et sa réputation de mythomane sen trouve entièrement modifiée.« Non », qui aurait pu être la dernière uvre romanesque de Malraux, est le chaînon manquant permettant de comprendre comment lauteur de LEspoir ou des Noyers de lAltenburg est devenu celui du Miroir des limbes.

  • Le « Siècle de Louis XIV » s'est imposé dans notre mémoire collective comme celui des classiques par excellence. Mais quel fut le prix de cette consécration ? Qu'a-t-on fait dire aux classiques ? Pourquoi a-t-on dressé leur héritage contre celui des Lumières ? Sous quelles bannières ont-ils été enrôlés ?

    En répondant à ces questions, l'auteur retrace les grandes manoeuvres, au lendemain de la Révolution, autour d'une tradition littéraire semée de malentendus et de distorsions. Héritiers des Lumières et apôtres de la reconquête catholique s'affrontent violemment, mais tous revendiquent la référence aux classiques. S'engage alors une guerre des mémoires dont nous ne sommes peut-être pas sortis. À leur corpus défendant, on verra ainsi Corneille, La Fontaine, Madame de Sévigné, Molière ou La Bruyère intervenir dans les débats politiques de la France postrévolutionnaire, Racine érigé en chantre des valeurs familiales, Rotrou enrôlé au service de la propagande napoléonienne ou encore le duel entre Fénelon et Bossuet se poursuivre dans les débats parlementaires de la Restauration.

    À qui appartiennent les classiques ? Oscillant entre la légende et l'histoire, leur vie posthume constitue une projection des passions françaises. Elle attise, dès le XIXe siècle, les controverses sur l'identité nationale.

  • Créer des automates, inventer des labyrinthes complexes à s'y perdre, remodeler les lois de la nature et s'envoler vers le soleil : les figures associées à Dédale continuent d'animer nos rêves en dépit d'un essor des techniques qui a transformé ces défis en expériences familières.

  • Comme l´indoeuropéen et l´austronésien, le domaine bantu est un exemple réussi d´application de la méthode comparative. On est en effet parvenu à restituer le berceau originel de la famille des langues bantu, à reconstruire la proto-langue ou à esquisser

  • Fitzgerald, Gary, Hemingway, Ionesco, Mann, Miller, Nabokov, Arendt, Tsvetaeva... Des centaines d'écrivains étrangers choisirent de s'installer en France dans l'entre-deux-guerres.
    Choix volontaire pour certains, orphelins d'une terre natale abandonnée par dépit. Choix contraint et forcé pour d'autres, proscrits pour des raisons politiques ou raciales.
    Tous ont l'exil en commun et la France comme terre d'adoption, une France vue comme un pays cosmopolite, un pays de culture, un pays de liberté. Tous sont captivés par le prestige de Paris, capitale mondiale de l'art vivant, le Paris des musées, des théâtres, du jazz, des ballets russes, des cafés qui sont les salons des temps modernes, un Paris ouvert et foisonnant où semblent possibles toutes les audaces et les transgressions. Ou encore la Côte d'Azur où résidaient déjà des écrivains venus chercher dans ce Sud ensoleillé un lieu propice à leur travail.
    Ces images idéales résistent-elles à la réalité ? Peut-on trouver des constantes dans la diversité des parcours ? Exilés volontaires et exilés forcés parviennent-ils à se rejoindre et à partager des valeurs ? Dans quelle langue choisissent-ils d'écrire ? Et comment se passe la rencontre avec les artistes français ? Étudiant au plus près le témoignage des écrivains étrangers ayant longuement séjourné en France, Ralph Schor montre les conséquences de cet exil, les blocages pour certains artistes, mais aussi, pour beaucoup, la richesse des expériences vécues, les évolutions intellectuelles et identitaires, les renouvellements dans le domaine de la création littéraire. Ralph Schor signe une fresque intensément vivante de la vie culturelle dans l'entre-deux-guerres.

