Beauchesne Éditeur

  • Albert Camus a quitté, jeune, la scène de ce monde depuis trente ans, laissant néanmoins une oeuvre littéraire dont le prix Nobel soulignait l'importance, en 1957. Est-elle encore lue ou tombée dans l'oubli ? Le propos de l'auteur est de fournir quelques clefs de lecture à ceux qui abordent l'étude de la pensée et de l'oeuvre de Camus. Avec d'autres intellectuels, Camus a exercé une influence sur son temps, mais il plaçait le souci de sa popularité, sinon de son audience, bien après celui de l'honnêteté de dire ce qu'il pensait. L'Homme révolté, en particulier, est le témoin de cette honnêteté quand il dénonçait le communisme totalitaire, sans ambages certes, mais aussi sans faire de l'anticommunisme primaire. Les récents craquements survenus à l'Est lui donnent largement raison, 40 ans après. Et ceux qui, à l'époque, l'avaient violemment attaqué, pourraient aujourd'hui lui rendre les armes. Est-il souhaitable, en fin de compte, que les intellectuels aient de l'influence sur la société de leur temps ? Camus aurait sans doute répondu oui, mais à la condition que ce ne soit jamais en dehors des droits de l'homme, pour garantir le respect de tout homme et l'aider sur « le dur chemin de la liberté ». Joseph HERMET s'est toujours intéressé à l'oeuvre d'Albert Camus depuis la publication de L'Etranger, et en particulier de 1972 où vit le jour, en Sorbonne, sa thèse de doctorat (3e cycle) consacrée à Camus, à 1976 où il publiait Albert Camus et le christianisme .- L'espérance en procès, préfacé par Jean-Marie Domenach, livre déjà prophétique.

  • L'un des plus grands mythes de notre littérature trouve son origine historique dans un personnage fantasque, mi-charlatan, mi-homme de science et de culture, le docteur Faust de Kundling. Mais les développements littéraires qui ont suivi sa mort singulière se sont appuyés sur différentes figures qui appartiennent au fonds commun de notre culture occidentale. Au premier rang d'entre elles, celle de Simon le Magicien, connue à travers les Actes des apôtres, la tradition hérésiologique (Justin, Irénée), et surtout le Roman pseudo-clémentin. C'est en effet dans cet ouvrage que l'auteur du premier récit sur Faust, le Faustbuch (1587), a puisé nombre des traits qu'il attribue à son anti-héros : le nom même de Faustus (bien attesté par ailleurs comme patronyme du magicien), les pratiques magiques et l'asservissement au démon, mais aussi la présence à ses côtés d'Hélène de Troie, la compagne de Simon. Cette confusion permit à l'auteur une nouvelle assimilation, celle de Faust avec le pape Alexandre VI Borgia, coupable de « simonie ». L'ouvrage retrace ce parcours littéraire, depuis les Actes des apôtres jusqu'au Faustbuch et quelques-uns des auteurs qui s'en sont inspirés (Marlowe, Goethe, Flaubert, Anatole France).
    Bernard Pouderon est professeur émérite à l'Université de Tours et membre senior de l'Institut Universitaire de France. Helléniste, spécialiste de la littérature chrétienne des premiers siècles, il est rattaché comme chercheur au Centre d'études supérieures de la Renaissance (UMR-CNRS 7323), au sein duquel il anime le programme Christophe Plantin, consacré à la réception de l'Antiquité à la Renaissance.

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