Buchet/Chastel

  • Dostoïevski

    Julia Kristeva

    Dans la vie d'un lecteur, certains auteurs occupent une place à part : lectures inaugurales, compagnons de tous les jours, sources auxquelles on revient. La collection « Les auteurs de ma vie » invite de grands écrivains d'aujourd'hui à partager leur admiration pour un classique, dont la lecture a particulièrement compté pour eux.
    « Les yeux rivés sur L'Idiot, mon père m'en déconseillait sévèrement la lecture : ''Destructeur, démoniaque et collant, trop c'est trop, tu n'aimeras pas du tout, laisse tomber !'' Il rêvait de me voir quitter ''l'intestin de l'enfer'', désignant ainsi notre Bulgarie natale. Pour réaliser ce projet désespéré, je n'avais rien de mieux à faire que de développer mon goût inné pour la clarté et la liberté, en français, cela va sans dire, puisqu'il m'avait fait découvrir la langue de La Fontaine et de Voltaire. Évidemment, comme d'habitude, j'ai désobéi aux consignes paternelles et j'ai plongé dans Dostoïevski. Éblouie, débordée, engloutie. »
    Julia Kristeva

  • Septembre 1919.
    L'Europe respire à nouveau l'air pur de la paix. Alors que les armes se taisent et que ses frontières sont redessinées par les États-Unis, la France et le Royaume-Uni, en Italie on crie à l'injustice. Un Dandy Poète Soldat, Gabriele D'Annunzio dénonce la « Victoire mutilée » de son pays qui espérait obtenir bien plus de l'effondrement de l'Autriche-Hongrie.
    Engagé volontaire, le héraut du nationalisme italien est également un héros de guerre par ses actions d'éclat. Il met sa verve, son charisme et sa gloire au service de la cause de Fiume. Ce port de la côte Dalmate, peuplé d'Italiens et entouré de Slaves, devient la pierre d'achoppement entre l'Italie et le futur royaume de Yougoslavie.
    Les grandes puissances refusent de prendre partie et veulent en faire une « ville libre », Gabriele D'Annunzio va la libérer. À la tête d'une poignée de conjurés, de vétérans et de troupes de choc il s'empare de Fiume le 12 septembre 1919. Pas un coup de feu n'a été tiré ni une goutte de sang n'a été versée.
    C'est le début d'une épopée politique et artistique qui va durer quinze mois. La liste de ceux qui accourent pour y participer ne cesse de s'allonger : futuristes, anarchistes, syndicalistes révolutionnaires, artistes, aventuriers en tout genre. On y parle libération des peuples opprimés et on y vit la libération sexuelle, on pratique le végétarisme et le naturisme en consommant des narcotiques... Le laboratoire du XXe siècle avec ses passions et ses utopies.
    Sexe, Drogues et Fox Trot.
    Les années folles commencent à Fiume.
    Olivier Tosseri est journaliste à Rome. Il est correspondant du quotidien Les Échos, du Journal des Arts et collabore avec Radio France. Il est l'auteur - avec Arnaud Gonzague - d'un roman noir Le Bal des hommes (Robert Laffont, 2014).

  • Marx

    Léon Trotsky

    Dans la vie d'un lecteur, certains auteurs occupent une place à part : lectures inaugurales, compagnons de tous les jours ou sources auxquelles on revient. La collection « Les Auteurs de ma vie » invite de grands écrivains d'aujourd'hui à partager leur admiration pour un auteur classique. Elle reprend le principe des « Pages immortelles », publiées dans les années trente et quarante chez Corrêa/Buchet Chastel : chaque volume se compose d'une présentation de l'auteur choisi ainsi que d'une anthologie personnelle. Ces rencontres extraordinaires, ici partagées, sont pour le lecteur de belles occasions de relectures ou de découvertes.
    1939. Leon Trotsky vient de fonder la Quatrième Internationale, mais le fascisme triomphe et il sera bientôt minuit dans le siècle. Réfugié au Mexique où il sera assassiné par les agents de Staline l'année suivante, Trotsky livre avec cet essai sur l'actualité de la pensée de Marx l'un de ses derniers textes.

  • « 'Nous travaillons dans les ténèbres, nous faisons ce que nous pouvons, nous donnons ce que nous avons. Notre doute est notre passion, et notre passion est notre devoir. Le reste est la folie de l'art.' C'est ce que Henry James fait dire à Dencombe, écrivain célèbre, dans la nouvelle Entre deux âges. Dans The Ghost Writer, roman de Philip Roth, cette phrase est épinglée au-dessus du bureau où écrit Lonoff, écrivain fantôme, l'un de ses doubles. Elle était aussi collée au-dessus du pupitre de Roth, le 5 septembre 2012, lorsqu'au cours d'un entretien il m'annonça qu'il n'écrirait plus jamais.
    Cette devise de l'écrivain tel que je le vois ou que je me vois, quand il m'arrive de croire que je le suis, m'a poursuivi de livre en livre et d'auteur en auteur durant mes séjours chez Melville, Kafka, Musil, Flaubert, Baudelaire...
    Dans ces essais sur la littérature, la psychanalyse s'est souvent invitée entre les lignes, mais non comme une série de clefs ouvrant les portes du mystère de la création. Ce n'est pas elle qui éclaire la littérature, mais l'inverse. »
    Après Baudelaire, les années profondes (1994), Maman (1999), Morts imaginaires (2003), Lu et entendu (2013) et L'auteur, l'autre, Proust et son double (2014), Michel Schneider poursuit son voyage au bout de la nuit des écrivains. Il rassemble, écrits dans le noir, des essais littéraires dispersés et publiés en revues depuis trente ans.

  • Le livre papier est-il voué à disparaître au profit de sa version numérique ? En même temps pourquoi une nouvelle technologie détrônerait-elle la précédente ? La querelle des livres aura-t-elle lieu ?

    Dépassant les prophéties et les clivages qui enflamment les débats actuels, Olivier Larizza s´interroge sur ce qui fragilise ou au contraire consolide notre désir de livre tel qu´il se manifeste depuis plus de cinq siècles.

  • G. Bernardin, navigateur solitaire, le seul marin à avoir franchi six fois le cap Horn, vous convie à une traversée de l'Atlantique à bord de son magnifique Rancagua.

empty