  • Le primat de l'« ici et maintenant » dans la culture japonaise souligné par Katô Shûichi et l'engagement de ce grand intellectuel disparu en 2008 sont ici discutés par Augustin Berque, Julie Brock, Pierre Caye, Maurice Godelier, Edgar Morin, Hidetaka Ishida, Emiko Ohnuki-Tierney, Cécile Sakai, Hitoshi Sakurai, Moriaki Watanabe. Philosophie, anthropologie, littérature, cinéma, sont réunis pour questionner ce qui fut une des interrogations majeures de Katô Shûichi tout au long de sa vie de penseur engagé : comment penser la diversité des cultures ? Rien d'attendu dans les réponses proposées par les auteurs, qu'une table ronde avait rassemblés. L'échange avec le public, qui clôt l'ouvrage, est d'ailleurs à l'image de la liberté, de ton aussi bien que d'esprit, sous laquelle s'étaient placés les différents exposés. Le Japon en ressort notamment plus proche, moins exotique, mais aussi confronté à des défis communs aux sociétés modernes. La comparaison, enfin, entre des pays et des époques différents, et que Katô Shûichi affectionnait tout particulièrement, démontre une nouvelle fois de l'intérêt du dialogue interculturel.

  • Le poète, écrivain, ethnologue Michel Leiris (1901-1990) a révolutionné l'art de l'autobiographie avec La Règle du jeu. Il fut aussi l'inventeur d'un genre : le récit de mission ethnographique, dont L'Afrique fantôme témoigne magistralement Le poète, écrivain, ethnologue Michel Leiris (1901-1990) a révolutionné l'art de l'autobiographie avec La Règle du jeu. Il fut aussi l'inventeur d'un genre : le récit de mission ethnographique, dont L'Afrique fantôme témoigne magistralement. En homme de son temps, Leiris a participé aux combats politiques du XXe siècle, en particulier anticolonialistes, et côtoyé les avant-gardes intellectuelles et artistiques. Cet ouvrage constitue une enquête quasiment ethnographique sur cet explorateur rebelle, ses espaces et moments d'écriture, brouillant les frontières entre les disciplines. Aussi est-ce une " philosophie du déménagement " qui nourrit les approches diverses et, en décloisonnant les disciplines, contribue à trouver de nouvelles lignes de force pour comprendre l'oeuvre : entre l'autobiographie et l'étude de la transe, le récit de rêve et le journal de mission, la corrida et l'art d'écrire. Autant de chemins de traverses qui zèbrent les multiples formes de l'écriture et de la pensée de Michel Leiris, grand témoin de son temps.

  • Le poète, écrivain, ethnologue Michel Leiris (1901-1990) a révolutionné l'art de l'autobiographie avec La Règle du jeu. Il fut aussi l'inventeur d'un genre : le récit de mission ethnographique, dont L'Afrique fantôme témoigne magistralement Le poète, écrivain, ethnologue Michel Leiris (1901-1990) a révolutionné l'art de l'autobiographie avec La Règle du jeu. Il fut aussi l'inventeur d'un genre : le récit de mission ethnographique, dont L'Afrique fantôme témoigne magistralement. En homme de son temps, Leiris a participé aux combats politiques du XXe siècle, en particulier anticolonialistes, et côtoyé les avant-gardes intellectuelles et artistiques. Cet ouvrage constitue une enquête quasiment ethnographique sur cet explorateur rebelle, ses espaces et moments d'écriture, brouillant les frontières entre les disciplines. Aussi est-ce une " philosophie du déménagement " qui nourrit les approches diverses et, en décloisonnant les disciplines, contribue à trouver de nouvelles lignes de force pour comprendre l'oeuvre : entre l'autobiographie et l'étude de la transe, le récit de rêve et le journal de mission, la corrida et l'art d'écrire. Autant de chemins de traverses qui zèbrent les multiples formes de l'écriture et de la pensée de Michel Leiris, grand témoin de son temps.

  • C'est à une enquête dans un vaste atelier d'écriture à l'échelle de la République des lettres européennes que nous convie cet ouvrage : de Leibniz à Foscolo, en passant par Vico, d'Argenson, Voltaire, Diderot, L.-S. Mercier, Alfieri, J.-B. Say. Études de manuscrits de travail, livres annotés, papiers d'écrivains proposent ici autant d'entrées diverses et spécifiques dans la production d'œuvres appartenant à des genres différents.

    Cette exigence d'incorporer la question des manuscrits à l'analyse des œuvres promeut l'idée que l'œuvre se cherche au lieu d'être donnée. Ainsi, dans ce volume certains auteurs sont pour la première fois envisagés du point de vue de leurs manuscrits (d'Argenson, Jean-Baptiste Say). On notera l'étude génétique de textes philosophiques, une lettre à Arnauld de Leibniz par Michel Fichant, montrant une pensée en devenir.

    Des études de cas renouvelant nos interprétations des textes et des auteurs de l'âge moderne.

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